Année 2012-2013

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11 avril 2019

lettre de Luperon. Amélia et Mickaël

Chapitre 1 : Bye Bye Samana.
Hier, Michel nous a rejoins.
Xan est parti.
Ce matin.
Sous la pluie.
« Bienvenido a nuestro nuevo capitan »
« buen viaje Xan »
Nous traversons une dernière fois,
L’eau marronâtre du port de santa Barbara, dans la baie de Samana.
Nous escaladons une dernière fois,
Le pneu écrasé, qui nous permet de monter sur le quai.
Nous saluons une dernière fois, les militaires,
Qui peignent leur bateau, pour cacher la misère.
Un dernier tour au marché aux halles où l’on se ravitaille.
Les patchworks colorés des étales, l’odeur âcre des entrailles,
Des poissons évidés un peu sales, des légumes en pagaille.
Ah ! Nous nous souviendrons de toi Samana !
De tes habitants, souriants, accueillants, bienveillants.
Samana qui pue, qui fait du bruit, qui est pleine de vie.
Samana, tes flaques d’algues vertes fluo, tes moto conchos, tes supermercados en travaux.
Samana et tes vendeurs d’ananas.
A l’arrière des pick-up on claironne « papas ! Cebollas ! »
Comme on entonne une litanie sur une place.
Ciao nos p’tites habitudes aux saveurs d’empanadas de queso y pollo, de batido, de jugo.
Ciao Domingo, notre amigo et son aide précieuse pour aller chercher de l’eau.
Il ne manquait jamais de nous saluer, l’ami
A bord de « chichila » sa barque-taxi.
Good Bye les « whale watching », les baleines vont déserter. Il est temps désormais de
commencer leur ascension.
Cap au nord ! C’est leur direction.
Mais pas toutes en même temps, et heureusement,
Il en reste quelques-unes au banc d’argent.

Chapitre 2 : Au Banc d’argent
Nous revoilà mon cher banc d'argent et c'est la dernière fois que tu vois nos têtes.
Tu nous auras bien fait rêvé d’ailleurs.
Dialogue entre Silver bank (Silver) et la baie de Samana (Sam) :
« - dit, tu n'aurais pas vu un beau catamaran ? Il a quitté mes eaux le 30 mars. Demande Sam.
- Si si, ils sont arrivés le 31 au matin. J'espère que c'est la dernière fois que qu'ils viennent. Il
y a déjà 3 gros bateaux qui me salissent ça me suffit. Répond Silver.
- non tu te trompes, eux ont de bonnes intensions. J'ai même ouïe dire qu'ils ramassaient dès
qu'ils en voyaient, des déchets plastiques dans l’eau.
- ah ouai? Alors ça c'est intéressant tient ! » S’exclama Silver étonné.
Discussion entre deux frégates :
- Hey ! Regarde ce beau bateau! D’après le fou de popol, ils sont grave banchés baleines !
- ah ? Encore des enquiquineurs qui vont embêter les filles avec leurs bruits de moteur ?
- Mais non ! Eux, se déplacent à la voile !
- Ce n’est pas habituel par ici !
- En plus, ils veulent nous étudier et nous protéger, nous, les habitants de silver bank.
Maintenant, ils connaissent bien les baleines. Hier, ils m’ont expliqué pourquoi elles
s’appellent « baleines à bosse ». En fait, c’est quand elles plongent, leur corps fait un arc de
cercle qui ressemble à une bosse à la surface de l’eau.
- Ah bon ?! Ce n’est pas du à leurs petites bosses/capteurs présentes sur leur nez ? ça alors !
- Ils m’ont aussi confié où elles allaient quand elles partent d’ici ! Après trois mois bien au
chaud dans nos eaux, elles remontent vers les eaux froides du nord du Canada où elles
trouvent du Krill et du poisson pour se nourrir.
- ah ! Je me disais bien aussi ! Je ne les vois jamais mangé ici, et je commençais à m’inquiéter
car à part leurs petits, j’ai remarqué qu’elles perdaient beaucoup de poids!
Retour au bateau auprès de nos aventuriers :
Toutes les après-midi, nous sommes de sortie pour aller voir les baleines. Puis partons en
plongée en petit groupe sur les patates de corail, la barrière ou encore le Polyxeni.
Ces belles plongées nous ont permis d’observer pleins de belles choses comme des requins
citrons ou bordé (inoffensifs rassurez-vous !), des poissons perroquets de toutes les couleurs,
des raies aigles, et toutes sortes d’autres poissons et coraux... Et même que nous nous sommes
tous améliorés en plongée !
Il est maintenant venu le temps pour nous de quitter ce bel endroit pour rejoindre de nouveau
la république dominicaine en direction cette fois-ci de Luperon.

Chapitre 3 : Luperon
La navigation jusqu’à Luperon fut calme. C’est au petit matin que nous découvrons des
paysages vallonnés, légèrement brumeux, comme une peinture d’aquarelle que se
dessine à l’horizon. Après un étroit chenal, serpentant dans la mangrove, apparaît la
petite baie de Luperon.
Des vieux bateaux de pêche attendent au quai. D’autres paraissent échoués. Certains le
sont vraiment, le nez dans les palétuviers. Quelques modestes bateaux de plaisance sont
au mouillage le temps d’un petit ravitaillement.
Luperon, c’est une ville hors du temps, aux allures de
western. On y croise des groupes de personnes, en
compagnie de leurs chiens qui rongent des vieux os de
poulet. Tout le monde est assis devant leurs maisons
colorées. Certains discutent, d’autres jouent aux dominos.
Lorsque nous avançons dans l’une des deux uniques rues
parallèles de cette ville, nous atterrissons dans un petit parc.
Le kiosque central accueille nos acrobaties et nos
chorés hip-hop qui suscite la curiosité des
passants et des enfants.
On se délecte d’une glace aux couleurs parfois aussi fluo que les poussins
peints (oui oui vous lisez bien ! cf : la photo).
Une voiture fait cracher ses grosses basses, un homme a cheval passe. Petite
anachronisme qui fait le charme de cette ville.
Nous profitons de cette escale pour accueillir Carmen, notre superviseuse
psychologue et Serge Chaillou, le chargé de mission lieux de vies de l’ASE
Essonne.

