Année 2012-2013

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11 avril 2015

la lettre de Kaïs et Michel


Lettre collective Samana à Lupéron

Nous arrivons donc à Samana après trois semaines passées sur le banc d’argent. Les sinus sont lavés, les oreilles aussi et, donc, Samana nous apparaît bruyante, polluée, fatigante. Le soir, les bars déversent une musique super forte qui arrive jusqu’à notre mouillage. Du coup, on a décidé de ne pas traîner. Une équipe courses au supermarché, une autre pour les vivres frais, les autres se relaient pour faire les pleins d’eau avec l’annexe et les bidons. C’est long, surtout quand l’unique tuyau du quai manque de pression. Quelques courses à faire, notamment une nouvelle gaffe  qu’un gaffeur, dont nous tairons le nom par charité (mon premier sert à pécher et mon second est un pronom possessif), a fichu au fond de l’eau. Tout le monde s’y met et en deux jours on a fait ce qu’on avait à faire (sans oublier les lessives). Lorsque Marec et Aude arrivent avec un jour d’avance sur nos prévisions, nous sommes prêts à repartir le lendemain. Ils sont tout blancs, ça tranche avec les pains d’épice du bord. Ils nous apportent des nouvelles, des journaux, des lettres perso et aussi leur enthousiasme. Moment sympa. On repart donc fissa sur le banc. Les fichiers météo récupérés par Michel nous promettent 10 nœuds de vent d’Est. On en aura 20 ! Reste que le vent est bien Est et nous filons retrouver notre Home Sweet Home à bonne vitesse. Comme prévu, nous arrivons un peu tôt à l’entrée du banc et nous nous mettons à la cape le temps que le soleil se lève. On en profite pour prendre le petit-déjeuner à la dérive. Puis, le soleil dans le dos (obligatoire pour voir les patates de corail et pour entrer sur le Banc) nous pénétrons dans le sanctuaire de nos amies les baleines. L’enthousiasme de nos deux nouveaux camarades fait plaisir à voir, surtout celui d’Aude qui n’est jamais venue sur le banc et qui n’a aussi jamais vu de baleines à bosses. Quelques pectorales saluent son arrivée en territoire-baleine. On s’amarre à nos bouées et c’est parti pour une petite semaine de wale-watching et d’éclate.
Bon, on ne va pas vous décrire à nouveau comment ça se passe, si vous ne le savez pas, reportez-vous à la précédente lettre collective qui décrit bien tout ce que l’on voit.
Ce qu’il y a de nouveau cette semaine, c’est que nous avons à bord deux personnes supplémentaires : Aude qui va bientôt remplacer Elodie et notre superviseur, Marec, armé de sa « super vision ». On les met systématiquement prioritaires pour aller sur les ailes (si vous ne voyez pas de quoi il s’agit, révisez les nouvelles données sur le site) et là, forcément, c’est un choc pour nos deux cachets d’aspirine : une baleine à bosses, c’est gros ! Les jeunes commencent à confondre les prénoms d’Elodie et d’Aude ; comme si elles formaient déjà une entité indissociable. Bon, il est vrai que c’est un remplacement très fluide : une bretonne va succéder à une bretonne. Côté gabarit, on fait aussi dans la continuité, au niveau de la joie et de la bonne humeur elles font aussi la paire.
Côté nouveauté, nous avons maintenant à bord un club de « tricoteurs » qui le soir, paisiblement, se tricotent leur bonnet de laine autour de la grande prêtresse des aiguilles : Elodie. Ça donne un petit coté décalé à G.N. « La marine n’est plus ce qu’elle était » semblent se dire certaines vieilles moustaches du bord dont nous tairons le nom par charité (mon premier est très velu et mon second ne l’est pas moins).
Et puis, la présence de Marec permet de faire le point avec les jeunes lors d’un « groupe de paroles ». Ce dernier permettra aux jeunes de dire ce qu’ils ressentent, pensent et ce qu’ils ont envie de dire aux autres. Nos journées sont toujours rythmées par une escapade sur le Banc et par des plongées dans le Polixeny et dans des patates de corail voisines. Peu de rencontres pour cette fin de saison. Les baleines semblent avoir déjà pris le chemin du retour avec leurs petits. Bon, on en verra quelques-unes, mais moins qu’au précédent séjour.
Le 6, c’est l’anniversaire de Kaïs : 14 ans et toutes ses dents ! C’est l’occasion de lui dire qu’on l’aime, et, tant qu’à faire de lui faire quelques cadeaux. Jade, de cuisine, y passera la journée, aidée par toute la meute, pour lui faire des choux à la crème. Bon, c’était une expérience culinaire… intéressante. Le reste de la crème pâtissière finira en pan cake le lendemain matin, c’est dire si la crème était réussie ! On lui offre des dessins, des sculptures sur bois, un réchaud confectionné avec des morceaux de canettes, deux bracelets, un mobile, une serviette, un collier qui pue l’enfer, à base d’éponge de mer (Merci Marec), 7 dollards caribéens à la valeur plutôt affective que financière et deux filets à cheveux de « racaille » américain. Bref, une super soirée avec bougies et tout et tout. Ultime cadeau : une plongée nocturne très attendue par nos jeunes plongeurs. Départ à 1 heure du matin en direction de l’épave du Polixény. Les courageux étaient au nombre de cinq : Christophe , Hélène, Elodie, Philémon et, bien sûr, Kaïs (Michel restera à bord pour les compter à leur retour). La lune était au rendez-vous et l’épave avait quelque chose de féerique, au dire des survivants.
Le 8 au matin, nous récupérons notre mouillage. 6 plongeurs s’y mettent : il faut couper les bidons qui assuraient la flottabilité du mouillage, ramener le bout en textile, défaire les passages de la chaîne entre les patates. Bref, une heure plus tard et, après que nous ayons exploser un grappin qui nous servait à nous maintenir en place durant la manœuvre, nous pouvons quitter une dernière fois le mouillage avec une pensée émue pour l’épave du Polixény  que nous ne pensons pas revoir un jour ; vu son état très enfoncé actuel. Nous partons, comme d’habitude faire du wale-watching et nous sortirons du banc en fin d’après-midi par la passe ouest du banc. Vers 14 heures, un groupe d’une dizaine de baleines adultes nous escortera jusqu’à la sortie. Elles passent et repassent si près du bateau que l’on dirait d’énormes dauphins qui jouent avec notre étrave. Une heure durant, elles resteront à une vingtaine de mètres, voir moins, devant nous, à coté de nous, derrière nous, en nous ! On ne sait plus où donner de la tête, il nous manque juste un troisième œil derrière le crâne pour en profiter. Une des plus belles rencontres depuis que nous sommes sur le banc. En tout cas, la plus belle des rencontres en surface. Nous discutons afin de savoir si elles nous escortaient vraiment pour nous dire adieu, ou bien si c’est juste le hasard. A ce moment-là, se déroulait sous la surface un drôle de dialogue entre les baleines :
- Tu les as vus ?
- Qui ?
- Ces humains sur le voilier.
- Oui, oui
- Tu en as compté combien ?
- Une dizaine au moins
- Oh, toi, il faut toujours que tu en rajoutes !
- Ils avaient l’air sympa, non ? On aurait dit qu’ils nous accompagnaient jusqu’à la sortie…
- Arrête avec tes projections baleinomorphiques !
- N’importe quoi !
- Mais si, tu projettes des sentiments de baleines sur des humains. En fait, ils étaient juste là, par hasard !
- N’empêche, ils avaient vraiment l’air sympa et on aurait bien dit qu’ils nous accompagnaient pour notre départ du banc….

