Année 2012-2013

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19 février 2019

Avant les baleines!


Holala ! Ça passe trop vite !
A peine finit le carnet  qui raconte nos aventures en Guyane et en Dominique terminé, nous voilà reparti complètement  dans un autre univers...
Nous passons du vert des arbres et du Zion des rastas à toute la palette des bleus que peut nous offrir le Banc d’Argent.
Même si pour l’instant nous sommes devant la ville bruyante et polluée de Santa Barbara de Samana qui sera notre port d’approvisionnement pendant toute la période « Baleines ».
D’ailleurs tout le monde est parti faire les courses pour remplir nos coffres de nourritures terrestres, c’est un des avantages de la République Dominicaine on y trouve de tout pour pas cher. Pour preuve un petit-déjeuner ce matin, avec pains frais, Yogourt naturel et ananas juteux...
Cet après-midi je suis allés récupérer le permis qui va nous permettre d’accéder au sanctuaire du Banc d’argent, contre un paiement de 1000 $ US,  qui est aujourd’hui le prix pour être le seul bateau non commercial à aller observer les baleines à bosse.
Le permis en poche nous partons sans tarder à la rencontre des jubartes.
Et nous ne reviendrons que début mars pour accueillir Amélia... Baleinement votre.
Christophe

12 février 2019

dernières nouvelles de la Dominique depuis la Guadeloupe

Le mardi 12 février

Après deux premières semaines de randonnée aux quatre coins de la Dominique, nous repartons à l'assaut des sentiers pour une dernière session de randonnée dans cette petite île. En voici donc quelques extraits :

"On saute dans un taxico qui nous amène tous les 6 au bout de la route carrossable, sur le chemin de chez nos amis. Après une montée sèche mais néanmoins boueuse, nous passons le portail de ce petit coin de paradis: un fond de ravine dans lequel se nichent quelques cabanes, une jolie maison entourée de fleurs et d'arbres fruitiers et ornementaux.
Un carillon se balance dans le vent et fait pleuvoir son bruit cristallin sur nos têtes à chaque rafale .
Norman nous accueille, il est grand, à de longues et fines dreadlocks et un grand sourire. Le temps est bon, les matériaux sont là, on peut donc attaquer le chantier de la 2ème moitié du toit. "

"Un pick-up poissonnerie nous prend en stop à Calibishie. De village en village, nos pêcheurs font sonner un lambi pour attirer l'attention des gens sur leur poissons venimeux : "BOUSS, BOUSS, 3 for five ECE, BOUSS!". Comme tout le monde, on repart avec nos 3 poissons. La nuit commence à tomber, alors on change les plans. Selon les dires d'Isma, Giorgio, un rasta sympa habite pas loin de là. Il a pleins de fruits et une cabane dans les arbres."

