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8 février 2023

2ème lettre collective de La Dominique du 31/01 au 5/02/2023 par Mathys, Matis et Yann

Bonjour Madame et Monsieur, aujourd’hui entrez en spectacle, c’est le cas de le dire cette première journée nous avons fait notre spectacle en Dominique. Lola vous en parlera mieux : 



« On finit par tous se retrouver à l’école. 1ère étape : on vire tous les bouts de verre qui trainent sur la scène. 2ème étape : échauffement. 3ème étape : filage du spectacle à l’italienne. 4ème étape : trouver du monde pour avoir des spectateurs. 5ème étape : jouer le spectacle. Dernière étape : animations des ateliers de jongleries et portés avec les enfants » On a joué dans la cour d’une école, c’est ouf, c’était trop bien ! Le soir 3 personnes ont dormi à la Cassava et 8 autres ont dodo chez Genette bref une journée de fou, mais là on va vous raconter ce qui s’est passé pendant les randos.

 







La première est celle de Lola, Chad et Matis :



Matis :
Nous, on avait plutôt envie d’aller à la Cassava et de descendre vers le sud, Chad avait envie d’aller aux sources d’eau chaude et aux cascades, Lola avait plutôt envie de rester à la Cassava pour continuer à les aider et moi j’avais dit comme vous voulez les deux me plaisent. Donc c’est parti, nous sommes restés à la Cassava 2 jours, pour ensuite aller au sud. On est remonté à Soufrière par un sentier qui montait et nous sommes allés aux sources d’eau chaude. On a vu beaucoup de touristes dans les endroits magnifiques, ça nous a donné un peu le « seum » comme diraient les ados d’aujourd’hui. Nous sommes rentrés, je pense que cette rando nous a fait du bien à Lola, Chad et moi les deux personnes qui n’ont jamais été ensemble, on a beaucoup parlé de nous.




TEXTE DE LOLA : Jour 2

« La première fois que je me suis réveillée, il était 4 heures du matin. C’est Chad qui se réveille pour aller consciencieusement nourrir Jean-Hugues. Au programme demain, il devrait faire son premier pain tout seul à la Cassava Bread Factory. Cela me parait un bon endroit pour faire son premier pain. C’est le troisième voyage où je rends visite à mes amis en haut de la colline de St Cyr, dans leur fabrique de manioc et cette année, ils ont fait beaucoup de rénovations. Il y a maintenant un coin vaisselle avec des grands bacs, un coin pour peler le manioc, un coin cuisine, un coin avec les bassines de manioc dans l’eau pour pas qu’il noircisse et aussi toutes les machines (presse et broyeur) et enfin un coin à part pour faire la farine. Il est donc 4 heures dans mon hamac, je me rendors 2 heures avant que le jour ne commence à se lever. Nous remballons nos hamacs et préparons notre petit-déjeuner : chocolat au lait et pain grillé avec du chocolat qui fond dedans. Toute l’énergie qu’il faut pour commencer à éplucher du manioc en série. Un épluchage de 300 kg de manioc, qui nous vaudra quelques crampes de pouce, coupures et tendinites au poignet. Chad s’avouera vaincu au bout de 20 minutes après s’être scalpé le doigt, en même temps il avait pris un couteau de cuisine un peu trop tranchant. Au moins, il peut concentrer toute son énergie dans la réalisation de son pain. »



TEXTE DE CHAD : Jour 3

« On se réveille à la Casava Bread Factory, que nous quittons aujourd’hui, perchés dans nos hamacs. Matis prépare le petit déjeuner, Chad et Lola rangent le campement. Hamacs décrochés, coup de balai passé, nos amies remerciées et saluées on s’en va, après que le taxi-co nous ait dit « I am full … ». On marche un peu avant de tomber sur une voiture qui nous emmène à la sortie du Territoire Kalinago. On a une petite larme à l’œil quand on se rend compte que l’on ne passe pas par devant chez Genette car on emprunte une autre route. On veut marcher un peu, après avoir été déposés par l’autre voiture, mais on n’a pas fait 300 mètres que la première voiture qui nous voit s’arrête, ils vont à Roseau, parfait nous aussi, on pose nos sacs, on monte et le conducteur fonce. Il fait un peu frais, alors Matis met sa ceinture, Lola se recroqueville sur elle-même et Chad attend. Dans la voiture, le monsieur nous dit qu’il doit se stopper. On en profite pour descendre. Petit approvisionnement en concombres, tomates, fromages et eau avant de partir sur la route de Scott Heads, cap au Sud pour commencer la rando .








Maintenant on va vous parler de la randonnée de Kathleen et Mathys :





Mathys : Alors yo les petits potes, non je rigole moi ma rando j’avais plutôt envie d’eau chaude car c’est rare d’en avoir en mer, bref ! Du coup, go les sources mais avant on va rester 3 jours chez Genette et ça c’est trop cool avec kat. On repeint le mur de sa maison car les fleurs étaient moches. Désolé, mais bon en même temps c’est ce qu’elle nous a dit Genette, du coup après ça 2 éme jour, j’ai eu la chiassitte et la vomisiatite, c’était pas cool mais un bon réconfort d’eau chaude nous berce Kat et moi. Le lendemain c’était trop beau, j’ai vraiment aimé cette rando, car elle était à notre disposition, tout comme les toilettes au moment où on en avait besoin, bref c’était cool.








TEXTE DE KAT : Jour 2

« Ils font quoi aujourd’hui ici, j’ai envie de les aider ». C’est grâce à cette phrase de Mathys que commence notre « painting day ». Agenette a donné le reste de la peinture verte de l’école à sa mère, alors nous voilà reparti dans la danse des pinceaux. Cette fois-ci, ce sera chez Genette. Elle veut repeindre les murs marrons en vert et recouvrir les vieilles peintures de fleurs. Mais surtout, on garde les perroquets du couloir ils sont trop beaux. Pendant que je vais chercher l’échelle et les pinceaux à l’école en compagnie d’Ismael, Znouk et Yawenn. Mathys commence à vider les calebasses ou « calabach » avec Sexy Bones. Nous empruntons le chemin de l’école en compagnie de Agenette et Lisa. Agenette porte son bébé sur la poitrine et son sac sur le dos, elle dit que ça l’équilibre. Elle me raconte que trois personnes d’une association viennent ce matin pour donner des jouets et des peluches à tout le monde. A mon retour, je vois Mathys assis par terre, cuillère à la main devant une douzaine de calebasse. Nous finissons ensemble de les vider, ça sent tellement bon que j’ai envie de manger la chair blanche. Mais il me dit que c’est toxique, bien informé le p’tit, un vrai Kalinago . »