L’occasion de faire un point sur les 6 mois passés et de réfléchir à l’avenir.
Nous rencontrons (ou retrouvons pour certains) Luc, un ami de longue date
de l’association qui est propriétaire d’un chantier naval pas très loin de la
ville. Il nous fait découvrir son métier et nous présente Alberto.
Alberto, lui, met en place un projet depuis un an et demi de culture en permaculture sur
les terrains que Luc a acheté autours des chantiers. Leur objectif est de recréer une
biodiversité sur des terres détruites par la déforestation et la présence de trop
nombreuses vaches. Certains d’entre nous vont passer un peu de temps à découvrir et
l’aider dans son activité. Quel bonheur de travailler la terre après tout ce temps passé en
mer !
Encore une fois, nous ne chômons pas et le temps passe vite ! Très bientôt, nous serons à
Cuba, cette île que nous avons hâte de découvrir grâce aux histoires de Christophe et
Michel ainsi que toutes ces choses que nous avons pu lire a son sujet !
Mais ça c’est une nouvelles histoire que nous ne manquerons pas de vous raconter !
Amélia et Mickaël


27 mars 2019

« Nouvelles du Banc d’Argent 2, le retour! »

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« Nouvelles du Banc d’Argent 2, le retour! »
Le 26 Mars 2019


Ici, à bord de l’Agressor II, on aime pas trop ce catamaran blanc qui vient sur le Banc d’Argent en même temps que nous pendant la saison des baleines.
Déjà, il ne sont pas la pour le business, ils ont la prétention de venir rencontrer les baleines dans un but éducatif !
Alors quand on les a vu partir la dernière fois, on a espéré très fort que c’était pour de bon. Malheureusement, le cousin d’un des membres de l’équipage qui fait du « whale watching » à Samana nous a raconté ce qu’ils ont fait là bas.
Déjà, ils ont refait des courses et des pleins d’eau. Et en faisant travailler les adolescents du bord, ces gens n’ont aucun sens de la clientèle ! A moins que ça ne soit pas des clients à bord, mais dans ce cas on ne voit pas trop pourquoi ils s’embêteraient à naviguer…
Le cousin les a vu se gaver sans vergogne de yaourt à boire, d’ananas et d’empanadas. De grandes salades de produits frais, et même des « batidos » ces jus de fruits mixés avec glace et lait concentré.
Pendant toute une journée ils sont restés à bord à discuter tout ensemble. Apparemment ils ont fait un genre de bilan des relations entre eux, et à la suite de ça, l’un d’entre eux (le petit blond musclé) s’en est allé, sûrement vexé de ce que le autres lui ont dit !
Mais en fait, il a été remplacé tout de suite par une fille un peu pâlotte à l’arrivée, on aurait dit une de nos touristes ! C’est comique de la voir si blanche au milieu de tous ces gens bronzés.

Bien vite, on les a vu revenir un matin. Une voile blanche a l’horizon, et hop ! Quelques heures plus tard ils étaient là, accrochés à leur pauvre bouées de miséreux, en plein devant nous, nous cachant le lever du soleil.
Heureusement, à force de leur tourner autour avec nos annexes, ils s’en vont presque tous les jours naviguer loin sur le banc, bon débarras !


Les revoilà de nouveau, des amis de longue date. Plus de vingt ans qu’ils viennent avec ce petit voilier. Y’en a même un ça fait plus de 30 ans que je vois sa tronche ! J’ai l’impression d’être un peu le papi de cette bande, ils viennent me voir une fois qu’ils n’ont rien de mieux a faire, une fois les cours et le travail sur le bateau fini.
Je les vois évoluer, plonger de plus en plus profond, faire de plus grandes apnées. Ils arpentent chacune de mes parois et découvrent toutes les créatures qui me hantent. Des raies léopards aux poissons-coffres juvéniles en passant par le balaou, le poisson perroquet, le poisson trompette, la langouste brésilienne sans oublier le fameux barracuda.
Ils me font souvent de faux espoirs quand ils viennent vers moi avec leurs kayaks. Avant je me faisais toujours avoir mais maintenant je sais que c’est pour aller voir la barrière de corail qu’ils se donnent autant de mal à ramer.
Je ne sais pas ce qu’ils lui trouvent à cette vieille garce. Elle est juste bonne à faire pousser du corail de feu. Toutes ses patates se ressemblent, presque tout son corail est mort, il y a les mêmes tunnels partout et plein d’effrayants requins-citrons. En plus de ça c’est à cause d’elle que je me suis échoué il y a de longues années de ça.
J’ai envie de leur crier « youhou ! Je suis là moi, et toute ma cloison sud est recouverte de coraux bien vivants. » Mais ils ne connaissent pas le langage des vieilles épaves et je reste muet face a leur oreilles de simples humains. J’avoue que j’ai peur de disparaître, de ne plus exister, c’est pour ça que je m’efforce de garder une infime partie de moi à la surface.
J’ai résisté au dernier ouragan mais j’ai peur le prochain me fasse sombrer à tout jamais. Heureusement qu’ils sont là pour me rappeler que j’existe. Durant leur plongée de nuit à la pleine lune, c’est moi qu’ils sont venus voir !
Ils ont nagé dans mes entrailles, ils ont fait fuir les poissons qui me nettoyaient les os et ils m’ont donné un peu de leur énergie de vivre.
Pépé Popol




Moi avec mon baleineau, je les vois tous les jours ces gens du gros bateau blanc qui viennent nous rendre visite quand ils nous aperçoivent pas loin. Mais dès fois, on a pas très envie, alors on s’éloigne pour être tranquille.
Les baleineaux les aiment beaucoup, alors quand même souvent on les laisse venir ou même on va vers eux. L’autre jour, mon petit a passé un bon moment à sauter juste à côté d’eux et il a même voulu leur rendre une petite visite nocturne voir si ils dorment comme nous …
On s’est tellement rapprochés qu’on aurait pu les toucher !
Mon escorte m’a d’ailleurs raconté qu’une de ses collègues s’est carrément pris leur étrave, ça a du leur faire peur, ils sont si petits. Ca a fait trembler le bateau, ils ont du se tenir pour ne pas tomber sur son dos. Heureusement, plus de peur que de mal.
Aujourd’hui, ils ne sont plus là, ils sont partis dans le mauvais temps, je ne sais même pas s’ils m’ont vu claquer de la pectorale pour leur dire au revoir.
Ils vont surement revenir dans quelques jours, ça ne me dérange pas, ils sont moins bruyants que les 3 autres avec leurs moteurs !
Et puis mon petit voudrait les revoir une dernière fois avant la migration.
Ma cousine de Samana m’a chanté qu’elle les a vu arriver dans la baie, ils ont mis plus de temps que la dernière fois, c’est normal aussi, s’ils se déplaçaient sous l’eau comme tout le monde le vent ne les aurait pas embêté !
Mme Jubarte

Xan, Maya et Timothée.

6 mars 2019

- Lettre Collective Silver Bank I-

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- Lettre Collective Silver Bank I-

Hola amigos y amigas !

