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30 mars 2010

le 30 mars 2010, l'arrivée en Guyane...



Bonjour tout le monde,

La terre de Fernando s’éloigne avec de beaux souvenirs brésiliens, l’équipage est plus ou moins nostalgique. Nous prenons la mer pour la Guyane, ce qui promet une belle dizaine de jours à voguer. La navigation sera une belle période, le groupe est rallié, une vague positive domine sur GN, seul Emmanuel n’est pas très en forme. Positive mais aussi un peu au ralenti, le bateau nous berce et nous endort régulièrement tour à tour. Nos journées sont rythmées de belles conversations, de chants et de rires. Un petit bémol survient, notre projet de séjour à Rocas est annulé, nous avons pu tout de même nous y arrêter deux longues heures pour déjeuner, faire une plongée et y admirer le paysage. Quel dommage, nous sommes bien vite partis de ce qui avait l’air d'un petit paradis. Une première escale est faite à Fortaleza, une escale « technique » comme dit Michel, le moteur a quelques soucis pour démarrer et la batterie a eu besoin de réparations. Nous en profitons également pour faire le plein de courses et passons de bons moments en profitant de la piscine et de la salle de jeux de l’hôtel mais aussi de notre marina. Nous n’avons jamais connu ça ailleurs, de très grandes rues sales, des corps abîmés, une circulation dangereuse, mais aussi un joli vieux quartier avec des étals qui vont jusqu’aux trottoirs, contenant mille trésors de cuir, de bois ou de cordes. Nous recevons d’ailleurs un très gentil cadeau de l’association, un hamac, spécialité de la ville et du Brésil. C’est reparti pour une courte semaine de navigation, cette fois après avoir fait les contrats on cravache, le temps de travail le matin est rétabli. Donc Régis, Marion et Michel s’appliquent à aider pour des cours de math ou français. Les après-midi se ressemblent avec une lecture, une activité proposée, nous avons tous hâte d’arriver. Un beau matin, la terre ! Nous nous arrêtons aux îles du Salut pour une grande lessive et un nettoyage assez conséquent du bateau dont il avait grand besoin. Puis, durant l’après-midi, en plusieurs expéditions nous allons découvrir l’Ile Royale. Vraiment sublime, végétation riche et verdoyante, nous rencontrons quelques animaux peu communs, comme des agoutis (sorte de gros rongeurs) et des singes. Depuis notre heureuse arrivée en Guyane, la pluie rythme nos journées ainsi que nos rentrées et sorties de linge. Nous repartons dans la nuit pour St Laurent, profitant de la marée. Au réveil l’eau est encore plus brune que la veille, nous voilà sur le fleuve du Maroni, l’allée majestueuse pour St Laurent…
En entrant dans le fleuve, nous sommes plongés dans un décor très éloigné de ce que nous avons connu jusqu’à présent. L’eau est marron, mais c’est surtout la végétation des rives qui nous surprend par sa densité et sa couleur. Celle-ci est composée d’arbres de tailles et de formes très variables qui donnent l’impression de se lutter pour gagner un peu d’espace nécessaire à leur croissance. Autre point qui a une incidence sur notre quotidien, l’eau est douce. Cela veut donc dire que pendant quelques temps nous allons nous laver, nous brosser les dents, faire la vaisselle et nos lessives avec une eau non salée. Nous posons finalement l’ancre à Saint Laurent en fin d’après midi. Manu et Michel vont faire quelques courses pour le repas. Bonnie se couche sans voix. Le lendemain elle l’a déjà retrouvée. Vers 8h Cédric nous fait déjà des signes sur le ponton. Une fois sur le bateau et après avoir pris des nouvelles des uns et des autres, nous évoquons ensemble l’organisation de notre escale guyanaise. Aujourd’hui, il faut faire des courses pour la semaine à venir. Cédric nous prête donc sa voiture pour que nous fassions les pleins. Michel commence à se renseigner pour acheter une batterie pour le moteur babord. Marion et Malvic vont chez le dentiste. Il faut aussi laver les cabines, faire sécher ce qui est humide, se mettre à jour dans les textes, récupérer les mails, envoyer les cartes et les lettres… Pour ce qui est de la santé dentaire de nos deux souffrants, il manque quelques millimètres à Marion pour qu’une de ses dents de sagesse puisse pousser librement, mais elle peut attendre la fin du séjour avant d’envisager une éventuelle opération. Malvic de son côté n’a pas la même chance. Il se fait anesthésier et dévitaliser une dent cariée apparemment irrécupérable.
Le 23 mars, un groupe va au marché pour compléter les courses en produits frais. À leur retour nous partons en direction de l’ADNG (l’Association de Découverte de la Nature Guyanaise) où travaille Cédric. Pour nous y rendre, il nous faut prendre un affluent du Maroni, et naviguer ensuite dans des criques. Nous retrouvons finalement Cédric et sa petite famille à l’endroit ou nous mouillerons, c’est à dire à 5mn de l’ADNG, en pleine forêt guyanaise. Le soir nous dormons en hamac (et moustiquaires bien sûr) sous des carbets (abris constitué d’un toit mais sans murs). Puis, Michel nous quitte pour se rendre à Cayenne où il espère trouver une batterie et du matériel de voilerie. Le reste du groupe se prépare avec Amini (notre guide) pour partir trois jours en bivouac. Nous partons après le repas en canots par groupe de trois pour nous rendre à notre campement. Normalement, le trajet est censé durer deux heures environ mais le canot de Bonnie, Juliette, Régis et Jean-François (le fils de Josie l’amie de Cédric) se perd dans la nature et passe la nuit à errer sur les bras du Maroni. La nuit sera longue pour tout le monde mais peut être plus encore pour Cédric qui les cherchera durant des heures. Finalement, tout se termine bien puisque le petit groupe d’aventuriers retrouve sa route au petit matin. Les autres rentreront eux aussi au bateau puisque le temps n’est pas très conciliant. Ah oui, il faut quand même vous sachiez que la Guyane est un endroit magnifique qui comporte quand même quelques petits désagréments. Il pleut très souvent et cela nous contraint à vivre dans un bateau humide, et l’insecte roi est le moustique, nous sommes donc couverts de nombreuses piqûres.
Ces derniers jours, nous avons donc passé du temps à sécher, laver, re-sécher nos vêtement et le bateau. Nous nous sommes aussi mis à jour dans les textes, dans les contrats et avons fait un groupe de parole qui a de nouveau fait émerger les problèmes que le groupe rencontre dans son fonctionnement et les difficultés de chacun à vivre ensemble. De nombreuses choses se sont dites en espérant que chacun s’en serve pour repartir sur de nouvelles bases. Demain lundi 29 mars, le groupe se scinde en deux. Christophe, Marion, Bonnie, Malvic et Paul remontent le fleuve pour se rendre dans des villages avec « botoplay », une association de ludothèque ambulante. D’un autre côté, le reste du groupe se rendra près de Awala, un village amérindien situé près de l’embouchure, pour y voir à nouveau des tortues et y faire de la voile légère, puis dans une semaine nous inverserons les activités.
Voilà, il ne nous reste plus qu’à tous vous embrasser bien fort et à vous dire à bientôt.