Jour 4 :

« Ce matin, on quitte la Genette’s house pour de nouvelles aventures. Notre objectif, atteindre les sources d’eau chaude. Mathys m’en parle depuis trop longtemps et j’avoue que moi aussi je suis intriguée. Au moment où je suis en train d’écrire, je me trouve au bord d’une rivière tellement belle, entourée d’une nature si vive que c’est difficile de me concentrer pour écrire. Les colibris virevoltent, les fougères dansent dans le vent et le soleil offre ses derniers rayons à la cime des arbres. Du coup, je vais plutôt vous raconter la journée à partir de maintenant. Comme quand j’appuyais sur le bouton du magnétoscope à la fin du dessin animé pour remonter la cassette. Et oui, j’ai connu les VHS… J’adorais regarder l’histoire à l’envers, j’avais l’impression de découvrir des moments cachés. Donc ici, je ne sais pas où on est, on a marché sur une petite route perdue dans le zion depuis Wooten Weaven village et on est tombé sur un sentier. On l’a pris pour voir s’il y avait une maison mais on avance et rien, on passe devant un potager, puis une petite terrasse en travaux au bord de la rivière. On s’enfonce dans la forêt et là « PAF », une tente géante installée sous une grande bâche, improbable. A l’intérieur, tout est prêt pour accueillir les gens, coussins, matelas toussa toussa… »


Maintenant on va vous parlez de la randonnée de Yann, Tallia et Isaac :



Avec Isaac et Tallia les envies étaient principalement tournées vers l’évasion, Isaac avait envie de tracer son chemin dans le zion, machette à la main, marcher de manière sobre avec le strict nécessaire. De se retrouver isolé au milieu de la nature et de retrouver ses instincts primaires. Tallia quand-à-elle aspirait aussi à son lot de nature, lacs, sources d’eau chaude et découverte de la randonnée sac à dos, réchaud, hamac, à la manière grandeur nature.

Personnellement, j’avais envie de tout car je rêvais d’y retourner depuis plus quatre ans, rien que poser mes pieds sur cette magnifique île me rend heureux.

Nous nous fixons un objectif : faire le letang trail, un chemin ancestral de l’île, très sauvage et peu praticable depuis le cyclone, tout en gardant le reste du programme libre en fonction des envies et capacités de chacun. Nous avons établi les 13 commandements ultimes de la rando et raconté beaucoup d’histoires.




Texte : Tallia-Isaac-Yann : Jour 2

« commandement IIIbis :

Crabe caché sous une feuille jamais tu ne chasseras.

Nous nous aventurons dans le zion en quête de sources d’eau chaude, mais notre flair nous fait faire demi-tour (ça schlingue l’œuf pourri). Comme lot de consolation, il y a plein de crabes cirites, ce qui ravie Tallia qui s’est découvert une passion pour eux. Puis, nous nous engageons sur une marche aérienne jusqu’à Laudat. Des raidillons et des raidillons à perte de vue, certains marcheurs côtoyant pour la première fois les cimes s’en sortent vaillamment.”






Jour 3 :

“Commandement VI :

Tout lac que tu verras, te baigner tu devras.


Nous arrivons de bon matin au fresh water lake, entre les grains, on se prélasse dans l’eau froide. Après un petit repas d’éternel couac, nous repartons on the road to zion.


Commandement VII  :

Dans le zion tu seras, jogging tu mettras.





Face à une vue spectaculaire, nous commençons à ouvrir le chemin machette à la main, de l’herbe jusqu’à la taille. 6 heures de marche plus tard, après élagage du terrain, glissades, rigolades et racontages d’histoires tout en suivant le cycle de l’eau. Nous arrivons sur une plage de sable noir pour cuire nos poulets.”







Et notre dernier groupe, Isma, Anouk, Yawenn :






Anouk : Nous, l’idée c’était d’aller à chaudière pool puis chez Norman et Greta (des amis d’Ismaël) et d’apprendre le métier de cordonnier avec Basile. Yawenn avait très envie de voir des cascades et d’aller se baigner, tandis qu’Isma voulait faire le tour de ses amis et moi j’avais déjà fait la moitié de l’île à pied pendant la première rando donc tout m’allait, du moment qu’on repassait pas plein de fois par les mêmes endroits.

Du coup, on s’est baigné à chaudière pool, on a rendu visite au terrain abandonné des amis d’Isma et on a passé une après-midi avec Basile à fabriquer des chaussures. Pour clôturer notre rando, on a fait plaisir à un peu tout le monde et on a grimpé le morne diablotin dans la boue.




TEXTE ISMA : Jour 2

« Chaudière Pool, c’est mon spot de baignade préféré en Dominique, aux Antilles, et peut être mon préféré au monde. Une espèce de grande marmite profonde avec des parois verticales de cinq six mètres tout autour, juste ce qu’il faut pour sauter, plonger ou faire des pirouettes. En plus de cela, la cascade qui s’y jette est en réalité un gros toboggan taillé dans la roche par la force de l’eau au fil des temps. La première fois, c’était un pêcheur au harpon qui m’avait fait découvrir les lieux, depuis j’ai du mal à venir en Dominique sans partager un après-midi à jouer avec mes compagnons dans cette eau émeraude. »


TEXTE DE ANOUK : Jour 4

« Today is an ultime day. Pour notre dernier jour entier de rando, nous avons décidé de monter le Morne Diablotin mais avant ça, nous voulions voir la cascade Milton ou Sindicate falls. De rive en rive, nous apercevons la cascade entre les fougères arborescentes. Suite à un virage surélevé, digne d’un parc d’attractions, l’eau se jète ou ruisselle, telle une chevelure blanche le long de la paroi immaculée. Yawenn prendra son ultime douche dont on se souviendra longtemps, pendant qu’Ismaël et Anouk trop frileux, restent dans leur crasse. Mais il ne faut pas traîner, nous traversons, retraversons et reretraversons la rivière en sens inverse avant de retrouver nos sacs derrière le comptoir du bar splendide qui a accueilli notre sommeil. Nous nous concertons et débarrassons le plancher, car c’était un plancher, avant de démarrer l’ascension du Morne Diablotin. Nous avons laissé nos sacs à l’office et on a bien fait car c’était très boueux et pentu. Nous pataugeons à l’aller pendant 3 heures et grimpons sur les rochers, enjambons les racines et admirons la rain forest luxuriante tout autour de nous, jusqu’à littéralement baigner dedans. Quand enfin, nous arrivons sur la crête, face à l’Atlantique que l’on ne voit pas, pour cause de ciel trop nuageux. En effet, encore une fois, le Morne Diablotin n’est pas dégagé. Ça y est, Anouk ne veut plus faire un pas de plus, elle se met à chanter le roi lion mais Isma la fait taire en la gavant d’eau, pensant du même coup alléger les sacs pour le retour. Il n’avait pas pensé aux effets secondaires, le pipi style. 2heures et une vingtaine de chutes plus tard, la route goudronnée nous apparaît au détour du sentier. Notre excursion zion est terminée. »


