www.flickr.com
associationgrandeurnature photos Plus de photos de associationgrandeurnature

7 janvier 2021

nouvelles de Guyane Lola et Tanaé


« - Des nouvelles de Grandeur Nature ? 

- Il paraît qu’ils vous souhaitent un Joyeux Noël et une Bonne Année !

- Merci ! Mais encore ?

- Ah, pour eux, ce n’était pas une fin d’année banale !

- On veut tout savoir ! 

- Très bien, alors écoutez-bien notre reportage spécial. »


Pour Grandeur Nature, la fin d’année est un véritable cocktail de missions diverses, marqué par l’arrivée d’Ismaël qui fera partie de l’équipage pendant 4 mois. Ils sont maintenant 14 à bord d’un catamaran, en Guyane depuis une dizaine de jours, et ne cessent de vivre d’incroyables expériences. La plupart ont quitté le catamaran et ont installé leurs hamacs à l’ADNG : l’Association pour la Découverte de la Nature en Guyane. Et pour s’y rendre, ils n’ont pas emprunté n’importe quel chemin ! Non non non, ils ont emprunté des bras de rivières et des dédales de criques, ont amarré leur gros bateau à la mangrove puis ont rejoint le petit ponton de l’ADNG grâce à leurs annexes et kayaks.

Tanaé nous propose une brève description de ce lieu singulier :

- C’est un terrain, une clairière dans la forêt avec des carbets pour la vie quotidienne et plein d’arbres. Il y a une crique et une mangrove un peu spéciale avec des palétuviers. Ils organisent des camps en pleine nature.

 

Pendant ces quelques jours à l’ADNG, Lola s’est littéralement transformée en animatrice de camp nature pour des enfants de 8 à 12 ans. Elle se confie :

- J’ai eu l’occasion de créer un spectacle de cirque, de rendre visite aux ibis rouges des rizières de Mana, d’organiser une chasse au trésor, un feu de camp et une boum. J’ai aimé partager cette expérience avec l’équipe d’animation de l’ADNG ainsi qu’avec Maylou et Théo.

Théo, qui a été plongé pendant deux jours au cœur de la vie d’animateur, se confie :

- J’ai bien aimé vivre cette expérience d’animateur avec des personnes compétentes.


Deux membres de l’équipage faisaient carrément partie de la bande de lutins de la forêt, à qui a fait appel le légendaire Tchipayouk, un mystérieux personnage de la forêt. En gros, ils ont participé au camp. Voici le témoignage de l’un d’entre eux nommé Ewen :

 - C’était très bien, j’ai beaucoup aimé aller à la mangrove et aux rizières de Mana.

Il parait même que Morgane a été l’acolyte intendance et cuisine de Josy et Jonathan durant le camp, c’était un vrai travail d’équipe ce camp !

Séb, Ben, Théo, Max et Maylou sont devenus pendant ce temps des spécialistes du bricolage et du chantier. Ben nous résume cette expérience en quelques mots : « Créer, aider, partager, faire ensemble, les pieds dans la boue ». Munis de bottes et de shorts de bain, ils ont construit une terrasse et un ponton pour l’un des carbets de l’ADNG. Les pieds sur terre ou dans la boue, c’est du travail d’équipe, en même temps, équipage un jour, équipage toujours, c’est bien connu !


 


Enfin, Christophe, Ismaël et Kylian ont gardé le bateau qui était amarré dans la mangrove. Et entre deux sorties nocturnes en kayak et des expéditions à Javouhey, ils ont réussi à se rendre à Mana pour récupérer le passeport tout neuf de Kylian et les pièces d’un moteur bien capricieux.


Océane et Sydney, elles, sont parties en binôme en direction d’Awala, dans le village de Mirna, la belle-fille de Cédric et Josy, qui travaillent à l’ADNG.

- Une belle découverte de la culture amérindienne à travers le quotidien d’une famille d’agriculteurs, plein de traditions ancestrales que les habitants d’Awala ont pris plaisir à nous raconter, raconte Océane.

- J’ai aimé découvrir les cultures amérindiennes, écouter les personnes raconter leur histoire, découvrir le village, l’ambiance, tout ça, renchérit Sydney.




Après ces quatre jours intenses, ils se sont retrouvés pour fêter Noël. Ils ont dansé la valse comme des fous sous un carbet, se sont offerts des cadeaux originaux et se sont régalés d’un repas (qui s’est terminé par 6 desserts !) pour lequel ils avaient tous mis les mains à la pâte, aidés de Josy qu’il n’arrivaient plus à stopper dans son élan de cuisinière effrénée. 

- J’ai trouvé chouette ce Noël dans la bonne humeur, et ces sourires que font la nouvelle famille Grandeur Nature, nous confie Maylou.

Les Grandeurs Naturiens se sont séparés le 27 décembre, après avoir souhaité Joyeux anniversaire à Morgane la veille. Un groupe est resté à l’ADNG, rejoint par des amis naturalistes d’Ismaël, et, accompagnés de Cédric, ils ont enchaîné les bivouacs en pleine forêt. Voici un extrait des aventures, du point de vue de Kylian : « J’étais en forêt pour des sorties « aux yeux », où j’ai vu pas mal d’animaux que j’avais jamais vus, comme un boa de Cook, plein de caïmans, un félin, pas mal d’araignées, un opossum, des grenouilles, une tortue, tout un monde que je n’aurais pas vu de jour ».


