Année 2012-2013

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13 décembre 2015

-Troisième lettre 2015/2016, de l’association Grandeur Nature -


Bonjour, adhérents et amis.

Commençons par des nouvelles des travaux, la première grosse période de travaux de 6 semaines est finie, Kélig et Thierry sont repartis vendredi … Il reste un gros mois de travail à faire… Thierry reviendra en Mars pour une nouvelle cession « chantier » avant les stages en avril. La réparation du pont démarrera-t’elle en 2015…Suspens!
Concernant la prochaine expédition de 10 mois, nous avons réuni la plupart des encadrants mi-novembre pour une session « travaux & brain storming »…
Le but de cette rencontre, c’est de former la meilleure équipe possible tout au long du prochain voyage.
La conclusion  de ces quelques jours ensemble, c’est que pour la prochaine expédition nous aurons une super équipe d’encadrement!
Il va même falloir faire des choix car nous sommes trop nombreux à vouloir participer au prochain voyage,
Mais il ne suffit pas d’avoir une super équipe, il faut surtout avoir un bon équipage!
Ce qui me conduit à vous interpeller, de nouveau, car depuis que nous avons lancé le recrutement des jeunes « de Famille » pour ce projet nous n’avons reçu qu’une demande!
La petite annonce est toujours la suivante : «Cherchons jeunes de 13 à 18 ans, très motivés et ayant envie de vivre une aventure collective exceptionnelle de 10 mois !».
Si vous en connaissez, n’hésitez pas à faire suivre!
Comme d’habitude, le projet et le trajet sont sur le site.

Christophe DASNIERE pour Grandeur Nature.
Secrétariat: 152 grande rue haute 34200 Sète - Tél : 04 67 43 25 64
Site:www.grandeurnature.org - Emailgrandeur_nature@yahoo.com

 

5 novembre 2015

- Deuxième lettre 2015/2016, de l’association Grandeur Nature -


Bonjour, adhérents et amis.

Alors, les travaux… Et bien nous avons commencé !


Avec l’aide d’anciens et de nouveaux «Grandeur Naturiens »
nous avons commencé le carénage : Thierry et Gséb ont démonté et sorti les moteurs pour apporter les inverseurs à l’atelier de mécanique.
Ils ont aussi démonté le rail de Grand Voile. Morgane et Kélig ont commencé à poncer les coques.

nous avons commencé le carénage : Thierry et Gséb ont démonté et sorti les moteurs pour apporter les inverseurs à l’atelier de mécanique.
Ils ont aussi démonté le rail de Grand Voile. Morgane et Kélig ont commencé à poncer les coques.



 Avant cela, avec Jacques nous avions démonté les hélices du bateau , la barre et son système de roulement qui avait rouillé et enlevé un des filet avant, que nous devons changer (après).
Et avec Hélène, nous avions fini de vider et de ranger le bateau pour qu’il soit prêt pour les travaux…





La réparation du dommage du pont n’a pas pu commencer car les experts des assurances n’ont pas validé le devis que nous a fait NaviBois. Ils essayent de trouver moins cher ailleurs! Depuis plus de 3 semaines !

Alors nous avons passé 3 jours à faire leur boulot pour essayer de faire démarrer les travaux… (aller d’un chantier à l’autre, faire des courriers, rappeler tous les experts, l’architecte, etc.).
Comme l’histoire n’est pas finie, je ne m’étendrai pas plus, je vous raconterai cela en détail la prochaine fois !



C’est toujours un plaisir de revoir les zamis (Morgane, Gséb et les enfants), mais aussi Paul qui était de passage à Sète en bateau, ou d’avoir de vos nouvelles...
Alors , je vous relance sur l’idée d’organiser un rendez-vous l’année prochaine pour les 20 ans d’expéditions et les 25 ans de l’association, il faut décider « quand et où ». Je suis toujours preneur d’idées sur la forme que pourrait prendre cette rencontre, mais j’aimerai que cela se passe pas loin du bateau… Et entre fin août et début septembre…




Concernant la prochaine expédition de 10 mois, nous allons réunir la plupart des encadrants mi-novembre pour une session « travaux & brain storming » pour réfléchir ensemble aux périodes et équipes qui fonctionneront en relais…


Ce qui me conduit à vous solliciter, de nouveau, car nous lançons le recrutement des jeunes « de Famille » pour ce projet !
La petite annonce est la suivante : « Cherchons jeunes de 13 à 18 ans, très motivés et ayant envie de vivre une aventure collective exceptionnelle de 10 mois ! ».
Si vous en connaissez, n’hésitez pas à faire suivre !
Comme d’habitude, le projet et le trajet sont sur le site.

J’attends toujours les cotisations pour l’adhésion 2015/2016, de ceux qui ne l’ont pas encore fait !

PS :  Pour ceux qui souhaitent suivre les nouvelles aventures du capitaine Sparagano et son équipage, leur blog : http://blog.shosholoza.free.fr/


Christophe DASNIERE pour Grandeur Nature.


Secrétariat: 152 grande rue haute 34200 SèteTél : 04 67 43 25 64

Site:www.grandeurnature.org - Email: grandeur_nature@yahoo.com

20 septembre 2015

- Première lettre 2015/2016, de l’association Grandeur Nature -


Sète, le 20 septembre 2015.

