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13 avril 2021

Quelques nouvelles par Christophe

Bonjour à tous,


Me voilà de retour en France, après 5 mois sur le bateau, de retour derrière mon ordinateur, pour faire le lien à terre et préparer le retour du bateau… et des jeunes avec leurs projets de vie.

Le bateau, lui, est arrivé aux Bahamas, sur l’île de Great Inagua, où ils ont pu faire l’entrée, les tests Covid (encore) et payer les taxes, encore 1000€ (tests compris).

Ils sont aussitôt repartis vers des îles désertes pour profiter au maximum des eaux turquoise et d’un milieu aquatique incroyable.

Pour vous faire un peu rêver, quelques noms: Hogsty reef, Castle Island, Conception Island et les Exuma cays, vous pouvez regarder les images sur internet!


Ils ne retoucheront la civilisation que dans 2 semaines à Nassau, où ils prépareront la traversée vers l’Europe et les Açores.

Pour revenir un peu en arrière, l’escale à Lupéron a été riche en rencontres, surtout grâce à Luc que je remercie encore une fois de son hospitalité. Cette semaine là-bas est passée beaucoup trop vite, mais je crois que cela va être le cas jusqu’au retour du bateau fin juin.


J’ai choisi de partager avec vous le texte de Morgane qui donne un assez bon aperçu de notre escale:


Mardi 6 avril: Un monde de paradoxes.

Censément je dois raconter la journée d’hier, celle où je fais le pain au levain, mais de ça j’en ai déjà parlé. Hier nous avons aussi retrouvé Théo, Lobsang, Maxime, Maylou et Lola qui étaient à la finca de Luc. 

Que raconter ? Que je trouve souvent difficile pour le groupe les retours de randos. Pourquoi ? Je ne sais pas bien… Certains mettent longtemps à parler aux gens qui ne faisait pas partie de leur rando. C’est mystérieux les humeurs. On ne sait pas d’où elles sortent et elles nous tombent dessus pafff quand on est très fatigués. Je me rends compte aussi que l’on fait très rarement des groupes de parole, alors que dire fait du bien au coeur. Plus vite on s’entraîne à dire et mettre des mots sur ce que l’on ressent et moins forte est l’explosion de ras le bol par la suite. Moi je sais que j’y travaille encore.


Etre ici change pas mal de l’ambiance baleines. Notre monde s’ouvre d’un coup. Nous somme bien occupés, on change de rythme, il y a de la sollicitation pour faire les courses, pour s’inscrire dans l’une ou l’autre envie, comme aider Luc ou Olivier et Nathalie, il y a les moustiques aussi, les rencontres, une diversité dans les énergies, des gens souvent souriants et avenants. 

Et puis, les discussions s’enrichissent. 

Luc comme Olivier aiment parler politique. Olivier me raconte sa vision de la République Dominicaine, que c’est difficile notamment de travailler avec les Dominicains. Juste après il m’avoue que ça lui fait bizarre de s’entendre parler « comme un colon », mais que l’avis des voyageurs qui restent plus de 10 ans dans ce pays n’a pas la même profondeur que l’avis d’un voyageur de passage. Il me dit qu’il aime demander aux gens leur vision, ce qu’ils voient, ce qu’ils pensent, lui qui a pas mal volé autour de le planète me parle des lunettes culturelles que nous avons tous. Olivier aime faire ensemble et bouleverser les discours connus. Il me raconte une escale en Orient ou lui et Nathalie on passé du temps avec des femmes voilées. Olivier leur a demandé pourquoi ce voile, et pourquoi ces couleurs, quel sens cela avait-il pour elles.

Elles lui ont répondu: «  Eh bien, parce que ce voile va bien avec ma robe ! » Il rit. Oui, il y a la politique, et il y a aussi juste « vivre » au quotidien, et le plaisir d’être belle !

Luc, quant à lui, a tout plein de monde à son service : un gardien, une femme de ménage, des employés. Comme il dit, moi je pense, j’ai les idées et d’autres font pour moi ! C’est un entrepreneur. Christophe lui parle de revenu unique. Luc n’y croit pas du tout: "Comment tous ces gens auraient envie de travailler pour moi s' il n’y avait pas de salaire ?Et le cadre est clair dans l’échange, si l’employé ne veut plus travailler, il peut dire stop. »

Et puis il y a les pêcheurs sur le quai. Ces mêmes pêcheurs dont on parlait sur le Banc d’Argent. Nous autres, on se dit que si on pouvait arrêter de pêcher sur le Banc d’Argent ce serait quand même extra ; ça c’est notre idéal écologique…

Sur le quai les pêcheurs sont très sympas, ils nous aident à porter n’importe quel sac un peu lourd, nous font visiter leur bateau et discutent avec plaisir... Ah, la réalité sociale…

Voilà, alors je me suis mise en quête de la « vision » des jeunes voyageurs de ce bateau. Nous qui ne sommes ici que pendant une dizaine de jours, avec nos regards de « décroissants parcourant l’Atlantique sur un catamaran blanc ».



Maxime : Les gens sont assez imprudents en moto ; ils sont souriants quand on se balade dans la rue. Je sais qu’ils ne gagnent pas beaucoup d’argent. Le salaire mensuel est de 300 euros ! J’ai aimé rencontrer Luc car il parle français. Je trouve qu’il a une belle vie et il est calme, tranquille. Sa compagnie est agréable.