 


Pendant que ceux-ci cotoyaient les bébêtes et la boue de la jungle, d’autres cotoyaient les enfants du fleuve. Je dirais même plus, ils ont sacrément joué : cirque, grands jeux, bulles, Kapla, foot. Ils ont rencontré plus d’une centaine d’enfants dans 4 villages différents : Saint-Jean, Pimpin, Bastien et La Forestière, pour des instants de partage, d’explosions de rire et d’émerveillement. Et aussi un instant d’échouage sur un banc de sable, mais sans dommages ! Maxime nous raconte un brin de la dernière escale dans le village de Madoché, l’un des animateurs de l’ADNG : 

- J’ai bien aimé retrouver Madoché et passer un repas avec lui, et aussi jouer au foot avec les enfants du village.

L’équipage se réunit le 31 décembre à Maïman, juste le temps de changer d’année, de groupe et de paires de chaussettes. Et c’est parti pour de nouveaux périples ! Quel dynamisme chez les Grandeur Naturiens ! 

Cette fois-ci, certains sont partis vers Apatou, à la recherche d’une institutrice qui répond au nom de Julie. C’est Morgane qui nous parle de cette randonnée :

- J’ai beaucoup aimé aller sur le saut Hermina : une île déserte, entourée de rapides. Jouer avec Tanaé, Ewen et Séb sur les traces des Amérindiens d’il y a longtemps.

Pendant ce temps, Sydney, Max, Ben et Isma ont carrément embarqué sur un petit dériveur à voile de 5 mètres environ. Il avait été retapé quelques jours avant le séjour à l’ADNG par certains membres de l’équipage au club de voile de Vent d’Ouest. Ils ont navigué jusqu’à Coswin !

 -Quelle aventure pleine de découvertes des petits recoins du fleuve et de mes co-aventuriers, c’était magnifique !, s’exclame Ismaël.

Il ne restait plus que six membres de l’équipage à bord du catamaran pour ramener le bateau à Saint-Laurent du Maroni, toujours en pointillant leur trajet de rencontres, jeux et animations avec les habitants et de nombreux enfants des villages. Ils sont passés à Patience, à Sparouïne, et ont retrouvé Julien (un instituteur rencontré au dernier voyage) à Pimpin avant un dernier arrêt à Saint-Jean. Christophe s’exprime au sujet de ces 4 jours :

- C’était super, on a joué avec plein d’enfants, il y avait une bonne ambiance, on ne s’est pas échoués. C’est plus facile de descendre que de remonter.

Le 5 janvier, c’est enfin les grandes retrouvailles avant un départ pour les Antilles prévu en fin de semaine. Juste quelques jours où l’équipage doit trouver le temps de remplir le bateau, faire des lessives, finir le chantier à l’ADNG, d’aller danser l’Awassa avec André, un musicien de Pimpin, de visiter un Fablab, de réparer un inverseur capricieux, de rencontrer le grand navigateur breton qui a traversé l’Atlantique à la voile et de remonter avec le bateau jusqu’à Awala, avec toute la troupe de circassiens, où ils diront au revoir à Océane et Ben ainsi qu’à l’eau douce et marron du fleuve Maroni pour repartir vers la mer bleue. 

Pour conclure ce reportage, nous avons posé la question suivante à chaque membre de l’équipage : quel souvenir te laisse la Guyane ?

 - Elle me laisse le souvenir de la mangrove, du cirque, de l’ADNG, des sorties de nuit, de la remontée du fleuve, des randonnées, puis la jungle incroyable, la jungle guyanaise, confie Tanaé

- Plein de beaux souvenirs naturalistes, des amitiés perdues ou retrouvées, le départ à l’aventure pour moi avec Grandeur Nature, la rencontre d’un équipage qui apprend à se donner la main, raconte Isma.

- Surtout toute la verdure et ces nombreuses plantes différentes, ce qui va avec l’humidité, dit Océane.

- Des relations qui ont du sens, des gens qui ont envie et sont passionnés, des cultures accueillantes et différentes, nous partage Ben.

- La Guyane c’est fourmidable, plutôt de la couleur rouge. J’ai beaucoup aimé polir les cailloux sur les polissoirs du saut Hermina, rétorque Séb.

- La Guyane m’a laissé  un souvenir plutôt verdoyant, accueillant et plein d’opportunité, affirme Maylou.

- Les personnes, leurs histoires, les cultures, les villages, les enfants, la gentillesse des gens en général et aussi la jungle, réplique Sydney.

- La Guyane m’a laissé plein de découvertes, comme une petite partie de la jungle amazonienne. Plein de rencontres dans les petits villages reculés en haut du fleuve. J’ai aimé voir sourire tous ces enfants, assure Kylian.

- Toujours ce côté riche en rencontres. J’ai beaucoup aimé vivre à terre, retrouver les arbres et la légèreté des randos. La Guyane c’est fourmidable, dur, chaud et vivant, nous dit Morgane.