Par où commencer ? Les baleines, les baignades à la traîne, les plongées sur l'épave Polyxéni?
Commençons au début :
Le 20 février nous quittons la baie de Samana, et la ville bruyante et agitée de Santa Barbara de Samana. Après une journée de navigation au près en direction du lieu de reproduction des baleines, nous avons du ralentir pendant les quarts et nous mettre à la cape pour ne pas arriver de nuit sur le banc d’argent. Quelques miles plus tard, au petit matin, nous voilà à l’affût de la moindre patate de corail qui oserait se mettre sur notre chemin, nous sommes arrivés à Silver Bank, au Banc d'Argent, al Banco de la Plata. A bord, nous avons préparé chaîne et pare-battage pour nous amarrer sur notre patate de corail près de l'épave polyxéni et de la barrière de corail Christophe, Ismaël et Maya plongent pour repérer celle où l’on s’attache depuis… combien ? 30 ans ?
La manœuvre dura une heure, voire plus, et nous voilà installés dans cet environnement qui nous sera quotidien durant un mois.
Les premiers instants sur le banc seront des plus magiques, impensables, voire même inoubliables. En effet des baleines vont et viennent autour du bateau nous offrant de magnifiques spectacles, nous invitant à enfiler notre attirail (palme/masque/tuba) et à plonger avec elles. Nous pouvons tenter de vous transmettre nos sensations bouleversantes suite à nos premières rencontres. Celles-ci auront lieu dès les premiers jours, et pour tout le monde. Comme si les baleines venaient nous souhaiter la bienvenue.
Plonger avec des baleines à plusieurs en se tenant la main, palmant à l’unisson pour s’approcher le plus doucement possible de ces mastodontes, ça nous fait plus que des frissons. Nous nous serrons la main très fort, très très fort. Malgré nos tubas à la surface, notre souffle est coupé. Et malgré nos masques qui nous donnent des airs de mouche, nos yeux grands ouverts pétillent d’émerveillement. Vivre une rencontre avec les baleines, chacun le raconterait à sa manière, avec ses propres mots (s’il y en a suffisamment pour décrire cela), mais tout le monde serait d’accord pour dire que c'est merveilleux.
Loanito et Louis ont coursé une baleine, excitation,
Christophe en a presque chevauché une, trop balaise,
Océane a tenté de photographier une famille, contemplation,
Timothée note toutes les rencontres dans un petit cahier, souvenirs qui se gravent dans la mémoire,
Lola et Maya se sont pris un baleineau, même pas mal !
Ismaël a joué avec, il est gros quand même,
Mickaël et Xan ont écouté leur chant, de vraies Castafiores,
Elio a vu une escorte, impressionnant,
Et Loan a compté toutes celles qu’elle a vu, 5 baleineaux qui sautent, 12 grosses baleines, 4 encore plus grosses, 2 escortes, 26 loin à l’horizon, et 3 qui lui ont foncé dessus.




Oui, nous sommes là, au milieu de rien, en apparence : à tribord de l’eau, à bâbord de l’eau, à la jupe des bateaux charters qui nous gâchent les couchers de soleil, à l’étrave de l’eau.  Mais au fond se cachent… des patates de corail habitées de poissons et autres créatures marines, une vieille épave rouillée se transformant en notre aire de jeu aquatique préférée, et une barrière de corail pleine de tunnels et de dédales coralliens.

Parfois, dérangés par la présence de ces bateaux de charters, on décide de s’évader. On hisse notre yankee et zou ! On part s’envoler !
Vous vous direz : « Mais un bateau ça vole pas !!!!????!! ». Mais le notre a deux ailes. Pour nous une aile c'est un morceau de bois en forme de queue de baleine, accroché à une drisse de 20 mètre, elle-même accrochée au taquet de la jupe du bateau. On vous jure, on vous assure, que quand on se fait tirer les mains agrippées aux poignées de l’aile, c’est comme si on volait. Le seul détail qui nous ramène à la réalité c’est quand il faut sortir le bout du tuba pour respirer.
  
         
Voilà, sur le banc d’argent notre quotidien est fait d’apprentissage en plongée, de nombreuses apnées (on mange trop de haricots, et les gaz engendrés favorisent nos entraînements d’apnée), de lectures collectives, de cours d’espagnols et de couchers de soleils éblouissant nos yeux. Et surtout, de moments où nous cherchons le moindre splash, souffle, pectorale ou caudale d’une baleine venant troubler l’horizon.
           
Nous pensons à votre fin d’hiver, en nous endormant parfois dans les filets en regardant les étoiles. Très bientôt nous quittons Ismaël et nous retrouvons Amélia qui sera à bord jusqu’à la fin du voyage.
Nous sommes déjà impatients de retrouver le banc d’argent, de nouvelles baleines et de nouvelles aventures.

Loanita, Lola et tout l’équipage Grandeur Nature.

19 février 2019

Avant les baleines!


Holala ! Ça passe trop vite !
A peine finit le carnet  qui raconte nos aventures en Guyane et en Dominique terminé, nous voilà reparti complètement  dans un autre univers...
Nous passons du vert des arbres et du Zion des rastas à toute la palette des bleus que peut nous offrir le Banc d’Argent.
Même si pour l’instant nous sommes devant la ville bruyante et polluée de Santa Barbara de Samana qui sera notre port d’approvisionnement pendant toute la période « Baleines ».
D’ailleurs tout le monde est parti faire les courses pour remplir nos coffres de nourritures terrestres, c’est un des avantages de la République Dominicaine on y trouve de tout pour pas cher. Pour preuve un petit-déjeuner ce matin, avec pains frais, Yogourt naturel et ananas juteux...
Cet après-midi je suis allés récupérer le permis qui va nous permettre d’accéder au sanctuaire du Banc d’argent, contre un paiement de 1000 $ US,  qui est aujourd’hui le prix pour être le seul bateau non commercial à aller observer les baleines à bosse.
Le permis en poche nous partons sans tarder à la rencontre des jubartes.
Et nous ne reviendrons que début mars pour accueillir Amélia... Baleinement votre.
Christophe

12 février 2019

dernières nouvelles de la Dominique depuis la Guadeloupe

Le mardi 12 février

Après deux premières semaines de randonnée aux quatre coins de la Dominique, nous repartons à l'assaut des sentiers pour une dernière session de randonnée dans cette petite île. En voici donc quelques extraits :

"On saute dans un taxico qui nous amène tous les 6 au bout de la route carrossable, sur le chemin de chez nos amis. Après une montée sèche mais néanmoins boueuse, nous passons le portail de ce petit coin de paradis: un fond de ravine dans lequel se nichent quelques cabanes, une jolie maison entourée de fleurs et d'arbres fruitiers et ornementaux.
Un carillon se balance dans le vent et fait pleuvoir son bruit cristallin sur nos têtes à chaque rafale .
Norman nous accueille, il est grand, à de longues et fines dreadlocks et un grand sourire. Le temps est bon, les matériaux sont là, on peut donc attaquer le chantier de la 2ème moitié du toit. "

"Un pick-up poissonnerie nous prend en stop à Calibishie. De village en village, nos pêcheurs font sonner un lambi pour attirer l'attention des gens sur leur poissons venimeux : "BOUSS, BOUSS, 3 for five ECE, BOUSS!". Comme tout le monde, on repart avec nos 3 poissons. La nuit commence à tomber, alors on change les plans. Selon les dires d'Isma, Giorgio, un rasta sympa habite pas loin de là. Il a pleins de fruits et une cabane dans les arbres."