Juliette et Régis

15 mars 2010

Lettre collective Michel et Malvic Fernando De Noronha


L’arrivée :

Fernando de Noronha est un Archipel que nous avons imaginé avant de le voir, grâce aux nombreuses descriptions que nous en a faites Christophe. Nous avons donc fantasmé les plages avant de les voir et imaginer les îliens avant de leur parler.
Nous sommes arrivées le 22 Février après 1283 Milles nautiques, à une moyenne de 5,3 nœuds. Au grand jeu des pronostiques (Chaque membre de l’équipage sauf Malvic avait écrit sa date et son heure d’arrivée sur un bout de papier, le tout scellé dans une enveloppe), c’est Michel qui a gagné. Gros coup de chance, comme il l’a écrit lui-même dans un texte : « Bien que skipper, mon père n’est ni Poséidon ni Eole, je ne fabrique donc pas le vent ».
Notre premier cadeau de bienvenue sera l’invitation qui nous est faite par un pêcheur de nous amarrer à son corps mort (Bouée de mouillage). La baie de santo Antonio dans laquelle nous mouillons est magnifique et nous voyons déjà la longue houle éclater sur le rivage pour la plus grande joie des surfeurs qui se pressent dans cet Archipel pour s’adonner à leur passion.
Nous sommes le seul voilier au mouillage parmi une foule de barques de pêche et des vedettes qui promènent les touristes. Nous resterons d’ailleurs l’unique voilier jusqu'à la veille de notre départ.

Premières démarches administratives :

Le premier contact d’un navigateur avec le pays où il aborde est souvent avec les autorités du pays. Celui-ci sera d’ailleurs révélateur, comme toujours, de l’île ou nous arrivons. Christophe et Michel, avec leur portugais de contrebandier, ferons le tour des bureaux afin d’obtenir tous les tampons nécessaires à notre séjour. L’accueil aura été charmant, dés le départ, puisque nos passeports seront tamponnés autour d’un « cafezinho » (petit café sucré brésilien) par deux policières très sympas et qui minauderont comme des adolescentes dés qu’elles sauront que nous sommes français. La suite sera du même tonneau ce qui fera dire à Michel que la devise du pays pourrait être « hospitalité et gentillesse » plutôt que l’officielle « Ordre et Progrès ». Tout cela a donc démarré de la façon la plus sympathique qui soit.
Comme dit la fable « si le ramage ressemble au plumage », Fernando n’a pas fini de nous séduire.

D’ailleurs nôtre première sortie à baia do Soeste confirmera notre première intuition. Nous avons, en effet, négocié avec le directeur du parc naturel la possibilité d’accompagner un de ses étudiants scientifiques sur une plage ou il doit attraper des tortues pour les baguer, les mesurer. Nous avons donc rendez-vous avec Felipe, l’étudiant en question, pour assister à l’opération, sans Malvic (Parce que au lendemain d’une dispute avec Ismaël, Malvic n’a pas supporté entendre les réflexions sortir de la bouche de quelqu’un d’autre et est parti de son coté). C’est trois par trois que nous sommes allés plonger avec Felipe pour attraper les tortues. Moment magique, inoubliable pour certains. On comprend mieux alors le travail qui est fait dans ce parc maritime naturel : étude, préservation, protection, éducation des touristes …
C’est un très bon début pour prendre le pouls de l’île.
La suite ne sera pas mal non plus.

Toujours grâce aux négociations avec le directeur du parc, nous sommes invités gracieusement à visiter une espèce de nurserie, en réalité des piscines naturelles recouvertes à marrée haute ou restent de jeunes poissons à marrée basse. Nous avons donc rendez-vous ce matin-là avec Pedro, le grand copain de Christophe, qui travaille comme garde au parc maritime. Il s’agit donc de barboter (entre cinquante centimètres et un mètre d’eau) parmi de jeunes poissons magnifiques, de jeunes requins (tout le monde ne les a pas vus) qui resteront dans les piscines naturels d’Atalaia, jusqu'à ce qu’ils soient assez grands pour prendre le large. C’est une sensation rare de nager dans un aquarium « grandeur nature » !!!! Il nous est souligné de ne pas mettre de crème solaire dans les piscines naturelles pour ne pas polluer le milieu ambiant ; preuve supplémentaire qu’on ne peut pas faire n’importe quoi dans cette île paradisiaque, mais fragile. Et c’est à la sortie cette activité que Christophe nous proposera quelques cocos bien fraîches et délicieuses. Pour beaucoup c’est une première surtout pour la plus part des jeunes.
Une fois de retour, c’est d’emblée que nous reprenons de plus belle avec la suite des bilans ou le sujet portera sur les relations des uns avec les autres sur le bateau : « finalement les relations entre tout le monde se sont plutôt améliorées. Deux explications possibles : « Tout le monde fait des effort ou bien le niveau d’exigence n’est pas très élevé ! » (Citation de Christophe).

Christophe est partit chez Pedro afin de discuter s’il est possible qu’il nous donne des cours de surf, mais il n’a pas le temps d’ouvrir la bouche que Pedro lui dit que sa fille désire embarquer à bord de Grandeur Nature pour le reste de l’expédition. Christophe se sent alors à ce moment pris dans un piège, car il ne veut pas dire non à son ami, mais ne peut accepter non plus que sa fille qui ne parle pas un mot de Français monte à bord dans des conditions qui ne lui plairait peut-être pas. Il lui explique donc que pour monter a bord il y a besoin d’une démarche administrative énorme et lui explique l’histoire du jeune dominicain qui a embarqué à bord de la Baleine Blanche et qui a fini par s’enfuir (voir texte de Christophe) et lui décrit aussi que à bord, ce n’est pas tous les jours rose. Il lui explique qu’il vaudrait mieux qu’elle fasse un premier voyage en bateau avec une famille, plutôt qu’avec des jeunes qu’il lui décrit comme très exotique pour elle. C’est après un bon après-midi d’argumentation qu’il parvint à convaincre Pedro et sa fille que ce n’est pas possible. Il reviendra tout de même avec une réponse positive pour ce qui est du cours de surf.