Bref, chez les baleines aussi, on s’est posé des questions. Hélène, chez nous, a réglé la question en disant : « J’men fous pas mal, projection ou pas, moi ça me plaît cette idée qu’elles nous ont accompagnées une bonne partie de l’après-midi, pour nous dire au revoir ! ».

On sort du banc, vers 17 heures, direction Big sand Cay, l’île la plus au sud des Turk and caïcos. Le vent est Est-sud-est et nous décidons de passer par le sud de Mouchoir bank, un plateau corallien sur notre route. Navigation sans problème. Arrivée de nuit vers 4 heures 30, mouillés devant une magnifique plage de sable blanc qui ressortait bien avec une lune encore assez puissante. Quelques brèves heures de sommeil, plus tard, nous entamerons l’exploration de cette île déserte et de ses fonds, plus riches que là d’où nous venons. C’est parti pour la collecte des coquillages en tout genre. Philémon nous ramène un très joli « casque » qui pue l’enfer, parce qu’il y a encore une bestiole dedans. Il faudra, sous la pression de l’équipage, remettre le coquillage à l’eau. D’autres récupèrent un pare battage tout neuf, d’un bleu très chic qui complètera notre collection. Hélène ramènera du corail noir en pagaille. Les coffres se remplissent et Christophe se marre en regardant la tête circonspecte de Michel qui se demande comment tout cela va-t-il rentrer sur G.N.
On lève l’ancre le soir  même, après la soupe, direction Lupéron : 75 milles à faire. Miracle, le vent est bien orienté : 25 nœuds d’Est. Du coup, on file d’un bord, au près bon plein, à 7 nœuds de moyenne, toute la nuit. Nous arriverons au petit matin, à « l’heure où blanchi la campagne », sauf qu’ici la campagne n’est pas blanchie par le givre de la Normandie de Victor Hugo : il fait chaud et nous rentrons dans la mangrove de Lupéron où nous mouillons tout au fond de la baie.
Ainsi, se terminent les aventures de G.N au pays des baleines. Bientôt Cuba, Kaïs s’entraîne à la guitare sur l’air de « commandante Ché Guevarra ». On espère qu’il la jouera assez bien, pour que nous ne finissions pas tous en taule…
 Kaïs et Michel

PS: Une pensée pour Elodie qui rentre en France après un peu plus de 3 mois à bord, c'était super ces trois mois avec toi! On se voit en juillet au retour! (Le claviste).



