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25 août 2021

La fin de l’aventure à vélo de Maxime et Océane

 Dimanche 8 août.

On se retrouve à Sénas après plusieurs discussions quant à la participation de Maxime pour le périple à vélo. On rassemble les affaires sans trop se charger. On attend Laurence (la mère de Maxime) qui rentre du boulot, on lui dit au revoir et zou, direction Carpentras. On laisse le camion à Mazan et on se met en selle. On n’est même pas sortis du parking que le pneu arrière de Maxime est crevé. Ça commence bien ! On roule sur 5 km avant de trouver un campement en bord de rivière. On constate que nos critères de conforts respectifs ne se sont pas les mêmes. On installe tente et hamac pour un coucher à la tombée de la nuit, accompagné de la musique au loin (sûrement une fête de village). Il s’avère que nous sommes mal équipés pour les nuits : Maxime a eu très froid.


Lundi 9 août.

Réveil au lever du jour, on met nos sacoches et rebelote : le pneu arrière de Maxime est crevé. Il s’énerve. Finalement on repartira le pneu réparé en direction de Sault, 35 km nous attendent. On pédale au bord de la falaise sur une route étroite où beaucoup de cyclistes passent tous les jours. Arrivés à Sault, nous achetons à manger à l’épicerie et nous mangeons sur la place du village. Moment de repos pour Océane, moment de détente à vélo pour Maxime. Nous repartons jusqu’à la distillerie de lavande où une visite guidée est prévue à 14h. En voici le résumé : une exploitation familiale de 90 hectares de cultures (principalement lavande mais aussi sureau, menthe, thym, romarin et enfin sarrasin, lentilles, pois chiches pour les champs en rotation). Ils distillent leurs plantes sur place et bénéficient du logo AOP. Nous retenons : que c’est un travail compliqué pour Maxime, qu’avec 120 kg de lavande on distille 1 litre d’huile essentielle, qu’il a fallu 550 OOO€ d’investissements pour cette distillerie, que le poids pour presser la lavande dans un gros contenant est de 800 kg. Une exploitation ouverte au public où la visite est très ludique et intéressante. Un magasin avec des produits cosmétiques de toutes sortes, Maxime apprécie la dégustation des sirops et achète un savon – à la lavande bien sûr - pour offrir à sa mère. Il fait chaud et on va dormir dans le coin. 

Mardi 10 août.

Cette nuit il a fait très froid. On se réveille congelés et fatigués mais on veut profiter de la fraîcheur du matin pour pédaler. En plus il y a le col de l’Homme Mort qui nous attend. Vers 10h nous le commençons sous le soleil qui tape, une montée de 7% sur 5 km se présente. 1213 mètres d’altitude. Maxime est le premier arrivé et il a hâte de faire la descente. On profite des derniers champs de lavande avant de changer de vallée. Il fait chaud, ça monte à nouveau, une pente de 2 km s’annonce. On arrive à Eourres, un village alternatif de 140 habitants. Une biocoop, des panneaux en bois, une cantine scolaire qui sert de restaurant l’été, plein de yourtes… On va poser notre tente et notre hamac, tous deux aussi jaunes l’un que l’autre, en haut de la colline d’en face. Au niveau des repas on mange pain-fromage le midi et une base de semoule le soir. C’est toujours pareil mais c’est la contrepartie de voyager sans réchaud. 


Mercredi 11 août.

Les descentes c’est génial, mais au petit matin on a la chair de poule tellement’il fait frais. Petite pause pour un petit-déjeuner en bord de route. De là ,on s’exprime mal l’un envers l’autre. Le reste de la matinée se passera sans échange ou seulement pour l’essentiel. La fatigue, la chaleur, les montées, c’est trop difficile. Océane : « Aujourd’hui c’était long et relou mais heureusement j’ai retrouvé le Maxime positif grâce à une baignade.» Maxime « Aujourd’hui j’étais fatigué.»

Jeudi 12 août.

On est trop fatigués, alors ce matin on dort une heure de plus, jusqu’à 7h30. Tant pis pour la chaleur on a besoin de sommeil. À vélo sur quelques kilomètres... on s’arrête à Aspremont pour déjeuner. Max a envie d’un jus d’orange pour avoir de l’énergie dans les montées suivantes. C’est le conseil d’un cycliste, croisé la veille. Aujourd’hui nous devons prendre les départementales pour rejoindre Vaunières. Les voitures roulent vite, il y a beaucoup de touristes, mais heureusement les rivières nous suivent et longent la route. Nous en avons besoin pour nous rafraichir régulièrement car le soleil tape fort. Quelques kilomètres plus tard nous arrivons en bas de la colline de Vaunières, où le panneau indique 6 km en direction d’une montagne. La dernière montée nous achève. Arrivés au hameau de Vaunières, il n’y a pas beaucoup de monde. En fait tout le monde était caché, car au repas il y avait 60 personnes. Impression de Maxime : « Je demande où sont les douches puis où se trouve le point réseau. » L’impression de Océ : « Ça y est nous avons réussi à rejoindre Vaunières à vélo. Où sont les personnes que je connais ? J’ai envie d’une douche et de dormir. » Nous arrivons pour une soirée spéciale : il y a plein de préparations culinaires de différents pays et une soirée musicale par la suite. 