"On sort de nos hamacs en silence pour ne pas réveiller les personnes qui dorment encore. Dés que la petite pluie s'arrête nous partons déjeuner au bord de la rivière. Muesli et fruits secs avalés et nous voilà déjà sur le chemin pour Victoria falls. Avec ses 50 mètres c'est la plus haute cascade de l'île. Mais avant tous ça il faut se la mériter : remonter la rivière bondissant de rocher en rocher, sauter dans les torrents, glisser, se relever, grimper, nager un peu et enfin la voir apparaître au loin. Au fur et à mesure que nous avançons, une brume de gouttelettes nous rafraîchit, le vent s’intensifie et le bruit de la cascade nous assourdit de plus en plus. On reste ébahit par cette puissance naturelle, autant d'eau qui chute le long d'une falaise verdoyante et qui crée vent, vague et arc-en-ciel."
"Un peu de stop et mille mètre de dénivelée plus tard, nous voilà sur un superbe point de vue donnant sur toute la Dominique.  D'un côté la mer des Caraïbes et de l'autre l'océan Atlantique, le tout couronné d'un magnifique ciel bleu. C'est trop beau! Mais on ne s'attarde pas , et rebelote, on tente le zion. Encore une fois, on aurait pas dû suivre les indications du rasta. Car malgré les dires du dernier, il n'y a plus de sentier. Au début, la trace est claire, mais au fur et à mesure, les coups de machette d'un ancien passage s'évanouissent dans un dédale de lianes, de troncs enchevêtrés et de nos "chairs" amies les herbes couteaux."
"Pour une journée bonne humeur, il ne faut pas du beurre, il faut sourire, rire, étreindre et vivre chaque moment comme s'il s'agissait du dernier"
"Les dreadlocks sont la "crinière des rastas", elles soutiennent leur combat. Au départ ce sont des "natty", puis des "locks", puis des "bongos". Les rastas aiment prononcer I&I, Moi et Je, c'est à dire Moi et Jah. Ils croient en la réincarnation de l'âme, vivent en harmonie avec la nature"
Ce que l'on retiendra de cette randonnée c'est que quand on est en dehors de la collectivité, on en apprend vachement sur la personne avec qui on est, et tout ça en peu de temps. Il y aura eu parfois des discussions intenses, je trouve que cela nous a rapprochés. De même que quand le ton est monté, nous sommes toujours revenus sur nos paroles et notre ressenti.
Nos randos  terminées, nous nous retrouvons tous au bateau pour préparer notre départ, c'est le moment pour nous de recevoir les amis qui nous ont ouvert les bras pendant cette escale. On fait visiter le bateau, partageons les derniers moments, avant le moment des "Au revoir".
"Une escale se termine et s'achève, c'est l'heure de partir, de faire nos adieux à la petite île, la jolie, la résiliante Dominique, que nous avons parcouru de fond en comble, que nous avons exploré à travers ses broussailles, contemplé du haut de ses montagnes, ressentie à travers ses cascades. Nous avons vécu là, simplement, humblement, avec des rastas, des villageois, par-ci par-là, sous un toit, dans une forêt décharnée, hors des sentiers balisés, dans des vallées désolées nous avons marché, sué, strié de nos pas cette beauté, cette pureté quoiqu'un peu éclopée par un ouragan déchaîné qui a ravagé il y a deux ans ce petit havre de paix. Je leur souhaite le meilleur, à tout ceux là qu'on a rencontré, ceux qui ont su ou sont encore en train de se relever, je leur dit merci, pour ce qu'ils nous ont appris, à travers ces brins de vie"
On lève l'ancre pour quelques heures de navigation au près entre les îles Caribéennes Doucement, la Dominique s’efface dans le sillage de notre GG et dans le prolongement de nos deux étraves, la Guadeloupe semble gonfler a vue d’oeil.
"Dominique, on t'aime. Nous ne sommes pas prêts de t'oublier!!!"

Après une brève nuit au mouillage dans un petite baie des Îles Saintes, nous faisons escale dans la Marina de Pointe à pitre. On retrouve « Babylone » le temps de quelques courses alimentaires, de derniers pleins d'eau, du nettoyage et dessalage du bateau, l'achat d'une nouvelle ancre ainsi que d'un  lot de palmes pour anticiper la période aquatique à venir, et ça y est, nous voilà partis pour la suite des aventures, la Rép Dom, Silver Bank et ses baleines à bosses.
Nous sommes impatient des découvertes à venir. Alors RDV en République Dominicaine pour la suite de nos aventures

Ismaël et Loan




6 février 2019

premières nouvelles post-cyclonique depuis la Dominique.


Bonjour les parents, les amis, les adhérents et tous les autres.

Nous sommes arrivés en Dominique depuis un peu plus de deux semaines et nous sommes au mouillage dans la baie de Portsmouth.
Une petite ville pas terrible surtout la nuit à cause des « reggae night »  sur la plage en face du bateau.
Nous y préparons nos randonnés à la découverte de l’île, déjà deux périodes de 5 jours en exploration ont eu lieu, avec à chaque fois un temps de 2/3 jours pour se reposer, écrire les textes et échanger nos histoires avec tous, mais aussi laver notre linge à la rivière.
Depuis notre arrivée il a fait un temps pluvieux, surtout les jours de lessives et les jours de départ en rando !
Voici sélectionné pour vous quelques extraits de nos aventures Dominiquaise (l’intégral dans le prochain journal qui paraîtra ce mois-ci).
Mickaël et Christophe