1 avril 2015

Le Banc d'argent... Acte 2 !!


Nous avons donc dit au revoir à Thierry sur la jetée à Samana puis avons appareillé le lendemain, le 11 mars pour retourner au Banc d’Argent.
Le temps est bien meilleur que la dernière fois et nous sortons tous les jours du mouillage. Le programme des journées est pratiquement toujours le même, nous vous raconterons donc les habitudes que nous avons prises autour de notre routine exceptionnelle de chercheurs de baleines, seuls au milieu de l’océan. Nous ne sommes pas vraiment seuls en fait, mais nous faisons totalement abstraction des bateaux de charter et des pêcheurs qui ratissent le banc. Pour nous, c’est trois semaines tout seuls sur le banc des baleines.

Bien avant le petit déjeuner, les sportifs font leur muscu, les intellos bouquinent et les ronfleurs ronflent. Nous guettons déjà les baleines qui passent parfois tout près du bateau et certains courageux sautent dans leurs palmes pour les rejoindre, au risque même de recracher la dernière bouchée de flocons d’avoine dans leur tuba. Pendant ce temps-là, les moins motivés finissent tranquillement leur café et pointent nonchalamment du doigt pour indiquer aux nageurs où ils doivent aller pour essayer  d’intercepter les baleines qui jouent souvent à cache-cache avec nous.

Ensuite, on fait l’heure de travail de tête quotidienne. De la philo avec Michel, de la nav avec Elo, de l’histoire avec Christophe et du tout et rien avec Hélène qui fait encore semblant de tout comprendre aux cours de physique-chimie des garçons, même si personne n’est dupe.
Ça rassure qui ?
Anaëlle est d’intendance, alors elle surveille l’inexorable pourrissement des fruits et légumes et donne aux cuistots les denrées qui doivent être passées le jour même. « t’es sûre ? de la betterave molle et puante dans ma quiche lorraine ?  je préfère la laisser à Christophe, il aime bien les faire, lui »

Une nouvelle routine s’est mise en place le matin : c’est pomper l’huile qui a fui du moteur tribord et la remettre dans le réservoir. Eh oui, le moteur a attendu que nous soyons loin de tout pour nous faire sa crise de mi-voyage. Nous n’avons pas la pièce qu’il nous faut, alors en attendant de rentrer à Samana, nous bidouillons une solution : on s’assure juste qu’il y ait assez d’huile dans le moteur pour une utilisation en urgence, ce qui bien sûr, n’arrivera pas. Les manœuvres quotidiennes se font donc avec le moteur bâbord uniquement.

Vers 9h30, on appareille. On a défini qui sera de manœuvre, qui sera de veille, qui va plonger en premier, qui tiendra le cahier de rencontres (cahier où l’on note la description, l’heure et la position des rencontres avec les baleines, ce qui nous sert à reclasser ensuite les données et les photos) etc…au fur et à mesure que les jours passent, cette opération prend de moins en moins de temps et les manœuvres sont de plus en plus belles. Oh, bien sûr, on arrive parfois un peu vite sur le mouillage et on dépasse un peu sur la patate de corail, et puis, aussi, on perd la gaffe par 20 mètres de fond…on pense alors à demander à Kaïs, le petit-fils de l’Homme de l’Atlantide de plonger pour la récupérer puis on se ravise, des fois qu’il nous refasse un syncope en se forçant a descendre trop profond. Qu’à cela ne tienne, une pagaie fera l’affaire, ça va bien avec notre style de hippies des mers.

Revenons à notre routine. Nous guettons les baleines et avons régulièrement la chance de les approcher. Parfois furtivement, parfois de longues minutes et l’on ne peut que se dire « wow ! il s’est vraiment passé quelque chose, là ! t’as vu son œil ? t’as vu quand elle nous a regardés ? » ce sont souvent des mères avec leur petit pour les rencontres sous marines, en palmes, masque et tuba, toujours surveillés par l’escorte. Pour les spectacles en surface, les sauts et les pirouettes, il faut suivre les groupes de mâles compétitifs qui courtisent une femelle. Et à chaque fois on s’émerveille de tant de grâce et de puissance.
On s’amuse à envoyer Philémon sur des baleines qui sont encore à un mille de distance puis on le suit au moteur et on le récupère quand il commence à faiblir et que les baleines n’ont même pas remarqué qu’on s’approchait à 0.5 nœud !
On s’amuse aussi à recommander à Dayan de mettre plutôt tel short que tel autre, surtout avec le paréo , que ce sera mieux pour lui, puis on change d’avis, puis on se ravise, surtout qu’il a un chapeau, puis non…enfin, quand on arrive à proximité des baleines et qu’il faut s’équiper rapidement, on l’écoute gémir parce qu’il a le mauvais attirail sur les fesses et qu’il manque de tomber en essayant de se changer au plus vite…les baleines se marrent et se barrent.