Théo : Pour moi la Rep Dom ce sont des gens en motoconcho qui vont super vite. C’est aussi la vente à tous les coins de rue, des pick-up pleins de légumes. Je trouve les gens très ouverts. 


Maylou : Ici pour moi, c’est le sourire franc d’un Haïtien que je ne reverrai jamais. C’est d’avoir travaillé dans un système où il n’y a que des hommes et avoir leur point de vue sur la femme. J’ai trouvé ce regard «  pauvre ». La femme doit faire à manger, s’occuper des enfants. C’est magnifique d’être «  maman », mais c’est réducteur je trouve.  La Rep Dom c’est aussi Luc, sa gentillesse, ses réflexions sur le monde. 


Sydney : Je trouve qu’en Rep Dom, les Français qui vivent ici sont tranquilles. Il y a de la place pour des gens qui seraient « marginaux » en France. Il y a beaucoup d’autres personnes qui viennent d’autres pays, des Haïtiens, des Américains, des Français, Suisses, Russes, Canadiens ! C’est un endroit que je trouve cosmopolite.


Ewen et Tanaé ont trouvé la question trop compliquée pour eux.

                                                                                                             Morgane



Voilà, pour lire la suite de nos aventures il va falloir attendre un peu, que je fasse la maquette du journal qui racontera de notre départ de Guyane jusqu’à la fin de notre escale en république Dominicaine.


Christophe

5 avril 2021

Lettre collective de Samana à Luperon par Maylou & Sydney

« Samanà tu nous retiens » ça c’était le passé, nous avons effectué un nouveau record : 5 jours ! Pour le ravitaillement en eau, nourriture, de petites missions annexes de travaux pour notre beau bateau, réccupérer Lobsang tout fraîchement arrivé en Rép Dom, et que Christophe organise le départ de Kylian (cela fait maintenant 2 semaines qu’il est rentré en France). Nous avons aussi le temps d’aller voir Israël (administrateur des aires protégées) du Medio Ambiente pour le remercier de nous avoir aidés pour le permis baleine, et lui poser des questions sur le passage des baleines, la mort du corail et sur les réglementations de pêche.

Oui, car sur Silver Bank il y a un banc de pêcheurs, on lui fait part de nos découvertes, la façon de pêcher (au narguilé et compresseur), de leur comportement vis à vis des nageurs, et simplement le fait qu’ils pêchent dans la zone de mouillage. Tout ça est évidemment interdit. C’est dans un lieu aussi formidable que Silver Bank que l’on se rend compte de comment l’être humain a dégradé le monde naturel et les milieux qui le composent, dans lequel les animaux vivent! Israël paraît subjugué et il nous demande de lui envoyer les photos des pêcheurs, et que Christophe fasse un compte rendu du changement de Silver Bank depuis qu’il y va, c’est à dire 30 ans. Peut-être que tout cela pourra servir à faire de Silver Bank une vraie zone protégée pour tous ses habitants (poissons, coquillages, tortues…) etc etc.

Puis, nous voilà de retour au pays des baleines chanteuses et curieuses.

Une arrivée avec des baleines digne des plus grands ballets, avant de voir notre parbat orange fluo qui nous rappelle les douceurs de la vie sur Silver Bank.

Après Samanà, le plus gros changement c’est l’eau claire dans laquelle on peut s’en donner à coeur joie, de sauter. Notre vieil ami Popol est toujours là et les baleines aussi.

Certains, le matin, travaillent la navigation dans l’envie de devenir bon équipier ou chef de quart, d’autres écrivent des lettres à leurs proches ou pour leurs projets futurs, que Christophe ramènera avec lui en France.

À Luperon on espère avoir la chance de rencontrer Omar, un scientifique, on pourra lui poser les questions qui s’accumulent chaque jour:

- Pourquoi le corail meurt-il ?

- Pourquoi les baleines tapent de la caudale ? Qu’est-ce que ça signifie ?


Maman de l’année : Ce fut une rencontre qui s’étala sur plusieurs jours d’une baleine accompagnée de son tout petit baleineau joueur. Chaque membre de l’équipage a pu aller à sa rencontre. Tout le monde la décrira comme généreuse et belle, d’avoir partagé avec nous de précieux moments de la vie: un allaitement, des bisous et des câlins. On ne sait comment la remercier.

Durant les deux semaines précédentes on a pu observer que la chasse aux graines est devenue courante chez les Grandeurs Naturiens :

- Comme sur l’îlot Cayo Levantado où on a dit « Goodbye » à Samanà. Lobsang a découvert LA graine précieuse du bord, qui est devenue l’obsession de certains. Maintenant sur le bateu il y a des négociations, tout se rend ou se donne grâce à la monnaie d’échange, L’œil de Bœuf !!!

 

- Ceux de plus de 20 ans ont organisé une chasse au trésor pour ceux de moins de 20 ans sur le terrain de jeu qu’est Silver Bank. Des graines ( pas d’ œil de bœuf) à échanger contre des indices ou des énigmes à la clé de chaque épreuve. Celles-ci nous ont fait travailler des choses spécifiques à chaque fois. L’équipe des copains de baleines, les yeux bandés, a travaillé leurs sens : l’ouïe et le goût. Ensuite ils ont fait marcher leurs méninges dans une chasse à l’indice sur tout le bateau, entre mots latins, lexique marin et charades. Cela aboutira à la découverte d’une carte.