Retour de rando :





Mathys : Moi, cette journée je l’ai pas très bien vécue, car je n’avais pas la tête à faire la fête même si on a été manger une glace, mon humeur n’était pas présente. Mais le soir, rattrapage de la part de Christophe, une odeur vient me chatouiller le nez, du savon à la cannelle. On aurait dit un carambar au coca, hum… Bref, il nous a dit qu’une nouvelle règle s’instaure à l’anniversaire de Christophe : un cadeau il offrira, joyeux il sera.





Matis :  Moi, pour le dernier jour, je vous explique comment il s’est passé. Alors pour le goûter, on a mangé des glaces, c’est le cadeau de Christophe. Tout le monde mange sa glace et Isma dans sa précipitation la fait tomber. Alors la dame lui en remet une autre boule et lui donne un petit pot avec son cornet. Mais Isma à un cerveau, il prend la boule qui était au sol. Cette crapule a eu 5 BOULES, AAAH… Mais ce n’est pas grave car un peu plus tard Christophe nous donnera des savons de n’importe quel goût.  

 






Dernier jour en Dominique : 



Matis : Pour le dernier jour, on décide d’inviter la famille de Genette, plus la Cassava. Isma et Chad font la cuisine, les invités sont contents et petite baignade pour le rafraîchissement, c’était une « dinguerie » comme disent les jeunes.

  

Yann : C’est vraiment sympa d’avoir tant de gens à bord, les allers-retours en annexe pour faire bateau taxi et la visite du bateau sous les grains passagers. Cette journée est un condensé de la Dominique, son climat, ses habitants, sa culture. Christophe offre un pagne à Genette, Isma, à son habitude offre du pain à tout le monde et nous repartons le bateau rempli d’épices et d’herbes aromatiques, une calebasse chacun à graver, ainsi que le cœur rempli de joie et de souvenirs.

 




Dernier texte de Kathleen le 05 02 2023




Aujourd’hui, c’est dimanche, notre dernier jour en Dominique. Pour l’occasion et comme à chaque passage du bateau, la Genette Family vient jusqu’à Portsmouth pour nous rendre visite et nous dire au revoir. Les bras chargés de cadeau, ils arrivent à 14 en compagnie de Octavia Tysons et de 4 personnes de la Cassava-Bread Factory invités par Lola. Je suis heureuse de les accueillir toutes, car chacune à leur manière, elles ont participé à ce que notre temps passé ici soit rempli d’amour, de douceur et de joie…/ Le fait que les personnes dont nous avons été proches, vivent avec très peu de moyens, m’a beaucoup touché. 











J’ai l’impression que leur simplicité, leur sourire et la générosité de leurs dons, nous ont rapproché de ce dont nous avons le plus besoin en tant qu’êtres humains. Un peu de solidarité et de tendresse, avec un brin d’amour et une pincée de pardon. 


J’ai l’impression d’avoir partagé tout cela avec eux, autant qu’avec les personnes présentes sur ce bateau. ../

On finit par raccompagner nos invités à terre et on leur dit au revoir, ils nous remercient, on les remercie, tout le monde ressent beaucoup de gratitude et ça réchauffe nos petits corps tout mouillés par la pluie…Kat.

2 février 2023

Suite du second Journal de Bord "Fernando de Noronha" du 26/11 au 5/12/2022

26/11/22

La journée des plages

Je ne saurai pas par quoi commencer vu que cette journée a été chargée en émotions. J’aimerais commencer par plein de choses, comme la découverte des 2 frères, la visite du fort en rénovation, la rencontre de Luis, le bodysurf sur les plages… Mais bon pour résumer tout ça, il faut bien une organisaçao dans le texte. Donc je vais raconter la journée dans l’ordre comme d’hab. Le jour se lève à 5h30, ça fait bizarre de se lever à cette heure-là mais c’est le rythme du soleil. 5h30-18h30, voilà le cycle d’une journée sur GN au Brésil. 



Donc, je disais 5h30 réveil, on se lève un par un, Elora nous propose un porridge et une tartine au petit-déj. On discute de l’orga de la journée, on se décide et ça donne ça : équipe cuisine Christophe, Anouk ; Kath et Mathys vont faire des courses pour aujourd’hui et demain car on fera des piques-niques ; et nous, le reste du groupe, on va au palais du gouverneur pour voir s’ils travaillent, ensuite on se retrouve au palais pour continuer la journée. 8H45, tout le monde part du bateau, quand on touche terre, ça me fait bizarre de me dire qu’on est de l’autre côté de l’Atlantique, au Brésil. Avant de commencer notre marche, on s’arrête au bureau du port pour que la police vérifie qu’on est bien 10, la vérif’ terminée on se met en marche le long d’une route, la chaleur se ressent pour tout le monde. Christophe nous rappelle qu’il n’est même pas 10h et que ça va chauffer encore plus pour notre plus grand bonheur. Arrivés à une intersection, le groupe se sépare enfin : avec Isma, Yawenn, Elora, Matis et Chad on descend pour aller à Villa Remedios où se trouve le palais, mais avant on s’arrête à un fort. On monte et on arrive, le fort est en rénovation, on visite un peu et on regarde la vue, c’est bien beau, on a la vue sur toute la baie, du Morro do Pico (accessoirement appelé la Tête de l’indien) jusqu’au port de Santo Antonio. Elora veut savoir pourquoi le fort est en rénovation, tout le petit groupe se dirige vers un monsieur, Isma et Elora demandent pourquoi. Moi je vois de gros sacs blancs, je me demande à quoi ils servent, je demande à deux messieurs, ils me disent qu’ils servent à faire la peinture, ils la mélangent avec un autre composé dont je n’ai pas compris le nom. Cela permet que la peinture ne s’efface pas à cause de la pluie. Je reviens vers les autres, ils me disent qu’en gros ils le rénovent pour faire un bar, un restau et un cinéma. Après l’avoir visité de fond en comble, on continue notre marche. Sur la route, on tombe sur une petite dame qui tient un bar bien charmant. Elle vend même des cocos gelados, mais on n’a pas craqué. On arrive devant la cidade, on regarde tous attentivement ce qui nous entoure : il y a une église que je trouve vraiment belle, il paraît qu’elle est tout le temps en rénovation. Enfin arrivés au palais, c’est fermé. 

