Année 2012-2013

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30 avril 2017

Lettre collective depuis Cuba d’Anaëlle et Sébastien

C’est de Cuba que nous reprenons le fil de nos aventures. Nous avons donc quitté la République Dominicaine le jeudi 13 Avril, avec très peu de vent, la routine de la vie en mer a repris son rythme entre nausée pour certains et sérénité pour d’autres. Petit à petit le vent portant, s’est levé mais sans dépasser les 20 nœuds, ce qui nous a permis par la suite de faire vraiment une bonne moyenne, avec même des surfs sur une houle formée de 3/4 mètres.
C’est vers minuit, le samedi 15, que nous sommes arrivés en vue du Puerto de Vita à Cuba, qui était notre destination. Le balisage étant précaire et l’éclairage inexistant, nous avons donc décidé par sécurité de rester au large à la cape afin d’attendre la clarté du jour.
Au petit matin, nous avons donc eu notre première vision de l’île en remontant la mangrove jusqu’à la marina où nous avons jeté l’ancre pour attendre que soit effectué la visite du médecin nous autorisant à débarquer.
Pour la plupart d’entre nous, c’est le mardi 18 que nous avons vraiment fait nos premiers pas hors de l’enclos de la Marina, car c’était le jour de notre départ de première randonnée à la rencontre des Cubains et des paysages.
C’est aussi ce jour-là que nous avons dit au revoir à Christophe et Ismaël qui ont quitté définitivement le bord afin de rejoindre la métropole.
La première série de randonnées c’est déroulée sur 3 jours du mardi 18 au jeudi 20 Avril :
-   Anaëlle, Rachel et Sébastien sont partis vers la ville de Gibara pour assistés à une partie du festival de cinéma « Ciné povre » et ont retrouvé Elio (l’ami pêcheur de Christophe) qui les a hébergés une nuit.
-   Mathias, Célia et Jacques sont partis à pieds de la marina jusqu’à Freyre puis pris le train en direction de la plage de Los Bajos.
-   Jean-Marie, Léa et Hélène sont allés dans la région d’Holguin chez des amis paysans d’Hélène et ont vécus au rythme de la vie dans une ferme.
 Du vendredi 21 au dimanche 23 Avril, nous avons géré le linge à laver, ranger et nettoyer le matériel spécifique de randonnée, écrit et lu les textes de nos aventures de chaque groupe... Essayé de gérer le lien internet avec la France qui s’avère plus que compliqué... Nous avons aussi dit au revoir à Isabelle qui finalement nous quitte et ne finira pas l’expédition avec nous.
Et le dimanche 23 nous sommes repartis vers de nouvelles aventures  avec un retour prévu au bateau le jeudi 27 Avril :
- Anaëlle, Jacques et Léa sont allés en bus au-delà de Bayamo en ayant pour objectif de rejoindre l’océan en traversant la montagne vers Rio Seco pour aller rencontrer Madame Rosa qui a déjà accueilli des groupes des 2 voyages précédents.
- Rachel, Célia et Hélène sont allées chez une connaissance de Grandeur Nature qui se prénomme Ernesto et qui est fermier dans le village de Jamaïca. Rachel avait aussi un projet d’animation dans une école mais les autorités ont refusé qu’elles pénètrent l’enceinte du groupe scolaire. Finalement elles rentreront au bateau que le 28 car Célia a eu une petite « tourista » et de plus la pluie les a poussé à attendre un jour de plus avant de revenir.
-   Mathias, Jean-Marie et Sébastien étaient partis vers le village de Las Cuevas en passant par Santiago de Cuba afin de faire l’ascension du Pico Turquino qui est le point culminant de l’île à 1972 mètres mais ils ont été refoulés à l’entrée du parc national car les autorités demandaient à ce qu’ils payent une taxe faramineuse. Ils ont donc fait le choix de longer toute la côte jusqu’à El Pilon d’où ils sont rentrés un jour plus tôt à cause des intempéries.
C’est donc juste avant notre nouveau départ en petit groupe pour de nouvelles excursions que nous écrivons cette lettre et déjà nous avons dépassé plus de la moitié de notre séjour cubain.