La troisième épreuve fut la plus épique :

- « Tel des enfants chevaleresques on a traversé un pont branlant, poursuivis et mordus par deux dragons qui crachaient des flammes, tout ça pour sauver une princesse ! »

- « Maylou, reviens sur l’eau, ce n’était que des kayaks et un paddle à traverser sans tomber. Et les deux dragons, comme tu dis, ce n’était que des requins, un requin baleine qui ressemblait bizarrement à Sébastien et un requin citron qui avait étrangement une allure de Ismaël avec ses palmes jaunes. »

Sur cette tache Fortboyardesques on s’est bien accrochés les uns aux autres mais aussi aux kayaks.

Ce que l’équipage retient le plus de la chasse au trésor :

Beaucoup ont aimé le parcours avec les modules à traverser sur l’eau :

- J’ai aimé devoir passer par dessus les kayaks et le paddle (Tanaé)

- J’ai beaucoup aimé les éclats de rire de l’équipe durant la grande traversée du pont flottantt avec les requins. (Lobsang)

- Ce qui m’a le plus marqué c’était le parcours, j’ai beaucoup rigolé. (Maxime)

- Devoir trouver des techniques plus ingénieuses que les autres pour s’entraider. (May)

- Ce qui m’a le plus marqué, c’est quand on a tous sauté à l’eau pour s’entraider. Certains occupaient les requins, d’autres tiraient les kayaks entre eux pour que la personne puisse passer plus facilement. (Sydney)

- Ce n’est pas facile de faire le requin. (Séb)

- J’ai aimé que les requins nous sautent dessus et nous mordent les orteils. (Théo)

D’autres ont aimé :

- Le trésor (Morgane)

- Les têtes des gens quand ils ont goûté les échantillons de nourriture. (Ismaël)

- J’ai aimé à la fois les requins et quand les petites équipes avaient les yeux bandés. (Lola)

- J’ai adoré goûter des trucs les yeux fermés, c’était drôle, surtout les graines de chia et de lin. (Ewen)

- Les photos après, car moi j’étais photographe surface. (Christophe)


Qu’est-ce que ça vous fait de quitter Silver Bank ?

- J’étais un peu triste, parce que je ne verrai peut-être plus jamais les baleines et je suis nostalgique des plongées là-bas. Mais j’étais aussi contente car on va voir bientôt d’autres horizons : les Bahamas. (Tanaé)

- Ça me plaît de bouger mais j’étais toute chafouinée de quitter les baleines car je n’en verrai peut-être plus jamais de ma vie. (Morgane)

- Je me sens comme une baleine, qui, après avoir cotoyé des gens de son espèce, repart pleine de joie vers de nouveaux horizons. (Lobsang)

- Quelle chance d’avoir vécu sur Silver Bank. (Séb)

- Je me sens ouverte à la suite des aventures. (Lola)

- J’étais content mais un peu triste parce que c’est un bel endroit, mais j’aime bien découvrir d’autres endroits. (Ewen)

- Je ne me rendais pas compte que l’on partait pour de vrai, je pensais que l’on reviendrait dans une semaine… (Théo)

- Moi je sens que c’est le moment, drôle d’idée mais en même temps tout le monde part pour la grande migration, même les baleines. Alors je me dis : c’est le moment. (Ismaël)

- Après la dernière belle rencontre (tous) avec une mère et son baleineau, il était temps de partir nous aussi, nous sommes restés 28 jours, c’est bien, d’autres aventures s’annoncent… (Christophe)

- Je me suis senti stressé. (Maxime)

- C’est triste mais j’aime bien que ça avance. (Sydney)

- Les baleines c’est l’Eden, Silver Bank le pays des muses, mais vivre d’autres aventures, rencontrer d’autres personnes, ça pour moi c’est l’idylle. Contente de briser la routine et de bouger. Je reviendrai voir les baleines, c’est gravé dans le corail. (May)

Avec tous les membres de l’équipage on a fait un point sur la suite du voyage: ce qui se profile prochainement, c’est d’aller chez Luc à Luperon. L’aider dans ses projets, son travail, faire des rendez-vous Skype avec Carmen ( la psychologue qui nous suit durant ce voyage).

Qui est Luc ?

Luc est un Français, architecte naval, il a une société, c’est un ami de Denis, l’architecte du bateau Grandeur Nature. Depuis 20 ans on passe voir Luc et depuis quelques années il achète des terrains pour faire de la permaculture, il essaie de convaicre les gens d’ici que l’on peut faire de la belle agriculture, c’est sa manière à lui de changer le monde et de faire de celui-ci un monde meilleur.

 


 

Arrivés de nuit dans la baie de Luperon, nous voila maintenant devant le quai, les pêcheurs et les relents de poisson. Pour le 1er Avril notre poisson a été de s’y reprendre à 6 fois pour mouiller (la vase n’accrochant pas l’ancre). Notre dévoué Ismaël sauta donc à l’eau pour la planter.


Bisous, tout le monde va bien.

Chaleureusement May^ ^ et Sydney <3









18 mars 2021

Lettre co Silver Bank 1 : Les baleines sont bien là !