"On sort de nos hamacs en silence pour ne pas réveiller les personnes qui dorment encore. Dés que la petite pluie s'arrête nous partons déjeuner au bord de la rivière. Muesli et fruits secs avalés et nous voilà déjà sur le chemin pour Victoria falls. Avec ses 50 mètres c'est la plus haute cascade de l'île. Mais avant tous ça il faut se la mériter : remonter la rivière bondissant de rocher en rocher, sauter dans les torrents, glisser, se relever, grimper, nager un peu et enfin la voir apparaître au loin. Au fur et à mesure que nous avançons, une brume de gouttelettes nous rafraîchit, le vent s’intensifie et le bruit de la cascade nous assourdit de plus en plus. On reste ébahit par cette puissance naturelle, autant d'eau qui chute le long d'une falaise verdoyante et qui crée vent, vague et arc-en-ciel."
"Un peu de stop et mille mètre de dénivelée plus tard, nous voilà sur un superbe point de vue donnant sur toute la Dominique.  D'un côté la mer des Caraïbes et de l'autre l'océan Atlantique, le tout couronné d'un magnifique ciel bleu. C'est trop beau! Mais on ne s'attarde pas , et rebelote, on tente le zion. Encore une fois, on aurait pas dû suivre les indications du rasta. Car malgré les dires du dernier, il n'y a plus de sentier. Au début, la trace est claire, mais au fur et à mesure, les coups de machette d'un ancien passage s'évanouissent dans un dédale de lianes, de troncs enchevêtrés et de nos "chairs" amies les herbes couteaux."
"Pour une journée bonne humeur, il ne faut pas du beurre, il faut sourire, rire, étreindre et vivre chaque moment comme s'il s'agissait du dernier"
"Les dreadlocks sont la "crinière des rastas", elles soutiennent leur combat. Au départ ce sont des "natty", puis des "locks", puis des "bongos". Les rastas aiment prononcer I&I, Moi et Je, c'est à dire Moi et Jah. Ils croient en la réincarnation de l'âme, vivent en harmonie avec la nature"
Ce que l'on retiendra de cette randonnée c'est que quand on est en dehors de la collectivité, on en apprend vachement sur la personne avec qui on est, et tout ça en peu de temps. Il y aura eu parfois des discussions intenses, je trouve que cela nous a rapprochés. De même que quand le ton est monté, nous sommes toujours revenus sur nos paroles et notre ressenti.
Nos randos  terminées, nous nous retrouvons tous au bateau pour préparer notre départ, c'est le moment pour nous de recevoir les amis qui nous ont ouvert les bras pendant cette escale. On fait visiter le bateau, partageons les derniers moments, avant le moment des "Au revoir".
"Une escale se termine et s'achève, c'est l'heure de partir, de faire nos adieux à la petite île, la jolie, la résiliante Dominique, que nous avons parcouru de fond en comble, que nous avons exploré à travers ses broussailles, contemplé du haut de ses montagnes, ressentie à travers ses cascades. Nous avons vécu là, simplement, humblement, avec des rastas, des villageois, par-ci par-là, sous un toit, dans une forêt décharnée, hors des sentiers balisés, dans des vallées désolées nous avons marché, sué, strié de nos pas cette beauté, cette pureté quoiqu'un peu éclopée par un ouragan déchaîné qui a ravagé il y a deux ans ce petit havre de paix. Je leur souhaite le meilleur, à tout ceux là qu'on a rencontré, ceux qui ont su ou sont encore en train de se relever, je leur dit merci, pour ce qu'ils nous ont appris, à travers ces brins de vie"
On lève l'ancre pour quelques heures de navigation au près entre les îles Caribéennes Doucement, la Dominique s’efface dans le sillage de notre GG et dans le prolongement de nos deux étraves, la Guadeloupe semble gonfler a vue d’oeil.
"Dominique, on t'aime. Nous ne sommes pas prêts de t'oublier!!!"

Après une brève nuit au mouillage dans un petite baie des Îles Saintes, nous faisons escale dans la Marina de Pointe à pitre. On retrouve « Babylone » le temps de quelques courses alimentaires, de derniers pleins d'eau, du nettoyage et dessalage du bateau, l'achat d'une nouvelle ancre ainsi que d'un  lot de palmes pour anticiper la période aquatique à venir, et ça y est, nous voilà partis pour la suite des aventures, la Rép Dom, Silver Bank et ses baleines à bosses.
Nous sommes impatient des découvertes à venir. Alors RDV en République Dominicaine pour la suite de nos aventures

Ismaël et Loan




6 février 2019

premières nouvelles post-cyclonique depuis la Dominique.


Bonjour les parents, les amis, les adhérents et tous les autres.

Nous sommes arrivés en Dominique depuis un peu plus de deux semaines et nous sommes au mouillage dans la baie de Portsmouth.
Une petite ville pas terrible surtout la nuit à cause des « reggae night »  sur la plage en face du bateau.
Nous y préparons nos randonnés à la découverte de l’île, déjà deux périodes de 5 jours en exploration ont eu lieu, avec à chaque fois un temps de 2/3 jours pour se reposer, écrire les textes et échanger nos histoires avec tous, mais aussi laver notre linge à la rivière.
Depuis notre arrivée il a fait un temps pluvieux, surtout les jours de lessives et les jours de départ en rando !
Voici sélectionné pour vous quelques extraits de nos aventures Dominiquaise (l’intégral dans le prochain journal qui paraîtra ce mois-ci).
Mickaël et Christophe

