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17 décembre 2014

La lettre collective de Fortaleza à Saint-Laurent du Maroni - Décembre 2014 -


Bonjour, parents, amis, lecteurs,

Avec Dayan, nous sommes chargés de vous raconter ce qui s’est passé après Fernando da Noronha, c’est-à-dire notre escale à Fortaleza, la navigation vers la Guyane et nos premières impressions guyanaises : Les îles du Salut, le Maroni et Saint Laurent.

Nous avons choisi de demander à chacun des membres de l’équipage ce qu’il avait retenu, ressenti…Pour l’escale à Fortaleza :
Moussa : à Fortaleza j’ai un peu tout gâché à cause d’un paquet de clope. Je suis resté sur le bateau pendant que les autres s’amusaient. Mais j’ai bien aimé la fois où je suis allé dans la ville, quand on a acheté les hamacs. La ville ça m’a fait bizarre, il y avait plein de gens, l’essence, les klaxons, je suis plus trop habitué !
Philémon : à Fortaleza je trouve qu’il y a deux mondes. Le monde de la marina, riche et le monde de la ville, pauvre. Ce que j’ai trouvé bizarre, c’est que les boutiques dans une rue vendent toutes les mêmes choses et il y a plein de gens et des déchets un peu partout.

Jade : à Fortaleza, j’ai vu la misère, j’ai vu le contraste entre l’hôtel super riche et les gens qui dorment dans la rue juste à côté. Un grand mélange au niveau des gens, un grand métissage. Sinon on a fait des courses, on est allé dans un grand marché artisanal. Il y avait des sacs plastiques qui s’envolaient de partout. Ce qui m’a vraiment marqué c’est la pauvreté, les gens viennent vers toi, ils te demandent de l’argent.

Kaïs : à Fortaleza, le moment que je garde en mémoire c’est quand on est passé en taxi devant les favelas. Ce qui m’a impressionné c’est qu’au Brésil c’est la vraie misère par rapport à ce qu’on avait vu depuis le début du voyage. Sinon un bon moment, c’est quand on était tous les 6 à jouer dans la piscine de l’hôtel le soir.

Yann : à Fortaleza on vend de tout, partout, on crie, on se bouscule, on s’interpelle, on se klaxonne. Fortaleza ça bouillonne, on se fait un chemin dans la foule. Ça dort ou ça vend sur les trottoirs. Fortaleza c’est les hamacs et les cajous, la musique partout, c’est le grand marché artisanal ! Un petit côté carnaval déglingué, je pense aux gens qui dansent avec une marionnette. C’est vivant, odorant, bruyant et transpirant.

Christophe : (oui je me suis auto interviewé) Fortaleza, ville du continent Sud-Américain, avec ses gratte-ciels entassés au bord de mer, en arrivant en bateau on ne voit que cela.
A la Marina - Park hôtel c’est le luxe, pour nous de l’eau douce à volonté, on peut tout laver, se doucher. C’est un hôtel de luxe (5 étoiles) avec des chambres simples à 150 euros la nuit, presque un mois de smic Brésilien. C’est une escale «courses » de 3  jours ½  où je suis content de repartir en mer pour me laver de la crasse et du bruit de la ville. C’est une escale où le groupe a été efficace.

Hélène : Fortaleza ce n’est pas Glamour. C’est le contraire de l’idée de rêve qu’on pourrait se faire des villes touristiques. C’est la misère, la crasse, la vie en vraie, pas comme dans les magazines. Il y a plein de gens qui ramassent les cartons pour vivre et qui sont littéralement noirs de crasse. Mais ma vision est très limitée, je n’ai fait que deux sorties en ville. Je n’ai pas vu un beau quartier où je voulais me balader ou me caler sur une terrasse à boire une Caipirinha.

Tit : C’est une des plus grandes villes que j’ai visité avec ses 2,05 millions d’habitants. Comme toujours dans les villes, je me demande comment les gens font pour se reposer ici. En visite, c’est super enrichissant. 
Le monde, les sourires, les visages, les clodos. C’est synonyme de hamac car Fortaleza est la capitale du hamac. Il y avait un drôle d’ambiance liée aux « Favélas » juste à côté comme au moment où j’ai attendu le bus à côté de la capitainerie du port, le militaire est resté avec moi, la main sur son flingue. Ça veut aussi dire que l’on se rapproche de la forêt amazonienne. Et ça, ça claque !