- Comme je m’y attendais, c’est passé trop vite, j’ai l’impression que ça ne fait que deux semaines qu’on est là. J’adore le fleuve, même si je n’aime pas l’eau marron, mais j’aime les gens qu’on a rencontrés ici, exprime Christophe.

- J’ai aimé voir un paresseux et me baigner dans la crique avec Jocelyne, confie Ewen.

- L’ADNG, quand j’ai fait des travaux et quand on a fait Noël. D’être venus sur le Maroni en bateau, explique Maxime.

- D’avoir pu apprendre à connaître plein de choses avec les amis naturalistes d’Ismaël, d’avoir appris à connaître plein de gens dans les villages, rajoute Théo.

- Guyane aux rythmes dansants et enivrants de l’Awassa. Immensité et densité de la jungle et ses mystères. Rencontres éphémères mais qui remplissent de joie et d’ouverture, conclut Lola.



Tanaé et Lola.

 

Pour voir plus de photos:  https://www.flickr.com/photos/grandeurnature/

22 décembre 2020

Lettre collective de Guyane... par Sydney

 

Hello tout le monde,

Le 4 décembre nous sommes bien arrivés à Saint Laurent du Maroni et nous commençons l’escale par le ravitaillement du bateau. Les premiers jours nous serons tous ensemble et pendant la journée quelques personnes iront à Latitude Cirque. Après, Océane et Théo partiront une semaine à Sinnamary, aller chercher Ismaël qui rejoindra le bateau très prochainement. Pendant cela le reste de l’équipage sera divisé en plusieurs groupes, selon les choses à faire et les envies de chacun. Quelques groupes de deux ou trois alterneront pour aller à l’ADNG ( Association pour la Découverte de Nature en Guyane) pour faire des travaux, d’autres de quatre ou cinq alterneront pour aller à Saint Jean du Maroni échanger avec les enfants de l’école primaire. Et pour ceux qui restent au bateau, certains continueront les cours de cirque à St Laurent.

 

« Le lapin » à Gilles ! (cette fois il nous l’a posé!)

Arrivés ici, nous avons appris par Lola que Gilles n’était plus, sa maison avait brûlé et lui avec. 

Plusieurs versions circulent sur cet événement: incendie volontaire, suicide au gaz, règlement de compte, accident… Depuis nous avons croisé plusieurs personnes qui nous ont donné des petits bouts de l’histoire.

Par exemple, j’ai croisé ses voisins: Enzo et son père, distants d’une centaine de mètres, ils ont entendu une grande explosion, le matin ils avaient croisé Gilles qui était venu échanger des livres et il allait bien.

Yann (du cirque) l’avait croisé la veille, ils avaient parlé de notre venue, que Gilles attendait avec impatience, mais il s’était brûlé en foutant le feu pour nettoyer son terrain… 

Un ancien jeune du cirque, qui était ami avec Gilles, lui a aussi dit qu’il planquait chez lui des « explosifs »!

Bref, la version la plus probable est qu’il ait mis le feu accidentellement à sa maison et que ses bouteilles de gaz et les « explosifs cachés » chez lui aient tout fait péter!

Depuis 10 jours que nous sommes là, je m’attends à voir la silhouette de Gilles apparaître sur le ponton flottant et nous faire signe de venir le chercher. C’est étrange d’être ici et que lui ne soit plus là pour nous guider à la rencontre d’autres « incos » comme lui. Je revois son sourire chaque fois qu’il venait à bord, son côté espiègle, c’est le souvenir que je garde de lui. Chez moi les nombreux cadeaux qu’il m’a faits décorent ma maison, souvenirs aussi de sa générosité!

Christophe.

Ce qui a marqué Ben c’est les gens en général, la mort de Gilles, Christine qui est retournée en France, des nouvelles rencontres hyper intéressantes ( Mado, Jonathan, Roberto, Killian, Lucile).


L’épave

Notre bateau est amarré à une bouée qui est située derrière une épave, envahie par la végétation. Cette dernière est très connue, elle se nomme l’Édith Cavell. Ce bateau quitte Cayenne le 27 novembre 1924 et arrive le lendemain au fleuve du Maroni. Deux jours après, voulant accoster le quai (qui n’existe plus) à St Laurent le bateau s’échoue sur un banc de sable qui le fait stopper net. De nombreux travaux sont mis en place pour le sauver mais néanmoins l’Édith Cavell se brise en deux le 30 décembre. 

 

Le nom en lui-même d’ Édith Cavell était celui d’une espionne anglaise qui a été tuée par les Allemands durant la première guerre mondiale, la cause de sa mort est son glorieux courage, d’avoir aidé des soldats belges à quitter la Belgique pour les Pays-Bas. Elle fut dénoncée et condamnée à mort. 

 

Le Cirque

On rencontre Yann, le directeur de l’école de cirque qui se nomme “Latitude Cirque” et Joël un jeune circassien. Cette école ressemble à un hangar sans mur, une grange remplie d’agrès de gym. Ils nous ont appris différentes disciplines : les aériens (trapèze, tissu, corde lisse); les équilibres sur les mains; le jonglage (massues, balles); l’équilibre sur objets (monocycle, boule, fils); l’acrobatie (trampoline, porter); les jeux d’acteurs et le mât chinois. 