Les premières randos du 20 au 25 janvier.
.../ Aujourd'hui, Isma a retrouvé une ancienne connaissance, Norman, un vieux rasta. Pendant ce temps, Maya et Mickael appréhendent la Dominique par cette formidable rencontre. Il nous fait visiter son terrain, nous montre sa petite ferme et nous explique les dégâts du cyclone. Il y a un an et demie de cela, l'énorme cyclone appelé « maria » a frappé la Dominique de plein fouet. Avalant tout sur son passage, il a laissé derrière lui un véritable désert. Greg (notre chauffeur de stop) nous expliquera : "Il n'y avait plus de feuilles, plus d'arbres, tout était détruit, les animaux morts, les gens dehors. Alors j'ai pris un bateau, je suis parti en mer, j'ai regardé l'île et toute sa désolation. J'ai beaucoup pleuré".
Chez Norman, on a pu voir que la rivière est sortie de son lit, que les toitures se sont envolées, que l'atelier s'est écroulé et que les cocotiers on été décapités. Bilan, si un prochain groupe veut venir les aider, lui et sa femme Greta seront contents d'avoir de la main d'oeuvre pour refaire leur toit. On discute de tout ça autour d'un café et d'un bon repas, papotis, papotas, des blablas et on finit sur des sujets bien plus philosophiques comme les subtilités de nos langages. On retiendra de Norman la phrase : "Woman without her man, is nothing" (une femme sans son homme n'est rien), réversible en : "woman without her, man is nothing" (si la femme ne s'appartient pas, l'homme n'est rien).
Mais la découverte continue, on reprend notre chemin à pied, en stop et en causant pour arriver à « chaudière pool » ou l'on découvrira une grosse piste semi-bétonnée débouchant sur un petit sentier vachement plus chouette, au milieu de ce qui a été anciennement une forêt. On franchit deux petits ponts en bois et des escaliers en troncs de fougères arborescentes pour arriver à cette superbe cascade.
Ouf, chaudière pool is all ready here. Splouf, badaboum, yahouuu, splaaatch...
Sans attendre une seule seconde, Maya et Isma sautent dans la marmite, suivis de Mickaël hésitant. Il faut dire ça fait flipper. On est pliés, plaqués, brassés et ensuite propulsés par les flots, comme dans une machine à laver. Car dans la cascade, qui parait de prime abord agressive et dangereuse, se cache en fait un super toboggan aquatique, parfaitement lisse et profilé. .../
Maya, Mickael et Isma


Jour 2: Rando sous la pluie, rando fringues moisies.
Levés sous la pluie mais à l'abri, les affaires étendues la veille n'ont pas séché...  Mise en jambe: 45 min à peine pour atteindre la route. Mais avant, le moment tant attendu: un pamplemoussier à l'abandon avec des fruits par terre!
Récolte, dégustation, appréciation! Rando pluvieuse, rando fruiteuse.
On croise un garde du parc, il nous demande nos Pass (qu'on a pas achetés), si on ne se met pas en règle à Titou, on sera "Reported".
En arrivant à Laudat, le mini-mart où nous sommes censés acheter les pass est fermé, et on ne trouve personne pour nous renseigner.
On marche donc jusqu'à Titou Gorge, c'est bondé, en fait c'est juste une piscine dans un canyon.
On demande des indications pour le chemin, ce n’est pas terrible et à priori ça ne passe pas mais on va essayer quand même!
On en chie.
Arrivés au point de vue, toujours pas d'embranchement, c'est sûrement plus loin!
On se délecte d'une petite tasse de « kouac » avec les « 2 vaches qui bon » restantes et des crackers. Une poignée de raisins secs en dessert et on est repartis pour les escaliers de la mort vers la Valée de la Désolation.
Un paysage lunaire et sulfureux nous accueille. La vapeur piquante sort de terre et l'eau bout dans les rivières. L'air sent le souffre.
On croise un couple au moins 5 fois sous des formes différentes (petit nerveux à moustache et grande blonde à tresses). On demande des indications, ça sent le sapin pour notre embranchement: c'est plus haut, on a rien vu et c'est certainement fermé...
Plan B pour Boiling Lake.
En fait, c'est loin!
On pose les sacs, c'est très loin! On préfère ne pas parler du retour.
On croise un vieux gros avec son guide, il en chie!
On croise encore presque le même couple, il a une moustache mais elle est brune avec un débardeur rose. On retrouve Pink Lady et Mr Moustache (comme nous les surnommons) devant le Boiling Lake, séance photos mutuelles sur fond vaporeux. On repart après environ 6 minutes. On retrouve les sacs et finalement le retour passe mieux! 
 