Les premières randos du 20 au 25 janvier.
.../ Aujourd'hui, Isma a retrouvé une ancienne connaissance, Norman, un vieux rasta. Pendant ce temps, Maya et Mickael appréhendent la Dominique par cette formidable rencontre. Il nous fait visiter son terrain, nous montre sa petite ferme et nous explique les dégâts du cyclone. Il y a un an et demie de cela, l'énorme cyclone appelé « maria » a frappé la Dominique de plein fouet. Avalant tout sur son passage, il a laissé derrière lui un véritable désert. Greg (notre chauffeur de stop) nous expliquera : "Il n'y avait plus de feuilles, plus d'arbres, tout était détruit, les animaux morts, les gens dehors. Alors j'ai pris un bateau, je suis parti en mer, j'ai regardé l'île et toute sa désolation. J'ai beaucoup pleuré".
Chez Norman, on a pu voir que la rivière est sortie de son lit, que les toitures se sont envolées, que l'atelier s'est écroulé et que les cocotiers on été décapités. Bilan, si un prochain groupe veut venir les aider, lui et sa femme Greta seront contents d'avoir de la main d'oeuvre pour refaire leur toit. On discute de tout ça autour d'un café et d'un bon repas, papotis, papotas, des blablas et on finit sur des sujets bien plus philosophiques comme les subtilités de nos langages. On retiendra de Norman la phrase : "Woman without her man, is nothing" (une femme sans son homme n'est rien), réversible en : "woman without her, man is nothing" (si la femme ne s'appartient pas, l'homme n'est rien).
Mais la découverte continue, on reprend notre chemin à pied, en stop et en causant pour arriver à « chaudière pool » ou l'on découvrira une grosse piste semi-bétonnée débouchant sur un petit sentier vachement plus chouette, au milieu de ce qui a été anciennement une forêt. On franchit deux petits ponts en bois et des escaliers en troncs de fougères arborescentes pour arriver à cette superbe cascade.
Ouf, chaudière pool is all ready here. Splouf, badaboum, yahouuu, splaaatch...
Sans attendre une seule seconde, Maya et Isma sautent dans la marmite, suivis de Mickaël hésitant. Il faut dire ça fait flipper. On est pliés, plaqués, brassés et ensuite propulsés par les flots, comme dans une machine à laver. Car dans la cascade, qui parait de prime abord agressive et dangereuse, se cache en fait un super toboggan aquatique, parfaitement lisse et profilé. .../
Maya, Mickael et Isma


Jour 2: Rando sous la pluie, rando fringues moisies.
Levés sous la pluie mais à l'abri, les affaires étendues la veille n'ont pas séché...  Mise en jambe: 45 min à peine pour atteindre la route. Mais avant, le moment tant attendu: un pamplemoussier à l'abandon avec des fruits par terre!
Récolte, dégustation, appréciation! Rando pluvieuse, rando fruiteuse.
On croise un garde du parc, il nous demande nos Pass (qu'on a pas achetés), si on ne se met pas en règle à Titou, on sera "Reported".
En arrivant à Laudat, le mini-mart où nous sommes censés acheter les pass est fermé, et on ne trouve personne pour nous renseigner.
On marche donc jusqu'à Titou Gorge, c'est bondé, en fait c'est juste une piscine dans un canyon.
On demande des indications pour le chemin, ce n’est pas terrible et à priori ça ne passe pas mais on va essayer quand même!
On en chie.
Arrivés au point de vue, toujours pas d'embranchement, c'est sûrement plus loin!
On se délecte d'une petite tasse de « kouac » avec les « 2 vaches qui bon » restantes et des crackers. Une poignée de raisins secs en dessert et on est repartis pour les escaliers de la mort vers la Valée de la Désolation.
Un paysage lunaire et sulfureux nous accueille. La vapeur piquante sort de terre et l'eau bout dans les rivières. L'air sent le souffre.
On croise un couple au moins 5 fois sous des formes différentes (petit nerveux à moustache et grande blonde à tresses). On demande des indications, ça sent le sapin pour notre embranchement: c'est plus haut, on a rien vu et c'est certainement fermé...
Plan B pour Boiling Lake.
En fait, c'est loin!
On pose les sacs, c'est très loin! On préfère ne pas parler du retour.
On croise un vieux gros avec son guide, il en chie!
On croise encore presque le même couple, il a une moustache mais elle est brune avec un débardeur rose. On retrouve Pink Lady et Mr Moustache (comme nous les surnommons) devant le Boiling Lake, séance photos mutuelles sur fond vaporeux. On repart après environ 6 minutes. On retrouve les sacs et finalement le retour passe mieux! 
 
On voudrait se baigner dans une source chaude, sauf Elio. Le petit bassin à côté des sacs à l'air bof, Louis nous trouve une cascade un peu plus haut et le bassin à l'air mieux.
Elio retrouve son envie!
1/4 d'heure de douceur et de relaxation (sieste même pour Elio). On déguste le pamplemousse de la Désolation.
Pendant qu'on se rhabille, les Pink Moustache arrivent. On leur vend notre cascade, ils achètent!
Finalement, il nous faut revenir à Titou. On en chie mais ça passe quand même mieux qu'à l'aller.  On double le vieux et son guide. Il en chie, grave. Pink Moustache sont sur nos talons.
Arrivés à Titou, deux vieux américains nous demandent si on a vu un "fat man" plus haut. On leur répond qu'on a vu un type en T-shirt bleu, qu'il est pas loin, mais qu'il en chie.
Pink Moustache arrivent, ils vont se baigner dans Titou gorge même s'ils n'ont pas de gilets. Nous on attend le guide pour lui poser des questions. Le vieux arrive, il en a chié et il le dit!  
 Il est encore vivant, respect.
On pose nos questions: c'est pas officiellement autorisé de dormir là, mais personne ne vient jamais la nuit. Si on passe chez lui, il peut nous donner de l'eau.
On va se baigner dans les gorges avant la nuit, on retrouve Pink Lady et la Moustache dans l'eau. C'est très beau, l'eau est plutôt froide mais ça vaut le coup quand il n'y a personne!
Xan, Louis, Elio

.../Après, on part en quête de « Sexy Bones » (le frère de Genette), en demandant à chaque personne qu'on croise où on pourrait le trouver. Tout le monde le connait, mais personne ne sait vraiment où il habite, mais on nous a finalement indiqué une petite maison bleue en bas de St Cyr : la maison de Sheila, sa femme. C'est là qu'on l'a attendu pendant un petit moment, en discutant avec Sheila. Sexy Bones arrive enfin, il nous salue et repart aussitôt chercher les fougères, mais revient bredouille une demi-heure plus tard. Donc on est allés avec lui à une autre rivière chercher les matériaux pour sculpter. Ensuite il nous a montré comment sculpter à la machette en faisant l'ébauche de 5 masques :
            1. couper en deux dans la longueur
            2. vider le tronc
            3. commencer à sculpter menton, bouche et front.
Loan : Puis on est allés à la rivière pour manger et finir les sculptures au couteau en dessinant tous les détails du visages. Avec Lola on a un peu galéré, mais en persistant ça a fini par ressembler à un visage. Tim et Lola ont profité de la rivière pour se rafraichir. Sexy Bones est parti et nos affaires sont restées enfermées dans la maison de Sheila. En attendant de pouvoir les récupérer ont est allés voir la fabrique de Kassava bread, mais malheureusement, on est arrivés à la dernière étape du processus : faire chauffer la farine pour l'alléger avant de rajouter sucre, coco et gingembre. Annick et son ami travaillent depuis 9h du mat', on aurait aimé les aider tout au long de la fabrication, mais demain ils partent en ville pour vendre le pain.