Quels sont nos ressentis à ce jour : C’est un peuple fier de sa liberté durement acquise et de son environnement (cultures, élevages, enseignements, prestations....). Dans tous les coins où nous ont mené nos pieds nous avons été reçu avec beaucoup de plaisir et de bienveillance. Les personnes ont beaucoup de plaisir lorsque nous leur affirmons que leur île est belle, c’est avec beaucoup de sincérité qu’ils nous invitent à y revenir et ils tiennent à garder le lien par des échangent d’adresses. Les rencontres avec les gens dans les montagnes ou les contrées isolées sont vraiment touchantes. Ils se décarcassent à chaque fois pour nous faire plaisir, ils refusent la plupart du temps que nous dormions dehors, ils se ruinent afin de nous faire des mets délicats... Les gens ont le coeur sur la main, ils prennent soin de nous alors qu’eux ne possèdent pas grand chose. C’est souvent un peu honteux que nous repartons d’une ferme les bras chargés de victuailles alors que nous ne venions juste demander que de l’eau... Presque tous les jeunes du bord se sont déjà mis en tête de revenir ici dans quelques années car des attachements se sont déjà noués. Dans les villes par contre c’est comme partout ailleurs à part peut-être qu’ici les gens ont un peu plus le sourire et qu’ils n’ont pas peur lorsqu’on s’approche d’eux pour demander un renseignement. En gros, nous n’avons découvert qu’une toute petite partie de l’île dont les 3 régions de Holguin, de Granma et de Santiago ce qui représente en gros une superficie de 200 Km sur 150.
La conclusion de ces premiers 15 jours c’est que ce n’est pas la peine de parcourir de grandes distances pour faire de belles rencontres, surtout que les déplacements prennent beaucoup de temps et d’énergie pour nous européens qui refusons les transports spéciaux pour les touristes, préférant de beaucoup partager la route avec les locaux mais aussi avec les aléas qui en découlent.
D’un point de vue idéologique nous n’arrivons décidément pas à nous faire une idée précise donc nous laisserons à chacun d’entre vous le soin de se faire sa propre opinion surtout en ces temps troubles d’élection présidentielle en France.
Nous vous embrassons tous très fort, Anaëlle et Sébastien


PS de Christophe: En ce qui me concerne et en mon nom propre, je ne peux qu'inciter tout le monde à aller voter! Et à ne pas se tromper de bulletin, c'est facile, il y en a un qui tache!

23 avril 2017

depuis la France. Par Christophe

Et me voila de retour à la maison et au bureau, à temps pour faire mon devoir civique!
Après 5 jours de promenade à Cuba avec Ismaël.
Le bateau lui reste encore 2 semaines en escale à Cuba, ils ont de la chance. Christophe

9 avril 2017

Lettre collective de Lupéron par Christophe et Mathias: Un mois au pays des baleines.

Lettre collective de Lupéron par Christophe et Mathias: Un mois au pays des baleines.
Dans un voyage de Grandeur Nature il y a pleins d’objectifs, de caps à franchir…Des bons moments, des moments forts. Des sommets à gravir, et quand on est en haut de la montagne, on peut se dire que voilà c’est fait et que maintenant il n’y aura plus que de la descente! Mais si on prend le temps de se poser et de regarder autour de soi on voit le chemin parcouru, mais aussi d’autres sommets, d’autres chemins à parcourir, d’autres aventures à vivre! 
Nous avons passé 30 jours au pays des baleines, un mois entier au milieu de « l’eaucéan » dans ce lieu hors du monde qu’est le Banc d’Argent, mais ce moment « culminant de notre voyage est derrière nous…

Présentation Séb :
Je m’appelle Sébastien, dit « petit Seb » pour ne pas confondre avec celui qu’il y avait avant dit « grand Seb », mais je ne prends pas son relai car je ne suis pas skipper. Je suis donc encadrant sur le Grandeur Nature pour les 3 prochains mois et j’arrive pour prendre la suite d’Ismaël, ce qui met la barre très haute dans l’engagement au quotidien. J’ai 44 ans, je suis président de l’association depuis pas mal d’années et je suis éducateur de métier (enfin un vrai professionnel de la profession dans cette asso !!!). 

Présentation lila: Je m’appelle Lila, j’ai 15 ans, j’habite à Sète et j’ai rejoint sur cette escale à Silver Bank, pendant les vacances scolaires…Mon père faisant partie de l’équipage. ça suffit amplement comme présentation, non mais t’est sérieux papa! Je te jures si je vois que tu as écrit ça sur le blog t’es mort!

Nous avons demandé à chacun son meilleur souvenir sur le banc d’argent.

Léa: "Mon meilleur souvenir sur Silver Bank était quand j'ai nagé avec les dauphins. Ca m'a fait ressentir plus d'émotions qu'avec les baleines, j'ai même failli pleurer tellement que c'était extra-ordinaire."

Célia: "Les baleines c'est trop classique donc les dauphins. Ils étaient super speeds, ça se voyait qu'ils avaient envie de jouer on aurait dit des p'tits malins."