Bonjour, adhérents et amis.

L’AG s’est donc déroulée samedi dernier au théâtre de la Mer, nous étions une cinquantaine : Une bonne partie de l’équipe de GN, le CA, des anciens, des parents, des amis, des familles venus nous rencontrer…
Tout cela dans le cadre du théâtre de la mer, qui est un bel endroit…

Nous avons parlé de la dernière expédition, surtout de la spécificité de notre projet qui mélange jeunes « de famille » et jeunes sous tutelle de l’ASE. Mais aussi des difficultés de « l’après voyage » pour certains jeunes.
Quand l’AG ne coïncide pas avec un départ d’expédition, elle sert surtout de lieu de rencontres et de discussions, entre de nouveaux adhérents, des futurs partants et des anciens ainsi qu’avec toute l’équipe de GN.
Nous avons donc très peu parlé du côté merveilleux (le diaporama de fin de journée suffit pour cela) de nos voyages, et plus du travail concret avec les jeunes, mais aussi du combien ça coûte (voir compte-rendu de l’AG ci-joint).
Nous avons aussi discuté des projets de l’association pendant l’année qui vient (mais c’est aussi dans le compte-rendu de l’AG)…
J’ai soumis une idée, d’organiser quelque chose pour fêter les 20 ans d’expéditions de GN, un moment festif qui puisse réunir un maximum de ceux qui ont participé à l’aventure de Grandeur Nature ! Bien sûr il faudrait en fixer la date assez rapidement pour qu’il y ait du monde ! Alors j’attends vos idées et vos propositions !

Le vendredi avant l’AG nous avions eu la visite du juge des enfants du Vaucluse qui nous confie des jeunes depuis 2002, il avait souhaité rencontrer l’équipe de GN, mais il ne pouvait pas être présent à l’AG, nous avons passé 4 heures à discuter avec lui. Une rencontre très intéressante, et seulement la deuxième fois que nous rencontrons un juge qui travaille avec nous, en 20 ans ! Nous avons ensuite terminé la journée avec une partie de l’équipe (7 encadrants sur 9) pour un bilan de l’année écoulée.
Et nous avons continué ce travail de réflexion, le dimanche matin, avec en plus 3 encadrants « potentiels » pour la prochaine expédition (2016/2017), car c’est un des « chantiers » de cette année sans expédition que de former une nouvelle équipe, avec quelques nouveaux encadrants.


Lundi, nous avons sorti le bateau de l’eau en profitant qu’une partie de l’équipe était présente, avec pas mal d’appréhension car il y avait du vent et le grutier était un jeune nouveau…Mais tout c’est bien passé, nous avons démâté, puis posé le bateau sur son aire de carénage. Nous avons gratté la coque qui était pleine de coquillages.
En fin de journée, nous étions en train d’aider Denis (l’architecte de GN) qui déplaçait un catamaran à un ponton, quand nous avons entendu un gros bruit.
Le bateau qui était juste devant nous, un vieux gréement en bois venait de perdre son grand mat, qui a cassé net à la base et s’est effondré sur notre pont de toute sa hauteur !
Vous n’imaginez pas ce qu’un mât en bois de plusieurs centaines de kilos peut faire sur un pont en bois, maintenant moi je le sais !
Pont explosé, capot éclaté c’est le spectacle qui nous attendait, mais ce n’était rien par rapport à l’intérieur de la coque ! Barreaux de pont éclatés et tombés, épontille cassée, ect. (je met quelques photos sur le blog : http://www.flickr.com/photos/grandeurnature/)


Bref un gros coup dur qui sert le cœur ! Bien sûr les assurances vont prendre le relais, nous avons l’expertise prévue le 9 octobre, mais de voir le bateau dans cet état nous à rendu malade !


Par chance personne n’a été blessé ¼ d’heure avant nous étions sur le bateau et là il  aurait pu y avoir des victimes, voir des morts.
Donc je me console en me disant que ce n’est que du bois, et que nous  avons 6 mois pour réparer !

Voilà, bien sûr nous vous tiendrons informé de la suite des événements !

Christophe DASNIERE pour Grandeur Nature.

Secrétariat: 152 grande rue haute 34200 Sète - Tél : 04 67 43 25 64
Site:www.grandeurnature.org - Email: grandeur_nature@yahoo.com

29 août 2015

L'AG de GN le 12 Septembre à Sète


Bonjour, à tous,

L’assemblée générale de ”Grandeur Nature ou la parole des enfants” aura lieu le samedi 12 septembre 2015.
Le lieu: à Sète. Au théâtre de la Mer (Salle Tarbouriech).
Il y a un parking pour se garer à côté.
Apportez de quoi manger pour le samedi soir pour un pique-nique collectif à partager sur place.
Le rendez-vous précis est entre 13h30 et 14 heures.   



Le programme:
Samedi de 14 h à 19 heures : Assemblée Générale

- Bilan de l’année écoulée.
- Rapport moral et financier.
- Diaporama sur «l’expédition 2014-2015».
- Nos projets en 2015/2016 et 2016/2017 (expédition ?).
- Élection du Conseil d’Administration.
- 20 heures - Repas du soir ensemble.


