Année 2012-2013

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29 août 2015

L'AG de GN le 12 Septembre à Sète


Bonjour, à tous,

L’assemblée générale de ”Grandeur Nature ou la parole des enfants” aura lieu le samedi 12 septembre 2015.
Le lieu: à Sète. Au théâtre de la Mer (Salle Tarbouriech).
Il y a un parking pour se garer à côté.
Apportez de quoi manger pour le samedi soir pour un pique-nique collectif à partager sur place.
Le rendez-vous précis est entre 13h30 et 14 heures.   



Le programme:
Samedi de 14 h à 19 heures : Assemblée Générale

- Bilan de l’année écoulée.
- Rapport moral et financier.
- Diaporama sur «l’expédition 2014-2015».
- Nos projets en 2015/2016 et 2016/2017 (expédition ?).
- Élection du Conseil d’Administration.
- 20 heures - Repas du soir ensemble.


       

28 juillet 2015

Ils sont rentrés...chez eux!



Et voilà, cette fin de semaine les jeunes ont retrouvé leur famille.
Tout le monde était là, chez Denis et Iseult, le chantier où le bateau a été construit, il y a plus de 20 ans...





Merci à tout ceux qui sont venus, nous étions près de 80 personnes. Un grand merci aux parents d'avoir fait de ce retour une fête avec vos cadeaux surprises (même la chanson!) ! 


Vous êtes tous de belles personnes!



C'est fait, cette aventure est terminé, maintenant ont passe à autre chose, et un nouveau départ pour Grandeur Nature en 2016...

20 juillet 2015

Dernière escale avant Sète

Et voilà, c'est la dernière escale avant le retour à Sète, ils sont à Cadaquès pour 3 jours de Bilans individuels et collectifs sur les 10 mois d'expédition... Ensuite viendra le temps des "adieux" et des retrouvailles.

12 juillet 2015

Dans le détroit de Gibraltar

La boucle est bouclée le bateau rentre en Méditerranée.
Ils sont dans le détroit de Gibraltar, avec du vent dans le nez (Est) pas trop fort, mais qui ne va pas changer dans les jours qui viennent!
Les joies de la navigation en Méditerranée, au près ou au moteur!


10 juillet 2015

Navigation vers le détroit de Gibraltar

le 09/07/2015 - 14h35. 
Leur position : 36°24 N. 15°34 W. 
Ils avaient du vent de Nord de 12 nœuds et ils avançaient à 6 nœuds cap au  80°.

5 juillet 2015

Nouvelles des Açores par Michel et Anaëlle.

Après 19 jours et 7 h de navigation, nous arrivons avant la nuit tombée à Flores et nous mouillons devant le port. La tradition est respectée: le capitaine paie sa tournée à l'équipage qui l'a bien mérité. Le lendemain nous découvrons que nous avons des copains dans la place puisque nous retrouvons  Colombine et Libertad que nous avions croisés à Cuba. On sympathise avec de nombreux voiliers: Tuva'ou et Tortuga. Jeanne, 16 ans, qui voyage avec ses parents sur Tuva'ou viendra manger le poulet-frites promis par LN à tout l'équipage. Il y a d'ailleurs sur Libertad et Tortuga de fameux chasseurs qui nous ravitailleront en poisson, ce qui nous met un peu de baume au coeur puisque nous avons perdu deux énormes dorades coryphènes (Moussa avait failli en pleurer).

Ensuite c'est le départ des randos sur une île magnifique. Les jumeaux (Dayan-Kaïs), Jade et LN sont partis chez Camille faire du fromage et se balader avec elle. Aude, Phil et Anaëlle ont fait le tour de l'île à pied et en stop. Seb et Moussa sont partis à la journée faire des balades et Michel est resté au bateau pour bricoler: réparation grand-voile (coulisseau, sangle et lattes à changer, bosses de ris à remplacer, etc.) Conclusion des randos: ça fait du bien de voir du vert et de manger du fromage, les Açores c'est des vaches partout et des hortensias bleus et blancs à foison, du fromage et des soirées avec des copains de rencontre. Seb, Moussa et Michel se feront une soirée sardinade pas très loin de Florès. Il y retrouveront Camille, la copine d'LN, qui se révèlera être une bonne guitariste et une fameuse chanteuse. L'escale se terminera le 21 juin par la fête de la musique où tous les équipages se retrouvent sur la plage pour un grand barbecue de poisson le soir. Chacun apporte ses instruments de musique, et c'est parti pour un concert improvisé: Simon de Libertad à la guitare, Jeanne et Noémie de Tuva'ou au violon, un Chilien au djembé, et un vieux luthier portugais nous régalera - avec une guitare à 16 cordes- d'airs de fado, et tout le monde chante (plus ou moins juste).
Le lendemain on largue les amarres pour l'île de Faïal, en même temps que l'Outremer 45, Tuva'ou et 3 Mélodies.C'est la régate avec l'Outremer 45, nous sommes devant pendant deux heures puis il affale son génois pour mettre son "gennaker", et nous passe devant. On arrive dans le port de Horta au petit matin,  Tuva'ou nous a mis 2h30.