Anaëlle
: Ca fait très bizarre de se retrouver au milieu d’une foule, de revoir tant de gens. 
J’ai jamais été dans une ville aussi grande. Tous les vendeurs à la sauvette, la pollution qui pique les yeux, le bruit des klaxons, les sacs plastique qui volent partout, les gens qui te bousculent dans la rue. Ça me fait penser à Marseille mais en plus grand. Les gens dans la rue ne vendent pas des jus de fruits mais des cocos coupées ou des ananas en morceaux. Pour moi c’était beaucoup plus représentatif de la réalité brésilienne que Fernando. Je n’ai pas détesté ma découverte de Fortaleza, je l’ai trouvée très intéressante. Pour nous c’est une immense ville, mais elle est toute petite pour le Brésil.

Dayan : Fortaleza c’est le bruit, la puanteur des rues pleines de poubelles qui traînent. La crasse le monde, l’étouffement, la pollution. C’est la plus grande ville que je n’ai jamais vue et c’est aussi la plus pauvre. Ce sont les gens qui vivent en ramassant des cartons et qui sont défoncés à longueur de journées. J’y ai découvert la réalité du Brésil. Ça m’a fait bizarre par rapport à Fernando où c’était vraiment la belle vie. Les gens très riches se baladent dans la ville en fourgon blindé. Ce n’était pas une belle escale, mais elle était très instructive et je pense que c’était important qu’on y passe.

Chloé : Je ne pensais pas que ça serait comme ça. Je pensais qu’il y aurait moins de gens défoncés dans la rue, devant tout le monde. Ça m’a choqué !
Il y a beaucoup d’ordures, de plastique. Le gouvernement ne fait pas attention à la ville. La pollution m’a piqué les yeux. Ce qui m’a aussi choqué c’est qu’il y avait beaucoup de mecs armés. Si le gouvernement avait fait plus attention à la pauvreté et à la propreté de Fortaleza, ça aurait été une belle ville, mais là ça ne donne pas envie d’y rester.

La navigation entre Fortaleza et les îles du salut en Guyane. Elle a duré moins de 5 jours sur une distance de 1020 milles (soit 1855 kilomètres) et on a donc fait une moyenne de 8,8 nœuds (soit 16 kilomètres/heure). 
Cette navigation a donc été très rapide et très plaisante sans grain et avec un courant portant qui nous faisait parfois gagné 5 nœuds de vitesse. 
La gagnante des pronostiques sur la durée de la navigation est Jade.

Philémon : J’ai trouvé que cette navigation était monotone et répétitive. Tous les matins le travail de tête et l’après-midi la maquette du journal sur l’ordinateur. Et c’était aussi super rapide, voir même trop rapide !

Jade : J’ai trouvé que cette navigation était très rapide. J’ai fait du travail scolaire, enfin vraiment, parce que je n’en faisais pas avant, j’ai commencé pendant cette navigation. Je me suis cogné un doigt de pied à la fin de la navigation et il est tout bleu.

Thierry : J’ai trouvé que cette navigation était franchement agréable, peu ou pas de pluie, du vent comme il faut, portant de surcroît !
Le résultat de tout cela c’est que nous ça a passé presque trop vite, 200 milles tous les jours pendant 5 jours, on est digne d’une régate sur l’Atlantique.

Hélène : J’ai trouvé que cette navigation était tellement rapide que je me suis à peine rendue compte que l’on faisait 1000 milles. Normalement quand on fait 1000 milles en voilier c’est une dizaine de jours, des changements de voiles, de temps, on a le temps d’attendre l’arrivée.

Anaëlle : J’ai trouvé que cette navigation était simple !  j’ai tout de suite retrouvé le rythme de la nav : travail de tête le matin, maquette du journal l’après-midi avec Philémon et muscu et yoga après le goûter avec les garçons.
Nous avons eu du bon vent et du courant, nous avons donc fait une très bonne moyenne, même si cela m’a fait perdre les pronostiques. Et j’ai même attrapé un rhume pendant un quart de nuit alors que nous sommes sous les tropiques.

Dayan : J’ai trouvé que cette navigation était très rapide, pas très humide. L’ambiance du groupe avait avancé depuis Fortaleza et les journées étaient bien remplies, personne n’avait l’air inoccupé, c’était une nav sympa.