       

28 juillet 2015

Ils sont rentrés...chez eux!



Et voilà, cette fin de semaine les jeunes ont retrouvé leur famille.
Tout le monde était là, chez Denis et Iseult, le chantier où le bateau a été construit, il y a plus de 20 ans...





Merci à tout ceux qui sont venus, nous étions près de 80 personnes. Un grand merci aux parents d'avoir fait de ce retour une fête avec vos cadeaux surprises (même la chanson!) ! 


Vous êtes tous de belles personnes!



C'est fait, cette aventure est terminé, maintenant ont passe à autre chose, et un nouveau départ pour Grandeur Nature en 2016...

20 juillet 2015

Dernière escale avant Sète

Et voilà, c'est la dernière escale avant le retour à Sète, ils sont à Cadaquès pour 3 jours de Bilans individuels et collectifs sur les 10 mois d'expédition... Ensuite viendra le temps des "adieux" et des retrouvailles.

12 juillet 2015

Dans le détroit de Gibraltar

La boucle est bouclée le bateau rentre en Méditerranée.
Ils sont dans le détroit de Gibraltar, avec du vent dans le nez (Est) pas trop fort, mais qui ne va pas changer dans les jours qui viennent!
Les joies de la navigation en Méditerranée, au près ou au moteur!


10 juillet 2015

Navigation vers le détroit de Gibraltar

le 09/07/2015 - 14h35. 
Leur position : 36°24 N. 15°34 W. 
Ils avaient du vent de Nord de 12 nœuds et ils avançaient à 6 nœuds cap au  80°.

5 juillet 2015

Nouvelles des Açores par Michel et Anaëlle.

Après 19 jours et 7 h de navigation, nous arrivons avant la nuit tombée à Flores et nous mouillons devant le port. La tradition est respectée: le capitaine paie sa tournée à l'équipage qui l'a bien mérité. Le lendemain nous découvrons que nous avons des copains dans la place puisque nous retrouvons  Colombine et Libertad que nous avions croisés à Cuba. On sympathise avec de nombreux voiliers: Tuva'ou et Tortuga. Jeanne, 16 ans, qui voyage avec ses parents sur Tuva'ou viendra manger le poulet-frites promis par LN à tout l'équipage. Il y a d'ailleurs sur Libertad et Tortuga de fameux chasseurs qui nous ravitailleront en poisson, ce qui nous met un peu de baume au coeur puisque nous avons perdu deux énormes dorades coryphènes (Moussa avait failli en pleurer).

Ensuite c'est le départ des randos sur une île magnifique. Les jumeaux (Dayan-Kaïs), Jade et LN sont partis chez Camille faire du fromage et se balader avec elle. Aude, Phil et Anaëlle ont fait le tour de l'île à pied et en stop. Seb et Moussa sont partis à la journée faire des balades et Michel est resté au bateau pour bricoler: réparation grand-voile (coulisseau, sangle et lattes à changer, bosses de ris à remplacer, etc.) Conclusion des randos: ça fait du bien de voir du vert et de manger du fromage, les Açores c'est des vaches partout et des hortensias bleus et blancs à foison, du fromage et des soirées avec des copains de rencontre. Seb, Moussa et Michel se feront une soirée sardinade pas très loin de Florès. Il y retrouveront Camille, la copine d'LN, qui se révèlera être une bonne guitariste et une fameuse chanteuse. L'escale se terminera le 21 juin par la fête de la musique où tous les équipages se retrouvent sur la plage pour un grand barbecue de poisson le soir. Chacun apporte ses instruments de musique, et c'est parti pour un concert improvisé: Simon de Libertad à la guitare, Jeanne et Noémie de Tuva'ou au violon, un Chilien au djembé, et un vieux luthier portugais nous régalera - avec une guitare à 16 cordes- d'airs de fado, et tout le monde chante (plus ou moins juste).
Le lendemain on largue les amarres pour l'île de Faïal, en même temps que l'Outremer 45, Tuva'ou et 3 Mélodies.C'est la régate avec l'Outremer 45, nous sommes devant pendant deux heures puis il affale son génois pour mettre son "gennaker", et nous passe devant. On arrive dans le port de Horta au petit matin,  Tuva'ou nous a mis 2h30.

Les randos démarrent assez vite: Michel, Dayan, Phil et Anaëlle partent pour une rando "warrior escalade" sur le Pico. Moussa et Aude sont partis à vélo sur Faïal, Kaïs et LN ont fait pareil. Jade et Kaïs doivent être au bateau le 25 juin pour l'arrivée de M. Chaillou (responsable ASE de l'Essonne).
Horta, c'est aussi une peinture que chaque bateau doit laisser comme trace de son passage, sur les murs du port. Seb restaure une ancienne fresque de GN, qui est complétée chaque année avec les noms des nouveaux équipage. Anaëlle est bombardée créative en chef pour la nouvelle peinture (soulignons qu'elle fait L. option arts plastiques). On fait comme tout le monde, on récupère les pots de peinture entamés laissés par les équipage ayant terminé leur peinture.
Horta, c'est aussi une escale obligée pour tous ceux qui "transatent", et c'est donc l'occasion de revoir tous ceux qu'on a croisés pendant l'expédition: soirées pasta, soirées guitare, soirées discussions  sur les bateaux des uns ou des autres. Horta c'est aussi le Peter's Café Sport, véritable institution connue dans le monde entier, où Anaëlle en vieux loup de mer recevra son courrier. Le lieu a bien changé tout de même et s'est sacrément embourgeoisé, aux dires de Michel qui y était passé il y a 34 ans. Le bar à matelots est devenu un bar assez branché.
Les bateaux de nos copains s'en vont les uns après les autres et nous fermons la marche, en partant à notre tour le 1er dans la matinée pour l'île de Sao Miguel, où nous devons récupérer Miren le 4 au soir. L'équipage a voté pour raccourcir d'une journée l'escale à Horta afin de rallonger d'autant celle de Sao Miguel.