Quand il y a trop peu de vent, on n’avance pas assez vite pour plonger avec les ailes derrière le bateau , alors on invente toutes sortes de figures acrobatiques en écoutant les baleines chanter sous l’eau.
La pause déjeuner se fait à la dérive et c’est aussi l’occasion d’apprendre à faire le point astro- quelques pirouettes par-dessus bord pour se rafraichir et on hisse à nouveau la voile et on repart à la poursuite d’un souffle à l’horizon.

Une fois rentrés au mouillage, on part explorer l’épave si on a le temps puis on revient goûter à bord et écouter l’histoire collective. La plupart d’entre nous raffolent de cette specialité locale appelée flan de leche que l’on mange à même la boîte, en raclant le fond avec le doigt. Les plus gourmands se reconnaissent à la méchante coupure entre les deux phalanges.
On vaque à des occupations presque calmes en attendant le coucher du soleil et son mythique rayon vert (si, si, nous l’avons vu) yoga, échecs, lecture, guitare.

Le dîner à la belle étoile est propice à de bonnes conversations. Parfois Michel donne le ton en posant une question philosophique, mais parfois les sujets dérivent :
« que penses-tu de la séparation des cuillers à café des cuillers à soupe dans le casier à couverts ? » « si la lune est pleine à midi au pole nord, pourquoi n’est-elle pas noire au pole sud ? » « si le caleçon de Moussa a touché le corail de feu un lundi, ses fesses le gratteront-t-elles encore vendredi ? et si oui développez »

En parlant de Moussa, nous avons fêté ses 15 ans le 18 mars. Tous ses cadeaux avaient un thème récurrent : les baleines ! (sauf le caleçon). Kaïs lui a confectionné une tarte au citron exceptionnelle et les bougies étaient tellement petites qu’il a fallu les rallumer pour la photo, ce qui a rendu Kaïs hystérique car sa meringue allait retomber.

La météo au banc d’argent est particulière, très différente de tous les autres endroits du monde.
On distingue trois facteurs déterminants :
-        La pression atmosphérique, qui ne détermine rien du tout.
-        La couverture nuageuse, qui n’apporte pas beaucoup plus de précisions
-        La présence de Kaïs et Dayan sur les filets pour dormir, qui annonce à coup sûr de la pluie pendant la nuit.

Sur la fin du séjour, le temps a tourné. Plutôt difficile d’aller voir les baleines avec 20noeuds de vent et de la houle à faire couler ceux qui auraient l’idée d’aller à l’aile.
Michel en profite pour instaurer un atelier « je construis moi-même mon engin explosif à bord ». Avec une canette vide et (dieu merci nous n’en n’avons pas) de l’alcool à brûler, il apprend aux jeunes à fabriquer un réchaud pour le camping. Activité édifiante qui occupe sagement les enfants pendant une bonne partie de l’après-midi et les grands le reste de la journée à ramasser tout d’abord les débris d’aluminium disséminés un peu partout entre la cale et le plafond tribord et ensuite ceux qui se sont logés dans les doigts des bricoleurs du dimanche.
Autre atelier survie proposé par le capitaine : manœuvre d’homme à la mer par 20 nœuds de vent et 1m50 de creux. Il s’agit donc de balancer 2 personnes (une c’est trop dangereux) et un gros pare-battage par-dessus bord. On leur fait signe en les abandonnant au milieu de l’océan ; on leur fait signe aussi alors qu’on passe à côté mais trop loin pour les sauver. On leur hurle dessus en faisant de grands gestes lorsqu’on s’est approchés trop vite et qu’on manque de les noyer en leur passant dessus. Quand on arrive enfin à les hisser saines et presque sauves à bord, on décide alors de leur faire un dernier signe et de les repousser par-dessus bord parce qu’il faut améliorer la performance.
On veillera juste à ne pas les rejoindre dans l’eau en se prenant une vague ou une voile sur la tête pendant qu’on est occupés à les pointer du doigt. Une fois les cobayes quasi mortes de froid, on décide de rentrer et on s’exerce alors à une activité tout aussi sportive et presque pas dangereuse : récupérer la bouée du mouillage avec un seul moteur, pas de gaffe, les fameux 20 nœuds de vent contre nous et les patates de corail qu’on n’avait jamais vues d’aussi près. Ceux qui avaient raté la muscu du matin viennent de rattraper des points !
Rassurez-vous, on sait aussi s’occuper les jours de grand vent en faisant des choses plus calmes comme les cours de théâtre d’impro organisés par Elo et Anaëlle -bien que certains, il semble, préfèreraient mourir noyés que de se prêter au jeu- mais il faut bien faire son effort communautaire, hein Hélène ?