Silver Bank, un lieu de baleines. Notre équipage prend la mer le 26 février direction Silver Bank :
il s’agit d’une plateforme de sable avec une barrière de corail où viennent se reproduire les baleines à bosse chaque année. Elles viennent des eaux froides du nord de l’Atlantique et effectuent un long chemin pour atteindre les eaux tropicales, et le plus fou c’est qu’elles ne mangent pas pendant 6 mois ! Pour nous, qui souhaitons rejoindre les baleines, la navigation était très mouvementée : tout dégringolait dans les coques, une vraie apocalypse ! Nous entrons sur le banc au matin, et naviguons jusqu’à être bien à l’abri près de la barrière de corail. Nous accrochons le bateau à du corail qui monte en colonne irrégulière presque jusqu’à la surface : ça s’appelle une patate de corail. Nous voilà dans notre paysage quotidien pour environ 20 jours. Voici une description de ce qui nous entoure, nous essaierons qu’elle soit exhaustive afin que vous vous imaginiez au maximum ce que nous vivons.

Silver Bank, un lieu de poésie, de fantaisies et d’envies,
En face de nous, à 250 mètres, il y a une épave,

Des patates turquoise qu’on entend depuis l’étrave,
Camaïeu bleu azur comme paysage.
Autour de nous, il y a aussi des nuages,
Parfois remplis de pluie, parfois rose à la tombée de la nuit.
Il y a aussi des poissons perroquets comme des arlequins incarnés,
Dans le fond, là où on ne pose pas les pieds, à moins de bien avoir décompressé.
Dans l’eau, il ne faut pas stresser, en apnée, rester calme et bien centré,
Quand on voit des baleines, seulement les contempler,
Admirer leur beauté et leur immensité.
Des coraux colorés, des tortues, des barracudas
Et quand les cétacés chantent c’est un vrai brouhaha.
Il y a des poissons chassés par les pêcheurs,
Dans leurs barques tels des envahisseurs.
L’horizon à perte de vue, aucune terre en vue,
On se croirait au milieu de nulle part, seuls face aux raies léopards. 

Silver Bank, un lieu de rencontres et de plongées. On espère que ces rimes poétiques vous auront plongés dans le monde onirique qui nous entoure. Vous vous demanderez peut-être ce qu’on fait quand on est au milieu de nulle part ! Eh bien, on ne fait pas que rêver ! Chaque matin, un groupe de quatre personnes est volontaire pour aller rencontrer les baleines qui passeraient près du bateau, approche douce, surtout ne pas les déranger. Certains restent sur le pont, à guetter un souffle non loin ou la silhouette d’une nageoire dorsale qui se dessinerait sur l’horizon. À bord, toute la matinée on travaille, sur la navigation, le français, les maths, on se partage des exposés sur les coraux, l’apnée, les odontocètes, chacun essayant de trouver du sens dans ses apprentissages. Quand vient l’après-midi, on dégaine tout l’attirail de plongée : combi-short ou combi intégrale ? Deux plombs ou trois plombs ? Epave Polyxéni ou barrière de corail ? En kayak ou en nageant ? Parfois certains prennent des kayaks pour une heure ou deux, une autre façon de rencontrer les baleines et d’être à leur côté. Une fois, on a carrément quitté notre mouillage, hissé la voile d’avant, et navigué pendant quatre heures. On a pu se mettre à l’aile (morceau de bois en forme de queue de baleine accroché au bateau avec un bout), et écouter le chant des baleines. Chaque journée est unique. Chaque matin, les baleines nous saluent d’un mouvement grandiose de pectorale. Chaque soir, les baleines nous disent bonne nuit d’un signe de queue ou d’un de leurs sauts spectaculaires. 



Silver Bank en cadavre exquis :
J’ai vu une baleine toute proche pendant hyper longtemps et j’ai vu une tortue [Ewen]
Une tortue qui bat des ailes pour s’enfuir, elle va très vite. J’ai vu une raie Pastenague, son corps ondulait avec les vagues et on a vu un requin qui était très grand, il faisait 1m70 de long, il était un peu impressionnant [Tanaé]
Impressionnant de se fondre dans les eaux bleues, de toucher le sable des baleines, de voir chaque soir les astres qui illuminent le ciel, d’être tout simplement au milieu de nulle part avec comme voisines des baleines [May]
Des baleines il y en a sur tout l’horizon et près de nous. Elles vivent à nos côtés et nous les voyons chaque jour. La nuit, les étoiles les accompagnent et nous pouvons les observer. [Théo]
Observer les ciels étoilés, les couchers de soleil, levers de soleil, les baleines, la mer, les coraux, les poissons, toute cette période m’a permis d’être plus sereine et tranquille au fond de moi-même et de le partager avec l’équipage. [Sydney]
Avec l’équipage au milieu de rien, il ne reste que nous et ce qui nous entoure. Du bleu. [Isma]
Du bleu, rien que du bleu tout autour de nous, pas de doute, la terre est bleue, même mon petit coeur est tout bleu, mais les baleines c’est formidableu. [Christophe]
C’est formidableu le matin quand je nage à poil. Quand je ne parle pas je digère mieux. [Seb]
Mieux vaut nager que couler. Cette escale pour moi sera remplie d’émotions. [Kylian]
Emotions, gigantesque impression de vivre un moment grandiose… Attente de la rencontre, la baleine nous l’espérons, la cherchons, la devinons et soudain… [Morgane]
Soudain… les baleines nous appellent et on va nager avec elles. [Maxime]
Elles, si profondément elles, les baleines sautent, dansent et se tortillent. Et toute la vie en harmonie dans les récifs coralliens en labyrinthe m’éblouit. [Lola]