150 milles plus tard nous arrivons sur cette nouvelle île au petit matin, nous avons filé pendant 18h avec le vent portant, prises de ris en prévision des 30 noeuds de vent annoncés, affalage du yankee au petit matin pour ne pas filer trop vite et éviter de se prendre un casier, mais GN est toujours aussi difficile à freiner. Nous pensions nous mettre au mouillage mais le port de Ponta Delgada n'est pas comme celui de Horta: impossible de mouiller dans son enceinte. Nous accostons donc sur un Katway avec 30 noeuds de travers, mais l'équipage est au point. On ne perd pas de temps, on décide de partir en rando dans l'après-midi, sauf Michel qui doit rester pour réparer le moteur tribord qui nous a lâchés dans la traversée, et rendre réellement étanche tous les panneaux avant que ne poussent des champignons dans les coques.

Seb, Jade et les jumeaux partent sur Furnas et ses piscines naturelles d'eau chaude, pendant qu'LN, Phil et Anaëlle partent dans le cratère de Sete Cidades. Moussa et Aude partiront le lendemain matin pour une rando plus courte du côté de Furnas aussi.
Michel ayant fini son boulot en 2 jours se fera une rando scooter le 3ème, pour voir les lacs de "Séte Cidades".


C'est donc en scooter qu'il ira chercher Miren à l'aéroport, laquelle a une phobie des deux roues depuis un accident de moto qui date de 1989.
Retour des randonnées, où chacun raconte ses aventures autour d'une tisane et de délicieux cannelés que Miren nous a apportés. Départ Aujourd'hui pour le détroit de Gibraltar, avec un anticyclone bien installé sur les Açores et une dorsale qui se prolonge assez à l'est, ce qui augure un début de traversée assez lent.
Les Açores resteront pour nous une escale heureusement très riche, avec assez de frustrations pour donner à tous le goût d'y revenir. c'était une escale de marins où nous nous sommes sentis parmi les nôtres. Até logo! 

Michel et Anaëlle.

20 juin 2015

Récit épique d'une traversée de l'Océan Atlantique Nord par Hélène et Jade


Chers amis et familles,

Nous voici enfin arrivés à Florès, la première île des Açores en arrivant de l’ouest. Nous y resterons quatre ou cinq jours avant de partir pour Faïal. Voici donc le récit de notre traversée, en espérant vous faire rêver d’aventures dignes de grands romans.

Nous partons le 29 mai le Nassau aux Bahamas, où nous avons préparé la traversée (courses, lessives, travaux d’entretien etc.). Michel décide de nous éviter une première journée de nav trop difficile et prend donc l’option ouest : nous partons dans le sens opposé de notre destination pour suivre le vent et le courant, sensés nous remonter le long de la Floride sans effort, avec trois nœuds supplémentaires  pour nous porter comme sur un tapis roulant.

Jours 1,2,3
Hélas, le courant n’est pas au rendez-vous et  le vent nous fait cruellement défaut. Nous voici empétolés sur une mer d’huile, magnifique mais nous n’avançons pas. Qu’à cela ne tienne, on profite du beau temps pour faire nos petits rituels de muscu, yoga, glandage au soleil, guitare, lecture, etc.…On se baigne à la traîne et mémé radote dans sa barbe « profitez, mes mignons, vous allez voir quand y aura baston ». Mais personne ne prête plus attention à cette vielle folle qui ressasse sans cesse ses histoires de traversées galères d’un temps jadis.

Jours 4,5,6
Ah, la pétole, c’est  vraiment plaisant, on peut  profiter du temps qui passe, hein ? oui, oui, mais, dis-moi, est-ce normal qu’on ait déjà bouffé dix kilos de riz alors qu’on est partis depuis trois jours ? ah, non, pas vraiment. Faudrait peut-être qu’on fasse une liste de rationnement. Mmh, on va y penser.   En attendant, on est au moteur on fait du nord-est et l’on attend le vent de la dépression qui doit nous passer dessus, ou devant ou derrière, on ne sait pas trop.

Jour 7,8,9
Regardez, les enfants, des cirrus. Ça, c’est bon signe, ça veut dire qu’on va bientôt avoir du vent. Ah, faut  déjà réduire la voilure ? Mince, bon, ben réduisons alors, c’est vrai que ça souffle pas mal déjà.