Dès l’échauffement nous dégoulinons, transpirons et notre petit rituel est de rentrer sous la pluie, bien rincés. 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Lola est contente que nous soyons enfin arrivés, elle a pris plaisir à partager le cirque avec nous et elle espère continuer comme ça.

Ce qui a marqué Kylian c’est son arrivée en pleine jungle à l’ADNG.

 

L’ADNG

Ce lieu est une Association pour la Découverte de la Nature en Guyane. C’est un camp caché en pleine forêt, c’est apaisant, paisible et agréable. Les personnes que l’on y rencontre sont très intéressantes par leurs histoires. Ces séjours se composent de petits travaux comme réparer le ponton de la crique, vérifier l’évacuation des éviers, nettoyer le site, ranger le bunker, réparer les fuites … 

Nous dormons dans des carbets, ce qui s’apparente à une cabane en bois sans murs, où l’on peut mettre nos hamacs. Il y en a d’autres qui servent à diverses choses. 

Maylou, ce qu’elle a le plus apprécié c’est l’histoire et les miracles des gens qu’elle a pu rencontrer.

 

Le Bagne

À Saint-Laurent-du-Maroni, juste à côté de l’endroit où l’on mouille, se trouve le camp de transportation du bagne. Nous l’avons visité avec l’aide d’un guide. 

 

Le bagne est une page importante de l’histoire Française pas toujours glorieuse. Il représente l’univers pénitencier de la Guyane où furent déportés ou relégués 70 000 détenus.

Nous apprenons que les bagnards, initialement condamnés pour racheter leur peine, étaient en réalité exploités, torturés, mal traités, malmenés et parfois condamnés à la peine de mort. Beaucoup mouraient de maladies et d’épuisement comme en témoignent Papillon ( Henri Charrière) ou Albert Londres dans leurs récits sur le bagne. Rares étaient ceux qui revenaient de ce véritable mouroir. 

La Guyane, c’est pas le bagne. Mais ça secoue quand même, quel cirque ! Une fois la première semaine d’adaptation et d’organisation passée, une fois le groupe reparti en sous-groupes pour diverses randos, à partir de là c’est génial ! La Guyane si vivante d’enfants, de projets, de cultures différentes, j’adore! Morgane. 

 

Saint-Jean

Saint-Jean-du-Maroni est un village bushinengué construit autour d’un camp militaire. Dans ce camp militaire ils chantonnent la Marseillaise deux à trois fois par jour. Il y a une centaine de familles (qui viennent principalement de la Métropole), des jeunes du coin en “découverte” et un groupe d’engagés en lutte contre l’orpaillage. 

Saint-Jean c’est quelques métro qui vivent sur une barge ou un bateau. Et surtout c’est un tas d’enfants djuka qui sont vivants, curieux de notre présence et qui se rappelaient de nous et de notre passage en bateau il y a 2 ans! Nous y avons retrouvé Chloé une animatrice de quartier qui nous a introduits dans les activités péri-scolaires.

Nous avons goûté à la danse traditionnelle d’Awasa, au fablab, à la confection de mini pirogues et de paniers. 

Tanaé a bien aimé aller à l’école avec Ewen et Maylou. Faire avec les autres. Elle a aimé aller dans le cimetière des relégués, couper du bambou, camper en hamac, jouer avec Joy, Jonas, Ilan, Ewen et les autres enfants. Elle a aussi aimé courir sous la pluie pour vite rentrer au campement, se baigner, aller à l’épicerie. Bref elle a aimé un tas de choses. 

Ewen a adoré aller à Saint-Jean et jouer avec ses copains bushinengués, Ilan et Jonas. Il a adoré aller aux deux écoles, vivre une bonne ambiance et le plaisir de travailler. 


Ce qui a marqué Maxime : c’est qu’il n’a toujours pas vu de serpent. 

 

Randonnée Théo et Océane


Ils ont quitté le groupe pour aller à Sinnamary et Kourou rejoindre Ismaël et ses amis naturalistes. Des balades en forêt, des observations (ara rouge, caïman à lunette, tatou, tamandua), des soirées au coin du feu et des nuits en carbet, des matins de foot et de nombreuses rencontres. 

Durant cette randonnée Théo a appris beaucoup de choses sur la nature.

Océane adore la nature d’ici, si dense et verdoyante.

 

Conclusion

Pour conclure ces dix premiers jours, nous nous retrouvons tous au bateau à Saint Laurent avant de repartir pour d’autres aventures. Nous espérons que la météo gardera toute sa clémence, malgré la saison des pluies dans laquelle nous nous trouvons. 

« Les moteurs d’un bateau, je trouve que c’est mieux quand ils fonctionnent tout seuls».

Sébastien.

J’aimerais faire un petit remerciement à tout ceux qui m’ont aidée à faire cette lettre collective.

Et je vous souhaite à tous de bonnes fêtes ! Pour nous ce sera au milieu de la forêt de l’ADNG...

Sydney.