Les 10 commandements de notre rando :
1. Ta journée, par une montée commencera
2. Ton repas, accompagné par des chiens sera
3. En stop, un pick-up te prendra
4. En partie de dés ta journée se finira
5. De belles personnes tu rencontras
6. Dans les rivières tu te laveras
7. La rando d'Isma tu croiseras
8. Papayes, noix de coco, bananes et mangues sur ton chemin tu trouveras
9. crabes, pélicans, chèvres, vaches, mouton, cochons, poulets sur ton chemin tu rencontreras.
10. la pluie tout au long de la rando tu éviteras.
Loan, Tim, Lola.

Day 3 : Pas facile le réveil, nos affaires sont trempées. On se remonte le moral avec un porridge au chocolat et puis nous longeons cette rivière sans savoir le temps qu'il nous faudra pour trouver un brun de civilisation. Finalement 3/4 d'heure plus tard nous trouvons un abatis cultivé, Loan retrouve son sourire. On longe un petit sentier pour arriver sur un pont de singe tout proche de Roseau. Nous voilà sorti de cette galère, maintenant nous devons rejoindre notre randonnée initiale.


Quelques tours de pouce et Wotton Waven nous voilà !
La mauvaise nuit se fait sentir, on a dû mal à se comprendre et nos jambes sont lourdes. Nous décidons donc de rester dans ce petit village aux nombreuses sources chaudes pour une après-midi de pause. Un petit saut aux cascades de Trafalgar et c'est du haut de notre plate-forme que nous reconnaissons trois Grandeurs Naturiens en train de se baigner dans la rivière en contre-bas. Chouette Hulotte, nous avons pensé pareil : Bienvenue les bains chauds. 1 et 2 bassins, nos muscles sont encore plus flasques que ce matin, on en profite bien. Allez nous passons à l'étape de chercher un coin pour nos 5 hamacs. Une maison abandonnée en haut du village nous convient parfaitement mais ce sera finalement la famille d'en face qui nous accueillera chaleureusement :
3 matelas, une théière d'infusion et la présence des 3 enfants de la famille qui passeront un bon bout de soirée avec nous. Cette nuit là nous aura tous fait du bien.
Avant le levée du jour Louis et Océane partent courir avec le plus grand fils.
Un moment agréable. Cette famille est vraiment sympathique. Nous nous quittons sur des remerciements mutuels. .../

.../On s'est bien dépensé durant ces 5 jours, nos yeux ont été pleinement nourris. Les différents arcs-en-ciel aux 6 couleurs peuvent décrire cette randonnée.
Le rouge fait référence aux nombreuses sources chaudes, le orange pour notre courage, le jaune en guise du soleil souvent présent. Le vert pour toute la nature que nous avons traversée, le bleu rappel la mer qui entoure l'île et enfin le violet propre à notre randonnée : pour toute les voitures violettes que nous avons croisé en référence à celle qu'Océane aura à l'avenir. Cette dernière journée de rédaction ne sera pas remplie ni de gamelle ni d'arc-en-ciel. Quant à l'indigo ce sera pour nos bleus et blessures donc nous oublierons dans parler.
Océane et Loanita


Pendant ce temps-là au bateau : Le soleil se couche presque quand j’entends quelqu’un crier dehors en français, et juste après un choc.
Le bateau a dérapé et nous sommes rentrés dans le bateau derrière nous, heureusement il a glissé tout doucement et nous nous sommes pris son étrave en inox, lui n’a rien, nous un nouvel accroc dans la coque à l’arrière.
Je décide d’aller mouiller derrière tout le monde pour la nuit, qui tombe le temps que je fasse la manœuvre, tout seul c’est plus long mais je l’ai peut-être déjà dit !
Je mouille par 6 mètres de fond et je mets cette fois-ci + de 30 mètres de chaîne. Et je retourne sur ma maquette, déjà 16 heures passées dessus.
Quand je retourne dehors le vent a forci, il souffle en rafales à 20 nœuds (presque 40 km/h), nous avons un peu reculé, mais comme il n’y a personne derrière moi, je vais me coucher.  Au beau milieu de la nuit je me réveille, toujours autant de vent accompagné cette fois de pluie...Une pensée pour ceux qui campent sur l’île !
Je suis au milieu de la baie, si je ne veux pas me réveiller en pleine mer, je n’ai plus qu’à manœuvrer encore une fois. Je commence à être rodé. Je me remets quasiment au même endroit que la fois d’avant, lâche encore plus de chaîne et retourne dormir.
Au lever du jour, j’ai de nouveau dérapé, cette fois-ci c’est sûr l’ancre réparée en Guyane (et raccourcie) n’accroche plus, d’où l’avis de décès.
Je sors l’ancre de secours, remonte encore une fois le mouillage, j’espère pour la dernière fois aujourd’hui,  je suis en train de devenir un spécialiste du mouillage en solitaire. Je change d’ancre, remouille à l’écart des autres bateaux, restons prudent!
Et je plonge en apnée pour voir comment se comporte l’ancre?
Celle-ci est plantée, je tire un petit coup dessus au moteur, rien ne bouge, je vais pouvoir reprendre mon activité après un café, c’est-à-dire la maquette du journal !
Christophe.

Rando 2 du 25 au 30/31 janvier:
Journée école
Ce matin après nos oeufs au plat nous nous préparons pour aller peindre l'école où Egenette travaille. En attendant Tamica qui se prépare nous rencontrons de manière échelonnée les jeunes de l'école. Il y a 9 élèves, des personnes handicapés entre 15 et 40 ans. Nous allons tous ensemble à l'école pour continuer à peindre le plafond. Cette semaine, l'école est fermée pour remettre à neuf les locaux mais il y a tout de même quelques élèves qui viennent. Tim et Océ au rouleau, Maya et Tamica aux pinceaux, en fin de matinée le plafond est tout blanc.
Comme prévu nous quittons la maison de Genette en début d'après-midi. On marche un bon kilomètre pour arriver jusqu'à la Kassava family où loge les 3 L. Un p’tit coucou, le Kassava bred n'est pas encore près, on est reparti. Quelques voitures nous avancent le long de la côte et puis nous atteignons le village de pêcheur de Saint Sauveur. Un mec qui sent l'alcool nous accueil mais rapidement nous discutons avec les habitants du coin qui le font partir. On essaie de trouver un endroit pour la nuit, il nous est conseillé de s'adresser à l'école. Pendant que Timothée attend la camionnette qui vient livrer le pain, Maya et Océ vont rencontrer la directrice de l'école. Celle-ci nous montre où sont les douches et les toilettes. Il est convenu que nous quitterons l'école à 6h du matin en même temps que le gardien.
17h sonne, nous allons nous assoir dans un coin en bord de mer pour écrire le texte. Océane sort son coupe-ongle, Timothée semble ravie à l'idée de se couper les ongles. Au même moment la femme de ménage vient brûler les déchets derrière le muret sur lequel nous sommes assis. Cette pratique semble habituelle en Dominique. Après cela nous allons rejoindre les instituteurs pour les aider à la fabrication des déguisements. Ils cousent des costumes pour les 70 élèves qui participeront au carnaval. C'est avec eux que nous passerons la soirée.   
Maya, Océane, Timothée