Les randos démarrent assez vite: Michel, Dayan, Phil et Anaëlle partent pour une rando "warrior escalade" sur le Pico. Moussa et Aude sont partis à vélo sur Faïal, Kaïs et LN ont fait pareil. Jade et Kaïs doivent être au bateau le 25 juin pour l'arrivée de M. Chaillou (responsable ASE de l'Essonne).
Horta, c'est aussi une peinture que chaque bateau doit laisser comme trace de son passage, sur les murs du port. Seb restaure une ancienne fresque de GN, qui est complétée chaque année avec les noms des nouveaux équipage. Anaëlle est bombardée créative en chef pour la nouvelle peinture (soulignons qu'elle fait L. option arts plastiques). On fait comme tout le monde, on récupère les pots de peinture entamés laissés par les équipage ayant terminé leur peinture.
Horta, c'est aussi une escale obligée pour tous ceux qui "transatent", et c'est donc l'occasion de revoir tous ceux qu'on a croisés pendant l'expédition: soirées pasta, soirées guitare, soirées discussions  sur les bateaux des uns ou des autres. Horta c'est aussi le Peter's Café Sport, véritable institution connue dans le monde entier, où Anaëlle en vieux loup de mer recevra son courrier. Le lieu a bien changé tout de même et s'est sacrément embourgeoisé, aux dires de Michel qui y était passé il y a 34 ans. Le bar à matelots est devenu un bar assez branché.
Les bateaux de nos copains s'en vont les uns après les autres et nous fermons la marche, en partant à notre tour le 1er dans la matinée pour l'île de Sao Miguel, où nous devons récupérer Miren le 4 au soir. L'équipage a voté pour raccourcir d'une journée l'escale à Horta afin de rallonger d'autant celle de Sao Miguel.

150 milles plus tard nous arrivons sur cette nouvelle île au petit matin, nous avons filé pendant 18h avec le vent portant, prises de ris en prévision des 30 noeuds de vent annoncés, affalage du yankee au petit matin pour ne pas filer trop vite et éviter de se prendre un casier, mais GN est toujours aussi difficile à freiner. Nous pensions nous mettre au mouillage mais le port de Ponta Delgada n'est pas comme celui de Horta: impossible de mouiller dans son enceinte. Nous accostons donc sur un Katway avec 30 noeuds de travers, mais l'équipage est au point. On ne perd pas de temps, on décide de partir en rando dans l'après-midi, sauf Michel qui doit rester pour réparer le moteur tribord qui nous a lâchés dans la traversée, et rendre réellement étanche tous les panneaux avant que ne poussent des champignons dans les coques.

Seb, Jade et les jumeaux partent sur Furnas et ses piscines naturelles d'eau chaude, pendant qu'LN, Phil et Anaëlle partent dans le cratère de Sete Cidades. Moussa et Aude partiront le lendemain matin pour une rando plus courte du côté de Furnas aussi.
Michel ayant fini son boulot en 2 jours se fera une rando scooter le 3ème, pour voir les lacs de "Séte Cidades".


C'est donc en scooter qu'il ira chercher Miren à l'aéroport, laquelle a une phobie des deux roues depuis un accident de moto qui date de 1989.
Retour des randonnées, où chacun raconte ses aventures autour d'une tisane et de délicieux cannelés que Miren nous a apportés. Départ Aujourd'hui pour le détroit de Gibraltar, avec un anticyclone bien installé sur les Açores et une dorsale qui se prolonge assez à l'est, ce qui augure un début de traversée assez lent.
Les Açores resteront pour nous une escale heureusement très riche, avec assez de frustrations pour donner à tous le goût d'y revenir. c'était une escale de marins où nous nous sommes sentis parmi les nôtres. Até logo! 

Michel et Anaëlle.

20 juin 2015

Récit épique d'une traversée de l'Océan Atlantique Nord par Hélène et Jade


Chers amis et familles,

Nous voici enfin arrivés à Florès, la première île des Açores en arrivant de l’ouest. Nous y resterons quatre ou cinq jours avant de partir pour Faïal. Voici donc le récit de notre traversée, en espérant vous faire rêver d’aventures dignes de grands romans.