On part donc rejoindre nos compagnons bredouilles, espérons que ce n’est pas leur cas sinon c’est la mouise. Nous marchons donc en direction des autres alors qu’on ne sait même pas où ils sont, mais intuition de Grandeur Naturien est toujours vraie, donc suivons-la. On scrute les rues avec concentration, et grâce au chapeau de Christophe, on se retrouve tout contents et là je ne me souviens plus qui a sorti cette fameuse boisson : le Guarana. On le boit, tous curieux à part Isma et Christophe qui connaissent déjà. Je trempe mes lèvres et apparemment je connais déjà le goût, du coup travail de tête pour retrouver à quoi ressemble le Guarana. Et révélation, ça me fait penser au Miranda. Une boisson bien sucrée, à mon avis plus d’eau que de sucre mais c’est bon quand il y a plein de sucre. Bon, trêve de sucreries, dirigeons-nous vers la maison du parc, pour essayer d’obtenir le pass VIP pour accéder au parc sans payer. On arrive là-bas, mais encore une fois c’est fermé, on s’y attendait un peu vu qu’aujourd’hui c’est sábado. Après on mange le midi, on se pose et au menu c’est pain français, appelé comme ça ici, il y a plus d’air que de mie dedans. Notre cher bout d’air est accompagné d’un bout de fromage hollandais, eh oui nous on mange du local. Un autre fromage mais d’ici accompagnait le tout, il n’était pas très bon d’ailleurs. Au dessert c’est coco, ouverte par Kath. On graille tout et on visite les alentours, il y a des planches de tortues en tailles réelles. La tortue Luth est impressionnante. Je n’ai pas vu sa taille exacte mais je dirais 2 fois la mienne donc 1m 79 plus 1m 79 donc 3m 58 si mes calculs sont bons. Il y a même des œufs de tortue, je me mets dedans et c’est assez spacieux, un bon 3m2, un studio de 100 euros en France, je me suis dit que plus tard, au lieu d’habiter dans un studio, j’irai vivre dans un œuf de tortue pour faire des économies. 

Fin de la visite, maintenant c’est direction Cacimba do Padre pour voir les fameux Dois Irmaos de l’île. Une p’tite balade s’ensuit et on croise les copains de Christophe, ils sont tous en voiture, car oui les gens en moteur sont tous les amis de Chricri. Avec Yawenn on est en tête, et à un moment, d’un coup, à un virage, un arbre gigantesque apparait au milieu de la route. Il est bien énorme et Yawenn a l’air de l’apprécier. On s’avance sur le chemin de sable tels des aventuriers en soif de découvertes. Petit à petit la vue s’agrandit et on découvre enfin cette fameuse praia da Cacimba do Padre. C’est beau mais y’a des gringos avec leurs parasols qui gâchent la vue. On décide donc d’aller vers là où il n’y en a pas. On touche le sable fin et jaune mais surprise il est aussi brûlant que de la braise. Obligés de remettre les chaussures sinon c’est hôpital direct, et ça c’est problème hein. On se pose à côté de rochers qui nous font de l’ombre. Tout le monde se change, c’est l’heure de la baignade et du bodysurf. D’abord on se baigne entre un des deux frères et la terre. Mais on voit bien que les vagues sont mieux à droite du frère, on décide donc d’y aller. C’est vachement mieux, de belles vagues de 1m et demi rien que pour nous, car nous sommes seuls dans l’eau. À un moment, Matis était tellement concentré à prendre des vagues qu’il ne fait plus gaffe à là où il va, il part au large. Un gentil surfeur va le chercher, il le fait monter sur sa planche pour le ramener proche de la plage. La chance, je ferai la même chose la prochaine fois. Comme quoi de mauvaises choses peuvent en engendrer des bonnes. Après une bonne grosse baignade, on nous oblige à sortir de l’eau. 

Suite du programme : balade sur les plages de Fernando jusqu’au port. La prochaine plage c’est praia do Bode, mais avant ça je tiens à raconter un évènement qui s’est passé. Je veux prendre une photo d’Isma et Christophe avec les deux frères, mais d’un coup ils s’arrêtent, ne comprenant pas la situation, je les questionne : « Qu’est-ce qu’il y a ? », Christophe répond « Ben on se questionne à quoi ressemble le Morro do Pico d’ici, du port on voit l’indien, de l’autre côté il ne ressemble à rien et d’ici je ne sais pas. » Je me joins à leur observation et 30s après Christophe dit « Ah j’ai trouvé, on se pose la question à chaque fois qu’on vient ici en plus, ça ressemble à une bite. » Avec cette remarque Isma et moi rigolons. Et à peine 30s plus tard, Ismaël trouve un caillou qui ressemble énormément au Morro do Pico vu de chaque côté, un jeu s’ensuit, « Tu vois quoi de ce côté ? », « L’Indien », « De ce côté ? », « Rien », « Et de celui-là ? », « Ben une bite Isma, ça se voit non ? ». Après ce jeu bien amusant on continue de tracer notre route sur les plages de Fernando. 

On passe la Praia do Bode sans qu’il se passe grand-chose, pareil pour les deux prochaines qui se nomment Americano et Boldro. On arrive sur la praia de Conceiçao, on décide de faire une petite pause pour se baigner et prendre le goûter. On va à l’eau une première fois, puis on sort pour prendre le goûter et on retourne à l’eau. Pendant cette session bodysurf quelque chose de surprenant arrive. Laissez-moi vous conter cela. Je nageais dans l’eau tel un barracuda quand d’un coup je me prends un poisson dans l’épaule, et à pleine balle, ça fait mal. Je me retourne et je vois un banc de poissons tout affolés nageant le plus vite possible, ne comprenant pas pourquoi je vais voir Yawenn, Chad et Matis qui étaient sortis de l’eau. Je les questionne « Vous avez vu cet énorme banc de poissons ?! » Yawenn renchérit « Mais ouais y’avait un requin en dessous de moi aussi ! Un monsieur me criait tubarão, tubarão, je ne comprenais pas au début mais j’ai baissé la tête et j’ai vu un requin juste en dessous. » Suite à cet épisode on sort de l’eau. 

