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19 avril 2010

Les aventures en Guyane



Bonjour à vous, chers amis, connaissances, frères, sœurs, voisins des membres de l’équipage. Sans oublier, bien sûr, tous les adhérents et les oubliés.
Après une première semaine passée en Guyane, nous nous séparons pour former deux groupes : Juliette, Régis, Manu, Michel et Ismaël restent au bateau pour aller voir les tortues pondre sur les plages d’Awala Yalimapo (bordures de l’embouchure). Pendant ce temps, Christophe, Marion, Malvic, Bonnie et Paul partent pour Grand Santi (un village à une journée en pirogue en amont de Saint Laurent) pour jouer avec les enfants du village de Grand Santi, avec l’association Botoplay (une ludothèque itinérante en pirogue).
Ismaël et Paul vont donc vous raconter, chacun de leur côté leurs impressions et ressentis pendant cette semaine passée en groupe réduit.

Première semaine (du 29 mars au 4 avril):

Par Ismaël :


Après un retard de deux jours, causé par mon état de santé (une forte fièvre accompagnée de grosses fatigues et de courbatures d’origine inconnue, les tests trop prématurés n’ont pas décelés de dengue ni de palu), nous quittons Saint Laurent pour les plages d’Awala Yalimapo situées à l’embouchure du Maroni.
Pendant la descente du fleuve, Manu bricole dans sa cabine, Juliette dort, Régis barre, Michel rêvasse à l’avant et moi, après avoir barré une petite heure, je m’endors, une fois de plus, lessivé.
On mouillera finalement juste au niveau de l’embouchure à proximité de la pointe de la plage. Pendant nos deux jours « tortues », on en voit plein, surtout des vertes et trois luths. Tour à tour, elles se hissent sur la plage, remontent jusqu’au sable sec où elles creusent méticuleusement un trou où elles déposent leurs cent œufs. Après ça, elles recouvrent le nid, tassent le sable et balayent la zone. Epuisées, elles rejoignent la mer à grands coups de caudales. Elles répèteront tout ça trois à quatre fois durant la période de ponte (qui dure plusieurs mois). Il nous arrivera aussi de voir 3 tortues pondre en plein jour (ce qui est exceptionnel), ça nous permettra de bien les contempler et de prendre des photos sans les déranger. Nous verrons aussi des vingtaines d’urubus, des centaines de crabes et des dizaines de chiens errants venir manger les œufs.
Bon, on se promène tout le temps sur la plage, ça nous fait un peu travailler les guibolles.
Nous quitterons finalement les lieux 2 jours plus tard pour rejoindre Coswin sur le premier bras. C’est un petit village amérindien, désert, où il n’y a qu’une dizaine de personnes et aucun enfant (car il n’y a plus de pirogue qui peut les emmener à l’école d’Awala).
Nous croiserons finalement un gars sympa : Rodrigue qui nous fera visiter un abatis (zone de culture). Ce soir, nous repartons pour Saint Laurent.
Là-bas, nous passerons une après-midi à faire du dériveur avec Vent d’Ouest (une association qui donne des cours de voile légère à des enfants de 8 à 12 ans).
Voilà, après ça, nous nous préparons pour notre départ du bateau sur le fleuve.

Par Paul :

Botoplay…C’est quoi ?
Botoplay est une association qui a comme but de rassembler les gens des villages du Maroni autour de jeux très variés.
Voilà, nous partons en pirogue, bien chargés pour Siki Sani (village de la mère de Séké, notre piroguier). Nous allons nous arrêter ici pendant la nuit, car c’est sur la route… Enfin, sur le fleuve ! Le lendemain, nous partons après manger, toujours en pirogue vers Grand Santi.
Bon, ça fait maintenant deux jours que nous sommes sur Grand Santi, un village bouchiningué, nos journées se rythment par un réveil vers 8 h, puis par le petit-déjeuner. Après celui-ci, un groupe se prépare pour aller jouer avec les enfants. Nous nous sommes organisés en 2 équipes tournantes à tour de rôle, elles feront à peu près 2 heures chacune.
Vers 12 h 30, on rentre manger. En fin de repas, on parle de l’après-midi, on organise souvent un groupe qui part en itinérance et un autre au Campoo. Puis, ceux qui n’ont pas d’activités partent sur la place du marché où les enfants ont l’habitude de nous attendre. Pour parler de Grand Santi, c’est une ville car on ne peut pas dire que ce soit un village comme Siki Sani. Ça a tout d’une ville, des routes, des épiceries, des bars à tous les coins de rue et quelques boîtes de nuits, seuls quelques pêcheurs me rappellent le rêve que je me faisais des villages sur le Maroni.
Pour parler un peu des gens que nous avons accompagnés dans l’asso Botoplay, il y a Estelle, Véro, Anne qui est à l’origine de ce projet, Ophélie, Thomas, et Yaelle. Après cinq jours passés à Grand Santi, nous nous arrêtons à Siki Sani.
Nous arrivons vers 15 h, le temps d’installer nos hamacs pour la nuit et préparer le repas.
Thomas vient nous réveiller, histoire de ne pas perdre trop de temps car il faut partir à 9h rejoindre les autres (du bateau) à Maïman.