Moussa : J’ai trouvé que cette navigation, cela allait très vite, on a fait du 9 nœuds de moyenne. Comparé à la traversée Cap-Vert – Fernando on ne s’est pas fait mouillés, il y avait du beau temps, il a fait chaud, les conditions idéales.

Kaïs : J’ai trouvé que cette navigation était très courte, très rapide. Fort sympathique, il faisait beau et on avançait. C’est tout.

Chloé : j’ai trouvé que cette navigation, elle était mieux que les autres, c’était la meilleure depuis le début, il y avait une bonne ambiance. On était vraiment un équipage. Il y a eu peu de tension. Et qu’on a été vite aussi.

Yann : J’ai trouvé que cette navigation s’apparentait  plus au vol du balbuzard, on a plané et survolé les eaux à une vitesse folle, je me demande encore si c’est un bateau ou un oiseau.

Pour la Guyane, j’ai fait comme Christophe. Les autres membres de l’équipage devaient finir la phrase : « Mes premières impressions sur la Guyane…».

Jade : La végétation est très dense. Sur les plages il y a plein d’œufs de tortues ce qui prouve qu’il y a une faune assez importante. Derrière la Guyane il y a aussi une grande histoire qu’on a pu voir pendant la nav. Il y a aussi la pollution qu’on voit grâce aux poissons morts sur la plage ou dans l’eau et « on connaît » la cause qui est due aux orpailleurs qui utilisent du mercure et qui polluent tout le fleuve. C’est quand même assez dommage car ça devrait être une nature plus protégée vu sa densité. En tout cas mes premières impressions sont bonnes et j’ai hâte de découvrir l’Amazonie.
Christophe : Comme les autres fois c’est les îles du Salut avec leur végétation qui dégouline jusque dans la mer. Ces animaux qui se promènent en liberté et les restes du bagne. Difficile d’imaginer ce qu’on pu vivre les bagnards pendant un siècle sur cette île qui est belle et calme. Avec ses cocotiers et ses manguiers. Ensuite c’est le fleuve avec les chants des oiseaux et les arbres à perte de vue. C’est calme et c’est bon.

Hélène : Comme notre premier contact avec la Guyane c’était les îles du salut je ne me suis pas sentie dépaysée parce que ça ressemblait aux Antilles. Ce sont les mêmes bêtes, les mêmes plantes. Les ruines du bagne et le côté historique de ces îles me fait quelque chose. C’est depuis qu’on est dans le fleuve que je prends un vrai choc environnemental. Le fait d’être dans le fleuve me fait voir que je suis dans la forêt amazonienne mais je n’ai pas encore associé ça à la Guyane. En fait je ne sais pas ce que représente la Guyane pour moi.  

Anaëlle : Les îles du Salut. Je m’imaginais la flore comme ça : la verdure, les plantes qui poussent sur d’autres plantes. Je n’imaginais pas autant de cocotiers. J’ai été contente de visiter le bagne que j’avais du mal à me représenter même en lisant des livres dessus. Sinon notre arrivé sur le fleuve, je l’ai trouvée tout simplement magique. J’ai toujours voulu venir en Guyane et ça a dépassé mes espérances. La forêt vierge de part et d’autre du fleuve, les oiseaux, les insectes… Sinon j’ai trouvé ça étrange à notre arrivé de voir d’un côté le Suriname et de l’autre la Guyane à la fois. Je n’imaginais pas non plus les grandes plages.

Moussa : Les îles du Salut j’ai trouvé ça très beau et très dépaysant. Il y avait plein d’animaux : singes, bêtes… Et puis le bagne m’a étonné, ça fait bizarre de se dire qu’avant il y avait des personnes à l’intérieur. J’ai beaucoup aimé l’entrée dans le fleuve avec tous les bruits d’animaux et j’ai bien aimé lorsqu’on s’est baigné dans l’eau douce.

Kaïs : C’est magnifique, c’est énorme, c’est génial. Ça fait du bien d’être dans la forêt. C’est tellement beau que ça m’a coupé le souffle. C’est bon de se réveiller le matin et de ne rien entendre. C’est bon de ne pas sentir le gaz d’échappement et les gens stressés de la ville. Et ça fait peur de se dire qu’on est déjà à 3 mois de voyage et que ça passe tellement vite. Pour l’instant je vais vivre mon voyage et rien d’autre.

