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24 mai 2010

Lettre collective de Dominique: Kélig et Bonnie



Nous sommes le 4 mai et c'est aujourd'hui que Christophe nous quitte, Michel étant déjà parti avant-hier. C'est aussi aujourd'hui que nous levons l'ancre de l'Anse d'Arlet en Martinique pour rejoindre la Dominique. Marec vient nous dire au revoir à la nage et nous le laissons avec les tortues et les autres poissons coralliens qu'il a très envie de découvrir. Wil a chargé Paul et Ismaël de s'occuper de la navigation. Ils étudient la carte, nous indiquent le cap à suivre et les manœuvres à effectuer. Après avoir appareillé, nous voyons Christophe nous faire des signes sur la plage et nous passons près du Bel-Espoir (bateau du Père Jaouen dont nous avons rencontré l'équipage) pour les saluer, leur souhaiter bon vent et peut-être à bientôt aux Açores. La navigation n'est pas très longue et nous avançons avec le vent des grains. Lorsque nous quittons la côte Martiniquaise, nous sommes plus qu'à quelques milles de la pointe sud de la Dominique, mais nous ne l'apercevons toujours pas. Elle est complètement cachée par les nuages de pluie. Enfin, nous approchons du rocher de Scott-Head. Nous cherchons à mouiller, mais les fonds sont très profonds, nous faisons le tour de la baie et nous suivons finalement les conseils d'un pêcheur venu nous voir à la nage. Nous posons l'ancre à côté d'une bouée utilisée par un bateau de plongée. Kélig, Ismaël et Bonnie partent admirer les profondeurs. C'est très joli, un tombant, du corail, plein de poissons différents: perroquets, murènes, serpentines, diodons, balistes, poissons-papillons etc...
Le lendemain, tout le monde repart en plongée, sauf les adultes qui sont en réunion. Mais nous n'allons pas profiter très longtemps de ces fonds marins, car deux hommes viennent nous avertir que c'est une réserve naturelle et que nous n'avons pas le droit d'y mouiller. Nous partons illico pour Portsmouth, dans le nord.
Nous arrivons dans la baie en tirant des bords, une vingtaine de bateaux est déjà au mouillage. C'est très vert, on a l'impression qu'il y a des cocotiers partout et les nuages gris menaçant au-dessus des montagnes nous font comprendre pourquoi la nature est si verdoyante. L'équipage a hâte de partir en randonnée pour découvrir les cascades et les sources d'eau chaude. Il faut aussi bien comprendre que c'est notre dernière grande escale sous les tropiques avant notre départ en traversée qui est maintenant dans moins d'un mois. Notre escale durera trois semaines.
Les randos commenceront le lendemain de notre arrivée, c’est-à-dire le 6 mai. Il y a quatre groupes formés de deux ou trois personnes. Régis/Paul, Kélig/Bonnie, Marion/Ismaël/Juliette et Wil et Manu qui resteront au bateau. Chaque groupe s'approprie une carte et la consulte pour organiser les jours à venir. Nous allons tous faire un petit passage dans le territoire Caraïbes où vit la famille de Genette, amie de l'association depuis plusieurs années.
Ce territoire est situé dans l'est de l'île et a été donné par le gouvernement aux derniers Indiens Caraïbes survivants de la colonisation. Régis, Paul, Bonnie et Kélig partent en éclaireurs et vont passer leur première nuit chez Genette à Crayfish river. Ils y mangent leurs premières mangues, se baignent dans leurs premières cascades, commencent à s'imprégner de la culture Caraïbe. Régis et Paul continuent leur aventure autour de différentes cascades plus ou moins grandes, goûtent aux premières nuits pluvieuses en hamac et continuent à travailler leur Anglais. Le groupe de Marion, Ismaël et Juliette passent 4 jours dans la famille de Genette, 4 jours de peinture, de jeux avec les enfants, de rencontres, de discussions, de grimpettes dans les manguiers pour Ismaël. Le groupe de Bonnie et Kélig s'aventurera plutôt dans les profondeurs de la jungle Dominiquaise, entrecoupé de baignades en rivières et de rencontres sympas. Wil et Manu, eux, ont profité de leur temps au bateau pour faire quelques réparations et de la planche à voile.