Le lendemain, avant de quitter le bateau, Christophe nous fait remarquer qu’il en a marre de vivre dans une porcherie et donc que ceux qui n’auront pas rangé toutes leurs affaires, resteront consignés à bord. Du coup, tout le monde s’y est mis et personne n’est finalement resté à bord, mais tout le monde n’est pas partit au surf, car Paul et Régis ont préféré partir pêcher toute la journée avec deux pêcheurs, voisins de mouillage. En arrivant chez Pedro, nous découvrons qu’il a demandé à son copain Rodrigo (Fabricant de planches de surf) de venir l’aider à nous faire découvrir le surf. C’est donc en bonne compagnie que nous partons à la plage, planches de surf (prêtées par Pedro) en mains. Viendront aussi son fils, François, sa fille Francine et son fiancé Alexandro. Où l’on voit que le choix des prénoms de ses enfants souligne bien l’attachement de Pedro pour la France. Arrivés sur la plage, Rodrigo et Pedro trace sur le sable une planche et nous explique comment nous relever. Crise de rires, Tentatives plus ou moins réussies selon les uns ou les autres. Puis c’est le grand moment, les trois premiers partent armés de leurs planches surfer (Ou plutôt tenter de surfer) l’écume des vagues. Là encore, de belles photos et de belles crises de rigolades. A un moment, Michel croit avoir réussi à dompter l’engin. En réalité, il était debout sur la planche, certes, mais celle-ci était carrément posée sur le sable, enfoncée par le presque quintal de notre skipper ! Bonnie planche sur la tête attend la vague parfaite, Christophe de son côté prend des photos en jouant dans l’eau et enfin Manu et Malvic continuent d’apprendre avec la belle Francine.
Ce sera une magnifique journée de découverte du surf.

Pendant ce temps, Paul et Régis, partis avec Nana et Amaro sur « Dois Amigos I », découvrent les techniques locales de pêche. Régis aura eu l’étonnant réflexe d’embarquer avec lui une boîte de thon pour le déjeuner du midi ! Après une belle pêche de poissons et de Fou (espèce d’oiseau), nos amis rentrent au bateau. Rendez-vous est pris le lendemain matin à cinq heures pour aider les pêcheurs à échouer leur bateau sur la plage, car il a besoin de travaux.

Le lendemain, Paul, Juliette et Michel, se lèvent à cinq heures et vont donner un coup de main à nos deux sympathiques voisins. Il s’agira de profiter de la marrée haute pour échouer le bateau. La manœuvre consiste à jeter une ancre sur l’arrière et à porter une amarre à terre pour maintenir le bateau perpendiculaire à la plage. Au dernier moment, une vague mettra le bateau de biais, impossible à rebouger, car le bout de l’ancre arrière a cassé ; ce qui occasionnera bien des soucis et du travail pour la suite de l’aventure. Marion arrivera en planche pour nous amener un thermos de café, attention aussi délicate qu’appréciée. Nous partagerons le café avec nos deux amis Nana et Amaro et nous leur ferons même découvrir le gingembre confit qui les laissera perplexe. La journée se terminera par un super barbecue sur la plage avec Pedro et toute sa famille. Nous ferons griller un gros poisson (charrango branco) achetée au petit cargo auquel nous nous approvisionnons régulièrement en eaux et en poissons lorsque les pêcheurs n’ont rien pris. Grâce à Pedro et à ses relations, nous pouvons utiliser le barbecue d’un stand de la plage. Pendant ce temps, à la nuit tombée, les manœuvres pour échouer correctement la barque de pêche continuent. Nous aussi continuons à aider pendant que cuit notre poisson. Les pêcheurs ont peu de moyens, mais remplacent les machines qu’ils n’ont pas par une naturelle solidarité de tous les pêcheurs. Une leçon à méditer pour nos sociétés mécanisées ou la solidarité a progressivement reculé. Nous terminons cette super journée en invitant nos copains pêcheurs à partager notre repas.



Autres moments inoubliables, les nuits passées à observer les tortues venir pondre sur la plage du Leon. C’est donc en demi groupe que nous nous sommes rendus sur cette plage à la tombée du soir. Le premier groupe sera donc composé de Michel, Paul, Marion, Manu et Malvic. C’est Felipe, toujours le même, qui pilotera le premier groupe. Il s’agit d’observer le plus possible en dérangeant le moins possible. En effet, les tortues sont très sensibles à ce moment particulier de leur vie : la moindre lumière, le moindre bruit, peuvent les effrayer, ce qui les pousserait à repartir à l’eau sans avoir pondue. Or cette nuit là, nous ne sommes pas cinq comme prévue mais douze ; ce qui est anormal et préjudiciable au bon déroulement des opérations. Il y a eu une erreur dans le planning de réservation et nous nous retrouvons donc avec un autre groupe de touristes plus une équipe de télévision qui en profitera pour prendre rendez-vous avec nous pour une interview le lendemain matin au bateau. La nuit consistera à arpenter la plage pour traquer les traces des tortues montées pondre sur la plage. Le premier groupe sera même le parrain de cent trente œufs condamnés sans l’intervention de notre moitié d’équipage. En effet, une tortue pondra trop bas sur la plage. La marrée montante aurait dû recouvrir ces œufs rendant ainsi l’éclosion impossible. Décision fut prise (par Felipe) de donner un coup de pouce à la nature en déterrant les œufs et en les enterrant de nouveau un peu plus haut. Nous avons donc permis à cent trente œufs d’avoir une chance de devenir 130 tortues. S’ensuivra, au petit matin, une discussion philosophique afin de savoir si ce que nous avons fait était une bonne chose ou non.
Pour ce qui est du deuxième groupe partit deux jours plus tard, ils auront la chance de voir une éclosion. Trois jeunes bébés tortues, en retard sur les autres, sortiront devant notre autre moitié d’équipage, ébahie devant un tel spectacle. Coucher à la belle étoile, sous la croix du sud avec les tortues pour voisines accomplissant ce rite millénaire, fut pour beaucoup un des plus beaux moments passés sur l’île.




A peine rentré au bateau après une nuit blanche (pour le premier groupe), il a fallu préparer le bateau et annoncer à l’autre moitié de l’équipage qu’une équipe de télé allait débarquer à bord. Candeia au micro et Géronimo à la caméra sont donc restés une petite heure à bord pour essayer de comprendre ce que ce voilier français faisait ici avec tous ces jeunes à bord. Tout le monde a répondu du mieux qu’il a pu, en fonction de son niveau de portugais. Le gros intérêt d’être passé à la télévision locale est qu’ensuite, nous pouvions davantage parler avec ceux qui nous prenaient en stop et nous reconnaissaient pour nous avoir vu dans leur poste de télé. Il faut dire que sur Fernando, notre mode de déplacement favori était le stop ! Il n’a jamais été difficile de se déplacer sur l’île, tant la gentillesse des îliens les poussait à s’arrêter des que nous levions le pouce. Nous avons donc parcouru des kilomètres en buggy (la voiture de transport de l’île), cheveux au vent, en expliquant notre voyage à ceux qui nous reconnaissaient et étaient curieux d’en savoir plus.



Impossible de parler de notre séjour sur Fernando sans évoquer les orgies de noix de coco que nous faisions à la plage de Sancho. Imaginez une plage de carte postale, des rouleaux de vagues énormes, mais permettant de s’y baigner quand même. Rajoutez y des cocotiers en pagaille. Des jeunes assoiffés et vous aurez un cocktail délicieux à déguster un petit peu tous les jours ; ce que nous avons fait, bien évidemment.