Heureusement ; l’activité principale étant la rencontre avec les baleines, nous n’avons pas trop le temps d’élaborer des passe-temps plus douteux que ceux déjà en place. Tout le monde a eu le bonheur, parfois répété, de nager tout près de baleines bienveillantes et curieuses et même si la vie du groupe inclut forcément des conflits et des tensions, une bonne rencontre remet souvent tout le monde d’accord : les baleines, c’est un moment incroyable du voyage, à peine racontable, et nous avons le privilège de le vivre pleinement.
Nous sommes à présent sur le point de rentrer à Samana pour accueillir Aude et Marec et partager avec eux un peu de notre vie sur le Banc d’Argent.

Hélène et Anaëlle


10 mars 2015

Le premier séjour avec les baleines par Philémon et Jade...


Nous sommes donc en Guadeloupe pour y déposer Chloé et faire les pleins de nourriture.
Alors aujourd’hui grosses courses avec Hélène, Tit, Jade et Phil, tellement grosses que Tit devra rentrer seul dans la voiture à cause du manque de place. On en profite pour s’acheter quelques viennoiseries à la boulangerie. De retour à bord, rangement puis douches. Après le repas vient le très bref au revoir (ou plutôt adieu) de Chloé qui part pour l’aéroport.
Le lendemain, on largue les amarres direction Samana. La bonne vieille routine reprend : les cours, les manœuvres, le réveil musculaire, mais cette fois ci, pas de mal de mer. Sur ces 5 jours de nav, nous n’avons eu que 15 heures de vent, le reste est passé tranquillement au moteur. Mais ces quelques heures de vent étaient au près. Résultat, nous arrivons à Samana, trempés, mais contents car nous avons vu nos premiers sauts de baleines. Nous mouillons dans une des anses de la grande baie, un endroit propre (ou presque), joli (ou presque) et des pélicans plongent autour de nous (cette fois pas presque; ils plongent vraiment !).
Le lendemain, nous partons pour la baie de Santa Barbara de Samana à 5 min d’ici. Nous jetons l’ancre dans l’eau polluée, les égouts se jettent dedans et une couche de graisse ou de carburant flotte à la surface. Pas la peine de vous préciser que nous ne nous baignerons pas ici. Tit et Christophe vont à terre pour faire l’entrée et la demande pour le permis qui nous permettra d’aller à Silver Bank voir les baleines. Pendant les trois jours que nous passons ici, nous nous occupons de faire les pleins de fruits et légumes au marché qui est un bâtiment où se rassemblent une vingtaine d’étals, où la circulation est compliquée à cause des allées étroites où seulement une personne à la fois peut passer. Les prix sont bas et les aliments de qualité. Un homme essaiera quand même de donner un bébé à Anaëlle et Jade.
Nous en profitons pour laver tout notre linge et faire les pleins d’eau. Un robinet est installé sur un ponton en béton crasseux qui a un débit si faible qu’il nous faut ½ heure pour remplir un bidon de 10 litres… La manœuvre est difficile car les bateaux de Whale Watching poussent leurs moteurs à fond et déstabilisent  l’annexe.
Finalement, nous avons le permis (merci Christophe et el Ministro de Medio Ambiente y Recursos Naturales, Dr Bautista Rojas Gómez) et pouvons partir pour le banc d’argent. Une dernière glace et nous levons l’ancre. Les baleines nous accompagnent pour sortir de la baie. Nous avons 110 milles à faire pour atteindre notre mouillage. Le vent fait des siennes ; au début il n’y en a pas, et à la fin, on a 25 nœuds dans le nez. Nous tirons des bords et avançons à 1 nœud dans la bonne direction. Il nous faudra allumer les moteurs pour arriver avant la nuit. De temps en temps, nous apercevons au loin une caudale ou une pectorale qui claque. Ça réchauffe nos cœurs refroidis par les embruns à l’idée que bientôt nous pourrons nager avec les baleines.
Vers 17 heures enfin, nous nous amarrons aux bouées des charters qui ne sont pas là. Le mouillage est dépaysant par l’absence de paysage : pas de terre en vue, seul le vaste océan s’étant sous nos yeux. Et l’épave du Polyxéni, un vraquier échoué depuis plus de 30 ans, comme seul repère. Ce soir, ce sera une nuit paisible, sans quarts avec le vent qui rugit au dessus de nos têtes.
Le lendemain, Christophe et Tit vont installer le mouillage. Ils partent en apnée enrouler une chaîne autour d’une patate de corail qui est reliée à la patte d’oie, elle-même reliée à trois bouées pour faciliter sa prise. On libère donc le mouillage pour aller chez nous. Pendant l’après midi, certains vont explorer les patates de corail, les tunnels, l’épave ou voir des petits poissons pendant que d’autres passent en contrat. Il n’y a plus de gros poissons car les pêcheurs que nous croisons les ont tous chassés.