 

7 décembre 2020

D'un continent à l'autre, par Maylou et Océane

 

“Oh vous m’embrayez !” nous dit Maxime. Eh oui on embraye les moteurs pour quitter la baie de Mindelo. Avant de partir pour la traversée, on fait une halte à Santa Lucia, cette belle île naturelle qui nous a bien plu à notre arrivée au Cap-Vert. On veut la montrer à Christophe, profiter d’une dernière plongée et quitter en douceur cet archipel. C’est le jeudi 19 que l’on met le cap sur la Guyane. Chaque membre de l’équipage écrit son pronostic d’arrivée. Ce jeu que nous faisons pour chaque navigation consiste à estimer la vitesse moyenne à laquelle nous avancerons grâce au vent. Cela permet, avec le nombre de milles nautiques à parcourir, de calculer le jour d’arrivée aux îles du Salut. À cela nous ajoutons le pronostic “poissons” : combien de poissons seront pêchés durant cette navigation ? Eh bien sachez que nous aurons pêché 2 gros poissons, un thazard bois et un thazard blanc long d’1 mètre 20. L’excitation sur le pont, la décapitation à la jupe et la dégustation dans nos assiettes. On ne peut pas faire plus frais !

Concernant les pronostics, c’est Maylou qui a gagné. Nous avons réalisé 1880 milles nautiques en 12 jours avec une moyenne de 6 nœuds.

Grâce à un vent portant nous avons navigué une bonne partie du temps avec les voiles en ciseaux. Voile d’avant d’un côté, grand voile de l’autre, c’est rare pour un catamaran de naviguer de cette manière. En tous cas pour nous c’est super agréable, d’autant plus pour ceux qui ont le mal de mer. Que ça soit les voiles en ciseaux ou une paire de ciseaux, les deux sont à notre avantage. Car croyez-le, en 12 jours de navigation, 3 de nos matelots ont grandi d’un an ! Et qui dit anniversaire dit cadeaux. Les cadeaux sur Grandeur Nature sont toujours fait mains, alors, de l’aiguille à coudre au marteau, le matériel de bricolage aura bien servi.

À l’aube du 21 novembre, des dauphins nous rendent visite pour fêter les 14 ans de Maxou. Taquin, un sourire en coin, il nous donne tout plein de câlins. Un thazard bois et 2 beaux gâteaux seront ses premiers cadeaux. En fin de journée, Maxime parcourt le bateau durant d’une chasse au trésor pour découvrir des bouts de canne à sucre. Ce sont nos bonbons à bord.


 

22 novembre, c’est Océ qui fête ses 10 ans de plus que Max. Et l’anniv d’Océane en plein Océan c’est quand même pas courant ! Elle a tout plein de belles attentions. Et comme la veille, ce sont Théo et Kylian qui se démènent pour cuisiner de bons gâteaux.

29 novembre, Kylian sort de la coque et tout le monde donne une voix de stentor pour une chanson personnalisée sur l’air de Santiano. On n’a pas inventé le fil à couper le beurre mais on a réussi à l’émouvoir. Le moment rigolade fut durant le goûter où nous l’avons accueilli sur le pont tous déguisés en pirate.

 


Mises à part ces journées exceptionnelles, le quotidien en navigation est bien rythmé. Déjà le soleil nous impose les horaires de coucher et celles de lever. L’horaire n’est pas tellement important car au fur et à mesure que nous avancçons, nous reculons l’heure. Et selon les personnes qui s’en chargent, on gagne une heure, soit durant le travail de tête, soit avant de manger car il y a du retard en cuisine, ou encore pendant la nuit pour avoir plus de sommeil. Mais ce n’est jamais au 4 heures pour goûter deux fois…

Le travail de tête est très aléatoire. Motivé ou ramollo, parfois esquivé, parfois intéressant, ce temps-là est bien personnalisé selon les intérêts et les capacités de chacun. Certains organisent des cours collectifs ou des exposés pour le groupe. Christophe et Maylou ont présenté l’histoire de la Guyane et de ses nombreux bagnes, tandis que Tanaé et Ben ont parlé des animaux vus et observés lors de leur dernier passage en Guyane, au voyage précédent.

En début d’après-midi c’est souvent le temps baignade, on affale la voile d’avant pour ralentir le bateau et on peut même sauter de l’étrave pour nous accrocher sous le bateau ou à l’arrière. La vitesse et la houle fluctuent. Par contre la joie dans ces moments-là est toujours présente, même Morgane a sauté de l’avant. On mélange le jeu à l’hygiène, se savonner ou sauter dans tous les cas ça mousse à l’arrière.

S’ensuit le point journalier, effectué par le navigateur quotidien qui comptabilise les nombre de milles nautiques ainsi que la vitesse moyenne parcourus en 24 heures. Autour d’un goûter, on écoute Christophe qui nous lit un livre sur les aventures d’un garçon orphelin. Une histoire bien touchante sur la déporatation des enfants anglais dans les années 1945. Entre le goûter et le repas du soir c’est souvent un temps libre, paisible, où des parties de jeux de société s’enchaînent, type échecs, backgammon, Main verte… Puis c’est généralement Maxime qui est pressé de lire les ¼ de nuit, au point de les connaître par coeur. Ainsi il nous annonce à quel moment de la nuit nous allons veiller à l’avancée, la sécurité de l’équipage et du bateau.