Trois jours avant notre départ, nous avons profité d’un jour de repos de Pedro pour l’embarquer avec ses enfants dans une virée sur Grandeur Nature. Pedro nous proposera de faire un tour de l’île et de profiter de sa connaissance du terrain. Ce fut une belle journée de pêche, bien que les pêcheurs du bord n’aient pas pris grand chose. Michel proposa alors à Pedro de prendre la barre dés le départ, ce qu’il fit. Il ne la lâchera qu’à l’arrivée, ravi de retrouver de vieilles sensations. Il faut dire que Pedro dans sa jeunesse est parti de son île en voilier et est venu Bretagne y travailler un an. Ce qui explique son amour de la France, du voilier et de ceux qui voyagent. Pendant que François (fils de Pedro) pêche avec Emmanuel et Paul, Michel Christophe et Pedro parlent de la navigation, du Brésil, des brésiliennes, de la vie en général et de la musique ; le tout sur fond de musique française qu’apprécie particulièrement Pedro. Les filles, elles, passent la moitié du temps à dormir et bronzer, tandis que Malvic et Francine discutent. Ca aura était une très belle journée.





Le jour du départ… C’est a la fois une journée mouvementée et dur pour certains au bateau que voulez vous ? Après avoir fait la connaissance d’un des plus beaux endroits du monde on est triste de le quitter. C’est aussi le jour du grattage de coque Malvic et Manu s’y attèleront en premier pour pouvoir descendre au port rendre visite à Francine mais aujourd’hui personne ne descend tant que le bateau n’est pas rangé et cette fois-ci ce n’est pas « J’ai rangé mes affaires je peut descendre ? » non. Tant que les affaires ne seront pas TOUTES rangées personne ne descend donc Malvic entreprend un grand rangement apparemment il a vraiment envie d’aller voir sa Francine. Donc Emanuel et Malvic sont au port Christophe partira envoyer et réceptionner des mails tandis que Michel ira demander la météo au port.

Alors à la fin pour tout ceci que restera t-il de notre escale à Fernando ? Bien sûr, des images de plages, de tortues, de dauphins rotadors, des parties de jeux dans les vagues. Mais, au-delà des clichés pour cartes postales, restera le souvenir de gens d’une gentillesse rare, d’un accueil chaleureux. Chacun emporte avec lui le souvenir de conversations, d’échanges, avec les îliens : conducteurs de buggys, pêcheurs, étudiants, journalistes etc… Restera surtout le visage de Pedro, sa lenteur qui n’est pas un manque de rapidité, mais plutôt une philosophie, sa gentillesse et son hospitalité ainsi que sa disponibilité. Il fut notre guide, notre prof de surf, bref, notre ami. Certains ont laissé à Fernando leur cœur, d’autres un ami, d’autres encore des relations à poursuivre.

Fernando, quand tu nous tiens …

26 février 2010

Le 25 février 2010... Ici la Terre!!!


La lettre Collective d’Emmanuel et Christophe:

Du départ de Mindelo au Cap-Vert à l’arrivée à Fernando da Noronha au Brésil...

Après le départ de GSéb et Morgane nous avons navigué pour découvrir l’île de Fogo.

… Le mouillage de Cavaleiro que nous découvrons au fur et à mesure que nous approchons abrite un voilier, mais c’est déjà presque trop! Il faut, pour mouiller, faire une manœuvre plus délicate que d’habitude car le ressac et l’étroitesse du lieu nous obligent à nous amarrer par l’arrière à la digue, en plus de l’ancre à l’avant. Christophe part à la nage, l’amarre attachée autour de la taille tel Kevin Costner dans Waterworld, et c’est sous nos applaudissements et l’œil intrigué des Capverdiens présents qu’il rejoint la digue, Paul fera de même avec une deuxième amarre, également sous nos applaudissements. L’équipage réuni à bord, nous décidons de faire une rando de 24h sur le volcan de l’île, qui culmine à plus de 2800m d’altitude.
Marion.

Hier, nous avons pris un aluguer qui nous a monté jusqu’au cratère, nous avons passé la nuit à l’intérieur de celui-ci allongés sur un tapis de « picon » (poussière volcanique).
Ici, il y a des mimosas, des eucalyptus, et d’autres petits arbustes. Parmi eux, il y en a qui ont des graines et à l’intérieur des sortes de pignons. Paul y goûte en premier, il en propose à Bonnie et moi ; c’est assez bon. Et de fil en aiguille tout le monde (mis à part Christophe et Juliette qui ont eu une bonne intuition) se retrouve à déguster les petites graines. C’est à ce moment que nous rencontrons un homme du coin qui en voyant la graine éclate de rire. Il nous dit qu’ici, elles leur servent à se purger, par dose de trois à quatre. Alors quand on lui dit qu’on en a mangé entre dix et quinze chacun, je ne vous raconte pas son état. Lui, plié en deux de rire et nous de vomir.
Ismaël.


Puis nous sommes partis pour ce que certains appellent la « Traversée », alors c’est vrai que nous sommes passés de « l’Afrique » enfin les îles du Cap-Vert à « l’Amérique du Sud » enfin l’île de Fernando da Noronha, mais nous avons traversé l’Atlantique à l’endroit le moins large, et les Alizés nous ont poussé tout le long transformant cette traversée en navigation de 9 jours… Comme je (Christophe) suis de « lettre collective » avec Manu je lui ai suggéré de prendre des extraits des textes que chacun a écrits pour le journal de bord, et voici sa sélection :



Le 13-02
Après une nuit réparatrice pour une bonne partie de l’équipage ayant mangé à terre ce qu’il ne fallait pas, nous partons ce matin pour le Brésil. Dans le petit port de Fogo, des pêcheurs sortent des guirlandes de poisson de leurs filets. Ils ont eu de la chance. Cette scène me semble une bonne allégorie du Cap Vert. J’ai effectivement l’impression de laisser le Cap Vert dans un bien meilleur état que je ne l’ai fait, il y a vingt quatre ans. Je n’ai pas beaucoup circulé à terre (beaucoup de choses à faire sur le bateau pour prendre mes marques), mais ce que j’ai vu ressemble à la pêche de ce matin : les conditions de vie me semblent meilleures qu’autrefois. Dernière contribution à l’économie capverdienne : nous allons acheter du poisson aux pêcheurs chanceux. J’ai tout de même une réticence philosophique à parler de « chance » pour des gens qui travaillent dur, se lèvent tôt et ont certainement acquis des compétences qui ne doivent rien à la chance ! Nous achetons donc aux pêcheurs compétents, durs à la tâche et un peu chanceux, deux kilos de poisson, du « chincharron » (transcription phonétique). À un euro le kilo, nos deux kilos achetés ne vont pas faire bondir le P.I.B du pays, mais permettront à quelques gars de vivre de leur travail ; ce qui est bien l’essentiel. Nous avons donc mille deux cents douze Milles à parcourir dans le SSW pour arriver à Fernando. Le briefing sécurité étant fait, la météo prise, nous larguons les amarres.
Michel