Le retour de tout le monde au bateau est échelonné sur deux jours.
Alors que le groupe de Marion n'est pas encore arrivé, un incident surgit entre Wil et Manu, dont l'issue accidentelle est regrettable. Un couvercle de sardine mal positionné et il en coûtera 11 points de suture à la joue de Manu. Incident qui n'aura pas permis au groupe de se retrouver et de se raconter leurs aventures dans de bonnes conditions.
Ça y est, tout le monde est au bateau et l’on s'organise déjà pour de nouveaux départs. C'est au tour de Juliette et Régis cette fois-ci de rester à bord pour travailler sur la maquette du journal. Paul, Ismaël et Wil partent dans le sud pour découvrir la vallée de la Désolation et le « Boiling lake », puis la réserve des perroquets munis de la paire de jumelles d'Ismaël. Marion et Bonnie partent découvrir les sources d'eau chaude de Soufrière et Trafalgar. Elles sont tellement motivées qu'elles vont jusqu'à Champagne s'enivrer des bulles d'une source d'eau chaude sous-marine. Mais le temps est tellement pluvieux qu'elles rentrent et partent découvrir l'Indian river accompagnées de Bounty et Macaroni, deux Dominicais rencontrés les années précédentes. Et enfin, Kélig et Manu sont partis 4 jours dans la famille de Genette, 4 jours où Manu a appris à tisser le « vacoa », graver des calebasses et où Kélig s'est essayé à la peinture.
Le 15 mai, tout le monde est de retour au bateau. Bounty propose à l'équipage d'aller pêcher les crabes sur la route de nuit. Mais lorsqu'il prévient que si une voiture arrive, il partira en courant avec le sac et que nous, devrons rester en disant qu'on ne le connaît pas, nous comprenons rapidement que cette escapade nocturne n'est pas légal. Voyant que personne n'est chaud pour déstabiliser l'écosystème de ces bêtes à pinces, Bounty nous explique qu'il n'y a pas de problèmes, que la saison ouvre bientôt... En août!!! Il nous en faut plus pour nous faire changer d'avis! Conclusion, pas de crabe pour le feu sur la plage de demain soir, mais plutôt du thon acheté au pêcheur du coin.
Avant un 3ème départ en rando, nous organisons une journée contrat dont le sujet principal est l'orientation de chacun, car les inscriptions dans les écoles vont bientôt avoir lieu. Nous terminons cette grosse journée contrats, textes et lessive par une soirée grillades sur la plage sans crabe, très sympa, où Bounty nous a préparé des fruits à pain cuits au feu, ainsi que du poisson braisé.
À l’heure où nous vous écrivons, l'équipage est de nouveau en randonnée et c'est à nous (Bonnie et Kélig) que revient la mission de veiller le bateau.
Régis et Ismaël sont partis gravir le Morne Diablotin, le plus haut sommet des petites Antilles. Wil et Juliette sont partis goûter aux sources d'eau chaude, et Marion, Paul et Manu sont allés en quête de graines.
En espérant que le précédent journal vous a plu, nous travaillons actuellement sur le prochain.
Dans deux semaines, nous re-traversons l'Atlantique, nous ne manquerons pas de vous donner quelques nouvelles avant de larguer les amarres.
Bises
Bonnie et Kélig.