On voudrait se baigner dans une source chaude, sauf Elio. Le petit bassin à côté des sacs à l'air bof, Louis nous trouve une cascade un peu plus haut et le bassin à l'air mieux.
Elio retrouve son envie!
1/4 d'heure de douceur et de relaxation (sieste même pour Elio). On déguste le pamplemousse de la Désolation.
Pendant qu'on se rhabille, les Pink Moustache arrivent. On leur vend notre cascade, ils achètent!
Finalement, il nous faut revenir à Titou. On en chie mais ça passe quand même mieux qu'à l'aller.  On double le vieux et son guide. Il en chie, grave. Pink Moustache sont sur nos talons.
Arrivés à Titou, deux vieux américains nous demandent si on a vu un "fat man" plus haut. On leur répond qu'on a vu un type en T-shirt bleu, qu'il est pas loin, mais qu'il en chie.
Pink Moustache arrivent, ils vont se baigner dans Titou gorge même s'ils n'ont pas de gilets. Nous on attend le guide pour lui poser des questions. Le vieux arrive, il en a chié et il le dit!  
 Il est encore vivant, respect.
On pose nos questions: c'est pas officiellement autorisé de dormir là, mais personne ne vient jamais la nuit. Si on passe chez lui, il peut nous donner de l'eau.
On va se baigner dans les gorges avant la nuit, on retrouve Pink Lady et la Moustache dans l'eau. C'est très beau, l'eau est plutôt froide mais ça vaut le coup quand il n'y a personne!
Xan, Louis, Elio

.../Après, on part en quête de « Sexy Bones » (le frère de Genette), en demandant à chaque personne qu'on croise où on pourrait le trouver. Tout le monde le connait, mais personne ne sait vraiment où il habite, mais on nous a finalement indiqué une petite maison bleue en bas de St Cyr : la maison de Sheila, sa femme. C'est là qu'on l'a attendu pendant un petit moment, en discutant avec Sheila. Sexy Bones arrive enfin, il nous salue et repart aussitôt chercher les fougères, mais revient bredouille une demi-heure plus tard. Donc on est allés avec lui à une autre rivière chercher les matériaux pour sculpter. Ensuite il nous a montré comment sculpter à la machette en faisant l'ébauche de 5 masques :
            1. couper en deux dans la longueur
            2. vider le tronc
            3. commencer à sculpter menton, bouche et front.
Loan : Puis on est allés à la rivière pour manger et finir les sculptures au couteau en dessinant tous les détails du visages. Avec Lola on a un peu galéré, mais en persistant ça a fini par ressembler à un visage. Tim et Lola ont profité de la rivière pour se rafraichir. Sexy Bones est parti et nos affaires sont restées enfermées dans la maison de Sheila. En attendant de pouvoir les récupérer ont est allés voir la fabrique de Kassava bread, mais malheureusement, on est arrivés à la dernière étape du processus : faire chauffer la farine pour l'alléger avant de rajouter sucre, coco et gingembre. Annick et son ami travaillent depuis 9h du mat', on aurait aimé les aider tout au long de la fabrication, mais demain ils partent en ville pour vendre le pain.

Les 10 commandements de notre rando :
1. Ta journée, par une montée commencera
2. Ton repas, accompagné par des chiens sera
3. En stop, un pick-up te prendra
4. En partie de dés ta journée se finira
5. De belles personnes tu rencontras
6. Dans les rivières tu te laveras
7. La rando d'Isma tu croiseras
8. Papayes, noix de coco, bananes et mangues sur ton chemin tu trouveras
9. crabes, pélicans, chèvres, vaches, mouton, cochons, poulets sur ton chemin tu rencontreras.
10. la pluie tout au long de la rando tu éviteras.
Loan, Tim, Lola.

Day 3 : Pas facile le réveil, nos affaires sont trempées. On se remonte le moral avec un porridge au chocolat et puis nous longeons cette rivière sans savoir le temps qu'il nous faudra pour trouver un brun de civilisation. Finalement 3/4 d'heure plus tard nous trouvons un abatis cultivé, Loan retrouve son sourire. On longe un petit sentier pour arriver sur un pont de singe tout proche de Roseau. Nous voilà sorti de cette galère, maintenant nous devons rejoindre notre randonnée initiale.


Quelques tours de pouce et Wotton Waven nous voilà !
La mauvaise nuit se fait sentir, on a dû mal à se comprendre et nos jambes sont lourdes. Nous décidons donc de rester dans ce petit village aux nombreuses sources chaudes pour une après-midi de pause. Un petit saut aux cascades de Trafalgar et c'est du haut de notre plate-forme que nous reconnaissons trois Grandeurs Naturiens en train de se baigner dans la rivière en contre-bas. Chouette Hulotte, nous avons pensé pareil : Bienvenue les bains chauds. 1 et 2 bassins, nos muscles sont encore plus flasques que ce matin, on en profite bien. Allez nous passons à l'étape de chercher un coin pour nos 5 hamacs. Une maison abandonnée en haut du village nous convient parfaitement mais ce sera finalement la famille d'en face qui nous accueillera chaleureusement :
3 matelas, une théière d'infusion et la présence des 3 enfants de la famille qui passeront un bon bout de soirée avec nous. Cette nuit là nous aura tous fait du bien.
Avant le levée du jour Louis et Océane partent courir avec le plus grand fils.
Un moment agréable. Cette famille est vraiment sympathique. Nous nous quittons sur des remerciements mutuels. .../