 



 

Silver Bank, un lieu de scientifiques. Pendant une petite semaine, des scientifiques sont venus pour prélever un morceau de peau de baleines et leur poser des balises GPS afin d’étudier leurs mouvements migratoires. Nous aurions aimé leur poser nos nombreuses questions mais ils étaient très occupés et sont partis assez vite.
Silver Bank, un lieu où se cache une épave. Nous voudrions aussi vous parler de cette épave qui est là depuis de nombreuses années. Le bateau s’appellait Polyxéni (pour nous c’est devenu c’est devenu « Popol ») et s’est échoué sur la barrière de corail. Maintenant, seulement quelques morceaux dépassent de la surface, autrement tout est sous l’eau ! Et alors, comment c’est sous l’eau ? Quand on va plonger on voit toute la carcasse du bateau cassé où le corail s’est accroché.
On voit des câbles, des poulies gigantesques, une hélice impressionnante, les mâts couchés dans tous les sens, des fusibles, une vieille étagère, certains ont même trouvé la caisse à outils du bord ! Un vrai terrain de jeu et d’exploration, et surtout de trouvailles incongrues.
Silver Bank, un lieu d’aniversaire. Pendant cette période, nous avons fêté l’anniversaire de nos deux matelots poissons : Théo a eu 16 ans sous la pluie torrentielle, il a eu droit à un concert de guitares, mélodica et uekulele ; quant à Maylou, elle a fêté ses 15 ans auprès des baleines et merveilles sous marines, entre chasse au trésor et piñata. Leurs cadeaux d’anniversaire ?
De véritables œuvres d’art bricolées par chaque membre de l’équipage et bien sûr de délicieux gâteaux maison. 

 




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Silver Bank, un lieu de bilans et une décision. Nous avons aussi fait le bilan de mi-voyage sous une pluie diluvienne qui a duré deux jours, des trombes d’eau en continu, du jamais vu. Bien au chaud dans les coques, nous avons fait un point sur nos relations avec chacun, nous avons partagé des ressentis personnels et dit aussi quelle personne nous aimerions être. En milieu de période, Kylian a décidé d’arrêter le voyage avec Grandeur Nature. Il a annoncé cette grande décision à tout l’équipage et nous avons répensé le programme en fonction de ce retour prématuré. De retour à Samana, il prendra donc un avion pour rejoindre la France
Mais pour le reste de l’équipage, le voyage ne s’arrête pas maintenant ! Il nous reste bien des milles à parcourir, bien des baleines à rencontrer et bien des dédales de patates de corail à explorer. Nous quittons le Banc d’Argent le 16 mars, le coeur plein de baleines. Prochaine étape, courses et pleins d’eau à Santa Barbara de Samana, on récupère Lobsang au passage qui embarque jusqu’à la fin du voyage et zioupla, on retourne au pays des baleines. Quelle aubaine ! 

 

 

Pour conclure ces nouvelles, voici un pêle-mêle de mots choisis pour dire ce que ça nous fait de rencontrer des baleines : extraordinaire, magique, éblouissant (Théo) ; enchantement, amazing, incroyable (Sydney) ; séduite, éblouie, volupté (Maylou) ; bonheur, bleu, incroyable (Maxime) ; inoubliable, intense, énorme (Kylian) ; petit, grand, bleu (Seb) ; curiosité, joyeuse reconnaissance, paix (Morgane) ; profond, indescriptible, en connection (Ismaël) ; vivante, harmonie, subjuguée (Lola) c’est paisible et vif, immense et fin, en même temps (Christophe).

 


 

 

1 mars 2021

Des nouvelles !

 Bonjour à tous... 


Je vous transmets un message reçu par le téléphone satellite aujourd'hui... 

L'équipage a reçu le permis pour aller danser avec les baleines, ils sont donc allés mouiller au banc d'argent... et ont tous vu des baleines sous l'eau !

à bientôt pour les récits et photos !

 

Louise 

19 février 2021

Bonjour à tous,

Hisse et ho, nous quittons le Marin (en Martinique) et son rocher du Diamant, avec la bonne nouvelle d’avoir les deux moteurs qui vrombissent dans les coques. Tribord a repris du service, youpi. C’est quand même plus équilibré comme motorisation.
On hisse la grand-voile un peu réduite car il y a du vent. Notre groupe aussi a comme du vent dans les voiles. Durant cette navigation entre la Martinique et la République Dominicaine, l’équipage est comme lavé, tout neuf, avec l’envie d’avancer ! Youpi de nouveau !!

 On est tous sur le pont, parés à la manœuvre ou travaillant à la découverte du monde qui nous entoure avec des exposés sur les baleines à dents, celles à fanon, les coraux, les étoiles ou l’apnéologie. Hum, ça sent « el Banco de la Plata » tout ça (un parc naturel en pleine mer où viennent se reproduire les baleines à bosses.)
Nous naviguerons 3 jours, avec presque 200 milles nautiques avalés en moyenne chaque jour, quelques kg de pâtes, de lentilles, de patates, des exercices d’espagnol en dessert, une lecture collective au goûter, peu de buts marqués ( pas de malade en mer), des quarts de nuit tout en étoiles. Nous voici arrivés au large de la baie de Samana, et là, que voyons-nous : una ballena ! Notre premier saut de baleine à peu près à 500m du bateau. C’est excitant !!