Le 14
Ce matin c’est jour de fête, on fête deux anniversaires. Le premier c’est que ça fait deux mois que nous sommes réunis pour le voyage. Le deuxième, c’est celui de Régis qui passe dans sa trente-deuxième année. C’est peut-être grâce à tous ces évènements qu’on a le droit d’avoir des CRUNCH et du lait au petit dèj’. Un ou deux joyeux anniversaires plus tard, on fait le récapitulatif des quarts passés. La mer est calme, le vent vient par l’arrière, on s’apprête a hisser le spi pour la première fois. Oups ! Excusez-moi tout le monde ne sait pas forcément ce qu’est un spi. Le spi est une grande voile creuse et triangulaire qu’on utilise quand le vent vient par l’arrière. Ça y est, le soleil est au zénith, nous le shootons enfin avec le sextant, appareil qui sert À trouver sa position sur la mer grâce aux astres. On calculE l’angle entre le soleil et l’horizon, une fois l’angle trouvé quelques calculs nous permettent d’établir une position précise.Paul


Le 15
Et en sortant quelques minutes sur le pont car il faisait très chaud dans la coque, je vois l’eau qui est tout autour de nous bleu turquoise. J’ai envie de me baigner. Mais à peine le temps d’aller finir mon mail que, lorsque je retourne sur le pont pour me laver à la traîne, l’eau a déjà changé de couleur. Elle a repris sa couleur habituelle, bleu foncé. J’étais dèg’ ! Tant pis je reste sur le pont, je n’ai pas encore barré, je crois, mais je sais qu’on va venir me le demander.
BONNIE

Le 16
Plus tard dans la matinée, Michel explique les « empannages » (action de faire passer la grand-voile d’un bord à l’autre du bateau en vent arrière), moi je filme car depuis Fogo, on a commencé à filmer, cela donnera peut être un petit film sur la traversée. Après l’explication théorique, s’ensuivent deux empannages en vrai pour la pratique.
Christophe

Le 17 février 2010
LA CABINE
En ce moment, sur le bateau, les cabines c’est quelque chose ! Soit il fait trop chaud, soit ça bouge trop, ou alors ça pue trop ; alors j’ai demandé comment chacun verrait sa cabine de rêve.
Pour moi, la couchette de mes rêves, c’est chez moi, ma chambre avec mes affaires, ma console et mes vêtements.
Emmanuel

Le 18/02/2010
Sept heures. Réveil en petites brioches dorées avec Bonnie, entre les quatre murs de notre cabine à pain. Première nuit sans pardessus, le corps brûlant, véritable éponge d’humidité. Je me sens fourbue par mes quatre nuits ciselées précédentes. Dehors, à l’air libre, les visages brassés par l’air tiède, en communion autour de breuvages brunâtres, quelque chose se trame. Dans le filet arrière, une poignée masculine de nos matelots dirigée par Paul frétille autour de la ligne de pêche. Caramba ! Après deux mois de boutades comme : « mais alors que va-t-on souper dans ce cas ? », après plusieurs leurres évadés ou arrachés, la roue tournerait enfin ?! Assise en croix au côté de Christophe, je ris de son rictus dubitatif. Roule, roule, ligne de pêche, autour de ta bobine, et apporte-nous matière à cuire. Ça se rapproche, certains devinent un sac plastique jaune, d’autre un poisson d’or. C’est une dorade coryphène de belle taille, qui rutile, comme un soleil dans la vague où elle s’arqueboute férocement. Malgré le nombre et la concentration du corps professionnel de pêcheurs, la bête sera un peu tardivement achevée. Elle dansera la gigue sur l’annexe, étreinte par Paul plutôt bon cavalier. L’air blesse la bête, elle saigne abondamment des branchies, pas gai. Je vous supplie d’achever sa lutte ! Je me sens transparente, Paul va chercher un couteau dans la cuisine, semant de petites traces de talons ensanglantées. Brrrrrrrrr…
On se croirait dans la pièce interdite par Barbe Bleue, finissons-en ! Notre capitaine fringant, saisit une manivelle et frappe à deux reprises notre dorade sur la crête, à la nuque. La paix est revenue sur le navire, Bonnie jure de ne pas manger de cette pauvre bête, attristée, des photos sont prises, Ismaël rince consciencieusement le sang et déjà la bête commence à être découpée pour le déjeuner. Quittée de ses couleurs de vie, la bête qu’on estime d’à peu près un mètre gît dans un seau. Aujourd’hui ce sont Ismaël et Paul les cuistots, ça ne pouvait pas mieux tomber.
Juliette

19/02/10
Réveil vers 7h10. Nous sommes toujours en vie, je suis rassuré. Cette nuit Michel avait décidé de confier la responsabilité d’un quart de nuit à Paul, Ismaël et Juliette. Eh oui, les choses avancent sur Grandeur Nature, certains gagnent en autonomie et ça fait plaisir à voir. Paul vient donc de passer son premier test en tant que chef de quart et demain c’est au tour d’Ismaël.
Régis

Le 20
Ce matin quand l’équipage se réunit dans le cockpit, quelque chose a changé. Durant le quart de Christophe et Juliette, nous avons passé l’équateur, nous voilà donc dans l’hémisphère Sud. Autre nouveauté : nous sommes 11 individus à bord ce matin : notre noddy brun est toujours sur le pont depuis qu’il s’est posé hier sur notre embarcation, visiblement exténué. Ismaël, notre expert, pense qu’il s’agit d’un oiseau qui n’est pas encore mature, qui ne peut vivre sans ses parents, il les aurait donc perdus. Il n’en fallait pas plus pour bouleverser Bonnie, Juliette et même Manu qui voulait même lui donner un peu de sa langouste pour qu’il reprenne des forces. On ne peut s’empêcher de s’imaginer ce qui a amené ce jeune oiseau à se poser sur le bateau : Régis pense à un amoureux fougueux voulant rejoindre sa belle, l’ayant vue partir vers le sud au-dessus d’un bateau de pêche. Manu y voit un voyageur voulant changer d’hémisphère, et pis tant qu’à faire, en naviguant plutôt qu’en volant. Mon hypothèse serait plus celle de la fugue, conséquence d’une impulsivité adolescente, un jeune oiseau qui se serait senti incompris par ses parents suite à une histoire de vol à l’étalage à la criée, ou d’une virée nocturne trop tardive…
Marion