.../On s'est bien dépensé durant ces 5 jours, nos yeux ont été pleinement nourris. Les différents arcs-en-ciel aux 6 couleurs peuvent décrire cette randonnée.
Le rouge fait référence aux nombreuses sources chaudes, le orange pour notre courage, le jaune en guise du soleil souvent présent. Le vert pour toute la nature que nous avons traversée, le bleu rappel la mer qui entoure l'île et enfin le violet propre à notre randonnée : pour toute les voitures violettes que nous avons croisé en référence à celle qu'Océane aura à l'avenir. Cette dernière journée de rédaction ne sera pas remplie ni de gamelle ni d'arc-en-ciel. Quant à l'indigo ce sera pour nos bleus et blessures donc nous oublierons dans parler.
Océane et Loanita


Pendant ce temps-là au bateau : Le soleil se couche presque quand j’entends quelqu’un crier dehors en français, et juste après un choc.
Le bateau a dérapé et nous sommes rentrés dans le bateau derrière nous, heureusement il a glissé tout doucement et nous nous sommes pris son étrave en inox, lui n’a rien, nous un nouvel accroc dans la coque à l’arrière.
Je décide d’aller mouiller derrière tout le monde pour la nuit, qui tombe le temps que je fasse la manœuvre, tout seul c’est plus long mais je l’ai peut-être déjà dit !
Je mouille par 6 mètres de fond et je mets cette fois-ci + de 30 mètres de chaîne. Et je retourne sur ma maquette, déjà 16 heures passées dessus.
Quand je retourne dehors le vent a forci, il souffle en rafales à 20 nœuds (presque 40 km/h), nous avons un peu reculé, mais comme il n’y a personne derrière moi, je vais me coucher.  Au beau milieu de la nuit je me réveille, toujours autant de vent accompagné cette fois de pluie...Une pensée pour ceux qui campent sur l’île !
Je suis au milieu de la baie, si je ne veux pas me réveiller en pleine mer, je n’ai plus qu’à manœuvrer encore une fois. Je commence à être rodé. Je me remets quasiment au même endroit que la fois d’avant, lâche encore plus de chaîne et retourne dormir.
Au lever du jour, j’ai de nouveau dérapé, cette fois-ci c’est sûr l’ancre réparée en Guyane (et raccourcie) n’accroche plus, d’où l’avis de décès.
Je sors l’ancre de secours, remonte encore une fois le mouillage, j’espère pour la dernière fois aujourd’hui,  je suis en train de devenir un spécialiste du mouillage en solitaire. Je change d’ancre, remouille à l’écart des autres bateaux, restons prudent!
Et je plonge en apnée pour voir comment se comporte l’ancre?
Celle-ci est plantée, je tire un petit coup dessus au moteur, rien ne bouge, je vais pouvoir reprendre mon activité après un café, c’est-à-dire la maquette du journal !
Christophe.

Rando 2 du 25 au 30/31 janvier:
Journée école
Ce matin après nos oeufs au plat nous nous préparons pour aller peindre l'école où Egenette travaille. En attendant Tamica qui se prépare nous rencontrons de manière échelonnée les jeunes de l'école. Il y a 9 élèves, des personnes handicapés entre 15 et 40 ans. Nous allons tous ensemble à l'école pour continuer à peindre le plafond. Cette semaine, l'école est fermée pour remettre à neuf les locaux mais il y a tout de même quelques élèves qui viennent. Tim et Océ au rouleau, Maya et Tamica aux pinceaux, en fin de matinée le plafond est tout blanc.
Comme prévu nous quittons la maison de Genette en début d'après-midi. On marche un bon kilomètre pour arriver jusqu'à la Kassava family où loge les 3 L. Un p’tit coucou, le Kassava bred n'est pas encore près, on est reparti. Quelques voitures nous avancent le long de la côte et puis nous atteignons le village de pêcheur de Saint Sauveur. Un mec qui sent l'alcool nous accueil mais rapidement nous discutons avec les habitants du coin qui le font partir. On essaie de trouver un endroit pour la nuit, il nous est conseillé de s'adresser à l'école. Pendant que Timothée attend la camionnette qui vient livrer le pain, Maya et Océ vont rencontrer la directrice de l'école. Celle-ci nous montre où sont les douches et les toilettes. Il est convenu que nous quitterons l'école à 6h du matin en même temps que le gardien.
17h sonne, nous allons nous assoir dans un coin en bord de mer pour écrire le texte. Océane sort son coupe-ongle, Timothée semble ravie à l'idée de se couper les ongles. Au même moment la femme de ménage vient brûler les déchets derrière le muret sur lequel nous sommes assis. Cette pratique semble habituelle en Dominique. Après cela nous allons rejoindre les instituteurs pour les aider à la fabrication des déguisements. Ils cousent des costumes pour les 70 élèves qui participeront au carnaval. C'est avec eux que nous passerons la soirée.   
Maya, Océane, Timothée