Maintenant c’est direction la maison flottante. On marche le long de l’océan, regardant les vagues atterrir sur les rochers. À un moment, arrivés à une plage appelée praia do Meio on croise une école de surf. Isma discute d’abord avec des jeunes puis les autres viennent, ce qui crée un attroupement, avec Isma on s’y attend aussi. Il arrive à parler avec la prof mais apparemment c’était le dernier cours de surf car c’est bientôt les vacances. Mais bon on ne perd pas espoir, on y arrivera à surfer sur Fernando ! En plus pas besoin de prof on a Yawenn. Le soleil va bientôt se coucher, on se dépêche de rentrer mais avant, Isma, Yawenn et moi avons une mission, retirer de l’argent. Une vraie aventure pour nous mais on a réussi. Arrivés au bateau, on mange tranquillement et on va se coucher.

Isaac

 

27/11 « TUBARAO »





Ils sont beaux, gros ou plutôt imposants. Quand on les voit sur des photos, ils ont l’air lents et maladroits, mais déjà là, on préférerait les éviter. C’était la première fois que j’en voyais en vrai, que je me trouvais à ses côtés ou plutôt que l’un d’entre eux venait à moi.

 Lors de la première entrevue, il venait dans notre direction à nous trois qui étions accrochés à la chaîne. Nous n’étions pas très profond, nous faisions des nœuds. Lui, il rampait au ras du sable, environ 4-5 mètres sous nous.

Je ne suis pas très douée sous l’eau, mes mouvements à moi sont lourds, et je ne peux pas encore descendre plus bas que la patte d’oie. Quand je l’ai vu pour la seconde fois, c’était avec un mélange de surprise et d’admiration. Contrairement à moi, il est souple, agile, puissant et silencieux. Trop silencieux. Je ne suis pas étonnée de toutes ces histoires que les Hommes racontent sur eux, toutes ces histoires motivées par la peur. Tu tournes la tête et il est là, dans ton dos, tu ne t’en aperçois que lorsqu’il est à quelques mètres. Il t’observe. C’est l’un des animaux les plus imposants que j’ai rencontrés dans ma vie. Me retrouver face à lui m’a juste rappelé que dans ces eaux, il était maître. Alors, je me suis sentie pressée, cette sensation j’ai du mal à la décrire. Il aurait pu nous pourchasser, mais il n’en a rien fait. Il est passé, peut-être par simple curiosité, peut-être pas mais j’ai eu clairement l’impression que je n’avais rien à faire là, car ici, c’était chez lui. Je déteste me faire prendre au piège, alors à partir de maintenant, je regarderai toujours tout autour de moi, autant pour l’empêcher de me surprendre que dans l’espoir de croiser de nouveau un requin aussi majestueux.

Anouk


29/11 « LAMOA »




Fleurs d’algues qui courent,

S’entremêlent et se démêlent.

Champ de racines,

Champ de marécage. J’entends

Le chant des sages,

Le chant de Lamoa

L’étrange sirène de Noronha.

Qui, nue sur les vagues

Vient effleurer l’écume.

Sur son chemin de sel, elle rencontre le bagnard.

Mais bien avant lui déjà,

C’est une autre âme blessée qu’elle avait rencontrée

La mort en effet, une compagne bien trop fidèle

Qui avait imprimé Lamoa sans appel

Son visage, son corps, son destin.

Jusqu’à ses cheveux dorés par le soleil

Brûlés par les rayons du matin.

Sans haine et sans amour,

Elle poursuit alors son errance

Et parfois souffle sur le temps

Pour que nos pensées dansent

Et que, sans bruit, reviennent nos rires d’enfants.

Kathleen


Le 30/11

La journée qui s’enchaîne bien, comme ça fait plaisir.

Ce matin Anouk, Isaac, Matis, Ismaël et moi, on tente une nouvelle chance au parc. Les autres restent au bateau. On sait bien que Rox et ses plantes invasives ne seront pas au rendez-vous mais on espère trouver une autre mission. On a bien essayé de s’incruster dans une conférence interne qui parlait du tourisme et de comment en faire la gestion dans et par le parc. Mais peut-être qu’ils ont eu peur de notre intérêt pour le sujet car on a été mis à l’arrière d’un pick-up, en nous disant : « La mission Teju part tout de suite, allez-y vite ! ». Nous n’avons rencontré nos conducteurs qu’à l’arrivée, Felipe et Bruno, qui mènent une expérimentation de contrôle de la population de tejus sur une partie de l’île.



Deux hypothèses coexistent, soit ils ont été introduits pour prédater les rats (eux-mêmes introduits et invasifs) mais ceux-ci vivent la nuit et les tejus, le jour… « ça c’est problème ! » comme dirait Pedro. Ça n’a pas marché et en plus les tejus mangent les mabuias (lézards endémiques), les crabes endémiques (menacés), les œufs de tortues et d’oiseaux protégés…

Autre hypothèse, ils ont été amenés par les Américains pour la chasse. Mais leur chair est poison si elle n’est pas préparée d’une certaine façon. Ce savoir-faire s’est égaré et plus personne n’en consomme : ils prolifèrent et mangent tout.

L’expérimentation se fait sur une petite presqu’île facile à contrôler. D’ailleurs c’est très joli et bien préservé dans le parc. Depuis 2020 ils ont posé des pièges et capturent les tejus pour les euthanasier en labo. La population a drastiquement diminué et dès qu’il se passera dix jours sans capture, l’expérimentation sera validée et étendue à d’autres zones de l’île.

Bon, ce ne sera pas pour aujourd’hui parce que le groupe d’Isaac, Felipe et moi, on en a trouvé un de teju dans un piège. C’est impressionnant. Felipe, qui est vétérinaire, l’a endormi pour le transporter au labo. Ça me fait un drôle d’effet mais je comprends bien les enjeux de cette capture alors je l’accepte et ça me la rend inintéressante.

Revenus aux bureaux du parc tout contents de notre mission, on s’en va discuter avec l’association Projeto Golfinho Rotador pour savoir comment on peut s’organiser pour aller compter les dauphins avec eux. Rendez-vous demain matin à 5h30 avec Luisa, super !

Vite, c’est l’heure de retrouver nos coéquipiers pour manger au parc des flamboyants. L’organisation du lendemain n’est pas simple et ça finit par faire des vagues dans les discussions. On est très contents quand même d’aller à notre rendez-vous avec l’école.

Ils nous avaient préparé une salle avec rétroprojecteur, micro et clim à fond. On a eu peur et on s’est carapatés dans la bibliothèque en faisant des petits groupes pour discuter.