C’est au cours de ces journées qui se ressemblent que nous avons des surprises. On se souvient tout particulièrement de ce soir où des dauphins enjoués nous ont encerclés. C’était furtif et magique comme si nous passions à travers une représentation. Parfois ce sont des phrases entendues qui pimentent notre quotidien, du style Ewen qui crie : “Eh ben j’peux vous dire qu’une orange pourrie ça flotte!”.

Enfin, à la tombée de la nuit, nous apercevons une terre à l’horizon: les 3 îles du Salut. Ce sont d’ anciens bagnes, les constructions qui y demeurent nous font sentir toute l’histoire et les souvenirs qu’il reste de ces prisonniers français (jusqu’en 1945). Nous sommes restés deux jours au mouillage pour nous mettre à flot et visiter l’île Royale. C’était bon et doux de retrouver la terre. Nous avons rencontré des singes et des agoutis, la sociabilité des singes était impressionnante, d’ailleurs c’est une belle transition pour se ré-ouvrir vers le monde extérieur, car dans notre bulle, en plein océan, nous avons tendance à en oublier le reste du monde. Nos découvertes culinaires de ces îles (cocos et amandes) nous ont bien régalés, tout de même généreux nous avons partagé avec les singes. Sydney et Maylou gardent bien en tête leur gourmandise avec les cocos germées et les manques pas mûres. Il faut quand même que l’on vous parle de notre première arrivée sur ces îles. De nuit, après 12 jours de traversée, étonnamment nous arrivons ½ heure avant le lancement d’une fusée. Le centre spatial se trouve sur la côte guyanaise, ainsi les îles du Salut sont interdites d’accès car il peut y avoir des risques. Nous venions de lâcher l’ancre et d’éteindre les moteurs quand des gendarmes tout affolés nous demandent de quitter les lieux sur le champ. Séb, tout tranquille, leur demande: “Euh...on est vraiment obligés ?” pour essayer de négocier. On rallume les moteurs et on se dirige vers Kourou avec comme attraction le décollage d’une fusée. C’était tellement inédit et grandiose !

À présent nous sommes au mouillage à Saint-Laurent-du-Maroni, où nous faisons escale pour le mois de décembre. Beaucoup d’activités et de rencontres nous attendent, Lola nous a rejoints. Nous avons troqué l’eau bleue salée contre de l’eau douce et marron.

Maylou et Océane pour l’équipage.

 

(Les photos arriveront plus tard le scribe débordé!)

29 novembre 2020

Position du bateau le 28 novembre

Le bateau se dirige tranquillement vers les Îles du Salut, il leur reste environ 427 milles nautiques à parcourir... c'est pour bientôt !

Ils ont eu 24h de pluie mais tout va bien ! 




16 novembre 2020

Dernières nouvelles avant de traverser l'Atlantique!

 

Bonjour , la terre.

À bord depuis même pas 2 jours, un peu court pour me faire une idée de l’ambiance et du groupe, surtout que nous sommes réunis seulement depuis hier après-midi : Océane et Kyllian étaient en mission « achat de légumes » sur Sao Antao, nous sommes allés les chercher en bateau avec 2 jeunes Cap-Verdiens à bord (Edmilson et Darley) puis nous sommes revenus au mouillage à Mindelo. Ce qui fait que nous avons navigué de 11 heures à 17 heures.

 

Ce matin c’est le bilan des 2 mois avec tout l'équipage, pendant un peu moins de 2 heures… Puis tout le monde se met à ses textes, courriers et autres choses à faire avant un départ, vraisemblablement demain ou au plus tard mardi matin… 

Car il reste plein de choses à faire avant de partir en traversée: l’eau, le gaz, les dernières courses: petits légumes, œufs, quelques douceurs pour les quarts de nuit, ce que l’on trouvera!


Avec les derniers éléments apportés de Guyane et de Fernando, surtout par rapport aux conditions d’entrée avec le COVID, il faut prendre une décision sur notre prochaine escale.

On essaye de tout prendre en compte, le temps que l’on a devant nous, 1 mois avant la date où nous avions prévu d’être en Guyane (vers le 15 décembre). Les temps de navigation, 1300 milles nautiques jusqu’à Fernando, puis autant entre Fernando et la Guyane (soit 8/9 jours à chaque fois).

Ou 1800 milles jusqu’en Guyane (une dizaine de jours de navigation) et peut-être avant de partir en traversée se refaire une petite escale à Santa Lucia.

Devoir faire un test Covid si on va au Brésil (qui coûte au moins 1200€) avec normalement l’obligation d’en refaire un autre à l’arrivée et d’attendre au mouillage (en quarantaine) plusieurs jours le résultat! 

Le groupe est divisé dans ses choix, chacun exprimant son envie (et éventuellement pourquoi). C’est 5 voix pour le Brésil, 5 voix pour la Guyane, il ne reste plus que le capitaine qui doit s’exprimer (car je ne vote pas) le suspense est à son comble, il énumère les raisons qui lui feraient choisir l’une ou l’autre destination, pour finalement choisir la Guyane, qui est plus un choix de la raison que de l’envie.

Ça tombe plutôt bien que Lola et Ismaël partent en Guyane le 20 novembre pour préparer l’escale.

On y sera début décembre, avec plein d’envies et un océan traversé.