22 Février
« Arrivée Fernando de Noronha »
Aujourd’hui, ça fait tout juste 10 jours que nous sommes partis du Cap-vert. Il fait super beau et chaud, comme d’habitude, des dizaines d’oiseaux nous escortent pour notre arrivés : fous de bassan, fous bruns, noddys, océanites, puffins… Ils sont tous là, comme s’ils s’étaient réunis pour l’occasion, il y a même un banc de bonites (thon) qui nous accompagne depuis hier et qu’on essaye de pêcher mais en vain.
Eh oui, la traversé est déjà terminée. Nous sommes partis du Cap-vert le 13 Février à 11h , tout d’abord au moteur, puis sous spi ( grande voile qui se gonfle sur l’avant du bateau quand il n’y a presque pas de vent), puis au génois (un peu moins grand, il accepte des vents un peu plus forts, jusqu'à 15 nœuds), puis au yankee (encore plus petit, il est assez solide pour tenir à 30 nœuds de vent lorsqu’il est arrisé). Les journées sont consacrées à faire les tâches ménagères, nos « responsabilités », à apprendre la nav, à nettoyer nos cabines, à écrire nos textes, à faire nos dessins, à écrire notre journal de bord personnel, à apprendre à se repérer avec les astres et le sextant, à faire des petits exposés - jeux sur des thèmes bien particuliers et quand il nous reste du temps, nous baigner à la traîne.
La nuit, pendant nos quarts nous contemplons les dauphins effectuant des ballets au milieu des planctons bioluminescents, ou sautant dans la lumière de la lune. Sinon, nous profitons de ces moments d’intimité pour parler. Bref, vraiment sympa ces quarts de nuit (pour ma part en tout cas).
Nous sommes aussi passés par Sao Pedro et Sao Paul : trois petits bouts de rocher perdus au beau milieu de l’Atlantique, où seuls quelques pêcheurs, des militaires ou parfois quelques étudiants chercheurs sont présents. Sinon, les îles sont pleines de noddys, de fous et de crabes venant ici pour se reproduire et se reposer. Lorsque nous y avons débarqué, aidés par des pêcheurs, il y avait trois chercheurs Brésiliens qui nous ont parlé des oiseaux. C’était vraiment impressionnant. Certains se croyaient dans une émission de la 5, pour ma part j’avais tout simplement l’impression de rêver, tous ces oiseaux autour de moi, c’était vraiment trop bien. Et en plus les pêcheurs étaient vraiment super sympas, ils nous ont même offert 8 langoustes : un vrai régal.
Mais aujourd’hui, fini l’odeur du linge qui pue dans les cabines, les poissons volants échoués sur le pont, les quarts de nuit, les baignades à la traîne, les draps qui collent, les tours de barre…
Il est 13H et doucement l’île de Fernando monte dans le ciel, au fur et à mesure que nous avançons, les petits détails se précisent, les couleurs se dessinent. Nous avons parcouru 1283 milles (= 2376km) pour venir du Cap-vert jusqu’ici avec une moyenne de 5,3 nœuds de vitesse.
Il paraîtrait qu’ici il y a plein d’oiseaux, des tortues, des dauphins, et des requins. Je suis assez partagé: j’ai trouvé la nav’ un peu trop courte, mais je suis super content d’être arrivé dans ce paradis terrestre. À 16H30, nous sommes au mouillage, un gars du coin nous prête son corps-mort (bouée d’amarrage). Paul et moi pouvons enfin passer la nuit sur le filet.
ISMAEL…

Bon, nous y sommes, au Brésil, à Fernando da Noronha, une île qui a été élue deuxième endroit le plus beau de l’Amérique du Sud, après la Patagonie et avant le Bassin de l’Amazone ! Et qui possède 3 des plus belles plages du Brésil ! Mais ça c’est une autre histoire !

Christophe et « Manu », le 25 février 2010

19 février 2010

des nouvelles du bateau...

Le 19 février 2010
Bonjour à tous,
Voilà quelques nouvelles du bateau que nous avons eu par téléphone satellite hier soir. Ils sont toujours en pleine traversée de l'Atlantique. Il fait beau, il fait chaud. Le vent arrière les pousse vers les côtes du Brésil. Ils avancent à une vitesse de 7 noeuds. Tout le monde va bien à bord. Ils sont à 600 milles de Fernando de Noronha, l'île où ils vont faire escale pendant 2 semaines, où ils vont retrouver les dauphins et les tortues.
Le passage de l'Équateur n'est qu'à 300 milles, c'est à dire une journée et demie de navigation s'ils continuent à avancer à cette vitesse.
Ils pensent arriver dans 4 ou 5 jours.
Ils ont pêché leur premier poisson de la traversée, une belle daurade coryphène de plus d'un mètre paraît-il, dixit Paul et Ismaël, les pêcheurs du jour!
Kélig

12 février 2010

lettre collective n°4 le 12/02/09



Le Cap Vert, le dépaysement du voyage, la rencontre des gens aux goûts salés de la mer brisant sur cette plage de sable moelleux, mélange d’ici et d’ailleurs où résonne le son de Cesaria Evoria. Santa Luzia, îlot désert mais riche de nature, pur, sans artifice, où tous les membres de l’équipage trouvent leur plaisir. Il nous faut naviguer vers une autre île, vers Sao Vicente, pour re remplir le bateau de provisions. Notre intendant, Emmanuel nous signale une rupture de stock imminente en riz, pâtes, farine et légumes en tout genre. Nous arriverons sur Mindelo le 26 janvier. Ici, nous faisons les douanes, les courses de frais, les connexions internet après cet excellent sevrage de 10 jours, téléphone pour l’association, dépenser, consommer, un truc qui pourrait rimer avec BEURK. On était bien, nous, sur notre bateau sans tout cela. L’avantage c’est que l’on va pouvoir organiser nos randonnées pour la découverte de Santo Antâo avec ses champs de cannes à sucre, ses paysages splendides aux saveurs de rencontres et aux bons goûts de bananes… Le bateau, lui se dirige vers Tarafal pour voir ce village de pêcheurs, puis Saô Pedro où l’équipage attendra les groupes de randonneurs qui rentreront successivement. Cela fait du bien de séparer le groupe. De l’air frais dans nos têtes sans cette promiscuité. Plein d’aventures attendent chacun et vous pourrez les apprécier en lisant les journaux de bord. Le 03/02/10 Michel et Christophe sont arrivés sur le navire avec plein de courriers, Ils resteront 3 mois ; Morgane et Séb eux, leur laissent la place, après ce mois et demi passé avec les jeunes. Depuis leur départ, nous travaillons sur le bateau, nous faisons nos dernières courses, nous grattons les coques, nous écrivons nos dernières lettres, nos derniers mails avant de partir pour la grande traversée (le départ est prévu pour le 12 février). Avant, nous ferons une dernière petite escale de 2 jours à Fogo.
Et après…. Adieu le Cap vert.

Maintenant pour toi c’est quoi le Cap Vert ? :

Morgane : c’est des retrouvailles, c’est des îles abruptes avec beaucoup de vent, c’est aride. Se cachent des vallées recouvertes de cannes à sucre… (des petits trésors), des gens très ouverts et avenants. C’est la première escale aux goûts d’Afrique. Ça dépayse et cela donne envie d’être généreux. C’est le moment où on commence à s’ouvrir et à s’intéresser à ce qui nous entoure. C’est le début du partage avec des étrangers.
En un mot : le Cap Vert, qué legal (c’est cool) et pas un seul moustique…

Séb : Belles rencontres de gens accueillants et simples sans calcul. C’est le départ pour moi du bateau.
En un mot : Cap vert et sape et sape a gagal, hôp !!!!.