Au final, c’est Maxime qui a calculé au plus près le temps que durerait la navigation, suivi de près par Théo au pronostic optimiste. Nous mouillons une première fois à Cayo Levantado, petit îlot au sable blanc. On voit les côtes de la République Dominicaine : c’est tout vert, tout plein de cocotiers et ça fait plaisir. Y’a quelques touristes mais pas autant que d’habitude. On imaginait que la Rep Dom, étant une des seules destinations touristiques possibles en ces temps de Covid, ce serait bondé, eh bien pas du tout... On y fait une plongée, nous voyons coquillages et poissons coralliens, nous mangeons des homards au barbecue ... euh non, que disons-nous, ... reprenons. On parlait de plongée, eh bien pour tout vous dire, avec Kylian on pense que la plus belle descente est celle que l’on fait au fond de soi-même. On en discute un moment ensemble car il a frôlé la syncope de près pendant l’escale Guyane ( aisse de moral) mais il a réussi à remonter à la surface, ouf !! Théo continue à plonger avec aisance, Maxime participe avec joie à chaque plongée, Maylou, poisson dans l’eau, est dans son élément, Tanaé et Ewen s’entrainent pour aller chercher des coquillages ( véritables trésors ) au fond de l’eau, Sydney arrive à décompresser, et Kylian dit au revoir à son otite ... C’est prometteur tout ça !!
Aujourd’hui nous sommes à Santa Barbara de Samana, dans la ville où tout va très vite : les motos, les voitures, les gens, la musique qui sort plein pot de hauts parleurs... Ici ça bouge !
On va voir le Musée de la Baleine, Christophe nous guide entre les fanons de ces mysticètes juste après que Maylou, Ewen et Ismaël nous ont présenté leur exposé sur ces Léviathans des mers. 



D’ailleurs, « Comment tu te sens avant d’aller nager avec les plus grands mammifères marins ?»
Maxime : «  Je me sens enjoué et excité de pouvoir nager avec des baleines. Ça n’arrivera surement qu’une fois dans ma vie ».
Lola : « C’est  dingo d’être en chemin pour revivre ces rencontres cétaciennes. De se dire qu’on va partager ça tous ensemble, qu’on va s’émerveiller, c’est comme si on rentrait dans un nouveau monde, celui des baleines à bosse. »
Maylou : «  Je suis contente d’arriver à cette période idyllique du voyage et de pouvoir rencontrer ce majestueux mammifère dans cette immensité bleutée qu’est l’océan ».
Théo : «  Je suis trop pressé, c’est trop bien, c’est un rêve en vrai ! Y’a plein de monde qui rêverait être à ma place. Alors moi je rêve d’être à ma place ! »
Sydney : «  Je me rends compte de la chance qu’on a mais je ne réalise pas »
Tanaé : «  Je suis contente d’aller nager avec les baleines à bosse dans deux jours. Je crois quand même que j’ai un peu peur. »
Christophe : «  Je me sens dans l’attente (pas de camping) , mais avec ces histoires administratives, je me surprends à grincer des dents !».
Sébastien : «  Je me sens serein et impatient de retrouver cette sensation de glisser sur le Banc d’Argent une fois encore. »
Ewen : «  Je me sens content, je suis heureux. Je n’ai pas peur. C’est trop compliqué vos questions, moi je ne sais pas, je ne suis même pas là-bas ! »
Kylian : « Je suis vraiment bouche-bée à l’idée de savoir que je vais pouvoir plonger avec les plus grands des cétacés. J’ai hâte d’y être. »
Morgane : « Eh bien je ressens de la joie... ça pétille au fond de moi de retrouver ces géants des mers. A ce moment du voyage je ressens aussi l’envie que chaque personne avec qui je vis ait l’élan d’aider, d’amener de la légèreté et du plaisir au quotidien. ça serait bon car je crois que ça y est, on peut y arriver, le paradis sur mer est tout proche... »
Ismaël : « Je me sens tout petit devant cette immense impatience. »
En ce moment même Christophe est au bureau du Médio ambiente pour récupérer (on l’espère) le permis qui nous permettra de lever l’ancre demain ( jeudi 18) pour le Banc d’Argent. Si c’est le cas, il nous restera à faire le plein d’ananas, de farine, d’oranges, de poivrons, choux et autres papayes. « Du flan de leche, et du chocolat quand même !! » me dit Kylian. Mettre de l’eau dans les réservoirs, et on sera prêts pour le départ.
Mais pour l’instant, on attend et on travaille, il pleut cet après-midi sur Samana, je m’amuse à une petite interview sauvage pour vous... avec ceux qui sont disponibles.
« Et là, juste maintenant, tu penses à quoi, toi ? »
Maylou : «  J’ai du mal à digérer le bouquin sur le totalitarisme et le fascisme; ça fait mal à l’humanité de voir comment certaines personnes sont exaltées et heureuses d’être dirigées et contrôlées car ils se sentent appartenir à quelque chose, et être égaux aux autres. »
Ewen : « J’ai envie de manger mon goûter »
Kylian : «  Là je suis dans la découpe de l’ananas, je pense à ce que je dois faire. »
Sydney : «  J’aimerais écrire, mais je n’y arrive pas. J’aimerais écrire mon imaginaire, ce que je ressens. c’est comme un mélange de toutes les émotions : de la joie, de la tristesse, de la colère, du bonheur, de l’incompréhension !! »
Tanaé : « Je pense que j’ai hâte d’aller sur l’île pour faire des jeux et la chasse au flacon ( trouver des bouteilles et des graines dans les déchets déposés par la mer).
Théo : « J’ai mal à la tête, là, tout de suite, mais autrement je pense beaucoup aux gens proches qui sont chez moi, ma famille, mes amis. Et j’ai grave envie de vivre les baleines avec l’équipage »
Lola : «  Il est très bon ce chocolat ! J’aimerais bien avoir du temps pour faire des jeux. »
Maxime : «  Eh bien moi je pense que je suis fier d’avoir travaillé sur la carte marine. Et je pense aussi aux baleines. »
Voilà pour nous...Il paraît que chez vous il neige beaucoup et que c’est les vacances.
On vous fait de gros bisous de l’autre côté de l’océan, vous l’entendez la bise qui vient du sud-ouest… ? Elle est juste là, maintenant.
A bient’eau.
Kylian et Morgane.