4e jour. Si je commence ce texte à l'endroit où j'avais fini le premier, il raconterait à peu prés la même chose: Dans la nuit il a plu et je n'avais pas respecté la règle N°1: Toujours un toit au-dessus de la tête!
Mais là nous dormions sur une plage, où nous avions mis nos hamacs entre des cocotiers. L'endroit s'appelle: P'tit bout de sable Bay sauf que depuis mon dernier passage ici, il n'y a plus de sable! Je vous fais grâce du récit de ma nuit, sans suspens, puisque toujours sans bâche. Le matin, donc, nous attendons la fin de la pluie pour ranger le campement et reprendre la route vers chez Genette, je remballe mon linge trempé dont mon duvet, nous sommes loin du territoire Caraïbes et je ne sais pas combien de temps cela va nous prendre pour y arriver, trop loin à pied alors essayons de faire du stop.
Un Taxicoman Rasta s'arrête et propose de nous prendre, je lui dis que je n'ai pas d'argent pour prendre le taxi, c'est pour cela que nous faisons du stop. Il me dit: Man, l'argent c'est pas le plus important dans la vie, alors grimpe!
Il va jusqu'à grand-fond sauf que je n'ai aucune idée de l'endroit ou cela se trouve. Mais ce n'est pas grave car pour l'instant il n'y a qu'une seule route!
Nous voilà partis, nous dépassons Rosalie et il nous dépose au croisement vers Castle Bruce, la moitié du chemin est déjà parcouru, je lui donne quand même un billet de 10 ec (- de 3,50 E) et c'est lui qui me dit merci!
Nous marchons quelques mètres et nous sommes pris par un pick-up qui nous emmène jusqu'à Castle Bruce. Ensuite nous marchons jusque chez Genette, et cela fait une trotte 4 /5 heures de marche! CH
Nous découvrons et redécouvrons cette grande famille. à peine après s'être dit bonjour, Genette nous sert déjà notre premier repas, merci, Genette. Après ce copieux repas elle nous propose une banane digestive... Heu non merci Genette. Nous lui racontons notre marche puis elle sort 5 cocos et me demande de  les casser une fois cela fait Elio les coupent en fines lamelles (pour faire des tablettes cocos pour le bateau). Puis je prends une bonne douche et Géno me montre le fusil harpon qu'il a fabriqué et me le fait essayer, il est trop cool. Mickael.
Après avoir bien rit, on rentre dans la maison pour discuter avec Genette et Mickael me demande à chaque fois de traduire ce qu'elle a dit et genette trouve cela drôle. On se fait cuire du Chicken en boîte pour se faire des sandwichs après avoir bien mangé, il est temps de rejoindre les bras de Morphée, Christophe y est déjà depuis un bon moment.
Je finirais par dormir par terre car j'ai trouvé plus dérangeant que moi pour dormir sur un lit double, ce qui permet à Mickael d'avoir un lit 2 places pour lui! Elio