Pendant les 4 jours qui suivent, nous quittons le mouillage à la recherche des baleines pour essayer de nager avec elles. Pour sortir de la zone des patates de corail, il faut une personne sur chaque étrave plus une sur l’échelle de mât qui indique les têtes de corail et les baleines, une personne qui règle la voile d’avant (nous n’utilisons pas la GV pour ne aller trop vite), un barreur et 3-4 plongeurs à l’arrière prêts à sauter en cas de mégaptère à côté du bateau, dont 2 aux ailes qui surveillent les profondeurs. Les ailes sont des planches en bois reliées au bateau en forme de queue de baleine qui nous permettent de monter et descendre à volonté.
Chaque jour, nous avons pu faire au moins une rencontre plus ou moins longue. Mais il y a eu 4 super rencontres où les baleines se sont intéressées soit à nous soit au bateau et sont restées plus de quelques secondes. Quand elles nous regardaient avec leurs gros yeux, on avait l’impression qu’elles nous scannaient de l’intérieur. Ces rencontres avec ces mammifères de 15 m et 60 tonnes sont indescriptibles.
De temps en temps, lors de la pause déjeuner, nous plongions pour écouter leurs chants qui peuvent se propager à 20 milles, soit environ 35 km. On pourrait comparer ces chants incomparables à ceux des violons et des contrebasses.

Mais le vent se lève et nous devons passer la fin de l’escale au mouillage. Ici, les journées sont moins mouvementées, le matin travail de tête et l’après midi baignade, après le goûter, Elodie organise souvent un jeu, Pictionary, mimes etc…Un jour même, Elo et Kaïs ont organisé une chasse au trésor dans les patates et nous ont épuisés.
Mais un jour le vent a été plus clément et nous avons pu sortir faire un tour. Pour notre bonheur, c’était le bon moment car Hélène, Elodie, Phil et Jade ont fait une rencontre de plus d’une heure avec 3 baleines adultes. Sous l’eau, l’expérience était magique, mais à la surface le spectacle était tout aussi beau. Les baleines tapaient de la caudale ou de la pectorale, sautaient, ou venaient tout simplement respirer à quelques mètres du bateau. Ce fut notre dernière rencontre pour ce premier séjour. Tout le monde en est enchanté. Nous devons rentrer à Samana pour faire le plein et changer de capitaine. C’est avec Michel que nous continuons et finissons l’aventure.

Un témoignage de chacun sur le premier séjour avec les baleines :
-       Elodie : Nous avons déjà fait de belles rencontres sur le peu de jours où nous avons pu naviguer sur le banc. Moi j’ai surtout une image qui me reste en tête, c’est la baleine qui me regarde, se met à tourner sur le côté sur elle-même, tout doucement et se remet dans sa position initiale sans me quitter des yeux. Ça donne envie d’y revenir, de continuer et de se marrer.
-       Christophe : Heu… il y avait beaucoup de vent mais c’était beau. (Jade : tu ne peux pas rajouter autre chose ?) Heu… Les baleines c’est gros !
-       Moussa : Je ne m’attendais pas du tout à ça. C’est encore plus génial que ce que je pensais. Voir un gros œil de baleine qui vous regarde et être à même pas 10m d’une grosse bestiole, ça fait bizarre. Je suis un peu dégouté de ne pas être chez moi pour mon anniversaire, mais je suis content de le faire avec les baleines et ma 2eme famille.

-       Kaïs : Trop court. Génial, extraordinaire ! Des rencontres fantastiques, un bon avant goût de ce qu’on va voir pendant le séjour aux baleines.
-       Hélène : C’était bien un peu et donc voilà… J’ai trouvé ça super, même si il y avait beaucoup de vent et qu’on n’a pas pu aller aux baleines aussi souvent qu’on le voulait. C’est bizarre d’être mouillés au large, tous seuls parce qu’on fait abstraction des bateaux de charter et on est resté tellement longtemps qu’on s’est approprié le lieu. Ce que j’ai ressenti lors des rencontres avec les baleines, je ne vous le dirai pas, c’est à moi. Vous n’aviez qu’à être là… ou pas. C’est aussi bien.
-       Dayan : Ch’é pas, j’m’en fous (Philémon l’a interrogé pendant qu’il n’arrivait pas à comprendre sa leçon de SVT…). 1 jour, 2 jours, 15 jours avec les baleines… C’est passé tellement vite. Les rencontres qu’on a fait, les multiples caudales, pectorales qu’on a vues et le plus fort dans tout ça, c’est lorsque la baleine t’observe. Tu as envie de lui parler et tu penses que c’est réciproque mais c’est quand même un moment très fort et difficile à décrire. J’ai hâte de retourner sur le banc ; j’espère qu’il y aura moins de vent la prochaine fois. Mais les jours où il y avait trop de vent nous ont permis de connaître chaque patate de corail autour de nous. C’était déjà une super expérience avec les baleines.
-       Thierry : Pour un premier séjour aux baleines, c’était bien. C’est toujours aussi beau le banc d’argent. Peut-être la faute à trop de vent, mais avec la baleine c’est des fois oui et des fanons ! Et même si je n’ai pu y rester que 15 jours, je me console en me disant que cétacé !!
-       Anaëlle : C’est obligé maintenant ? faut que je papote là ! Bon ok… Je n’en espérais pas plus, j’ai eu la chance de faire plusieurs belles rencontres. Bien que nous soyons restés beaucoup au mouillage, ça ne nous a pas empêchés de bien nous amuser. On n’hésite pas à sauter dès 7 heures du matin à l’eau pour essayer d’intercepter une baleine. J’ai hâte d’y retourner.