4e jour. Si je commence ce texte à l'endroit où j'avais fini le premier, il raconterait à peu prés la même chose: Dans la nuit il a plu et je n'avais pas respecté la règle N°1: Toujours un toit au-dessus de la tête!
Mais là nous dormions sur une plage, où nous avions mis nos hamacs entre des cocotiers. L'endroit s'appelle: P'tit bout de sable Bay sauf que depuis mon dernier passage ici, il n'y a plus de sable! Je vous fais grâce du récit de ma nuit, sans suspens, puisque toujours sans bâche. Le matin, donc, nous attendons la fin de la pluie pour ranger le campement et reprendre la route vers chez Genette, je remballe mon linge trempé dont mon duvet, nous sommes loin du territoire Caraïbes et je ne sais pas combien de temps cela va nous prendre pour y arriver, trop loin à pied alors essayons de faire du stop.
Un Taxicoman Rasta s'arrête et propose de nous prendre, je lui dis que je n'ai pas d'argent pour prendre le taxi, c'est pour cela que nous faisons du stop. Il me dit: Man, l'argent c'est pas le plus important dans la vie, alors grimpe!
Il va jusqu'à grand-fond sauf que je n'ai aucune idée de l'endroit ou cela se trouve. Mais ce n'est pas grave car pour l'instant il n'y a qu'une seule route!
Nous voilà partis, nous dépassons Rosalie et il nous dépose au croisement vers Castle Bruce, la moitié du chemin est déjà parcouru, je lui donne quand même un billet de 10 ec (- de 3,50 E) et c'est lui qui me dit merci!
Nous marchons quelques mètres et nous sommes pris par un pick-up qui nous emmène jusqu'à Castle Bruce. Ensuite nous marchons jusque chez Genette, et cela fait une trotte 4 /5 heures de marche! CH
Nous découvrons et redécouvrons cette grande famille. à peine après s'être dit bonjour, Genette nous sert déjà notre premier repas, merci, Genette. Après ce copieux repas elle nous propose une banane digestive... Heu non merci Genette. Nous lui racontons notre marche puis elle sort 5 cocos et me demande de  les casser une fois cela fait Elio les coupent en fines lamelles (pour faire des tablettes cocos pour le bateau). Puis je prends une bonne douche et Géno me montre le fusil harpon qu'il a fabriqué et me le fait essayer, il est trop cool. Mickael.
Après avoir bien rit, on rentre dans la maison pour discuter avec Genette et Mickael me demande à chaque fois de traduire ce qu'elle a dit et genette trouve cela drôle. On se fait cuire du Chicken en boîte pour se faire des sandwichs après avoir bien mangé, il est temps de rejoindre les bras de Morphée, Christophe y est déjà depuis un bon moment.
Je finirais par dormir par terre car j'ai trouvé plus dérangeant que moi pour dormir sur un lit double, ce qui permet à Mickael d'avoir un lit 2 places pour lui! Elio

"Wow, que d'aventures depuis Bellevue Chopin. Comment vas-t'on bien pouvoir vous résumer toutes nos péripéties en forêt? Sur les sentiers de la Dominique, la randonnée ne ressemble en rien à l'idée que vous pouvez vous en faire. En plus d'un incroyable dénivelé, les chemins sont souvent dévastés par l'ouragan. Nous retiendrons de la première journée une interminable descente dans la boue ou l'on aura plus glissé que véritablement marché. Sans parler des gamelles, des glissement de terrains ou des coupures de sentiers. Certains balisages sont engloutis par la végétation et d'autres sont complètement effacés.
En plus de cela, les tracés ne correspondent jamais à ce que l'on peut interpréter de la carte. Mais dans la région de Wotten waven (relativement épargnée par l'ouragan), la randonnée c'est aussi pamplemousse, goyaves et maracuja, bananes, oranges et cannes à sucres à profusion. Ces cadeaux de la nature nous font vite oublier nos repas manqués. Ce qui ne nous empêche pas d'attraper les quelques crabes qui nous barrent la route en chemin, pour le repas du soir le deuxième jour. C'est une montée raide qui nous attend. D'abord sur le Waitukubuli, et ensuite sur une petite route, la plus haute de l'île, qui nous conduit directement au fresh water Lake. De là, on entame une descente de la montagne sur un sentier qui, visiblement n'existe plus depuis l'ouragan. Le seul moyen de se frayer un chemin dans cette végétation trop dense est de foncer tête baissée, comme des sangliers, machette à la main. Le long de notre épopée, on redessine le chemin, et quand on se retourne pour regarder derrière nous, on redécouvre la lumière du soleil et on admire la magnifique vu qui donne sur la côte Est, le village de Rosalie, et derrière, l'immensité de l'océan. Mais notre lutte acharnée nous parait interminable. Cela fait maintenant cinq heures que l'on ouvre notre passage sur ce sentier initialement estimé à 2h30 de marche. C'est au moment où l'on commence à désespérer en se disant que l'on va surement devoir passer la nuit dans la junggle (toujours sans bâche), que l'on aperçoit les premiers cocotiers et dans leur cortège, les premières maisons. Affamés, crevés, on toque à la première porte, passons dans le premier magasin. Déjà nous voilà avec de quoi manger et en prime un toit pour la nuit. Zion, tu ne nous auras pas cette fois-ci, on a trouvé la sortie de ton labyrinthe".
Le Loan et Ismaël