"Wow, que d'aventures depuis Bellevue Chopin. Comment vas-t'on bien pouvoir vous résumer toutes nos péripéties en forêt? Sur les sentiers de la Dominique, la randonnée ne ressemble en rien à l'idée que vous pouvez vous en faire. En plus d'un incroyable dénivelé, les chemins sont souvent dévastés par l'ouragan. Nous retiendrons de la première journée une interminable descente dans la boue ou l'on aura plus glissé que véritablement marché. Sans parler des gamelles, des glissement de terrains ou des coupures de sentiers. Certains balisages sont engloutis par la végétation et d'autres sont complètement effacés.
En plus de cela, les tracés ne correspondent jamais à ce que l'on peut interpréter de la carte. Mais dans la région de Wotten waven (relativement épargnée par l'ouragan), la randonnée c'est aussi pamplemousse, goyaves et maracuja, bananes, oranges et cannes à sucres à profusion. Ces cadeaux de la nature nous font vite oublier nos repas manqués. Ce qui ne nous empêche pas d'attraper les quelques crabes qui nous barrent la route en chemin, pour le repas du soir le deuxième jour. C'est une montée raide qui nous attend. D'abord sur le Waitukubuli, et ensuite sur une petite route, la plus haute de l'île, qui nous conduit directement au fresh water Lake. De là, on entame une descente de la montagne sur un sentier qui, visiblement n'existe plus depuis l'ouragan. Le seul moyen de se frayer un chemin dans cette végétation trop dense est de foncer tête baissée, comme des sangliers, machette à la main. Le long de notre épopée, on redessine le chemin, et quand on se retourne pour regarder derrière nous, on redécouvre la lumière du soleil et on admire la magnifique vu qui donne sur la côte Est, le village de Rosalie, et derrière, l'immensité de l'océan. Mais notre lutte acharnée nous parait interminable. Cela fait maintenant cinq heures que l'on ouvre notre passage sur ce sentier initialement estimé à 2h30 de marche. C'est au moment où l'on commence à désespérer en se disant que l'on va surement devoir passer la nuit dans la junggle (toujours sans bâche), que l'on aperçoit les premiers cocotiers et dans leur cortège, les premières maisons. Affamés, crevés, on toque à la première porte, passons dans le premier magasin. Déjà nous voilà avec de quoi manger et en prime un toit pour la nuit. Zion, tu ne nous auras pas cette fois-ci, on a trouvé la sortie de ton labyrinthe".
Le Loan et Ismaël

Notre quotidien à la CASSAVA BREAD FACTORY
Dans notre quotidien à St-Cyr nous avons souvent croisé Sexy bones qui nous promettait pleins de choses: aller à la pêche aux crevettes (2 jours deux-suite), cuisiner les crevettes, nous donner des bananes, faire des sculptures et des gravures. Mais comme toujours, au final: rien! 
Nous avons vécus durant ces quelques jours avec Alphonse et Virgine qui sont deux adorables personnes âgées. Chaque matin ils ouvrent leurs petit shop à 5h. Alphonse s’assied sur sa chaise devant la porte pour écouter la radio, jouer aux dominos ou discuter avec les gens qui passent. Virgine, elle, ne sort pas beaucoup de son magasin. Elle passe ses journées à vendre, à faire la cuisine, à faire des jus, à s’occuper de son mari. Elle était toujours disponible pour nous (répondre à nos questions, nous apprendre comment faire des jus de fruits ou des astuces de cuisine), à chaque repas, elle nous donnait une assiette pour trois alors que nous venions de manger (en plus elle cuisine très bien). Tout les soir ils jouaient ensembles aux dominos jusqu’à au moins 9h. Quelques fois, leur fille jouait avec eux en tapant très fort les dominos sur la table ce qui nous a valu de bonnes rigolades ensemble ou venait aider à la fabrique de Cassava.
Son  fils de 5 ans, lui, était là chaque après-midi, dans le shop ou dans la fabrique à tousser à cause des fumées du feu de bois où deux messieurs travaillaient à faire cuire la farine. Un était un proche voisin qui vivait dans un dôme en bâches et l’autre n’avait pas trop d’habits et pétait très fort, on ne sait pas grand-chose de plus sur lui.
Deux individus on aussi bien animé notre quotidien: le coq et le chien. Le premier commençait à chanter vers 4h du matin et ne s’arrêtait qu’une fois le jour levé pour laisser place à son cher collègue pendant encore une bonne heure.
Un gars vu plusieurs fois qui ne parle qu'en bruitage et en geste pour te checker 12 fois par jour. Le jour ou l'on a éplucher le manioc il y avait un gars malade ou/et/voir plus bourré et drogué qui bougeait sa tête comme s'il avait des spasmes et avançait d'un pas tout les quart d'heure (trop flippant). La plus petite des trois soeurs on l’a peut vu, mais le dernier jour on a bien ri et elle nous à fait des tresses. La deuxième aide beaucoup pour le Cassava bread.

FABRICATION DU CASSAVA BREAD et FARINE DE CASSAVA
On commence par éplucher le manioc, puis on le rince avec de l'eau et une éponge dans une bassine pour qu'il soit bien blanc. Ensuite on le met dans une machine mi- broyeur mi- moulin, on le rince à nouveau, puis on le met dans un sac et on le comprime pour enlever l'eau. Quand c'est sec on le met dans un tamis géant, et on casse les morceaux, on tamise le tout qui tombe dans une grande bassine. Quand la farine est prête on le met dans un sachet hermétique pour le fabriquer plus tard sur le lieu de vente. On peut aussi le mettre dans une platine en fonte pour le faire sécher et en faire de la farine avec laquelle on peut faire toute sorte de recettes : porridge, pizza, gâteau, etc.
Loan, Louis, Lola