Vaunières

Description du village : Vaunières est un hameau perdu dans les montagnes, qui appartient à la commune de St Julien en Beauchêne. Il y a 6 km de montée pour y accéder, 1200 mètres d’altitude. Ce hameau est constitué d’une 10 aine de maisons en pierres, nous sommes entourés de grandes montagnes pentues, colorées et remplies d’arbres et de roches. En gros un endroit où l’on est isolé du reste du monde, sachant qu’il y a très peu de réseau. Ici il y a une chapelle, un cimetière avec environ 5 tombes, un théâtre de verdure, un magasin d’habits gratuits, plusieurs salles communes, des maisons privées, une très grande cuisine, des chalets, un camping, une yourte, une source pas loin, deux petites rivières, un jardin, une menuiserie et plein d’autres recoins à découvrir. Maxime vous conseille de venir. Il y a une capacité d’accueil d’environ 150 personnes et pourtant seulement 20 personnes y vivent à l’année. Maxime se sent tranquille et appréhende le retour à vélo. Il s’est fait des amis et ne veut surtout pas aller faire l’activité cuisine pour les repas de 60 personnes. Océane se sent apaisée, elle aime ce lieu et s’imagine venir y travailler. Un projet qui lui plaît mais un investissement intense et continu.

L’association « Villages des Jeunes » gère 3 lieux similaires : le hameau de Vaunières, la ferme du Faï ainsi que la Ferme du Crots. Vaunières a été abandonné après la seconde guerre mondiale, c’est 15 ans plus tard, en 1962, que des jeunes de Marseille ont décidé de retaper ce hameau. Aucun professionnel, mais plein de bonnes volontés ont participé à la rénovation des bâtiments. C’est autour de la construction que de nombreux groupes venant de France et même du monde entier se sont rencontrés sur ce site. C’est un projet social qui mélange les générations, les personnalités ainsi que les horizons d’où l’on vient. Actuellement il y a un lieu de vie, la Maison Tremplin, qui accueille des adolescents de l’ASE. En été et durant les vacances scolaires, des groupes viennent se retrouver et prennent un bol d’air frais. Durant l’année il y a une quinzaine d’habitants, mais en moyenne 80 personnes en saison estivale. Fin août il y a l’évènement « Melting Potes » qui permet à tous les anciens de revenir et de se retrouver. Nous avons participé à la préparation de cette fête et aux joyeux moments qui s’y sont passés.

Ici, il y a à l’année des permanents, ceux qui font tourner le lieu et gèrent la Maison Tremplin. Il y a aussi des jeunes en service civique, et des Services Volontaires Européens. En plus des adolescents accueillis à la Maison Tremplin, il y a des adultes en « emplois aidés » qui viennent travailler à la journée. En été, des encadrants techniques sont employés en renfort. Et enfin, il y a tous les bénévoles, ceux qui souhaitent revenir sur les lieux de manière temporaire et en finançant leur nourriture. À  présent vous pouvez imaginer la diversité des profils de personnes qui se côtoient chaque jour, car tous les matins, il y a un rassemblement à 9 heures qui permet de répartir chacun  sur divers chantiers. Il y a la rénovation des chalets (charpente, plancher, isolation), la cuisine pour les repas collectifs, l’entretien du terrain, les constructions pour de nouveaux aménagements, etc. À 13 heures la cloche sonne et tout le monde se retrouve pour manger sur les tables extérieures. L’après-midi s’aménage selon les statuts de chacun. Nous nous retrouvons à nouveau vers 19h30 pour un dîner commun. Les soirées sont différentes chaque jour bien que certains jours soient les même chaque semaine. Exemple, le jeudi c’est soirée taverne : musique, danse et dégustation de produits confectionnés à Vaunières. On oublie sûrement plein de détails mais vous avez au moins de quoi vous représenter ce lieu où nous venons de passer 9 jours.


Nos ressentis sur Vaunières : Max : « Les rencontres ont été ce que j’ai le plus aimé. Parmi les activités j’ai préféré faire la décoration de la scène, il fallait fixer plein de bois flottés entre eux à l’aide de vis et d’une visseuse. Vaunières c’est un lieu où il y a plein de personnes, quand on est là-haut on ne veut pas s’en aller. »

Océane : « Contente d’avoir amené Maxime dans ce hameau. Une dynamique collective dans laquelle il suffit de se fondre pour développer toutes formes d’intérêts. Un contexte où il est facile de se mélanger malgré les différences de milieux, de générations ou de cultures. Là-bas  la qualité des relations est plus importante que la qualité des compétences techniques. Bref, un lieu où tout le monde est accueilli tant qu’il respecte les conditions. Le passage dans ce lieu nous a éloignés,  Maxime et moi … dommage. »

Dimanche 22 août.

On reprend la route en vélo, en direction de Veynes. Heureusement, pour se mettre en jambes, ça commence par les 6 km de descente. Et en plus notre ami Pierre nous apporte nos sacoches de vélo jusqu’à la gare. Alors on se sent légers et c’est bien agréable. Un pique-nique, et le train entre en gare. Arrivés à Manosque, Maxime se décourage et ne veut plus rentrer à vélo. Il est ferme dans sa décision. Notre relation n’est pas simple. 

Lundi 23 août.

Journée hamac pour Maxime. Lecture et appels téléphoniques pour Océane. Un petit saut au Super U de Manosque pour se nourrir et la journée se termine. Maxime ne veut plus rédiger de texte depuis plusieurs jours… 

Mardi 24 août.

Laurence (mère de Maxime) : « Quel dommage ! Après tant d’efforts ! ».

Retour à Sénas. Fin de l’aventure à vélo.

Océane et Maxime



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