C’est plus ou moins facile selon les personnes, les jeunes de l’école sont plus ou moins intéressés mais au final, les discussions se lancent, les liens se font et quand on se retrouve pour jouer dans la cour, c’est super joyeux et plein d’échanges.

On fait du foot, du basket, du handball, du jonglage, de la slackline, du diabolo et tout ça, couronné d’un goûter partagé avec l’école.

On se dit à bientôt, et on pourrait croire que la journée se finit là, mais pas du tout ! Elle est si foisonnante !

Avec Mathys, Matis et Anouk, nous attendons Lula à la sortie de l’école pour aller avec lui dans ses cultures de coco et de bananes. Les autres rentrent au bateau et préparent leur sac car Isaac, Yawenn et Ismaël vont à une conférence sur les oiseaux de Noronha à 19h et vont dormir sur place en hamac.

On va aux champs avec Mateo, le petit-fils de Lula, et son ami Gilhem. On commence par suivre une mini formation de personnes du gouvernement du Pernambuco pour encourager les cultures vivrières. Ils montrent comment faire des greffes d’avocatiers, parlent des maladies des bananiers, des abeilles… Puis on va récolter des régimes de bananes en coupant tout le pied à grands coups de machette. Matis, Mathys et Mateo sont aux anges et s’agitent beaucoup autour de cette machette. Anouk et moi, on mange des tamarins un peu plus loin.

On revient chez Lula avec 5-6 régimes, Sila a préparé une soupe de barracuda pour nous et a invité d’autres personnes. Même si Isaac, Yawenn et Ismaël doivent partir tôt, nous mangeons bien et repartons avec la tête et le ventre pleins.

Elora

Le 1er décembre                        La vase et Le sable = bonne douche


Ce matin, c’est Morgan de petit-déj. Après avoir fini les tâches, nous nous préparons pour aller au parc. Nous voilà dans un aluguer qui nous ramène à l’entrée du parc où on croise l’équipe qui a capturé les tejus (c’est un gros lézard). Les gens du parc nous emmènent jusqu’à l’endroit où ils doivent enlever des plantes invasives qui boivent toute l’eau. Nous voici prêts à les aider, chaussons, gants bleus, combinaison, crème solaire, casquette et chapeau. Moi en m’habillant, je ressemble à un super-héros et Chad fait le méchant avec ses gants bleus. Nous voici dans la vase au milieu de plantes qu’on doit enlever.  Morgan dit :

« Eh, les gars, vous avez vu mon tas !

Anouk

- Euh ouais, on peut appeler ça comme ça !

Matis

- Ah ah Chad tu as une grosse trace de boue dégueulasse sur ton bob !

Kathleen, à Chad

- Non mais c’est bon ça se lave !

Anouk

-Vous pensez qu’on peut aller sur les plantes comme les oiseaux ?

Matis

-Si vous voulez la réponse regardez Morgan.

Chad

- Ah ouais le flemmard !

Anouk

- Ben elle est où Elora ?

Kathleen

-Elle est partie pour les aider là-bas !

Matis, sortant de l’eau

-Euh, aïe je crois que j’ai une piqûre de je ne sais quoi, à l’aide !

Morgan

- Wesh c’est quoi ça ?  Elora il y a un problème !

Matis

- Tu penses que je vais mourir ?

Elora qui sort de la vase

- Mais ce n’est rien, c’est de la terre !

Kathleen à la fin du nettoyage des plantes

- Bravo à tous, vous avez tous bien travaillé !

Chad

- Euh… J’ai toujours ma verrue à la main !

Matis

- Ben moi ce n’est pas une verrue mais mes pieds ressemblent à des pieds de sorcier ! »

Voici les dialogues de la matinée. Le groupe repart en direction de la plage, nous voyons Christophe à l’entrée et Ismaël, Yawenn et Isaac un peu plus loin. Pour aller à la plage il faut descendre des échelles car ils ont creusé dans la pierre. Nous voici sur la plage, enfin sur la plus belle plage, le sable chaud nous réchauffe les petits bouts de doigts de pied. On s’installe au bout de la plage et on mange le plat préparé par Christophe, une petite salade de riz. Puis nous voici dans les vagues, ça fait du body et ça plonge, jusqu’au moment où Ismaël me dit :

« Au revoir, Matis ! 

Yawenn

- Oh punaise !

Une vague gigantesque s’éclate sur moi, après avoir mangé le sable je dis :

- Au putain, j’ai failli mourir je n’avais plus d’air !

Yawenn

- Oh la la tu t’es fait défoncer, pou pou pou !

Isaac

-Ça va mec ?

Ismaël

- Ouh la la, la prochaine !

SPLASH !!!!!!!!  

Morgan

- Je me suis râpé tout le nez, ça fait mal !

Matis

-Ché !

Yawenn

-C’était trop bien.

Christophe

- J’ai du sable entre les couilles et vous ?

Morgan

- Venez on fait un concours : celui qui a plus de sable dans le froc qui gagne !

Yawenn

- Vous avez vu les grosses vagues.

Anouk

- Ouais, youpi ! »

Maintenant Lucas nous attend pour voir les oiseaux, avec nos jumelles on observe toutes sortes d’oiseaux ; je crois que ça va plaire à Ismaël. Après cela on fait une photo rassemblés, ensuite on repart sur la route, quand Isma dit :

- Il est où l’appareil photo ?

Christophe

- Je crois que c’est toi qui l’as.

Après une petite recherche, nous voilà repartis avec Ismaël pour chercher l’appareil photo. Nous l’avons trouvé. On se fait prendre en stop par deux cuisiniers qui ont leur restaurant à l’entrée du port. Là on voit les autres : Anouk, Elora et Chad étaient retournés au bateau car de la grosse houle était prévue, nous voyons les vagues déferler au port et on se demande comment on va faire. Isaac, Yawenn, Mathys et Ismaël veulent y aller à la nage. Ils se préparent à plonger quand Christophe, Kathleen et moi mettons l’annexe à l’eau. Le moteur fait un petit bruit avant de démarrer, ça y est Christophe conduit l’annexe et nous on s’accroche.

Christophe :

- Allez, c’est maintenant, ça passe !

Matis devant les vagues :

- Euh... ça ne passe pas, non !

Christophe :

- Mais si t’inquiète.