Chloé : C’est de voir tous ces animaux, toute cette forêt, l’humidité, la chaleur. Ça veut dire qu’on est vraiment dans la jungle ! C’est bien de se réveiller le matin et d’entendre les oiseaux chanter. Ça m’a fait bizarre aussi quand on a visité le bagne. Je m’imaginais ce que les bagnards ont dû endurer pendant autant de temps.

Yann : Du vert, des verts, des chants d’oiseaux, la nature omniprésente. Les tristes traces du bagne sur les îles du Salut et la nature qui mange les souvenirs de la souffrance. Le regard interloqué des singes capucins. Le groupe qui avance et je m’y sent bien, dans le groupe et en Guyane.

Tit : Les îles du salut, c’est beau, mais ça fiche les jetons. Ça aurait pu être un pire endroit de vacances mais les lieux sont trop chargés d’histoire. Après la mer et ses agitations et ben maintenant c’est le calme et sa végétation. Tous ces bruits qui me donnent envie d’aller découvrir… ou pas ! En tout cas ça fait du bien de sentir tout ce vert autour de nous !

Philémon : C’est tout vert et un peu humide. Les îles du Salut étaient magnifiques, toutes vertes, toutes pleines d’arbres. Mais c’était l’enfer au temps du bagne. Puis l’arrivé en Guyane m’a donné envie d’aller plus dans les terres, découvrir ce monde qui m’est inconnu. Voir tous ces animaux et ces arbres qui n’existent pas en France métropolitaine. Avant d’arriver, je m’imaginais qu’il y aurait plus de végétation que ce qu’il y en a déjà énormément. Je m’imaginais un mur vert. Vivement les randos en forêt.

Dayan : Et ben pour moi la Guyane c’est tout d’abord les îles du Salut et leur histoire lourde et Gluck. Mais c’est une première approche de la forêt car il y a la verdure, l’humidité et déjà plein d’animaux comme les agoutis, les capucins noirs, les Saïmiri… et les moustiques ! Et la Guyane c’est tout simplement le paradis vert ! Un endroit où la nature est maîtresse des lieux. Les centaines d’arbres de toutes sortes qui longent le fleuve. Dans ces arbres, des centaines d’espèces animales vivent et chantent. On se fait réveiller par les oiseaux et des bruits de cigales. Mais ce n’est sûrement pas des cigales. Le fleuve dans sa couleur verdâtre et où on ne voit pas à un mètre. Lui aussi cache plein d’espèces animales. C’est l’harmonie et la douceur de la forêt, la plus grande forêt  du monde malheureusement menacée.: L’Amazonie !  

Voilà, maintenant nous sommes à Saint – Laurent, ville Française au bord du Maroni, nous y rencontrons les gens avec qui nous allons organiser cette escale de 3 semaines : Cédric de l’ADNG, Yann de l’école de cirque… 
Mais c’est une autre histoire et c’est Thierry et Anaëlle qui vous la raconteront après les fêtes, que nous vous souhaitons joyeuses et où nos pensées vous accompagneront depuis la forêt, soyez-en sûr !

Dayan et Christophe.

Saint – laurent du Maroni, 
le  15/12/2014



12 décembre 2014

Arrivés en Guyane!

Bonjour,
Ils sont arrivés aux îles du Salut hier après une traversée express de 5 jours! Tout va bien.
Ils vont donc avoir le temps de découvrir l'histoire passionnante de ces îles et de ses bagnes qui ont accueillis des prisonniers célèbres comme Albert Dreyfus, Guillaume Seznec ou Henri Charrière qui a écrit le livre "Papillon".
Elodie arrive la semaine prochaine pour remplacer Yann.
Bien à vous
Kélig


11 décembre 2014

Nouvelles du bateau...

Bonjour à tous,
Message satellite d'hier soir... Tout va bien, le vent est toujours là, il fait beau et l'arrivée aux îles du Salut est prévu aujourd'hui!!
Kélig


8 décembre 2014

Bonsoir à tous,
Message satellite reçu aujourd'hui... Ils sont de retour dans l'hémisphère Nord! Déjà 400 milles en moins de 48h... ça fuse!
Objectif Guyane et une première escale aux Iles du Salut, au large de Kourou (encore 630 milles).
Il fait beau et le vent est au rendez-vous.
A bientôt
Kélig
 

7 décembre 2014

Départ de Fortaleza pour la Guyane!