6 mai 2010

Lettre collective de Juliette et Emmanuel




Ça y est ! Nous quittons la Guyane, le fleuve du Maroni, Cédric et sa famille, nos amis de Botoplay, Gilles, les enfants de Grand Santi et « Mawina Chuti », les belles plages à tortues et mille autres souvenirs. Tout le monde est heureux de reprendre la navigation, une nouvelle page se tourne. Alors que nous passons d’une eau brune et chargée de terre à notre bleu de mer, dans les premières heures nous croisons le chemin d’une dizaine de raies manta au « vol » angélique. Notre traversée jusqu’aux Grenadines était tranquille et joyeuse, rythmée par les bilans, les devinettes d’Emmanuel, les tresses de Bonnie, les macramés de Malvic, les visées au sextant d’Ismaël et Paul, les massages de Juliette, l’humour de Christophe, les tartes au citron de Marion, la positive attitude de Michel et les cours d’anglais de Régis. Au fur et à mesure que le soleil se lève, ses lueurs dessinent la terre des Grenadines. Nous faisons notre entrée à Union Island dans des décors de carte postale et apercevons au loin une immense barrière de corail qui promet de magnifiques plongées. Après les démarches administratives et quelques courses, nous rejoignons Tobagos Cays à 3 milles de là, réputée pour ses tortues et ses îles peuplées de reptiles. Nous prenons connaissance des lieux à travers des plongées et la visite de l’île la plus proche. On fera de nombreuses découvertes et rencontres, tortues marines, poisson coffre, raie pastenague, poisson-perroquet royal, coquillages, corail multicolore. Également sur terre, iguanes, tortues, oiseaux et cocotiers. Aujourd’hui Malvic nous quitte, voilà un certain temps qu’il a baissé les bras et exprimé le désir de rentrer chez lui. Ce matin après un éclat de violence, l’équipe est obligée de prendre la décision de le renvoyer et constate avec regret que Malvic n’évolue pas au sein du bateau. Suite à cette décision nous quittons un petit paradis pour Kingston, la capitale de St Vincent, où Christophe et Malvic débarquent dans l’après-midi pour quelques jours, le temps de trouver un billet d’avion pour la France. Ce n’est pas facile de le voir partir, nous lui souhaitons de rebondir et choisissons de porter notre effort à relancer du positif sur le bateau. On repart immédiatement pour Port Elizabeth où nous passons la nuit et la matinée suivante, et nous rendons dans un marché aux étals de fruits inconnus et délicieux. Les commerçants sont des rastas, très sympathiques, ils nous font goûter : corossols, caramboles, sapotilles, goyaves, maracujas, oranges… Dans l’après-midi, nous levons l’ancre pour Union Island, notre arrivée est couronnée par le vol paisible des pélicans. Nous passerons ici une belle journée en profitant à fond des plongées et de la plage. Christophe est de retour après trois jours denses, à nous il nous en reste un pour dire au revoir aux Grenadines et à ses habitants si généreux. Les Grenadines laissent place à la Martinique une nuit de quarts plus loin. Nous faisons notre entrée à Fort-de-France, ainsi qu’un gros plein de nourriture, et préférons passer l’après-midi dans un coin plus tranquille, une petite crique juste à côté de Grande Anse où nous nous rendons le lendemain matin. C’est un bel endroit où l’attente impatiente de Kélig et Wilfried durera la journée. Journée où nous découvrirons la plage, les fonds et ferons également la visite du « Bel Espoir », un immense voilier à trois mâts. Voilà, Kélig et Wilfried sont à bord accompagnés de Marek qui est psychologue et qui est venu nous rencontrer et assister à la transition. Oui, c’est bientôt le départ de Michel et Christophe, qui vont affreusement nous manquer. Prochainement la Dominique et de chouettes aventures que nous attendons avec impatience.

Bises à tous !

Juliette et Emmanuel

19 avril 2010

Les aventures en Guyane



Bonjour à vous, chers amis, connaissances, frères, sœurs, voisins des membres de l’équipage. Sans oublier, bien sûr, tous les adhérents et les oubliés.
Après une première semaine passée en Guyane, nous nous séparons pour former deux groupes : Juliette, Régis, Manu, Michel et Ismaël restent au bateau pour aller voir les tortues pondre sur les plages d’Awala Yalimapo (bordures de l’embouchure). Pendant ce temps, Christophe, Marion, Malvic, Bonnie et Paul partent pour Grand Santi (un village à une journée en pirogue en amont de Saint Laurent) pour jouer avec les enfants du village de Grand Santi, avec l’association Botoplay (une ludothèque itinérante en pirogue).
Ismaël et Paul vont donc vous raconter, chacun de leur côté leurs impressions et ressentis pendant cette semaine passée en groupe réduit.