Le huitième jour, on est officiellement en baston. La vieille jubile « ha, vous faites moins les malins maintenant, bande de rigolos »,   il faut dire que la baston, c’est quelque chose, mais la baston au près, c’est vraiment éprouvant. On est trempés, on a froid, le bateau est sans dessus dessous et tout est mouillé.et ça dure, et ça dure. Quatre jours, c’est pas une éternité lorsqu’on peut dormir le soir dans un lit bien chaud et au sec. Mais en mer, c’est du 24h/24, tout est trempé et on ne se repose même plus lorsqu’on en est à ramper dans un duvet mouillé et grelotter jusqu’à s’endormir. Du coup, le temps s’étire.
Le moral des troupes tient assez longtemps, mais on fait l’apprentissage de l’économie de soi. C’est vraiment chouette de faire attention aux autres et de les soutenir pendant leurs quarts de barre et de nuit. Tout le monde est aux petits soins avec tout le monde, mais il faut bientôt en obliger certains à aller se coucher et à changer de vêtements au moins pour aller dormir. On réussit quand même à fêter l’anniversaire de Séb avec une superbe tarte au citron meringuée qui échappe de peu aux embruns. On a mis une bougie pour la forme mais inutile de dire que le vent ne nous permettait pas de l’allumer. C’était une belle bravade du temps.
Jade ne sera pas autorisée à rester sur le pont quand ça mouille à cause de sa blessure au doigt qui n’a pas fini de cicatriser. Et ça a mouillé pendant des jours et des jours, ce qui fait qu’elle a été un peu à part pendant les jours de mauvais temps. Le reste de l’équipage avait à peine le temps d’aller la voir dans sa cabine et de l’appeler pour manger.
Les repas se font en deux ou trois temps : un premier groupe retire son équipement : ciré et harnais, le pose en un gros tas mouillé dans la descente et s’installe à table. On mange d’abord et l’on boit ensuite, car il faut toujours une main pour tenir son bol sinon ça vole. On se croirait dans un monocoque ! Pendant ce temps-là, le barreur reste dehors avec une ou deux personnes pour lui tenir compagnie. À ce stade, tenir compagnie ne veut plus dire faire la conversation, c’est plutôt être assis là, pas loin, la tête baissée pour éviter les embruns et demander de temps en temps « ça va ? tu veux que je te remplace ? » C’est vraiment tout ce qu’on trouve à se dire mais c’est gentil et ça compte.
Ensuite, le groupe qui a mangé remonte et l’on recommence la procédure avec ceux qui viennent manger. On refait un tas de cirés mouillés, on mange en tenant son bol, on boit quand on a une main de libre et l’on prend un peu de chaleur avant de remonter. Ceux qui sont de cuisine ont la chance de passer plusieurs heures au chaud.


Jours 10,11,12
Enfin, la baston se termine !  On sort les matelas, les cirés et les trucs mouillés  au soleil qui réchauffe les os et les cœurs. On s’allonge sur le pont, on fait même un peu de lecture collective, de yoga... les activités qui nous semblaient banales avant mais qui maintenant relèvent du pur luxe. Un quart de nuit étoilé, une conversation légère ou même sérieuse avec son coéquipier, barrer avec les pieds, des petits plaisirs qui ont une saveur différente maintenant.
Les repas sont à présent  strictement réglementés : c’est pas qu’on va manquer de bouffe mais il faut obligatoirement faire une soupe par jour pour utiliser les aliments qui font moins envie que les pâtes et le riz : du chou, du chou, des haricots et surtout du chou. On râle un peu, mais on s’y fait. On se promet un méga poulet frites en arrivant, on rêve de pain et de fromage en sirotant notre énième soupe au chou.
Mais la vieille folle recommence à marmonner ses incantations superstitieuses.  « Faudrait voir à voir » qu’elle dit. Qu’est ce que cela signifie ?

Jours  13,14,15
Et voilà, ça re-souffle ! heureusement, cette fois-ci, on est au portant. C’est beaucoup moins pénible. Ça mouille moins et l’on voit Jade plus souvent . il faut bien barrer car la houle monte vite à six mètres de hauteur et l’un d’entre nous ( nous tairons le nom car il y a déjà litige sur qui est le meilleur du monde) réussit même un surf à plus de 20 nœuds. A cette vitesse, c’est pas que ça mouille, c’est qu’on a transformé le bateau en sous marin, la mer passe carrément au-dessus. On réduit peut-être ? ah, trop tard, on pète la bosse de ris pendant la manœuvre. Du coup, au lieu de prendre un ris, on est obligé de prendre le deuxième. C’est un signe du ciel (faites donc taire la vieille !) car à peine finie la manœuvre, on se retrouve avec 40 nœuds de vent  et l’on est bien contents de ne pas avoir à réduire à nouveau dans ces conditions devenues vraiment dignes de récits de bar !
Ca mouille moins mais c’est toujours éprouvant, on se dit qu’on a de la chance de ne plus être au près et l’on fait enfin des moyennes journalières dignes de ce nom. Plus de 200 milles par jour. On commence le compte à rebours avant de voir la terre.
Mais le vent vire doucement et s’ensuivent les jours de baston au travers. À ce stade, les narratrices s’aperçoivent qu’elles ont perdu le compte exact des jours, mais pour les besoins de l’histoire, elles vous demanderont de les croire sur parole.