Lila: "Mon meilleur moment était le séjour à Silver Bank. J'ai pas un moment préféré mais je dirais les moments de complicité avec chacun. Que se soit avec les baleines, les gens ou Poly."

Ana: "Un jour il y avait une baleine un peu loin, je lui ai fait coucou et après elle s'est approchée de moi et j'ai pris peur et je me suis agrippée à Jacques qui était juste à côté de moi et la baleine et passée tout près mais elle nous a pas touché et a tracé sa route."

JM: "Quand les 4 baleines sont venues autour du bateau c'était magnifique."

Jacques: "Un jour où nous étions au mouillage, des baleines se sont approchées et j'ai attendu qu'elles viennent me voir parce que j'aime pas les traquer toute la journée. Alors que j'étais en contemplation, une horde de jeunes criards débarque, ce qui entrainé un déplacement des baleines que s'est empressé de suivre. Le fait de plus entendre les cris dans les tubas que le chant des baleines et de voir plus de palmes devant mes yeux que de baleines me fait retourner au bateau. Alors que je me hissais sur la jupe je me suis rendu compte que les baleines avaient abandonnées le groupe de criards et étaient juste là devant moi et j'ai pu retourner peinard avec elles. Mais sinon les dauphins était une surprise inattendue."

Mat: "Je crois que j'aurais beaucoup de mal a donner mon meilleur moment sur Silver Bank mais je crois que ceux qui me viennent en premier seraient quand je suis dos à la baleine et que je nage derrière elle comme si je faisais parti d'elles et qu'elle ne porte pas trop attention mais assez pour que je puisse la suivre d'assez près. Et les olympiades où on sautait à l'eau pour rattraper le petit flotteur, c'était un super moment tous ensemble avec beaucoup de rigolade et de complicité comme un vrai groupe...".Isa: "Il y en a 2 qui me viennent. Quand Séb, Lila et Christophe étaient à l'eau avec des baleines qui sont venues au bateau pour nous faire coucou avant de partir. Et le réveil, sortir du lit et être au milieu de l'océan attaché à une patate de corail c'est une sensation assez folle."

Séb:"C'est la rencontre avec de baleines adultes en parade amoureuse avec qui on est restés une demie heure, ça donnait un sentiment de liberté et de beauté. En plus j'étais avec Christophe et Lila que j'aime beaucoup, c'était un grand moment de partage. Être si proche des baleines ça donne l'impression qu'il peut rien nous arriver, que s'il y a un danger elles vont nous protéger et ça me promet de beaux rêves pour les mois à venir."



Rachel:Un jour, je suis allés voir une baleine avec Sébastien, Ismaël et Jacques, on a nagé vers elle mais on ne la voyait pas et puis finalement on l’a vu, la maman et son baleineau, juste là, toute calme. Elles étaient dos à nous mais on était vraiment tout près. Et parfois elle faisait un tour sur elle-même pour nous regarder, alternativement, en fait elles se penchait sur le côté pendant un long moment. On était calmes, sereins, mais à un moment j’étais très prés de la caudale de la maman, c’était tellement calme que la peur s’est envolée.
D’un coup elle a fait un coup de caudale et on l’a vu disparaitre, mais petit à petit comme si elle s’estompait Et là on a tous sorti la tête et on a pas eu le temps de se parler, les yeux pétillants, on l’a vu sauter pas loin de nous et on a nagé dans sa signature…


Christophe: Mon meilleur moment sur Silver Bank, c’est déjà de pouvoir y venir depuis presque 30 ans, d’avoir l’autorisation d’être là. Je m’attend toujours a devoir batailler ou à ce que l’on me dise que non cette année ce n’est pas possible! Ensuite passé cette épreuve, mon meilleur moment c’est de voir les gens découvrir ce lieu, rencontrer les baleines et de partager ce moment avec eux… Cette année, c’était une découverte pour Ismaël, car nous n’étions pas venu pendant son voyage et un retour pour Grand - Séb. huit ans après et 29 ans plus tard pour Sébastien. Mais c’était aussi notre première rencontre avec des baleines, Lila et moi et en plus c’était un belle et longue rencontre avec deux baleines joueuses.



Maintenant, nous sommes à Lupéron, une baie au milieu d’une mangrove à l’Ouest de la République Dominicaine. Nous y accueillons Marec, notre Psychologue-Superviseur, qui va faire un point avec chacun des jeunes sur son évolution depuis le départ et leurs choix d’orientation pour l’année prochaine… Nous y préparons aussi l’escale Cubaine, et se sera le retour à bord d’Hélène…Enfin à Cuba mon départ du bord et le retour à la maison…


Christophe et Mathias.