 


 

 

 

 

 

PS: finalement pas de permis aujourd'hui, donc pas de départ et pas de baleine, il va sûrement falloir faire intervenir quelqu'un de l'Ambassade de France car les personnes en charge depuis peu disent ne pas nous connaître... Quelques jours de plus dans la baie de Samana.







11 février 2021

Des nouvelles... de Théo et Ismaël !

 Lettre collective : la Dominique

Après une semaine de quarantaine, nous décrochons le pavillon jaune, nous sommes libres !
Nous aurons seulement dix jours pour vivre cette escale à fond !!!



Alors sans attendre notre équipage se divise et part à la découverte de l’île Nature.

Le premier jour, une grande majorité du groupe va faire une baignade-bivouac à la marmite de Chaudière pool. Tout le monde a adoré. L’endroit est une véritable aire de jeu, super, il y a tout réuni dans une même cascade, on peut sauter, glisser, plonger, faire du toboggan, nager. Il ne manquait que l’eau chaude dans la chaudière.

Seuls Maxime, Lola et Maylou, pressés, iront directos rejoindre St-Cyr pour une rando "cassava" chez les amis de Lola rencontrés il y a deux ans. La rando se transformera plus tard en rando découverte-aventure à l’immense cascade de Victoria fall. 



Une rando unique pour Max, un partage agréable avec ses compagnons pour Lola, une aventure confortable, douce et pleine de rigolade pour Maylou.

Toujours aussi pleine de rencontres et de surprises cette Dominique !!!

La petite rando de Tanaé, Théo et Morgane est passée vite, en trois jours à peine, ils ont découvert le stop la tête à l’air sur camion de chantier, la cascade de Crayfish river qui se jette dans la mer, et ont pu apprécier le rire de notre amie de longue date : Genette. Mais aussi les calebasses avec Geno, les boules de cacao avec la famille Tyson, les chatouilles avec « Edjo ».
Ils concluront par une devinette : « Qu’est-ce qui est beau, qui monte et qui descend ? »
La réponse est dans le titre…

La Dominique c’est la rencontre avec les Tyson pour Sydney et Ewen, des retrouvailles de bons amis pour Séb.
C’est touchant comme accueil, tant d’enthousiasme et de générosité : « My home is your home » diront les Tyson.
La « good vibes » en Dominique c’est magique, ça marche ! Mais la marche c’est pas toujours facile, dira Sydney.

C’était une rando « good vibes » pour Morgane, Théo et Sydney, ils ont fait de belles rencontres, pleines de générosité. Ils ont participé aux activités quotidiennes des Indiens Caraïbes. Ils ont gimpé, descendu des pentes vertigineuses, fait de la tyrolienne et ils sont même allés voir le plus grand lac bouillant du monde sous des cascades de pluie…
« Entre repos et sport intensif, la Dominique nous a séduits. »

Isma, Tanaé et Ewen, partis dans une seconde expédition pour quatre jours, se souviendront longtemps des baignades dans les eaux chaudes des volcans, sulfureuses, parfois bullantes, puantes ou bouillonnantes (6 minutes pour les œufs mollets). Une belle aventure au rythme des baignades, des fruits, des rires, des graines colorées, des gens sympas et parfois trop « carefull » à leur goût, des jeux de grand chemin ou de rando dans la « descente de la mort ». Un joli tour des copains dominiquais.



Pour Kylian, qui a vécu l’escale en rando écourtée avec Isma, ou de loin au bateau avec Christophe, ç’a été une escale où il a vécu plein d’émotions. La super rencontre de Norman et Gretta, les amis d’Ismaël, mais aussi de bons coups de blues, dans sa bulle, en décrochage. Bonne nouvelle, il a survécu.

Christophe, en rando « maquette », reste au bateau, où il rencontrera Christophe en personne...

Et voilà, nos dix jours en Dominique sont passés vite, comme un rêve : court, intense, intemporel, extraordinaire, coloré…

Avant de partir, nous avons organisé une petite nav’ avec Genette, sa famille et monsieur et madame Tyson. Un beau moment de rencontre, d’échanges et de partage pour tout l’équipage, avec une sortie à la voile dans la baie.
En fin de journée, tous nos amis sont repartis dans un tourbillon de pluie. 