Bonnie : c’est magnifique, les gens sont sympas et ouverts, il fait chaud, c’est même lourd, c’est différent de la France… je sais pas…
En un mot : je ne veux pas partir non je ne veux pas…

Régis : c’est l’hôpital de Mindelo, je commence à penser sérieusement à visiter un hôpital dans chaque pays même si personne sur le bateau ne se blesse, des gens vraiment charmants qui ont le sens de l’accueil. Des supers plages, des vagues, des plongées et du fromage de chèvre. On m’avait dit que les Capverdiens et les Capverdiennes étaient beaux ; et maintenant je peux le confirmer.
En un mot : la chaleur.

Manu : c’est plein de gens sympas et aimables qu’on ne rencontre pas forcément au bateau. Il y a de très belles randos à faire et de beaux paysages à voir. Des plages de galets, des marchés pas très remplis et pas très colorés contrairement à ce que je pensais, ah si un peu quand même.
En un mot : c’est un archipel particulier.

Marion : c’est tranquille, un bel archipel avec des Capverdiens amoureux de leurs îles, très accueillants, généreux, fiers de montrer la beauté de leurs îles. Des plongées de fous, aussi bien des paysages arides et déserts, verdoyants, pleins de vies. C’est la pêche, la canne à sucre et la confiture de papaye fermentée (qui n’est pas si mauvaise).
C’est aussi le métissage des hommes aux peaux claires et aux yeux verts opales.
En un mot : déception de ne pas être allée pêcher avec les pêcheurs.

Paul : c’est la simplicité des gens, la beauté des paysages, la sécheresse, le mauvais tourisme. En un mot : la générosité des gens.

Malvic : une île pauvre pleine de bonne humeur, il y a du vert suivant les régions.
En un mot : paradisiaque (l’île de Santa Luzia).

Juju : c’est mon coup de foudre parmi toutes les contrées rencontrées. J’ai trouvé les habitants et les gens adorables, d’une générosité rare. Le départ de Morgane et Séb pour l’arrivée de Christophe et Michel, cela fait un pincement aux cœurs et un coup de joie.
En un mot : je reviendrais bien habiter sur Sao Pedro.

Ismaël : de magnifiques îles paradisiaques sorties des mers, où la pauvreté se transforme en richesse, la richesse des gens qui s’entraident, qui donnent et qui profitent de la vie. Des super rencontres plus enrichissantes les unes que les autres. Comme un début de quelque chose entre les membres du groupe, un lieu qui nous rappelle à une certaine simplicité de vivre, un site exceptionnel pour ses oiseaux. C’est magnifique.
En un mot : c’est « le voyage ».

Ismaël et Seb.

27 janvier 2010






Bonjour à tous !

Marion et moi (Bonnie) reprenons la suite de Régis et Paul pour vous raconter la suite de notre voyage.

Le bateau quitte la Palma pour la Gomera le 8 Janvier pour y récupérer le courrier et envoyer les mails. Pour ne pas payer la marina de San Sebastian, nous retournons au mouillage de la Playa Roja (où nous nous étions arrêtés la première fois pour le nouvel an). L’ambiance à bord est toujours très compliquée, ce n’est que lorsque nous larguerons les amarres pour le Cap-Vert que nous retrouverons une ambiance de groupe agréable.

Encore une fois Malvic abîme son plâtre, nous devons le déposer avec Régis au port de Santiago pour aller à l’hôpital sur l’Ile de Tenerife. Pendant ce temps, nous reprenons un rythme de navigation pour arriver à Valle Gran Rey. Nous trouvons un mouillage pour la soirée et repartons le lendemain matin. Après une vie de groupe mouvementée, on profite un peu de moments plus apaisés en passant plus de temps ensemble. (Des quizz avec Séb, de la plongée, les dauphins et les globicéphales, découverte de l’aile pour nager à la traîne). Arrivés à Valle Gran Rey (le 12), nous mouillons juste à côté d’un petit port, et c’est ici que Malvic et Régis arrivent, juste après manger, dommage, ils ont raté le repas. Mais bonne nouvelle, Malvic n’a plus son plâtre, ça ne sera plus un souci pour la baignade. A Valle Gran Rey, nous organisons notre départ pour la traversée vers le Cap-Vert. On y fait les pleins d’eau, quelques courses et le lendemain matin (le 14 janvier), on appareille. La journée qui a suivi, nous avons eu la chance de voir plein de dauphins et de globis pas longtemps après avoir levé l’ancre. On essaye de nager avec eux avec les ailes, mais ils partent avant qu’on plonge dans l’eau, une fois de plus ce n’est pas aujourd’hui que nous nagerons avec les dauphins. Un peu plus tard dans la journée, nous faisons les pronostics sur le jour d’arrivée au Cap-Vert. Certains tiennent compte du vent, des marées, des courants, et d’autres au « pif ». Haha… on verra quelle sera la meilleure méthode ! En attendant on ferme l’enveloppe qu’on n’ouvrira que le jour de l’arrivée !

Ca y est, nous voilà partis pour quelques jours de navigation… Le matin, on travaille la tête : cours de Portugais, écriture des textes, cours de navigation, topo sur les moteurs etc.… L’après midi, on se détend, on se baigne à la traîne et on commence une nouvelle activité : la lecture collective. Morgane nous lit « Oscar et la dame rose » en deux épisodes. Régis prend le relais, et nous lit les carnets de bord de la Baleine Blanche, association qui organisait les même types d’expéditions que Grandeur Nature… Autre habitude que les garçons (Ismaël, Paul, Malvic, Manu) ont prise dans la vie à bord en navigation : jouer au saboteur, cadeau que la maman d’Ismaël nous a offert pour Noël, merci Dominique !

Le rythme de la navigation nous oblige à nous coucher plus tôt, peu après le soleil, vers 20h30, car nous nous levons la nuit pour faire nos quarts. Pour certains, c’est moins difficile que pour d’autres de s’extraire de son lit la nuit. Parlons un peu des quarts de nuit. Déjà, pourquoi on appelle ça « quart de nuit » ? Parce qu’il y a 4 quarts assurés par 2 ou 3 personnes pendant 3h. On pourrait penser que 3h c’est long ! Mais en fait ça passe vite : on discute, chaque nuit on en apprend un peu plus les uns sur les autres, on regarde le ciel étoilé, on est surpris par les planctons phosphorescents, parfois même passent quelques dauphins ou atterrissent des poissons volants. Et hop, c’est la fin du quart, il faut aller réveiller les prochains !

En ce qui concerne les derniers jours de navigation, la mer est assez agitée. Donc nous ne pouvons pas nous baigner. Alors on regarde les poissons volants, et on guette le coucher de soleil en espérant voir le fameux rayon vert, que nous n’avons pas vu, tant pis !