Première semaine (du 29 mars au 4 avril):

Par Ismaël :


Après un retard de deux jours, causé par mon état de santé (une forte fièvre accompagnée de grosses fatigues et de courbatures d’origine inconnue, les tests trop prématurés n’ont pas décelés de dengue ni de palu), nous quittons Saint Laurent pour les plages d’Awala Yalimapo situées à l’embouchure du Maroni.
Pendant la descente du fleuve, Manu bricole dans sa cabine, Juliette dort, Régis barre, Michel rêvasse à l’avant et moi, après avoir barré une petite heure, je m’endors, une fois de plus, lessivé.
On mouillera finalement juste au niveau de l’embouchure à proximité de la pointe de la plage. Pendant nos deux jours « tortues », on en voit plein, surtout des vertes et trois luths. Tour à tour, elles se hissent sur la plage, remontent jusqu’au sable sec où elles creusent méticuleusement un trou où elles déposent leurs cent œufs. Après ça, elles recouvrent le nid, tassent le sable et balayent la zone. Epuisées, elles rejoignent la mer à grands coups de caudales. Elles répèteront tout ça trois à quatre fois durant la période de ponte (qui dure plusieurs mois). Il nous arrivera aussi de voir 3 tortues pondre en plein jour (ce qui est exceptionnel), ça nous permettra de bien les contempler et de prendre des photos sans les déranger. Nous verrons aussi des vingtaines d’urubus, des centaines de crabes et des dizaines de chiens errants venir manger les œufs.
Bon, on se promène tout le temps sur la plage, ça nous fait un peu travailler les guibolles.
Nous quitterons finalement les lieux 2 jours plus tard pour rejoindre Coswin sur le premier bras. C’est un petit village amérindien, désert, où il n’y a qu’une dizaine de personnes et aucun enfant (car il n’y a plus de pirogue qui peut les emmener à l’école d’Awala).
Nous croiserons finalement un gars sympa : Rodrigue qui nous fera visiter un abatis (zone de culture). Ce soir, nous repartons pour Saint Laurent.
Là-bas, nous passerons une après-midi à faire du dériveur avec Vent d’Ouest (une association qui donne des cours de voile légère à des enfants de 8 à 12 ans).
Voilà, après ça, nous nous préparons pour notre départ du bateau sur le fleuve.

Par Paul :

Botoplay…C’est quoi ?
Botoplay est une association qui a comme but de rassembler les gens des villages du Maroni autour de jeux très variés.
Voilà, nous partons en pirogue, bien chargés pour Siki Sani (village de la mère de Séké, notre piroguier). Nous allons nous arrêter ici pendant la nuit, car c’est sur la route… Enfin, sur le fleuve ! Le lendemain, nous partons après manger, toujours en pirogue vers Grand Santi.
Bon, ça fait maintenant deux jours que nous sommes sur Grand Santi, un village bouchiningué, nos journées se rythment par un réveil vers 8 h, puis par le petit-déjeuner. Après celui-ci, un groupe se prépare pour aller jouer avec les enfants. Nous nous sommes organisés en 2 équipes tournantes à tour de rôle, elles feront à peu près 2 heures chacune.
Vers 12 h 30, on rentre manger. En fin de repas, on parle de l’après-midi, on organise souvent un groupe qui part en itinérance et un autre au Campoo. Puis, ceux qui n’ont pas d’activités partent sur la place du marché où les enfants ont l’habitude de nous attendre. Pour parler de Grand Santi, c’est une ville car on ne peut pas dire que ce soit un village comme Siki Sani. Ça a tout d’une ville, des routes, des épiceries, des bars à tous les coins de rue et quelques boîtes de nuits, seuls quelques pêcheurs me rappellent le rêve que je me faisais des villages sur le Maroni.
Pour parler un peu des gens que nous avons accompagnés dans l’asso Botoplay, il y a Estelle, Véro, Anne qui est à l’origine de ce projet, Ophélie, Thomas, et Yaelle. Après cinq jours passés à Grand Santi, nous nous arrêtons à Siki Sani.
Nous arrivons vers 15 h, le temps d’installer nos hamacs pour la nuit et préparer le repas.
Thomas vient nous réveiller, histoire de ne pas perdre trop de temps car il faut partir à 9h rejoindre les autres (du bateau) à Maïman.

Tout le monde se croisera finalement à Mawina Chouti (un resto-carbet pas loin d’Apatou), devant un grand plat de riz accompagné de viande de cochons des bois et de poulet. Ils en profiteront pour se parler de la semaine, se passer quelques affaires et des jeux de Botoplay.
Les deux groupes inversent maintenant leurs activités.