Nous partons le 29 mai le Nassau aux Bahamas, où nous avons préparé la traversée (courses, lessives, travaux d’entretien etc.). Michel décide de nous éviter une première journée de nav trop difficile et prend donc l’option ouest : nous partons dans le sens opposé de notre destination pour suivre le vent et le courant, sensés nous remonter le long de la Floride sans effort, avec trois nœuds supplémentaires  pour nous porter comme sur un tapis roulant.

Jours 1,2,3
Hélas, le courant n’est pas au rendez-vous et  le vent nous fait cruellement défaut. Nous voici empétolés sur une mer d’huile, magnifique mais nous n’avançons pas. Qu’à cela ne tienne, on profite du beau temps pour faire nos petits rituels de muscu, yoga, glandage au soleil, guitare, lecture, etc.…On se baigne à la traîne et mémé radote dans sa barbe « profitez, mes mignons, vous allez voir quand y aura baston ». Mais personne ne prête plus attention à cette vielle folle qui ressasse sans cesse ses histoires de traversées galères d’un temps jadis.

Jours 4,5,6
Ah, la pétole, c’est  vraiment plaisant, on peut  profiter du temps qui passe, hein ? oui, oui, mais, dis-moi, est-ce normal qu’on ait déjà bouffé dix kilos de riz alors qu’on est partis depuis trois jours ? ah, non, pas vraiment. Faudrait peut-être qu’on fasse une liste de rationnement. Mmh, on va y penser.   En attendant, on est au moteur on fait du nord-est et l’on attend le vent de la dépression qui doit nous passer dessus, ou devant ou derrière, on ne sait pas trop.

Jour 7,8,9
Regardez, les enfants, des cirrus. Ça, c’est bon signe, ça veut dire qu’on va bientôt avoir du vent. Ah, faut  déjà réduire la voilure ? Mince, bon, ben réduisons alors, c’est vrai que ça souffle pas mal déjà.


Le huitième jour, on est officiellement en baston. La vieille jubile « ha, vous faites moins les malins maintenant, bande de rigolos »,   il faut dire que la baston, c’est quelque chose, mais la baston au près, c’est vraiment éprouvant. On est trempés, on a froid, le bateau est sans dessus dessous et tout est mouillé.et ça dure, et ça dure. Quatre jours, c’est pas une éternité lorsqu’on peut dormir le soir dans un lit bien chaud et au sec. Mais en mer, c’est du 24h/24, tout est trempé et on ne se repose même plus lorsqu’on en est à ramper dans un duvet mouillé et grelotter jusqu’à s’endormir. Du coup, le temps s’étire.
Le moral des troupes tient assez longtemps, mais on fait l’apprentissage de l’économie de soi. C’est vraiment chouette de faire attention aux autres et de les soutenir pendant leurs quarts de barre et de nuit. Tout le monde est aux petits soins avec tout le monde, mais il faut bientôt en obliger certains à aller se coucher et à changer de vêtements au moins pour aller dormir. On réussit quand même à fêter l’anniversaire de Séb avec une superbe tarte au citron meringuée qui échappe de peu aux embruns. On a mis une bougie pour la forme mais inutile de dire que le vent ne nous permettait pas de l’allumer. C’était une belle bravade du temps.
Jade ne sera pas autorisée à rester sur le pont quand ça mouille à cause de sa blessure au doigt qui n’a pas fini de cicatriser. Et ça a mouillé pendant des jours et des jours, ce qui fait qu’elle a été un peu à part pendant les jours de mauvais temps. Le reste de l’équipage avait à peine le temps d’aller la voir dans sa cabine et de l’appeler pour manger.
Les repas se font en deux ou trois temps : un premier groupe retire son équipement : ciré et harnais, le pose en un gros tas mouillé dans la descente et s’installe à table. On mange d’abord et l’on boit ensuite, car il faut toujours une main pour tenir son bol sinon ça vole. On se croirait dans un monocoque ! Pendant ce temps-là, le barreur reste dehors avec une ou deux personnes pour lui tenir compagnie. À ce stade, tenir compagnie ne veut plus dire faire la conversation, c’est plutôt être assis là, pas loin, la tête baissée pour éviter les embruns et demander de temps en temps « ça va ? tu veux que je te remplace ? » C’est vraiment tout ce qu’on trouve à se dire mais c’est gentil et ça compte.
Ensuite, le groupe qui a mangé remonte et l’on recommence la procédure avec ceux qui viennent manger. On refait un tas de cirés mouillés, on mange en tenant son bol, on boit quand on a une main de libre et l’on prend un peu de chaleur avant de remonter. Ceux qui sont de cuisine ont la chance de passer plusieurs heures au chaud.