Et en guise de fin provisoire, ce texte d’Ismaël :   .../On l’appelait l’île nature pour vendre ce petit paradis, réputé pour ses cascades, ses arcs en ciels et sa végétation luxuriante. La Dominique moi je l’aime surtout pour son authenticité. Mais la nature n’est pas toujours aimable. Depuis la dernière fois, le cyclone est passé par là. Maria est venue et a écrasé l’île. Maria, ils en parlent comme un démon qui est  passé par là, et qui a tout broyé, tout engloutit sur son passage. Ils m’expliquent :  « Maria m’a laissé une chèvre là ou j’en avais 17 », « Maria a fait trembler si fort les cocotiers qu’ils n’osent plus faire de cocos », « Maria a envolé mon toit », « Dans ma maisons, maria a fait un tourbillon avec mes assiettes, mes livres et tout ce que j’avais », « Maria a fait voler des poules, des chèvres, de vaches, des voitures et même de gens », « Maria a déplanté mes plantations, tu te souviens du champs d’ananas? Ils se sont volatilisés », « Maria était si forte qu’elle a démolit les montagnes, détourné les rivières, rasé les forêt », « Maria c’était une nuit ». Moi je réponds souvent que je ne pourrais imaginer, que c’est trop disproportionné. Alors, après Maria, il faut imaginer la pénurie, plus d’eau, plus d’électricité, plus de matériaux de constructions, plus de plans à replanter, plus d’animaux à élever, plus de touristes à promener, plus de commerces pour acheter. Alors dans ce cas là qu’est ce qu’on fait? On reste pour tout reprendre de zéro, tout recommencer? On s’expatrie a l’étranger refaire notre vie, comme ces toujours plus nombreux immigrés climatiques? La seul réponse c’est qu’il n’y a pas de bonne réponse et que, dans ce chaos global, chacun, avec plus ou moins d’aide de l’extérieur a du reconstruire sa vie. Certains sont partis et puis la vie continue. On sent que depuis deux ans, toute l ‘énergie a été mise dans la survie, puis, petit à petit, dans la reconstruction. Doucement, tout doucement, les routes ont été déblayées, les réseaux restaurés, les logements reconstruits, les jardins repris en mains. Et pourtant, il en reste tellement à faire… Partout  ailleurs la nature a repris ses droits. Alors, dans ce contexte là, on doit trouver notre place. Je ne suis pas sûr que es compagnons qui découvrent l’île pour la première fois aient vraiment conscience de la profondeur du bouleversement de cette toute petite île des Caraïbes. Moi ma manière de me sentir investit, c’est de filer des coups de mains aux gens qu’on connait. Alors après avoir pris des nouvelles de chacune, on se lance dans les coups de mains. Aujourd’hui nous voilà chez Norman et Greta, deux amis rasta, qui font pousser des chèvres pas loin de chaudière pool. C’est d’ailleurs en cherchant cette fameuse cascade deux ans auparavant que j’étais tombé sur cette merveilleuse petite famille, tout au bout du bout du chemin qui mène tout au fin fond de leur petite vallée ou ils on fait leur vie. Dans leur petit paradis, une petite maison, couverte de bardeaux, une hélice d’avion exposée sur la façade et plusieurs carillons résonnant dans leur jardin, remplis de milles saveurs. Pendant le cyclone, leur toit s’est envolé. Voilà comment on se retrouve aujourd’hui perché sur notre toiture, à reprendre une charpente et toute la couverture. Au son du générateur, avec Norman, Greta et leur fils Kachon, avec Lola, Louis et les deux Loan, on fait des plans, on mesure en pieds, on scie des chevrons, on visse des vis, on pose des tôles, et au bout du bout de notre journée quand la nuit est déjà bien tombée, notre demi pan de toit est terminé. La cabane est de nouveau protégée et même un petit peu rallongée. On a du bol, il a fait beau toute la journée, La pluie peut maintenant tomber autant qu’elle veut, elle ne gouttera plus sur nos amis maintenant à l’abri. Remettant les quelques dernières finitions à demain, on prend une bonne soupe (que Lola nous a préparée) avant de rejoindre la cabane a outils, notre dortoir pour la nuit. Elle aussi a été complètement renversée par l’ouragan. Avant de s’endormir au milieu des chatons de la maison, on se raconte des blagues et des récits de nos randos respectives. On rigole bien, j’ai passé une super journée. Je suis content d’être allé au bout de ce projet.
Isma