Jours 16,17,18
Alors, la baston au travers, c’est vraiment la plus éprouvante pour les nerfs. On ne tient plus debout, tout se casse la figure, le barreur est sans cesse en lutte contre les vagues qui font encore trois ou quatre mètres et qui envoient le bateau valdinguer dans tous les sens.  Mais bon, on file et l’on se moque bien à présent des trois cents litres d’eau qui rentrent dans le cockpit. On se moque moins des cent cinquante qui parviennent à descendre dans le carré, mais on a dépassé le stade d’éponger quand l’eau rentre. Maintenant, on nage jusqu’à sa bannette et c’est tant pis.
On compte les milles, ça nous occupe. On arrive bientôt ? oui, oui. On sent bien que le fromage, le pain et le poulet frites ont envahi l’imaginaire de tous.

Jour 19
« Le premier qui voit la terre, je lui paye un coca » tiens, la vieille se réveille.  Alors aujourd’hui, personne ne va faire sa sieste, tout le monde veut barrer debout et guette l’horizon. 
Vers 15h, Anaëlle déclare que c’est elle qui gagne. Bon, on fera semblant de la croire . Mais dis donc… C’est-y pas qu’elle a raison ?
Ça fait drôle de ne plus avoir l’horizon au 360. On regarde l’île se dessiner et on rêve déjà aux randos. Inutile de rappeler que le repas d’arrivée est le thème principal.
Mais on aura déjà dîné à l’heure de jeter l’ancre dans la baie de Lajes.
Nous sommes de vrais marins, nous avons bravé l’océan dans toutes ses conditions et nous sommes fiers de pouvoir nous pavaner sur les quais en racontant nos histoires de mer qui deviennent de plus en plus épiques à chaque fois qu’on rencontre quelqu’un de nouveau pour écouter nos sornettes de vieux loups de mer qui ont fait la traversée « en baston ».                                      Hélène et Jade


16 juin 2015

Demain ils seront arrivés!

Leur position aujourd'hui à 14 heures GMT, 39°15 Nord 
36°57 Ouest, cap plein Est avec un vent de Sud à 37 noeuds.


15 juin 2015

Position du bateau le 15 juin

Le bateau était par 39°15 Nord et 41°45 Ouest à 14 heures GMT. Ils ont du vent de Sud à 30 noeuds et font route vers Florès où ils devraient arriver Mercredi...

13 juin 2015

la position du bateau le 13 juin à 14 h GMT

La position du bateau en ce samedi 13 juin, est la suivante: 38°40 Nord et 52°14 Ouest, ils ont du vent d'Ouest à 15 noeuds et ils font route au 75, vers l'île de Florès.
Ci-dessous la situation météo des prochains jours.


11 juin 2015

La position du bateau le 10 juin

Alors, à 14 heures GMT ils étaient par 35°40 Nord et 57°38 Ouest, ils avaient un vent de NNW 10 noeuds et faisaient route au cap 70°.




9 juin 2015

la position du bateau le 08 juin


Le bateau était par 36°14 N et 62°02W, ils avaient du vent d'Est 15/20 noeuds et faisaient route au NNE! Ils sont sous la pluie depuis 3 jours. Le vent devrait tourner demain...

5 juin 2015

DES ETRES HUMAINS A PART ….ENTIERE


Chers parents et amis et autres personnes concernées.

Je devais vous raconter la journée de je ne sais plus quand, où nous étions je ne sais plus où. Je peux vous dire qu’il y avait du soleil, que nous étions sur la mer turquoise des Bahamas et qu’il faisait très chaud. Voilà, vous en savez autant que moi sur le décor. Non, je ne suis pas blasée et chaque jour qui passe, je me félicite d’avoir saisi la chance de travailler pour GN. Mais j’ai plutôt envie de vous raconter comment vont les enfants.
Christophe et parti, Seb est arrivé et nous avons repris la mer. Nous faisons de l’Est à présent. Nous rentrons au bercail. Certes, il reste encore plus de 10 semaines à vivre ensemble et pour la plupart des adultes, l’aventure reste encore à venir, mais pour moi, nous avons déjà entrepris de ramener les petits à la maison.
Voici donc un aperçu de leur devenir, de leurs transformations. Ce point de vue n’est que le mien mais ça tombe bien, c’est mon texte.

Quand Kaïs est arrivé à bord, c’était un petit garçon avec des soucis bien précis en tête et d’autres beaucoup plus obscurs. Lui-même ne savait pas trop ce qu’il avait et par où se prendre. Il avait beaucoup de besoins et de demandes vis-à-vis d’adultes à qui il ne s’autorisait pas à faire confiance, même si on vivait à ses cotés jour après jour.
Aujourd’hui, c’est un grand gaillard, il faut souvent se rappeler (et lui rappeler aussi) qu’il n’a que 14 ans. Il a bien travaillé sur les points qu’il était venu affronter. Il a découvert des côtés de lui qu’il ne connaissait pas- des bons, des mauvais…
Un être humain à part entière, quoi !
Il apprend doucement à accepter ses faiblesses puisque c’est la seule façon d’en faire une force. Je lui souhaite de ne jamais oublier combien il est heureux et épanoui lorsqu’il est bien entouré, lorsqu’il ne garde pas ses soucis dans son sac, qu’il a quelqu’un à qui en parler et qu’il ne les occulte pas, comme nous avons le plaisir de le voir en ce moment, jour après jour. J’ai l’intention de l’aider à consolider ce bien-être au maximum pour qu’il ait plein de réserves dans la suite son odyssée à terre.