Jours 10,11,12
Enfin, la baston se termine !  On sort les matelas, les cirés et les trucs mouillés  au soleil qui réchauffe les os et les cœurs. On s’allonge sur le pont, on fait même un peu de lecture collective, de yoga... les activités qui nous semblaient banales avant mais qui maintenant relèvent du pur luxe. Un quart de nuit étoilé, une conversation légère ou même sérieuse avec son coéquipier, barrer avec les pieds, des petits plaisirs qui ont une saveur différente maintenant.
Les repas sont à présent  strictement réglementés : c’est pas qu’on va manquer de bouffe mais il faut obligatoirement faire une soupe par jour pour utiliser les aliments qui font moins envie que les pâtes et le riz : du chou, du chou, des haricots et surtout du chou. On râle un peu, mais on s’y fait. On se promet un méga poulet frites en arrivant, on rêve de pain et de fromage en sirotant notre énième soupe au chou.
Mais la vieille folle recommence à marmonner ses incantations superstitieuses.  « Faudrait voir à voir » qu’elle dit. Qu’est ce que cela signifie ?

Jours  13,14,15
Et voilà, ça re-souffle ! heureusement, cette fois-ci, on est au portant. C’est beaucoup moins pénible. Ça mouille moins et l’on voit Jade plus souvent . il faut bien barrer car la houle monte vite à six mètres de hauteur et l’un d’entre nous ( nous tairons le nom car il y a déjà litige sur qui est le meilleur du monde) réussit même un surf à plus de 20 nœuds. A cette vitesse, c’est pas que ça mouille, c’est qu’on a transformé le bateau en sous marin, la mer passe carrément au-dessus. On réduit peut-être ? ah, trop tard, on pète la bosse de ris pendant la manœuvre. Du coup, au lieu de prendre un ris, on est obligé de prendre le deuxième. C’est un signe du ciel (faites donc taire la vieille !) car à peine finie la manœuvre, on se retrouve avec 40 nœuds de vent  et l’on est bien contents de ne pas avoir à réduire à nouveau dans ces conditions devenues vraiment dignes de récits de bar !
Ca mouille moins mais c’est toujours éprouvant, on se dit qu’on a de la chance de ne plus être au près et l’on fait enfin des moyennes journalières dignes de ce nom. Plus de 200 milles par jour. On commence le compte à rebours avant de voir la terre.
Mais le vent vire doucement et s’ensuivent les jours de baston au travers. À ce stade, les narratrices s’aperçoivent qu’elles ont perdu le compte exact des jours, mais pour les besoins de l’histoire, elles vous demanderont de les croire sur parole.

Jours 16,17,18
Alors, la baston au travers, c’est vraiment la plus éprouvante pour les nerfs. On ne tient plus debout, tout se casse la figure, le barreur est sans cesse en lutte contre les vagues qui font encore trois ou quatre mètres et qui envoient le bateau valdinguer dans tous les sens.  Mais bon, on file et l’on se moque bien à présent des trois cents litres d’eau qui rentrent dans le cockpit. On se moque moins des cent cinquante qui parviennent à descendre dans le carré, mais on a dépassé le stade d’éponger quand l’eau rentre. Maintenant, on nage jusqu’à sa bannette et c’est tant pis.
On compte les milles, ça nous occupe. On arrive bientôt ? oui, oui. On sent bien que le fromage, le pain et le poulet frites ont envahi l’imaginaire de tous.

Jour 19
« Le premier qui voit la terre, je lui paye un coca » tiens, la vieille se réveille.  Alors aujourd’hui, personne ne va faire sa sieste, tout le monde veut barrer debout et guette l’horizon. 
Vers 15h, Anaëlle déclare que c’est elle qui gagne. Bon, on fera semblant de la croire . Mais dis donc… C’est-y pas qu’elle a raison ?
Ça fait drôle de ne plus avoir l’horizon au 360. On regarde l’île se dessiner et on rêve déjà aux randos. Inutile de rappeler que le repas d’arrivée est le thème principal.
Mais on aura déjà dîné à l’heure de jeter l’ancre dans la baie de Lajes.
Nous sommes de vrais marins, nous avons bravé l’océan dans toutes ses conditions et nous sommes fiers de pouvoir nous pavaner sur les quais en racontant nos histoires de mer qui deviennent de plus en plus épiques à chaque fois qu’on rencontre quelqu’un de nouveau pour écouter nos sornettes de vieux loups de mer qui ont fait la traversée « en baston ».                                      Hélène et Jade