Dimanche 7 février, on met les voiles pour la Martinique. Et pourquoi on part si vite ?
Une petite navigation mouill-et-ventée et nous voilà déjà de retour au Marin, en attente de notre inverseur, que le mécano n’a pas réparé, mais qu’il va faire aujourd’hui !
Nous espérons qu’au moment où vous lirez ces lignes, nous serons déjà loin, en route pour la République Dominicaine et les baleines…



Théo et Ismaël.


29 janvier 2021

Des nouvelles de la Dominique, par Seb et Ewen

Bonjour à tous,

Nous vous écrivons du mouillage devant Portsmouth. Pour arriver jusqu’à aujourd’hui, jusqu’en Dominique, il a eu deux départs, deux navigations, deux arrivées. Il y a eu 4 quarts de nuit, mais aussi 772 milles parcourus, deux belles plongées, pas mal de massages, de la patience, de l’adaptation, des pétages de plomb, des discussions, des explications, de la maintenance bateau, une quarantaine,…

Tout d’abord nous décollons de la Guyane après ce mouillage devant Awala. Un mélange étonnant au goût doux de fleuve avec un courant très fort et couleur marron, et un univers marin avec le vent de l’Atlantique sur le pont…

Nous rêvions depuis ces quelques derniers jours d’eau bleue, d’horizon infini, de la houle, de la mer qui vit. La réalité est bien là, c’est la bonne couleur et ça bouge beaucoup, la houle est croisée et le bateau file à belle allure au bon plein. Le Gégé (premier nom qui a été donné au Grandeur Nature en hommage à une personne qui avait participé à sa construction) trace et l’équipage subit. Beaucoup d’entre nous sont malades et la reprise est dure.

 

 Voici les quelques réactions à froid de l’équipage :

Ewen : « j’ai bien aimé aller vite et voir les dauphins et les fous. C’était joli de les voir plonger près du bateau. »

Christophe : « j’ai aimé cette navigation, elle était rapide, sauf que mes draps étaient trop humides. »

Séb : « on n’a pas réussi à battre le record de distance. On n’a fait max que 224 milles en 24h. Elle était très occupée, « souciante » ».

Lola : « une nav mouvementée. Mon corps m’a trop lâchée avec le mal de mer. J’ai aimé retrouver la sensation d’avancer à la voile et l’eau bleue. »

Théo : « le premier jour, j’ai été malade. Sinon, on sentait bien la vitesse, c’était super de se baigner dans l’eau bleue. »

Kylian : « nav’ sportive où j’ai découvert le mal de mer. C’était mon premier vomi. »

Sydney : « j’ai réussi à combattre le mal de mer et garder la bonne humeur, et aider les gens malades. »

Maylou : « déconcertante, dans le mal de mer. J’avais la tête avec des gens qui n’existent pas ou encore en France. C’était beau comment ceux qui allaient bien se sont impliqués. Super contente de retrouver la terre et les oiseaux marins. J’ai compris en arrivant en Martinique que sur la terre on est moins libre qu’en mer. » 

Maxime : « j’étais beaucoup plus fatigué, par rapport aux autres navigations qui étaient courtes. »

Ismaël : « BURP, tape cul… c’est la première fois que je vole littéralement en dormant tellement on avançait vite. »

Morgane : « j’ai aimé la chanson de la mouette « moumou », l’énergie de Séb et Christophe. J’ai aimé ma renaissance du 3ème jour. »

Tanaé : «  je n’ai pas aimé être malade et avoir le mal de mer. Par contre les fous devant le bateau c’était très beau, les dauphins aussi. J’ai aimé la guitare avec Ismaël et Lola. »

Après trois jours de navigation, nous voilà rendus sur la Martinique. Ce choix a été fait tout d’abord pour tenter de régler le problème du moteur en trouvant un mécano qu’on nous a conseillé, puis pour faire le test PCR COVID et repartir rapidement vers la Dominique en ayant peut-être une chance d’y rester.

C’est une escale de 6 jours, entre mouillage sympathique ou presque et mouillage en pleine ville… une ville de mâts, zone surchargée de bateaux, peut-être 1500 navires réunis qui attendent des jours meilleurs, l’ouverture des frontières des autres pays…Ça fait peur… Une belle rencontre avec Sarah et son bateau crêpes, trois courses.

Le paysage de la Dominique est sous nos yeux depuis 6 jours maintenant.

 

D’après les autorités portuaires, nous sommes le premier bateau qui essaie de rentrer depuis bien longtemps. Pas peu fiers de cela, nous avons encaissé les difficultés d’organisation, de communication, accepté la quarantaine de 5 jours et nous sommes maintenant prêts pour d’autres aventures croustillantes… Tout est clair : tests négatifs, douanes faites, taxes payées. Nous sommes libres de circuler où nous voulons sur le territoire, pour voir nos amis, découvrir des cascades, apprendre de l’artisanat, parler anglais... 

 

 


On vous souhaite une belle année 2021, quelque chose d’innovant, où vous trouverez l’élan de vie, l’ouverture d’esprit. 

Vous en saurez plus à la prochaine lettre collective...

Séb et Ewen