Ce matin, le bateau ressemble à une ruche, une grande partie de l’équipage est allée en mission courses et d’après Maxime ils ont ramené tout ce qu’il fallait.

Louise (qui aura été mise à contribution jusqu’au bout) et Kyllian sont partis en mission remplissage de gaz à l’usine juste en face du bateau, mais cela n’a pas marché, ils ont donc acheté une bouteille de gaz cap-verdienne pleine, avec un nouveau détendeur.

Enfin, Sébastien, Théo et Benjamin ont bricolé sur la barre, les moteurs, de petites réparations à la résine, les fuites et plein de petites choses avant de partir en traversée, et moi j’ai aidé!



Rendez-vous depuis l’Amérique du Sud, on enverra de temps en temps notre position pour que vous nous suiviez et nous ferons attention à ne pas croiser de trop près les bateaux du Vendée Globe….


Christophe sur le bateau.


12 novembre 2020

La lettre du Cap-Vert par Océane

Arrivés à Mindelo, nous nous sommes rapidement mis en œuvre pour partir randonner sur l’île de Santo Antao. Les groupes s’organisent selon les envies et les capacités de chacun. Tout d’abord Sydney a toujours mal à la jambe, elle restera au bateau avec Seb. Heureusement les 5 heures d’attente à l’hôpital de Mindelo ont permis de savoir que rien n’était cassé. 


Il fait encore nuit lorsque les groupes de Louise – Kylian et celui de Théo – Maylou – Océ quittent le bateau pour prendre le ferry qui les mènera sur l’île verdoyante que nous apercevons au loin. 

Louise et Kylian nous rapportent: Pendant cette rando on aura pris le temps: de rencontrer des gens, de se rincer l’œil avec des paysages époustouflants, de se laisser immerger par les ambiances locales. On aura pris le temps de trouver et construire nos campements. On aura pris le temps d’apprendre à se connaître. On aura pris le temps de vivre et d’être dans le moment présent. 


Théo, Maylou et Océ résument leur rando : Avec un départ du centre de l’île, on a un bon rythme et on fait des pauses fréquentes dans ces vallées magiques. Nous sommes en autonomie avec nos sacs à dos et une bâche pour dormir à la belle étoile. Une famille cap-verdienne nous ouvre ses portes, et nous passerons 2 jours en leur compagnie. Cette maison abrite trois générations qui vivent de l’agriculture. On sent que toute personne est bienvenue. Le jeu du walé semble être leur passe-temps favori. Nous sommes tous les 3 heureux de cette rencontre et d’avoir senti notre présence appréciée.



Le groupe de Ben, Maxime, Ewen, Morgane et Tanaé ne partira que le lendemain, pour autant de jours sur l’île de Santo Antao. Ils nous racontent leur rando : Il y a les regards, il y a les sourires, il y a la curiosité, il y a la différence, il y a la bienveillance, il y a la confiance, il y a la pauvreté, c’est la vie et la culture cap-verdiennes. Il y a des paysages vertigineux, il y a de la verdure, il y a des ânes, il y a des jambes qui tremblent dans la descente, il y a de la canne à sucre, il y a de l’eau douce, il y ces pauses où l’on contemple la vallée. Au bout, il y a l’océan, il y a la force des vagues, il y a des piscines naturelles, il y a des enfants qui font des saltos dans les bouillons d’écume, il y a une grotte profonde et sombre, il y a un feu de camp, il y a du pain grillé avec du fromage qui fond. Il y a l’aventure, il y a la verdure, il y a les courbatures, il y a Grandeur Nature… il en faut peu pour être heureux. 


Seb et Sydney sur le bateau, au mouillage dans cette baie bien calme : hôpital, moteur, dodo, portugais, rigolades, complicité. Le meilleur moment c’était à la fraîche, dans la tranquillité du matin, à discuter. Sinon on a sacrément bossé sur le bateau.


Le groupe entier s’est retrouvé, tout le méli mélo de choses à faire s’enchaîne. C’est fastidieux, on essaie de capter la douceur des Cap-Verdiens qui nous entourent mais ça n’est pas toujours évident… D’ailleurs nous avons accueilli Dany un soir, un Français qui vit au Cap-Vert et qui a partagé avec nous ses nombreuses expériences vécues sur cet archipel. 

Océane et Kylian repartent 3 jours sur l’île de Santo Antao, ils ont pour mission d’acheter des légumes directement aux maraîchers pour réapprovisionner le bateau. Oui, on essaie de mettre un peu de sens à notre consommation. 

D’ici quelques jours, Christophe et Louise vont intervertir leur rôle. On s’apprête à accueillir Christophe et saluer Louise qui, elle, va ensuite gérer la communication au bureau de l’asso.



Océane pour l’équipage du bord.

3 novembre 2020

Les Canaries...c’est fini, par Maxime et Morgane

Les Canaries...c’est fini

Eh oui, ça y est, nous finalisons notre escale à la Palma. Copier des textes, faire les courses, poster les lettres, laver notre linge, se doucher à l’eau douce, manger une glace, discuter de l’ambiance, refaire les courses, se baigner, re manger une glace, copier les textes, visiter le bateau de Pierre, faire un test covid, refaire des courses, et zou... A tchao les sommets de la Palma visités pendant les randonnées. Comme dit Kylian (j’ai omis de mettre son témoignage dans les dernières nouvelles, que la famille de Kylian nous en excuse ) : "J’ai aimé monter la crête jusqu’aux 2350 mètres, j’ai aimé voir tous ces paysages avec Ben, ça m’a permis de me vider et de me retrouver un peu seul."  