-       Philémon : c’était trop bien, seul truc pour lequel je suis déçu, c’est qu’on a passé trop de temps au mouillage. Mais toutes ces rencontres, ces baleines qui vous regardent ou qui vous tournent autour, c’était juste génial. Nager avec un mammifère de 15m et 60tonnes, surtout si c’est une baleine, c’est pas donné à tout le monde. Et je suis vraiment content d’avoir pu vivre cette expérience. Vivement la prochaine fois !
-       Jade : Se retrouver au milieu de rien, l’océan c’est tout, c’est pas commun. En plus, des baleines qui nous tournent autour, c’est magique. Un autre monde, quelque chose à part, coupé de la réalité. Et je remercie ceux qui ont fait que cette escale soit possible.
Jade et Philémon



26 février 2015

Du Banc d'Argent...

Bonjour à tous,
Message satellite reçu aujourd'hui...
"Le bonjour des baleines, tout va bien, beaucoup de vent, balades sur le banc, plongées et quelques jolies rencontres. Toujours aussi beau ici... Retour à Samana le 7 mars."
Fin du message...
Je vous remets deux photos de la dernière expé. Petit coup de pouce à l'imaginaire...
Kélig



18 février 2015

Arrivée à Samana!!

Le bateau est arrivée en baie de Samana hier!! Une baleine à bosses est déjà venue leur dire bonjour en montrant ses grandes pectorales à l'équipage...
Le permis en poche, ils partent dès demain sur le banc d'Argent pour deux semaines parmi les grands mammifères marins et leurs petits...
Hâte de lire leurs prochains récits qui seront, sans doute, palpitants!!
Kélig

Thierry en plein ballet aquatique en mars 2013...

15 février 2015

Au large de Puerto Rico...

Bonjour,
Message satellite du bateau du jour...
Ils sont au sud de Puerto Rico. Il n'y a pas beaucoup de vent, le moteur ronronne, mais le soleil est là et la mer est toute calme.
A bient'eau...
Kélig


13 février 2015

La suite des aventures en Dominique...


Bonjour à tous,
Ci-dessous la suite des aventures en Dominique contée par Elodie et Dayan.
Le bateau et son équipage a quitté la Guadeloupe hier pour rejoindre la République Dominicaine et les baleines à bosses. 
A bientôt pour d'autres nouvelles...
Kélig


Nous reprenons la lettre collective à la suite de Christophe, à la fin des premières randonnées, afin de vous raconter la suite de nos aventures en Dominique.

Le retour de ces premières randonnées est ponctué par l’anniversaire d’Anaëlle. Comme nous sommes bien entraînés, les cadeaux en tout genre fusent et la buse pourra s’endormir au doux son du poney dans son chou… Mais elle ne l’emmènera pas dans son hamac pour la rando qui suit.