Notre quotidien à la CASSAVA BREAD FACTORY
Dans notre quotidien à St-Cyr nous avons souvent croisé Sexy bones qui nous promettait pleins de choses: aller à la pêche aux crevettes (2 jours deux-suite), cuisiner les crevettes, nous donner des bananes, faire des sculptures et des gravures. Mais comme toujours, au final: rien! 
Nous avons vécus durant ces quelques jours avec Alphonse et Virgine qui sont deux adorables personnes âgées. Chaque matin ils ouvrent leurs petit shop à 5h. Alphonse s’assied sur sa chaise devant la porte pour écouter la radio, jouer aux dominos ou discuter avec les gens qui passent. Virgine, elle, ne sort pas beaucoup de son magasin. Elle passe ses journées à vendre, à faire la cuisine, à faire des jus, à s’occuper de son mari. Elle était toujours disponible pour nous (répondre à nos questions, nous apprendre comment faire des jus de fruits ou des astuces de cuisine), à chaque repas, elle nous donnait une assiette pour trois alors que nous venions de manger (en plus elle cuisine très bien). Tout les soir ils jouaient ensembles aux dominos jusqu’à au moins 9h. Quelques fois, leur fille jouait avec eux en tapant très fort les dominos sur la table ce qui nous a valu de bonnes rigolades ensemble ou venait aider à la fabrique de Cassava.
Son  fils de 5 ans, lui, était là chaque après-midi, dans le shop ou dans la fabrique à tousser à cause des fumées du feu de bois où deux messieurs travaillaient à faire cuire la farine. Un était un proche voisin qui vivait dans un dôme en bâches et l’autre n’avait pas trop d’habits et pétait très fort, on ne sait pas grand-chose de plus sur lui.
Deux individus on aussi bien animé notre quotidien: le coq et le chien. Le premier commençait à chanter vers 4h du matin et ne s’arrêtait qu’une fois le jour levé pour laisser place à son cher collègue pendant encore une bonne heure.
Un gars vu plusieurs fois qui ne parle qu'en bruitage et en geste pour te checker 12 fois par jour. Le jour ou l'on a éplucher le manioc il y avait un gars malade ou/et/voir plus bourré et drogué qui bougeait sa tête comme s'il avait des spasmes et avançait d'un pas tout les quart d'heure (trop flippant). La plus petite des trois soeurs on l’a peut vu, mais le dernier jour on a bien ri et elle nous à fait des tresses. La deuxième aide beaucoup pour le Cassava bread.

FABRICATION DU CASSAVA BREAD et FARINE DE CASSAVA
On commence par éplucher le manioc, puis on le rince avec de l'eau et une éponge dans une bassine pour qu'il soit bien blanc. Ensuite on le met dans une machine mi- broyeur mi- moulin, on le rince à nouveau, puis on le met dans un sac et on le comprime pour enlever l'eau. Quand c'est sec on le met dans un tamis géant, et on casse les morceaux, on tamise le tout qui tombe dans une grande bassine. Quand la farine est prête on le met dans un sachet hermétique pour le fabriquer plus tard sur le lieu de vente. On peut aussi le mettre dans une platine en fonte pour le faire sécher et en faire de la farine avec laquelle on peut faire toute sorte de recettes : porridge, pizza, gâteau, etc.
Loan, Louis, Lola


Et en guise de fin provisoire, ce texte d’Ismaël :   .../On l’appelait l’île nature pour vendre ce petit paradis, réputé pour ses cascades, ses arcs en ciels et sa végétation luxuriante. La Dominique moi je l’aime surtout pour son authenticité. Mais la nature n’est pas toujours aimable. Depuis la dernière fois, le cyclone est passé par là. Maria est venue et a écrasé l’île. Maria, ils en parlent comme un démon qui est  passé par là, et qui a tout broyé, tout engloutit sur son passage. Ils m’expliquent :  « Maria m’a laissé une chèvre là ou j’en avais 17 », « Maria a fait trembler si fort les cocotiers qu’ils n’osent plus faire de cocos », « Maria a envolé mon toit », « Dans ma maisons, maria a fait un tourbillon avec mes assiettes, mes livres et tout ce que j’avais », « Maria a fait voler des poules, des chèvres, de vaches, des voitures et même de gens », « Maria a déplanté mes plantations, tu te souviens du champs d’ananas? Ils se sont volatilisés », « Maria était si forte qu’elle a démolit les montagnes, détourné les rivières, rasé les forêt », « Maria c’était une nuit ». Moi je réponds souvent que je ne pourrais imaginer, que c’est trop disproportionné. Alors, après Maria, il faut imaginer la pénurie, plus d’eau, plus d’électricité, plus de matériaux de constructions, plus de plans à replanter, plus d’animaux à élever, plus de touristes à promener, plus de commerces pour acheter. Alors dans ce cas là qu’est ce qu’on fait? On reste pour tout reprendre de zéro, tout recommencer? On s’expatrie a l’étranger refaire notre vie, comme ces toujours plus nombreux immigrés climatiques? La seul réponse c’est qu’il n’y a pas de bonne réponse et que, dans ce chaos global, chacun, avec plus ou moins d’aide de l’extérieur a du reconstruire sa vie. Certains sont partis et puis la vie continue. On sent que depuis deux ans, toute l ‘énergie a été mise dans la survie, puis, petit à petit, dans la reconstruction. Doucement, tout doucement, les routes ont été déblayées, les réseaux restaurés, les logements reconstruits, les jardins repris en mains. Et pourtant, il en reste tellement à faire… Partout  ailleurs la nature a repris ses droits. Alors, dans ce contexte là, on doit trouver notre place. Je ne suis pas sûr que es compagnons qui découvrent l’île pour la première fois aient vraiment conscience de la profondeur du bouleversement de cette toute petite île des Caraïbes. Moi ma manière de me sentir investit, c’est de filer des coups de mains aux gens qu’on connait. Alors après avoir pris des nouvelles de chacune, on se lance dans les coups de mains. Aujourd’hui nous voilà chez Norman et Greta, deux amis rasta, qui font pousser des chèvres pas loin de chaudière pool. C’est d’ailleurs en cherchant cette fameuse cascade deux ans auparavant que j’étais tombé sur cette merveilleuse petite famille, tout au bout du bout du chemin qui mène tout au fin fond de leur petite vallée ou ils on fait leur vie. Dans leur petit paradis, une petite maison, couverte de bardeaux, une hélice d’avion exposée sur la façade et plusieurs carillons résonnant dans leur jardin, remplis de milles saveurs. Pendant le cyclone, leur toit s’est envolé. Voilà comment on se retrouve aujourd’hui perché sur notre toiture, à reprendre une charpente et toute la couverture. Au son du générateur, avec Norman, Greta et leur fils Kachon, avec Lola, Louis et les deux Loan, on fait des plans, on mesure en pieds, on scie des chevrons, on visse des vis, on pose des tôles, et au bout du bout de notre journée quand la nuit est déjà bien tombée, notre demi pan de toit est terminé. La cabane est de nouveau protégée et même un petit peu rallongée. On a du bol, il a fait beau toute la journée, La pluie peut maintenant tomber autant qu’elle veut, elle ne gouttera plus sur nos amis maintenant à l’abri. Remettant les quelques dernières finitions à demain, on prend une bonne soupe (que Lola nous a préparée) avant de rejoindre la cabane a outils, notre dortoir pour la nuit. Elle aussi a été complètement renversée par l’ouragan. Avant de s’endormir au milieu des chatons de la maison, on se raconte des blagues et des récits de nos randos respectives. On rigole bien, j’ai passé une super journée. Je suis content d’être allé au bout de ce projet.
Isma