Philémon, lui, est arrivé à bord avec zéro souci. Juste envie de faire du bateau et de ne pas aller à l’école. Il n’avait pas réfléchi à ce que cela implique de vivre en collectivité pendant près d’un an. En tous cas, c’est ce que je crois. Il a donc découvert les décisions collectives, l’inertie de groupe, la nécessité de s’exprimer clairement si l’on veut être entendu, les efforts que demande chaque petite chose du quotidien quand on est 10 voire 11 à vouloir quelque chose de différent et de pas précis. Sa gentillesse a été un bon atout pendant qu’il faisait l’apprentissage parfois douloureux de codes sociaux qui lui sont pour la plupart complètement étrangers. Aujourd’hui, je le vois riche d’une expérience qu’il n’avait pas du tout prévu de vivre, en plus de celle qu’il attendait (naviguer, pas d’école, le voyage) : il vit avec un groupe d’amis, il rit avec eux, il pleure à cause d’eux, il a du plaisir à faire des choses avec ces amis, il s’autorise à s’engueuler avec eux (surtout moi) quand il n’est pas content, il apprend à réfléchir à ce que les autres ressentent (pas trop, quand même, c’est un ado !) il grandit plus sage et plus enjoué. Ah, bien sûr, on a définitivement renoncé à améliorer le niveau de ses blagues pourrites ( oui, Miren, j’ai bien dit pourriteuh), mais il semble qu’il soit tombé dedans quand il était petit. Alors on rit, même quand on ne comprend rien, parce que c’est quand même très drôle. Je suis sûre qu’il aura du plaisir et de l’intérêt à avoir un cercle d’amis à l’avenir. Des gens qui ne sont pas forcément d’accord avec lui mais qui font grandir car on compose avec l’autre. Un être humain à part entière, quoi !



Dayan, lui, c’est le roi du compromis. Au début du voyage, il était incapable d’avoir un avis sur quoi que ce soit. Il se laissait bouffer par les autres avec un fatalisme qui nous faisait de la peine. Heureusement qu’il a beaucoup d’humour, ça le sauvait d’un malheur certain ! C’est une bonne pâte, il est obligé de ne pas s’énerver et de subir les conflits sans broncher ; que ces conflits le concernent ou pas d’ailleurs, ça l’affecte beaucoup mais il ne se défend pas. Il s’est construit comme ça. En dehors des conflits, il respire mieux, il rigole tout le temps, il est le réservoir de bonne humeur du bateau. A présent, il a commencé à se plaindre quand quelque chose le dérange. Quand le sans-gêne des autres dépasse une certaine limite, il arrive enfin à le dire. J’aimerais qu’il fasse plus, qu’il se batte (non ,pas avec ses poings mais avec des mots) mais je comprends que c’est quelque chose que vraiment, vraiment, il ne veut pas se résigner à faire. Alors il fait sa vie, il vit son aventure à fond, il s’éclate avec son pote Kaïs et il ne se laisse pas embêter avec les petits tracas, les joutes verbales, les actes d’égoïsme et autres inconvénients que représente le côté humain de notre aventure. Il a de belles boucles blondes qu’il veut absolument couper, c’est le sujet de nos disputes à nous (j’abuse allègrement de mon autorité d’adulte pour interdire tout coupage de cheveux à bord) il s’éclate avec son pote Kaïs (comment ? je me répète ?), il réfléchit au retour en essayant de ne pas trop stresser sur les compromis à venir. J’envisage sérieusement le recours aux méthodes subliminales pour le convaincre de ne pas s’en faire, que sa vie, c’est lui qui la choisit, que c’est normal de ne pas savoir ce qu’on fera dans 10 ans et que surtout, faut pas se laisser emmerder.



Jade n’a pas eu le temps de se préparer au voyage, puisqu’elle n’a su qu’une semaine avant le départ qu’elle en était. Alors, bien sûr, elle l’a pris, ce temps de préparation. Elle l’a pris pendant que les autres se mettaient déjà au travail. Elle a traîné derrière pendant un moment, avec les « boulets » c’était plus confortable. On n’attend moins des « boulets » (on nous a reproché plusieurs fois d’utiliser ce terme de boulet. Il aurait fallu ne pas leur dire en face qu’on les traitait de boulet, c’est pas le genre de la maison)
Et puis, Chloé est partie. Jade n’a plus été en mesure de se vérifier par rapport à ce que j’appelle la boussole sud : le cap à ne pas tenir. La thèse du « je ne fais pas pire que l’autre alors foutez-moi la paix » s’est écroulée. On a été sur plus sur son dos, qu’elle fait de moins en moins rond, je note au passage. A force de l’obliger à parler en vrai, de ne rien accepter d’elle de moins que la vérité, il me semble que nous sommes en train d’amorcer une conversation sérieuse sur les raisons qui l’ont amenée ici.  Bien sûr, les responsabilités sur ce qu’a été son passé sont à distribuer largement autour d’elle, mais elle seule a la responsabilité de son avenir. Et l’avenir se met en place aujourd’hui. Pas demain, pas plus tard, quand tout ira mieux. Aujourd’hui, tout de suite, dans le plus petit des actes quotidiens. Avec ma façon très abrupte de parler de sujets profonds et mon « intelligence du cœur » qui parfois frise la connerie, je me dispute souvent avec Jade. Mais aujourd’hui plus que jamais, j’ai l’impression d’avoir un vrai dialogue avec elle. Nous arrivons enfin à parler du travail à faire. A faire en vrai. Alors au boulot, cocotte, il reste encore assez de temps pour faire une vraie différence.