Deuxième semaine (du 4 au 9 avril) par :

Par Ismaël :


Nous nous installons dans les carbets de Mawina Chuti, l’autre groupe nous a quittés ainsi que tous les bénévoles de Botoplay. Nous sommes donc toujours le même groupe avec en plus Cédric et sa petite famille qui sont venus pour jouer avec nous.
Nous passerons 3 jours à jouer à Maïman, les enfants sont hyper mignons, on en a souvent une vingtaine, très vite, nous connaissons leurs noms, leurs frères, leurs sœurs et l’endroit où ils habitent.
Nous passons aussi une journée à Apatou (le village voisin) où nos jeux ont eu grand succès. On s’est très vite retrouvés avec une quarantaine d’enfants et ça partait un peu dans tous les sens (bagarres, pertes de pions, jeux cassés…). Il nous faut donc mieux nous organiser pour l’après-midi qui se passera finalement très bien grâce à notre bonne organisation pour les surveiller.
Après cette super semaine passée, les adieux furent difficiles, tous ces bons moments avec les petits dans les bras seront difficiles à oublier. Même les trois coquins de première : Radlais, Rodlais et Raïlais commencent à me manquer. Sans parler de tous les autres.
La dynamique, c’est rare et je peux vous dire que ça fait du bien, ce n’est pas pour rien que Juliette passera son meilleur moment du voyage !!!
Cela nous a permis de reprendre une bouffée d’air et de s’écarter de l’ambiance pourrie du bateau, pour découvrir chacun sous un autre angle.
Nous quittons finalement Mawina chuti en taxi pour rejoindre le bateau avec toutes ces petites bouilles gravées dans nos mémoires.

Par Paul :

Nous voilà de nouveau sur le bateau, mais cette fois pas à 10 mais à 5. Nous sommes toujours le même groupe formé de Christophe, Bonnie, Malvic, Marion et moi. Nous restons la nuit à Saint Laurent pour fignoler notre départ à Awala Yalimapo, puis nous partons vers 10 h pour rejoindre l’embouchure où nous devons passer une bonne semaine avec les tortues.
La journée, on essaye de faire les choses le plus vite possible pour profiter un maximum de l’environnement, du paysage et de la plage.
À la fin des trois jours et demi au mouillage, tout le monde est venu au moins une fois voir les tortues. Bref, on se prépare à remonter le fleuve en passant par Coswin, un petit village sur un bras du Maroni. Endroit où nous ne resterons même pas la nuit à cause de 2 choses : d’une part l’autre groupe nous attend à Saint Laurent, d’autre part ce village n’est vraiment pas très accueillant, car tous les villageois sont partis fêter un enterrement. Puis vers 16 h, nous entamons la remontée du fleuve en catamaran; elle prendra quelques petites heures. Une fois arrivés à Saint Laurent, nous avons de plus en plus hâte de revoir tout le monde et de nous raconter toutes ces belles choses que nous avons vues comme : des ibis rouges, des bébés tortues vertes, des crabes fantômes… Ils arriveront finalement pour le repas.

Après ces 2 semaines passées séparément, le groupe à son complet se retrouve à bord de GN. Le lendemain, ils partent pour 2 jours à l’ADNG. Là-bas, Cédric leur a prévu une sortie de nuit en canoë, une séance d’accro mangrove et une matinée à la découverte de la forêt Guyanaise. Ils se sont bien éclatés dans tous les sens du terme. Maintenant ils sont revenus à St Laurent où ils font les derniers préparatifs avant de lever l’ancre pour les Iles Grenadines.

Paul et Ismaël

30 mars 2010

le 30 mars 2010, l'arrivée en Guyane...