Une vague plus haute que 20 pommes arrive droit sur nous et brouummm Christophe fait demi- tour. 2ème tentative : non plus, la troisième est la bonne et bonne réponse nous voilà amarrés sur le bateau mais le stress revient car la nuit commence à tomber, et ceux qui étaient censés plonger ne plongent pas car les vagues s’éclatent sur la digue. Christophe part les chercher une fois en kayak, mais rien à faire, alors il part en annexe et 10 minutes plus tard le voici avec nos coéquipiers.
Yawenn

« On s’est mangé une vague aussi haute que l’annexe. »
Morgan


Le 2 décembre 2022

Aujourd’hui une grosse houle du Nord rentre dans la baie et vient déferler dans le port, empêchant tout débarquement à terre et donc de respecter notre programme du jour : pas d’accueil d’école aujourd’hui, c’est trop dangereux.

Cool, ça me laisse le temps de rédiger ce texte.

Fernando ou l’archipel des oiseaux.

Avant l’arrivée des premiers colons, on pourrait imaginer Fernando comme un gros tas de guano avec des millions d’oiseaux venant nicher partout sur l’île. Aujourd’hui, ils ne sont plus que quelques dizaines de milliers. À l’époque, l’Indien était surement tout blanc, couvert de fientes, et l’île luxuriante. Pedro me raconte qu’ici on mangeait des tortues, des dauphins et qu’il faisait des omelettes avec les œufs de sterne. Mais aujourd’hui avec l’augmentation de la population et les mesures environnementales, ces espèces sont intégralement protégées.

Après l’Homme, les rats sont les plus gros fléaux pour une île. Ils « prédatent » les œufs et les poussins et se multiplient à une vitesse folle. (jusqu’à trois portées par an).


Où est le problème me direz-vous ?

Eh bien c’est très simple :

- qui dit rat dit diminution des populations d’oiseaux.

- qui dit moins d’oiseaux dit moins de compost pour la végétation.

- plus de lessivage des sols et moins de coraux dans les récifs coralliens avoisinants.

- et qui dit moins de coraux dit moins de poissons.

- avec la disparition de la végétation et des récifs, la perte des sols et l’érosion du trait de côte par la houle augmente considérablement. Les impacts sont souvent irréversibles. À Fernando de Noronha, on tente de trouver des solutions pour remédier aux problèmes d’invasifs. Mais voilà, rapportés par les bateaux, les rats ont déjà colonisé la plupart des îles du monde. Alors maintenant, difficile de faire marche arrière. Je ne parle pas des idées de sur-introduction des chats et des téjus qui n’ont fait qu’empirer les choses, et qui doivent à leur tour être régulés par des campagnes d’éradication.

Le parc naturel de Fernando tente depuis sa création de lutter contre ces espèces qui viennent de l’extérieur et perturbent l’équilibre fragile de l’île.  

Pendant l’escale, nous avons d’ailleurs pu participer à plusieurs de ces programmes. On est bien placés maintenant pour vous dire que c’est vachement plus galère de réparer les erreurs du passé que de réfléchir pour les anticiper.

Il n’y a qu’à demander aux chasseurs de téjus ou aux pêcheurs de laitues qui ont voulu filer la main au parc pour « sauver l’île ». C’est titanesque.

Lors de ces moments privilégiés avec les agents du parc, j’ai retrouvé Lucas.

Lucas c’est mon portrait.

L’ornithologue du parc (qui plane un peu selon Pédro)

Ma première rencontre avec lui c’était il y a 4 ans lors de mon dernier passage sur l’île, lors d’une sortie oiseaux à Atalaia.

Depuis 6 ans, Lucas travaille pour l’ICMBIO. Il coordonne les missions naturalistes. Mais sa plus grande passion est pour les oiseaux marins. « Dans mon cœur et dans ma tête, ça pétille, la passion est très forte » me confie-t-il.

Moi, c’est plus les rapaces mais je ne sais pas le dire en Portugais. Pas grave, après quelques explications, il comprend.

Lucas fait le même travail que moi, avec les mêmes méthodes : IPA, IKA…, des protocoles d’inventaires internationaux qui permettent de mesurer l’état de santé des populations d’oiseaux. Pour cette sortie, Lucas a donc prévu un petit IPA (Indice Ponctuel d’Abondance) école pour faire participer notre groupe au comptage.

De nature calme, il est très patient et fait en sorte de rendre cette sortie la plus pédagogique possible. Il m’explique qu’il vient de la région des mines au centre du Brésil, qu’il a grandi là-bas, dans un contexte très urbain (contrairement à moi). Il me raconte qu’il a toujours été très attiré par la nature, mais il n’a pu s’en rapprocher que suite à ses études de biologie écologie en cursus supérieur. Plus tard, il m’explique en détail tout le fonctionnement du monde de l’environnement brésilien. Cela ressemble à quelques détails près à celui qu’on a en Europe, en plus corrompu et plus dangereux. Les mêmes systèmes d’études, les mêmes salaires très bas, compensés par des avantages en nature et justifiés par un cadre de travail « idyllique » et des employés passionnés. Lucas est l’un de ces naturalistes avec lequel je m’imagine facilement partir en mission quelque part à l’autre bout du monde, parce qu’il est calme, posé et passionné.

Je me demande si nous nous recroiserons un jour. Lui tente de me motiver pour venir faire des missions à l’étranger. Qui sait, peut-être ?

 

Ismaël

PORTRAIT LISANDRO (KAT)

Lisandro a 50 ans, il habite à Fernando et d’avril à octobre, il vit à Biarritz. Il dit qu’il cherche l’été, un peu comme nous sur GN. Il est passionné de requins, il les trouve fascinants, ses yeux brillent quand il en parle. Il m’explique que les requins sont préhistoriques, ce sont les plus anciens animaux marins qui existent encore. Ils sont même plus vieux que les tortues, c’est dire ! À l’intérieur, ils sont entièrement faits de cartilage très résistant qui se régénère très rapidement. Les humains, comme d’habitude, ont voulu s’approprier les propriétés régénérantes de ce cartilage, et pour cela, entre autres, ils massacrent les requins depuis plus de 50 ans. Tout ça pour paraître plus jeune. Mais comme dit Lisandro avec un sourire désolé : « Les humains, ce n’est pas les requins, alors ça ne marche pas ». Il me raconte que près de l’île il y a trois espèces. Un petit, un gros tranquille qui vit au fond de l’eau et un plus dangereux, le requin tigre. Normalement il ne vit pas du tout près de la côte, mais la sur-pêche au large fait petit à petit disparaître les gros poissons comme les thons ou les barracudas, du coup il doit se rapprocher de plus en plus près des plages pour trouver de quoi se nourrir. Et manque de bol, sur les plages, il y a des humains qui se baignent et qui peuvent se faire attraper.