Salut à tous,
J'envoie ce mail et nous partons de Fortaleza, au millieu des préparatifs du concert de ce soir à la marina où 30000 personnes sont attendues! Ce sera sans nous... On prefere faire des quart de nuit et foncer vers la Guyane!
On enverra des news par le téléphone satellite.
Devant nous, 1030 Miles Nautiques!
On a hâte!
Tout va bien!
Bises à tous
Christophe
 
 

4 décembre 2014

La vie à Fernando par Hélène et Chloé...


Bonjour à tous,


Fernando de Noronha est une petite île à 300 milles à l’Est du Brésil, encore en plein dans l’Atlantique. C’est un parc naturel, il y a donc beaucoup de poissons car les pêcheurs ne peuvent pas y pêcher. Des dauphins viennent nager et faire des acrobaties devant nous pendant qu’on déjeune.
La grande diversité des sujets auxquels s’intéresser, nous a demandé une organisation sans faille et beaucoup de dynamisme. Ce qui a fait osciller l’humeur de nos jeunes explorateurs entre la joie de voir autant de belles choses et la pénible sensation d’être débordé et n’avoir pas une minute à soi.
Eh oui, cher lecteur, même si on pique-nique sur la plus belle plage du monde en revenant de nager avec un poisson perroquet royal, on n’est pas en vacances et l’expédition demande beaucoup d’énergie.
Plutôt que de faire une liste chronologique des évènements, voici un aperçu de la routine établie pendant cette escale.


Le matin, pendant qu’on déjeunait en regardant les dauphins virevolter, tourner, sauter, battre de la queue, bref, nous faire le spectacle, on organisait les groupes pour la journée. Comme il est plus facile de se déplacer en petits groupes, on faisait généralement un adulte et deux jeunes. Comme ça, on se fait prendre en stop plus facilement. On prévoyait soit de retrouver les autres quelque part pour une visite ou une activité collective, soit de faire les choses en petit groupe et rejoindre les autres pour le repas à bord ou plus souvent pique-niquer sur une plage. L’après-midi, on enchaînait sur une autre activité ou bien on jouait ensemble dans les vagues jusqu’au goûter puis on rentrait à bord, épuisés.



Nous avons eu la chance d’avoir Pedro avec nous, l’ami de Christophe, autochtone et garde du parc. Il nous a consacré plusieurs matinées en visite et nous a expliqué des tas de choses sur les oiseaux, les plantes, la vie de l’Ile et les bons coins pour surfer. Lors de notre visite à la baie des dauphins par exemple, il nous a montré des jeunes fous de Bassan, des fruits, des arbres toxiques où il ne faut pas s’appuyer, des lézards qui on prit le contrôle de l’Ile. Nous avons également passé du temps dans son jardin à l’aider à manger ses noix de coco et repiquer des pieds de tomate.



Pour voir des tortues en vrai, rien de plus simple. On va à Bahia Sueste et soit on met nos masques et palmes pour aller les chercher dans l’eau parmi les langoustes géantes, les poissons coffres et autres trésors protégés par le parc naturel, soit on reste assis sur la plage et on attend tranquillement l’heure de la «  capture ». Les chercheurs du projet Tamar vont 3 fois par semaine attraper quelques tortues et les baguer pour suivre leur développement. On peut assister au baguage, mesure de la carapace et aussi, il faut bien l’avouer, une séance de lutte entre l’homme et la tortue car pendant que le chercheur nous explique son travail, la tortue se débat pour retourner a l’eau.


La baie de Sancho est, parait-il, la plus belle plage du monde. Nous ne pouvons pas le démentir. Un sable aux teintes parfaites, une eau claire, une vague douce et des coraux remplis de poissons multicolores. L’accès se fait par une échelle coincée dans la pierre. On ne passe qu’un par un. Une fois en bas, on est comme dans un film, tout est parfait.

Faire du surf, en fait, c’est très facile. il faut une planche et un Thierry. On monte sur la planche (allongé, pas debout) et on laisse Thierry nous soulever, nous pousser, nous faire tourner au moment opportun, nous placer bien comme il faut sur la vague et quand il dit «  vas-y » on s’accroche a la planche et on s’écrie «  ça y est, je surfe ! ». 
Franchement, c’est tellement facile qu’il n’y a pas de quoi s’en vanter longtemps.