Bonjour tout le monde,

La terre de Fernando s’éloigne avec de beaux souvenirs brésiliens, l’équipage est plus ou moins nostalgique. Nous prenons la mer pour la Guyane, ce qui promet une belle dizaine de jours à voguer. La navigation sera une belle période, le groupe est rallié, une vague positive domine sur GN, seul Emmanuel n’est pas très en forme. Positive mais aussi un peu au ralenti, le bateau nous berce et nous endort régulièrement tour à tour. Nos journées sont rythmées de belles conversations, de chants et de rires. Un petit bémol survient, notre projet de séjour à Rocas est annulé, nous avons pu tout de même nous y arrêter deux longues heures pour déjeuner, faire une plongée et y admirer le paysage. Quel dommage, nous sommes bien vite partis de ce qui avait l’air d'un petit paradis. Une première escale est faite à Fortaleza, une escale « technique » comme dit Michel, le moteur a quelques soucis pour démarrer et la batterie a eu besoin de réparations. Nous en profitons également pour faire le plein de courses et passons de bons moments en profitant de la piscine et de la salle de jeux de l’hôtel mais aussi de notre marina. Nous n’avons jamais connu ça ailleurs, de très grandes rues sales, des corps abîmés, une circulation dangereuse, mais aussi un joli vieux quartier avec des étals qui vont jusqu’aux trottoirs, contenant mille trésors de cuir, de bois ou de cordes. Nous recevons d’ailleurs un très gentil cadeau de l’association, un hamac, spécialité de la ville et du Brésil. C’est reparti pour une courte semaine de navigation, cette fois après avoir fait les contrats on cravache, le temps de travail le matin est rétabli. Donc Régis, Marion et Michel s’appliquent à aider pour des cours de math ou français. Les après-midi se ressemblent avec une lecture, une activité proposée, nous avons tous hâte d’arriver. Un beau matin, la terre ! Nous nous arrêtons aux îles du Salut pour une grande lessive et un nettoyage assez conséquent du bateau dont il avait grand besoin. Puis, durant l’après-midi, en plusieurs expéditions nous allons découvrir l’Ile Royale. Vraiment sublime, végétation riche et verdoyante, nous rencontrons quelques animaux peu communs, comme des agoutis (sorte de gros rongeurs) et des singes. Depuis notre heureuse arrivée en Guyane, la pluie rythme nos journées ainsi que nos rentrées et sorties de linge. Nous repartons dans la nuit pour St Laurent, profitant de la marée. Au réveil l’eau est encore plus brune que la veille, nous voilà sur le fleuve du Maroni, l’allée majestueuse pour St Laurent…
En entrant dans le fleuve, nous sommes plongés dans un décor très éloigné de ce que nous avons connu jusqu’à présent. L’eau est marron, mais c’est surtout la végétation des rives qui nous surprend par sa densité et sa couleur. Celle-ci est composée d’arbres de tailles et de formes très variables qui donnent l’impression de se lutter pour gagner un peu d’espace nécessaire à leur croissance. Autre point qui a une incidence sur notre quotidien, l’eau est douce. Cela veut donc dire que pendant quelques temps nous allons nous laver, nous brosser les dents, faire la vaisselle et nos lessives avec une eau non salée. Nous posons finalement l’ancre à Saint Laurent en fin d’après midi. Manu et Michel vont faire quelques courses pour le repas. Bonnie se couche sans voix. Le lendemain elle l’a déjà retrouvée. Vers 8h Cédric nous fait déjà des signes sur le ponton. Une fois sur le bateau et après avoir pris des nouvelles des uns et des autres, nous évoquons ensemble l’organisation de notre escale guyanaise. Aujourd’hui, il faut faire des courses pour la semaine à venir. Cédric nous prête donc sa voiture pour que nous fassions les pleins. Michel commence à se renseigner pour acheter une batterie pour le moteur babord. Marion et Malvic vont chez le dentiste. Il faut aussi laver les cabines, faire sécher ce qui est humide, se mettre à jour dans les textes, récupérer les mails, envoyer les cartes et les lettres… Pour ce qui est de la santé dentaire de nos deux souffrants, il manque quelques millimètres à Marion pour qu’une de ses dents de sagesse puisse pousser librement, mais elle peut attendre la fin du séjour avant d’envisager une éventuelle opération. Malvic de son côté n’a pas la même chance. Il se fait anesthésier et dévitaliser une dent cariée apparemment irrécupérable.
Le 23 mars, un groupe va au marché pour compléter les courses en produits frais. À leur retour nous partons en direction de l’ADNG (l’Association de Découverte de la Nature Guyanaise) où travaille Cédric. Pour nous y rendre, il nous faut prendre un affluent du Maroni, et naviguer ensuite dans des criques. Nous retrouvons finalement Cédric et sa petite famille à l’endroit ou nous mouillerons, c’est à dire à 5mn de l’ADNG, en pleine forêt guyanaise. Le soir nous dormons en hamac (et moustiquaires bien sûr) sous des carbets (abris constitué d’un toit mais sans murs). Puis, Michel nous quitte pour se rendre à Cayenne où il espère trouver une batterie et du matériel de voilerie. Le reste du groupe se prépare avec Amini (notre guide) pour partir trois jours en bivouac. Nous partons après le repas en canots par groupe de trois pour nous rendre à notre campement. Normalement, le trajet est censé durer deux heures environ mais le canot de Bonnie, Juliette, Régis et Jean-François (le fils de Josie l’amie de Cédric) se perd dans la nature et passe la nuit à errer sur les bras du Maroni. La nuit sera longue pour tout le monde mais peut être plus encore pour Cédric qui les cherchera durant des heures. Finalement, tout se termine bien puisque le petit groupe d’aventuriers retrouve sa route au petit matin. Les autres rentreront eux aussi au bateau puisque le temps n’est pas très conciliant. Ah oui, il faut quand même vous sachiez que la Guyane est un endroit magnifique qui comporte quand même quelques petits désagréments. Il pleut très souvent et cela nous contraint à vivre dans un bateau humide, et l’insecte roi est le moustique, nous sommes donc couverts de nombreuses piqûres.
Ces derniers jours, nous avons donc passé du temps à sécher, laver, re-sécher nos vêtement et le bateau. Nous nous sommes aussi mis à jour dans les textes, dans les contrats et avons fait un groupe de parole qui a de nouveau fait émerger les problèmes que le groupe rencontre dans son fonctionnement et les difficultés de chacun à vivre ensemble. De nombreuses choses se sont dites en espérant que chacun s’en serve pour repartir sur de nouvelles bases. Demain lundi 29 mars, le groupe se scinde en deux. Christophe, Marion, Bonnie, Malvic et Paul remontent le fleuve pour se rendre dans des villages avec « botoplay », une association de ludothèque ambulante. D’un autre côté, le reste du groupe se rendra près de Awala, un village amérindien situé près de l’embouchure, pour y voir à nouveau des tortues et y faire de la voile légère, puis dans une semaine nous inverserons les activités.
Voilà, il ne nous reste plus qu’à tous vous embrasser bien fort et à vous dire à bientôt.