A la base, Lisandro est biologiste, il s’est spécialisé dans l’étude des requins mais c’est tout le monde aquatique qui le passionne. Il est ensuite devenu photographe et a réalisé des films documentaires sous-marins. Il ne se lasse pas de les étudier et peut passer des heures et des jours sous l’eau à les suivre pour les comprendre.

Lisandro voue sa vie à ses rêves, il œuvre depuis son enfance pour les réaliser. « Quand je serai grand, je serai Jules Verne ! » s’est-t-il dit après avoir dévoré ses trois célèbres ouvrages pleins de découvertes et d’aventures : Le tour du monde en 80 jours, Voyage au centre de la terre et Vingt milles lieues sous les mers. Pour commencer, il a entrepris de partir à vélo pour faire un tour de l’Europe, il est parti de Biarritz, puis est passé par le Portugal, l’Espagne, puis l’Italie, la Croatie, la Slovénie, l’Albanie, le Montenégro et bien plus encore. Et tout ça, en 80 jours. Ensuite, pour Voyage au centre de la terre il prévoit d’aller explorer des volcans, en Italie et en Islande, mais actuellement il y en a un en éruption alors il devra changer ses plans, parce que mourir, ce n’est pas bon pour la santé ! Pour finir, un des projets qui lui tient le plus à cœur c’est de retracer le chemin emprunté par le Nautilus, le fameux sous-marin de Vingt milles lieues sous les mers. Il pourra combiner sa passion pour les requins en allant plonger à chaque étape du voyage pour prendre des images et réaliser un nouveau film. Avec tout ça, il a envie d’écrire trois livres qui retraceront ses péripéties Jules Verniennes.

Je n’ai pas rencontré Lisandro très longtemps mais il souriait tout du long en me racontant ses histoires. Il avait, lui aussi, les yeux qui rient, le cœur tout plein d’espoir et la tête pleine de rêve. Comme à chaque fois, ça me touche quand je vois des projets de vies qui ont un sens, un sens qui prend sa source dans l’enfance, qui vient d’un désir si brûlant qu’il ne peut être enfoui sous les tonnes de barrières et de dogmes avec lesquelles notre société nous étouffe à petit feu.


03/12/22 LA NAVIGATION PARTAGÉE



Ce matin, on se réveille à 5h30, enfin comme tous les matins. Eh oui ! Depuis qu’on est au Brésil, on se lève à 5h30 pour suivre le rythme du soleil. Bref, parlons plutôt de la journée. Aujourd’hui, Pedro, son fils et Atila viennent faire une petite nav’. Pedro et les autres arrivent un peu en retard c’est à dire 9h au lieu de 8h mais bon, ils sont quand même là. 

Alors une fois les voiles hissées, nous voilà partis en direction de la Ponta da sapata. Pedro et Francois (son fils) essayent de nous montrer comment pêcher mais ils nous demandent de réduire la voilure car pour pêcher il faut aller moins vite « et ça c’est problème ! » mais bon, le vent ne veut pas nous écouter (il forcit !). En arrivant à la Ponta da Sapata, on se retrouve au près et on doit mettre la trinquette, ça ne facilite pas la pêche ! Le retour se fait très vite. En arrivant, Pedro à la barre slalome entre les bateaux en les rasant. Youhou en plus on est à la voile ! 

Arrivés au mouillage, on doit récupérer la chaîne laissée à un pare-bat en partant. Après une manœuvre sportive, on est enfin mouillés. Je parle un peu avec Pedro, mais le moment est venu pour nos invités de partir. Christophe fait des aller-retours en annexe pour les ramener. Puis chacun vaque à ses occupations. 

La fin de journée arrive vite, je vais me coucher plein de joie car demain on va faire du surf !

Yawenn


04/12/12







Aujourd’hui, journée chargée : ce matin, rendez-vous à la Praia de Conceiçao pour planter des plantes payées par les coureurs des 21km de Fernando de Noronha

Départ 9h pour faire cela, mais on est en retard, du coup on n’a pu planter 1 seule plante. Mais Pedro vient nous sauver pour aller manger. Déjà 12h35, je dois laisser l’équipage au surf et moi je pars chez Edjileni pour faire un gâteau. 

Arrivé chez elle, accueil très chaleureux de sa part. Durant le bavardage prononcé par Chris, nous préparons le gâteau et je me rends compte à quel point cette personne est incroyable. Mathews vient nous aider pour le 2ème gâteau et enfin voila 

Christophe (avec 2h30 de retard) lol pas grave. En plus Edji nous a offert 1 tasse à notre nom à moi et Kat. 

Bref ce soir dégustation du gâteau au café et demain de celui à la banane.

Mooggy/Mathys/YK_noupix








 05/12/22 Les adieux


Dernière journée pour nous tous sur cette île tropicale de l’hémisphère Sud. Demain c’est le départ vers Fortaleza. On organise la journée pour faire les choses qu’on n’a pas faites et bien sûr, faire nos adieux à toutes les personnes qui nous ont accueillis et aidés durant cette escale. Mais avant les au-revoir, on va visiter la Praia do Leao, qui d’après Christophe est la plus belle de Fernando. On fait des petits groupes de stop pour y aller vu que la plage est à l’autre bout de l’île. Avec Isma, Christophe et Anouk on est pris en dernier mais on arrive en premier au point de rdv, c’est un gentil monsieur qui nous a emmenés jusqu’aux portes du parc, il travaille sur un des bateaux qui ravitaillent l’île. On se retrouve et on marche en direction de la plage, on la découvre enfin, et Christophe avait raison, la plage est clairement une des plus belles. On mange et on se baigne, les vagues sont bizarres mais drôles à prendre, ce sont des vagues croisées. Ensuite un groupe va chez Naodo le maraîcher pour acheter des fruits et légumes. Nous autres, on part faire les premiers adieux aux fiscals et volontaires puis on ira chez Edjileni et Douda pour un autre au-revoir. Pour ma part, je vais chez Douda et Edjileni. C’est bizarre de leur dire peut-être adieu, j’aurais bien voulu vivre plus de choses avec eux. Mais peut-être nous les reverrons un jour, ils m’ont dit qu’ils viendraient en France et passeraient nous voir. Ensuite, c’est glace réconfort, mais juste après on ré enchaîne sur un adieu à Pedro, homme à rencontrer comme dirait Yawenn, quelqu’un de généreux, drôle. J’espère le revoir un jour. Vient enfin le dernier, Lula et sa famille, on y va mais Lula n’est pas là, on se contente de dire au revoir à Sila et on lui fait passer notre adieu pour Lula. Journée enfin terminée, on retourne sur le bateau et on s’endort car demain c’est le retour de la navigation.

Isaac