Tout le monde se croisera finalement à Mawina Chouti (un resto-carbet pas loin d’Apatou), devant un grand plat de riz accompagné de viande de cochons des bois et de poulet. Ils en profiteront pour se parler de la semaine, se passer quelques affaires et des jeux de Botoplay.
Les deux groupes inversent maintenant leurs activités.

Deuxième semaine (du 4 au 9 avril) par :

Par Ismaël :


Nous nous installons dans les carbets de Mawina Chuti, l’autre groupe nous a quittés ainsi que tous les bénévoles de Botoplay. Nous sommes donc toujours le même groupe avec en plus Cédric et sa petite famille qui sont venus pour jouer avec nous.
Nous passerons 3 jours à jouer à Maïman, les enfants sont hyper mignons, on en a souvent une vingtaine, très vite, nous connaissons leurs noms, leurs frères, leurs sœurs et l’endroit où ils habitent.
Nous passons aussi une journée à Apatou (le village voisin) où nos jeux ont eu grand succès. On s’est très vite retrouvés avec une quarantaine d’enfants et ça partait un peu dans tous les sens (bagarres, pertes de pions, jeux cassés…). Il nous faut donc mieux nous organiser pour l’après-midi qui se passera finalement très bien grâce à notre bonne organisation pour les surveiller.
Après cette super semaine passée, les adieux furent difficiles, tous ces bons moments avec les petits dans les bras seront difficiles à oublier. Même les trois coquins de première : Radlais, Rodlais et Raïlais commencent à me manquer. Sans parler de tous les autres.
La dynamique, c’est rare et je peux vous dire que ça fait du bien, ce n’est pas pour rien que Juliette passera son meilleur moment du voyage !!!
Cela nous a permis de reprendre une bouffée d’air et de s’écarter de l’ambiance pourrie du bateau, pour découvrir chacun sous un autre angle.
Nous quittons finalement Mawina chuti en taxi pour rejoindre le bateau avec toutes ces petites bouilles gravées dans nos mémoires.

Par Paul :

Nous voilà de nouveau sur le bateau, mais cette fois pas à 10 mais à 5. Nous sommes toujours le même groupe formé de Christophe, Bonnie, Malvic, Marion et moi. Nous restons la nuit à Saint Laurent pour fignoler notre départ à Awala Yalimapo, puis nous partons vers 10 h pour rejoindre l’embouchure où nous devons passer une bonne semaine avec les tortues.
La journée, on essaye de faire les choses le plus vite possible pour profiter un maximum de l’environnement, du paysage et de la plage.
À la fin des trois jours et demi au mouillage, tout le monde est venu au moins une fois voir les tortues. Bref, on se prépare à remonter le fleuve en passant par Coswin, un petit village sur un bras du Maroni. Endroit où nous ne resterons même pas la nuit à cause de 2 choses : d’une part l’autre groupe nous attend à Saint Laurent, d’autre part ce village n’est vraiment pas très accueillant, car tous les villageois sont partis fêter un enterrement. Puis vers 16 h, nous entamons la remontée du fleuve en catamaran; elle prendra quelques petites heures. Une fois arrivés à Saint Laurent, nous avons de plus en plus hâte de revoir tout le monde et de nous raconter toutes ces belles choses que nous avons vues comme : des ibis rouges, des bébés tortues vertes, des crabes fantômes… Ils arriveront finalement pour le repas.

Après ces 2 semaines passées séparément, le groupe à son complet se retrouve à bord de GN. Le lendemain, ils partent pour 2 jours à l’ADNG. Là-bas, Cédric leur a prévu une sortie de nuit en canoë, une séance d’accro mangrove et une matinée à la découverte de la forêt Guyanaise. Ils se sont bien éclatés dans tous les sens du terme. Maintenant ils sont revenus à St Laurent où ils font les derniers préparatifs avant de lever l’ancre pour les Iles Grenadines.

Paul et Ismaël