On part de la marina par un temps plutôt agité, beaucoup de pluie, beaucoup de vent, le ciel nous tombe sur la tête. Mais on ne se laisse pas abattre, on y va. Maxime pilote le navire sous une pluie diluvienne… La mer est toute hachée, le vent ne sait plus où donner de la tête. Sydney se demande ce qu’elle fait là et on finit par mouiller de nuit à la Goméra (ça commence à être une habitude ces arrivées nocturnes).

Au petit matin, on se réveille et tout le monde se précipite pour contempler ce nouveau paysage : une grotte, des falaises escarpées de couleur rouge. On profite de ce mouillage : on plonge, on saute des rochers, on visite la grotte…

Ce mouillage était une étape que l’on voulait pour amariner Sydney en douceur à la vie sur le bateau.

Témoignage de Sydney de sa première nav. : « C’était horrible, j’étais au bout de ma vie. »

Tandis que Maxime trouvait que c’était sa première nav. aussi pire, pour Kylian : «  Ça nous a tous unis malgré les conditions pourries ». Théo, lui, a aimé quand il y avait plein de pluie et qu’on courait en dessous avec Ben et Tanaé.  Ewen n’a pas aimé cette nav. car il avait froid et en même temps il avait le mal de mer.

Au bout de deux jours nous décidons de partir pour le Cap Vert. Du début jusqu’à la fin de cette nav., on a mis les gaz : 7,8 nœuds de moyenne avec comme propulseur hypersonique , un vent arrière qui nous projette de surf en surf jusqu’à 15,6 nœuds. Ça allait très vite. Pendant cette nav, comme casse, on a eu : le poste radio, donc plus de musique, quelques fuites, un arbre d’hélice déboîté  et quelques bombes cachées dans les trous de bouchons d’aération ( des poissons volants restés plus de cinq jours cachés et trouvés à l’arrivée au mouillage). Nous avons atteint la moyenne de huit poissons volants échoués sur le bateau chaque nuit. Par contre on a eu un seul calamar (que Maxime a piétiné en hissant la voile..oups!!). 

Nous avons mis 5 jours et quatre nuits, c’est un truc de malade dit Ben ( comme l’équipage d’ailleurs) pour faire de la Goméra à Santa Luzia ! Nous sommes arrivés à l’aveugle avec des bourrasques de vent... Pendant cette navigation, on a vu des dauphins, Kylian, Ewen et Maxime ont fait des maquettes de bateau, on a vomi, on a dormi, on a barré, on a mangé, on a vomi, on a chanté, on a joué, on a pégué, on a sauvé des poissons volants, on a fait du portugais, écoute la lettre co, fait des bracelets, on a vomi, on a dormi et on a discuté et on est arrivés tous ensemble sur le pont à 22h30. On a mouillé et le lendemain matin on s’est réveillés et tout le monde s’est précipité pour voir ce nouveau paysage.



Nous avons passé quatre jours à Santa Luzia, un mouillage tout vert avec une plage paradisiaque avec parfois des vagues de deux mètres de haut. On a rencontré des scientifiques qui pêchent des requins pour les baguer. Enfin, on a plongé et joué sur les grosses vagues tous les jours de 15h à 18h. Pendant ce mouillage nous avions notre coucou habituel de dauphins à 11h30 tous les jours. Nous avons partagé nos envies de randonner : voir de nouveaux paysages, jouer avec des enfants, se renseigner sur la culture du café, rencontrer des pêcheurs, être utile et aider les autres, se baigner dans les rivières, rencontrer des potiers, aller voir le foyer des jeunes.



On vous racontera tous cela dans nos prochaines aventures…

On pense à vous, on vous souhaite du soleil dans vos cœurs et on vous envoie de l’amour.

« Comment te sens-tu  après un mois et demi de voyage ensemble ? »

Maylou : « Je me sens grandie et plus ouverte aux personnes qui m’entourent.»

Louise : « je me sens plus en connexion avec chacun, ça me permet de mieux trouver ma place et de savoir comment contribuer.»

Océane : «  Je me sens à l’aise, pas toujours écoutée, mais je me sens comblée par la diversité de profils à bord. »

Sydney : «  Je ne vais jamais tenir 9 mois, je vais rentrer en kayak !!! »

Seb : «  Je me sens vivant.»

Ewen : «  Je me sens bien.»

Tanaé : «  Ça va, je me sens bien avec tout le monde. »

Théo : « Je me sens mieux par rapport au début, j’aime naviguer. »

Maxime :  « Je me sens plus proche des autres. »

Ben : « J’ai envie de faire et d’avancer ensemble. »

Morgane : «  Je prends de plus en plus plaisir à vivre avec vous tous. »

Kylian : « Je me sens mitigé, il y a des moments bien et des moments super durs. J’ai le manque de la France et de l’entourage. »

Maxime et Morgane