Dès le 28 Janvier, nous redivisons le groupe pour de nouveau 5 à 6 jours en vadrouille. Tout le monde est motivé et partant pour de nouvelles aventures. Seule Chloé et LN resteront à bord. Chloé ne trouve pas de sens au voyage et ne souhaite pas faire les efforts pour le poursuivre. Et personne n’a l’envie de repartir se balader avec elle parce que ce n’est pas drôle de devoir la traîner tout en l’entendons râler. Les grands lui ont donc demandé de réfléchir à ce qui est le mieux pour elle et de se positionner, c’est à dire rester à bord et faire de vrais efforts, ou rentrer en France, chez elle.
Cela n’entame pas notre soif de découverte.
Philémon, Jade, Thierry et Anaëlle sont en mode randonneurs de l’extrême. Ils marchent du lever au coucher du soleil, ne s’arrêtent que pour se nourrir de cheddar et de peanuts butter. Ils s’attaquent au WAITUKUBULI, la route originelle des esclaves qui relie les villages du Sud au Nord de l’île, en 14 segments. Chemin fini il y a un an. De Pont Cassé à Emerald Pool où la pluie et la boue parsèment le sentier. Puis ils sortent de la forêt et se rendent à la plage de Castle Bruce, sur la côte Est. Ils rejoignent le village de Rosalie, puis s’engouffrent de nouveau dans les terres vers Le Fresh Water Lake où ils passeront leur seconde nuit. Le troisième jour, ils se lanceront à l’ascension de la montagne qui mène au Boiling Lake, le second plus grand lac bouillant du monde, et dormiront dans un carbet au-dessus de la vallée de la désolation. Le matin de leur dernier jour, ils fêteront leur descente dans l’eau froide de Titou Gorges. Avant de rejoindre Portsmouth et le bord, heureux de cette randonnée, paysages, ampoules et gastronomie.
Moussa et Elodie partent eux aussi sur le WAITUKUBULI, dans les terres et la forêt. Ils rejoignent le premier soir les cascades de Middleham (pas bon pour Moussa tout ça). Le second jour, après quelques heures de marche dans la boue, sur les racines, essoufflés et assoiffés, ils arrivent à Pont Cassé, mais le village tant attendu se révèle être un simple et énorme rond point. Tant pis, ils poursuivent leur chemin et dormiront à leur tour à Emerald Pool. Le lendemain, c’est en stop qu’ils rejoignent la plage puis la réserve caraïbe et la famille de Genette. Ils resteront plus de deux jours parmi eux, à discuter, à peindre, à piler du cacao, à coiffer, et à se faire coiffer, à graver des calebasses, avant de ré-apparaître sur le bord, le matin du 6e jour, heureux de leur périple.
Mais c’est l’équipe de Kaïs, Dayan, et Christophe qui s’expatrieront le plus longtemps. Ils commenceront leur périple à la pointe Sud de l’île, Scott Head, puis remonterons vers le nord en passant par une plantation de café tenue par un américain. Ils iront se détendre dans les sources d’eau chaude de Soufrière après une bonne journée de marche. Ils passeront ensuite par la White River, les chutes Victoria, y rencontreront Moses, une image de la révolution rasta, où Christophe en perdra son chapeau. Puis de Sari-Sari falls à Sable Bay, plage de sable noire où ils remplissent leurs estomacs de cocos. Ils rentrent en bus à Portsmouth avec des savons artisanaux de Dominique pour l’équipage. Et malgré leurs histoires d’estomacs retournés, c’est avec plaisir qu’on fêtera l’anniversaire de Christophe le lendemain de leur retour.
Hélène se lance dans la préparation des brochettes en canne à sucre de poissons. Mais la mission barbecue sur la plage et sous la pluie est un vrai fiasco, seul la moitié des brochettes reviennent à bord cuites mais ensablées. Cela ne nous empêche pas de nous régaler et de rigoler à l’ouverture des cadeaux. Nos invités offrent à Christophe un nouveau chapeau, version boys band, qu’il porte sans relâche depuis ce jour. Et oui, Lionel de la voilerie Sterne a posé son beau voilier au mouillage derrière nous, mais il repart demain pour Antigua, avec son copain Artimon.
Les lessives à la rivière faites, les textes tapés, il nous reste trois jours avant notre départ pour explorer l’île.

Enfin pas pour tous comme vous l’expliquait Christophe au début de la précédente lettre. Dayan, Jade et Christophe restent à bord pour avancer sur les travaux de matelotage et sur la maquette, tandis que Chloé continue sa « réflexion » et envoie une réelle demande à sa mère et à son éducatrice ainsi qu’au bureau.
Kaïs, Phil, Tit et Elo passeront leurs trois derniers jours en bain sulfureux pour traiter l’acné pour certains, les lèvres pour d’autres, ou juste le plaisir de sentir l’œuf pourri. Du Boiling lake aux Sulphurs Springs, en passant par les bulles de Champagne.
Moussa, Hélène et Anaëlle repartent en visite chez Happy, Webster et Genette. Ils reviendront à bord le dernier jour avec la famille de Genette qui partagera notre repas du midi.
À bord, la décision est maintenant prise. Chloé nous quittera en Guadeloupe. Lors d’un groupe de parole, les jeunes lui énoncent que c’est dommage pour elle et que sa réalité de retour ne semble pas très drôle. Mais Chloé assume son choix, et nous, on avance et l’on continue notre voyage.
Dès le lendemain des derniers retours de rando, nous quittons la Dominique pour la Guadeloupe, en passant par les Saintes. Afin de déposer Chloé à l’aéroport de Pointe à Pitre le 11 Février, de passer à Décathlon pour ceux dont les pieds ont poussé trop vite dans leurs chaussures de rando et de faire quelques courses. Puis, direction la République Dominicaine, Samana et les baleines. On a tous hyper hâte. On pense à vous sous notre soleil caribéen.

Dayan et Elo