Anaëlle est ma meilleure amie à bord et je lui fais une confiance totale pour tout. Aussi dois-je faire un effort particulier, tous les jours, pour ne pas être trop bienveillante à son égard, car nous détestons l’injustice plus que tout. Heureusement, elle aussi est un être humain à part entière et je trouve presque autant de choses à redire sur elle que sur les autres.
L’Anaëlle qui est montée à bord était la représentation de l’enfant modèle, celui que tous les parents rêvent d’avoir : polie, obéissante, pas exigeante, effacée, responsable, serviable, gentille, attentionnée, toujours d’accord avec tout le monde, même quand elle n’était pas d’accord. Toujours occupée à faire le bien autour d’elle, à prendre soin des autres…rien qu’à la décrire, j’étouffe.
Puis elle a commencé à franchement s’amuser. A vivre à fond, pour elle, pas pour les autres, d’ici et d’ailleurs. Elle a cessé de se soucier de ce que voulaient les autres. Elle s’est mise à dire quand quelque chose ne lui convenait pas, quand les autres l’ennuient. Elle n’est pas apaisée, assagie, calmée comme elle avait prévu d’être à son retour. Elle est vivante, à fond dans sa vie, avec mille projets qui se télescopent. Elle a pris son envol et nous ne sommes déjà plus qu’un perchoir où elle revient manger et dormir. Parfois, elle étouffe de vivre en groupe, parfois, elle rayonne à la tête de sa horde de garçons. Elle aura la force de ne rien laisser flétrir de cette envie de tout qu’elle laisse enfin s’exprimer. Enarque ou bien voltigeuse, peu importe, pourvu qu’elle ne doute plus jamais d’elle-même.


J’ai gardé Moussa pour la fin, bien sûr. Je revois sa mère en pleurs sur le quai d’Alger qui me crie alors que les amarres sont déjà larguées « prends bien soin de mon bébé » j’en ai encore les larmes aux yeux aujourd’hui. Ma chère Kaïma, ton fils est en bonne santé, il n’a jamais eu faim ni froid, il n’a jamais été en danger et nous veillons à son confort nuit et jour. Mais c’est bien la seule promesse que j’aie pu tenir. Moussa n’a pas grandi, il ne veut pas. Il a même réussi à rester petit dans son corps, ses vêtements lui sont toujours trop grands. Il passe le temps assis à regarder passer le voyage. Parfois même, il ne regarde même pas. Il se cache derrière ses cheveux et secoue la tête. J’ai l’impression qu’il dit « non, non, je ne grandirai pas ». Il fait ça souvent. Il dit même qu’il ne comprend pas ce qu’on attend de lui.
Je suis passée par tous les stades : l’affection, la colère, le rejet, l’indifférence, le questionnement, la bienveillance, la frustration. Je suis sûre que tu comprends certains des sentiments que j’éprouve pour ton fils. Mais aucun de mes différents états d’esprit ne m’ont permis d’éclaircir le mystère : pourquoi Moussa est-il bloqué dans le corps et l’esprit d’un enfant de huit ans ? Pourquoi met-il en échec presque toute forme de progression ? Lui-même est incapable de verbaliser quoi que ce soit et nous répond toujours « bé, je sais pas »
Je n’arrive toujours pas à discerner le manque de volonté du manque de capacité, la mauvaise foi de la réelle difficulté, et bien que je sois l’adulte qui le connaît depuis le plus longtemps à présent, et si je mets de côté la colère qu’il suscite et moi et l’apitoiement qu’il force chez tous, je suis toujours incapable de décrire ce dont Moussa a besoin et ce dont il est capable. Je sais juste qu’à 10 semaines de la fin du voyage, il ne s’est pas encore réveillé et que j’attends encore un signe pour que je puisse à nouveau lui tendre la main et faire ce dernier bout de voyage avec lui.


Voilà, chers parents et amis et autres, comment je vois les jeunes alors que nous avons dépassé les 8 mois de voyage. J’espère que ce billet vous aidera à reconnaître votre enfant sur le quai d’Alger, si vous y venez, pour ne pas le confondre avec un autre, parce que sur le plan physique, ils sont plutôt homogènes : bronzés, chevelus, blondis et souriants, alors ne vous trompez pas. Ils se ressemblent un peu plus chaque jour.
Un vrai groupe de Robinson de l’Atlantique que nous vous ramenons ; bien loin des petits soucis de la civilisation européenne. Mais ne sautez pas dans vos métro et voitures pour venir nous voir, nous avons encore des trucs à vivre avant de rentrer. On vous fera signe quand on sera prêts.
Bien à vous
LN