Quelques jours avant d’arriver, Christophe nous appelle pour nous confirmer le lieu où nous devons confier l’éolienne. Alors pour résumer l’histoire de l’éolienne : euh… Elle est à bord depuis le départ du bateau (de Sète, France), on devait l’amener à Yves et Soso chez qui nous étions accueillis en Casamance (Sénégal). Mais l’escale ayant été remplacée par le Cap-Vert nous devons donc la confier à Sylvain et Armelle qui eux la ramèneront en Casamance, car ils voyagent en bateau (monocoque). Donc nous avons rendez-vous à Sal, au Cap-Vert. C’est 3 jours plus tard que nous arrivons, le mercredi 20 janvier. Surpris par les usines de raffinerie et les bâtiments industriels, on s’attendait à des plages paradisiaques recouvertes de cocotiers avec quelques pêcheurs par ci par là… Mais non, nous ne resterons qu’une journée et 1 nuit. Par contre, nous avons rencontré des jeunes Capverdiens très sympas, avec qui nous avons joué au foot (pour les garçons), et prêté nos bras aux jeunes filles qui nous tendaient leurs bébés (pour nous les filles). Du coup, on a fait aussi la connaissance de Sylvain et Armelle et de leurs 2 petites filles Margot et Louise, que nous avons invités à manger le soir même de notre rencontre.

Nous mettons ensuite le cap sur Santa Luzia (le 21), où enfin nous explorerons une plage magnifique, il ne manquera que des cocotiers sur cette île déserte et aride… Le sable blanc, l’eau transparente, le paysage lunaire, plein de beaux coquillages, des plongées à couper le souffle… Certains ont même vu leur premier requin (une vache de mer).


Voilà, notre récit s’arrête ici (pour cette lettre), on se dit tous que ce n’est pas la dernière fois que nous aurons droit à de si beaux paysages. Il nous reste encore 6 mois de fabuleux voyage.

Merci de suivre nos aventures, à bientôt.

Bonnie et Marion

9 janvier 2010

Lettre collective n°2 (du 26 décembre 2009 au 8 janvier 2010) :





Lettre collective n°2 (du 26 décembre 2009 au 8 janvier 2010) :

Nous sommes le 26 décembre 2009 et aujourd’hui deux groupes partent du bateau pour randonner sur l’île de Ténérife où les conditions climatiques défavorables nous forcent à rester. Un premier groupe composé de Ismaël, Manu, Marion et Paul se lance à l’attaque du grand et majestueux Teide (le plus haut sommet d’Espagne). Le deuxième groupe exclusivement féminin formé de Bonnie, Juliette et Morgane part de son côté pour une rando normalement un peu moins sportive. Reste alors sur le bateau un équipage très restreint composé de Seb, Malvic et Régis. Ces derniers après une dernière plongée à Abona, prennent la direction de El Médano le 27 décembre afin de pouvoir y accueillir les deux groupes de rando. Cette navigation fut heureusement bien plus simple et tranquille que la précédente tentative que nous avions faite tous ensemble. Cette même journée notre capitaine Seb en profitera pour s’évader quelques heures en se rendant à terre sur internet ce qui ne lui arrive pas souvent.
Le lundi 28 décembre commença de diverses manières. Pendant que certains contemplaient le lever de soleil au-dessus des nuages, Malvic et Régis se préparaient pour aller faire une visite de contrôle à l’hôpital, qui ne révéla aucune complication. Dans l’après-midi, le groupe des filles arrive sur la plage qui se situe entre la Punta Roja et El Medano en face de notre nouveau mouillage. Malvic bataille alors à diriger l’annexe au milieu de dizaines voir de centaines de Kite surfeurs pour qu’elles rejoignent le bateau et que Juliette et Bonnie puissent enfin se laver après trois jours sans bain. Pour ce qui est du deuxième groupe, il nous apprend en rentrant que l’ascension du Teide n’a pu avoir lieu pour cause d’argent manquant, malgré la volonté et les nombreux arguments avancés par nos quatre randonneurs.
Le 29, il faut reprendre un rythme plus classique, ce qui n’est pas du goût de tous. En effet, il faut insister pour que les textes soient écrits et que les lessives se fassent, un classique en somme. Toutefois la journée connaîtra aussi quelques moments de détente comme la plongée que feront Morgane, Ismaël, Seb, Manu (sa première vraie plongée) et Paul, ou encore une petite balade fort sympathique sur la Punta Roja pour Juliette, Ismaël et Régis. Le soir, le vent tournant et le mouillage n’étant plus à l’abri, nous bougeons de quelques centaines de mètres pour un endroit plus paisible.
Le 30 la décision de partir pour une nouvelle île est prise. Cela se fera le lendemain. Pendant la journée nous ferons un groupe de parole avec tout l’équipage, une fois de plus bien animé.
Le 31 nous partons donc vers 11h environ pour la Gomera où nous trouvons un petit mouillage pour y fêter la nouvelle année. Cette fois -ci personne ne sera vraiment victime du mal de mer. Une fois sur place nous ferons une première plongée, suivi d’un repas festif, et d’un jeu que l’on nomme le chabadabada.
Nous restons au final plus longtemps que prévu sur ce mouillage, puisque les contrats des jeunes nous prennent plus de temps que prévu. Eh oui, tout n’est pas toujours tout rose sur ce début de séjour et nous passons beaucoup de temps à essayer d’instaurer un rythme de croisière type. Il faut dire qu’il est beaucoup moins amusant d’écrire ses textes et de faire sa lessive ou sa cabine, que de plonger ou de se promener, sans compter que certains peuvent connaître des coups de blues.
Le 2 nous partons après avoir terminé les contrats, donc dans l’après-midi, en direction de La Palma. C’est l’occasion pour les jeunes de faire leur premier quart de nuit puisque nous arrivons à Santa Cruz au petit matin. Ce sera une première expérience intéressante qui permet de montrer aux jeunes une autre facette de ce qui les attend dans les mois à venir.
Le 4, nous partons tous randonner mis à part Seb. Trois groupes de trois vont dans des directions diverses. Grosso modo, Ismaël, Bonnie et Morgane vont parcourir le nord de l’île. Juliette, Manu et Régis traversent l’île d’est en ouest. Et enfin Malvic, Paul et Marion vont vers les hauts sommets de l’île. Les trois groupes reviennent très satisfaits les 6 et 7. Il faut dire que l’île est vraiment faite pour la rando et qu’elle regorge de merveilles naturelles. Et puis les petits groupes c’est aussi plus sympa pour faire connaissance et passer de bons moments. Certains se sentent moins obligés de faire le spectacle quand le groupe est plus restreint.
Bon là nous sommes le 8 et il y est temps que je vous laisse (Paul est déjà en train de préparer ses affaires), car tout le monde s’active pour bouger à nouveau, direction la Gomera pour une courte escale destinée à récupérer le courrier que vous nous avez peut-être envoyé.
Cela va faire du bien de quitter la ville et de partir naviguer au grand air, en tout cas moi j’en ressens le besoin.
Allez à bientôt et prenez soin de vous.

Paul et Régis

4 janvier 2010

Bonne Année à tous!!




De la part de Grandeur Nature.