Le bonheur, quand on est en escale sur une île classée réserve naturelle et dont le nombre de visiteurs est limité, c’est qu’on trouve des plages absolument désertes. La Praia do Leao est un bon exemple : on marche sur une plage où il n’y a même pas de traces de pas des visiteurs précédents ! De grosses vagues, deux îlots la gardent, des vestiges de nids de tortues… On n’est pas loin d’être des Robinsons.


Nos transports se faisaient en stop. C’est facile en petits groupes. On s’assoit à l’arrière des buggies et on hurle par-dessus le moteur pour discuter avec le conducteur. Principalement des Brésiliens en vacances mais aussi parfois un couple américain en lune de miel, ou des étudiants en biologie venus collaborer au projet TAMAR (projet brésilien de sauvegarde de l’environnement, financé par le grand groupe pétrolier Petrobras) et enrichir leur cursus (voir le sujet « qui vit à Fernando ? ») ! On fait toujours une forte impression quand on explique qu’on est un bateau école français en voyage autour de l’Atlantique pour 10 mois. On s’est même fait payer l’açai, un fruit d’Amazonie aux vertus nutritives très prisées des Brésiliens et servi sous forme de sorbet. C’est très bon, les gens qui nous ont pris en stop ne nous permettaient pas de continuer notre périple sans y goûter. Les autochtones qui promènent les touristes en bateau nous ont aussi pris en sympathie. Parfois, ils nous servaient de bateau stop pour nous ramener à bord et souvent, ils nous donnaient du riz et du poisson pour dîner. Même la police nous amenait à la plage en voiture de patrouille ! La taille de l’île a fait que nous étions connus de tous, rapidement, et on passait nos journées à saluer tout le monde, avec le signe conventionnel qui chez nous veut dire « appelle moi » mais en secouant la main, pouce et auriculaire tendus devant soi, on dit « salut, ça va, c’est cool la vie ». Oui, oui, comme ça.

Nous avons rencontré un groupe de jeunes d’âge similaire au nôtre, les « tamarzihnos » qui, comme leur nom l’indique, font aussi partie de l’omniprésent groupe Tamar. Sous forme d’activités extrascolaires, ils s’intéressent à leur île, la biodiversité et la préservation de l’environnement. Ils sont venus à bord et nous avons échangé quelques expériences et points de vue, c’était un moment très intéressant.



Kaïs a fait un stage de quelques jours à la boulangerie, ça lui a beaucoup plu et il a bien appris, on attend les croissants à la mozzarella à bord d’un jour à l’autre !
Chloé a vaincu une partie de sa peur des choses vivantes en tout genre, elle a même nagé avec un requin, Moussa a appris quelques trucs sur les tortues (voir exposé), Phil, Yann et Anaëlle sur les oiseaux, l’écologie, Dayan et Hélène sur les gens, Jade sur le surf…Christophe et Thierry ont rendu les choses possibles. À nous tous, nous avons ramassé un bon paquet de connaissances, d’expériences, de découvertes que nous nous partagions le soir au repas, les yeux à moitié clos déjà dans nos bols, avant de se traîner dans nos banettes à huit heures du soir, sans demander notre reste… Ou alors juste encore un peu de soupe ! Les journées étaient longues et chargées et même ceux qui avaient décidé de dormir dans les filets ne se relevaient pas quand la pluie tombait en pleine nuit.



Nous sommes à présent à Fortaleza pour un grand ménage et la préparation de la suite, nous avons tout mis au propre nos expériences, nos souvenirs, nos impressions sur Fernando dont nous vous envoyons ici un aperçu, en espérant vous réchauffer un peu les os et les rêves dans votre hiver français, pendant que nous on crève de chaud et on se protège du soleil.
Bien à vous.
Hélène et Chloé.



1 décembre 2014

Départ de Fernando...

Bonjour à tous,
Petit mot de l'équipage reçu ce midi. Ils quittent Fernando de Norohna après 2 semaines d'activités intenses: plongées avec tortues et dauphins, observations d'oiseaux, rencontres avec des scientifiques, les gardes du Parc Naturel, surf... Tout le monde est d'accord pour dire que cette île est magnifique et qu'ils ont beaucoup de chance! L'ambiance au sein de l'équipage ne semble pas toujours refléter la sérénité de l'île... Normale, une vie de groupe qui avance!!!
Ils prennent la mer cet après-midi pour Fortaleza (2 jours et demi de navigation), histoire de remplir la cambuse, puis cap sur la Guyane!
En prime, deux photos des aventuriers...
A bientôt
Kélig