Juliette et Régis

15 mars 2010

Lettre collective Michel et Malvic Fernando De Noronha


L’arrivée :

Fernando de Noronha est un Archipel que nous avons imaginé avant de le voir, grâce aux nombreuses descriptions que nous en a faites Christophe. Nous avons donc fantasmé les plages avant de les voir et imaginer les îliens avant de leur parler.
Nous sommes arrivées le 22 Février après 1283 Milles nautiques, à une moyenne de 5,3 nœuds. Au grand jeu des pronostiques (Chaque membre de l’équipage sauf Malvic avait écrit sa date et son heure d’arrivée sur un bout de papier, le tout scellé dans une enveloppe), c’est Michel qui a gagné. Gros coup de chance, comme il l’a écrit lui-même dans un texte : « Bien que skipper, mon père n’est ni Poséidon ni Eole, je ne fabrique donc pas le vent ».
Notre premier cadeau de bienvenue sera l’invitation qui nous est faite par un pêcheur de nous amarrer à son corps mort (Bouée de mouillage). La baie de santo Antonio dans laquelle nous mouillons est magnifique et nous voyons déjà la longue houle éclater sur le rivage pour la plus grande joie des surfeurs qui se pressent dans cet Archipel pour s’adonner à leur passion.
Nous sommes le seul voilier au mouillage parmi une foule de barques de pêche et des vedettes qui promènent les touristes. Nous resterons d’ailleurs l’unique voilier jusqu'à la veille de notre départ.

Premières démarches administratives :

Le premier contact d’un navigateur avec le pays où il aborde est souvent avec les autorités du pays. Celui-ci sera d’ailleurs révélateur, comme toujours, de l’île ou nous arrivons. Christophe et Michel, avec leur portugais de contrebandier, ferons le tour des bureaux afin d’obtenir tous les tampons nécessaires à notre séjour. L’accueil aura été charmant, dés le départ, puisque nos passeports seront tamponnés autour d’un « cafezinho » (petit café sucré brésilien) par deux policières très sympas et qui minauderont comme des adolescentes dés qu’elles sauront que nous sommes français. La suite sera du même tonneau ce qui fera dire à Michel que la devise du pays pourrait être « hospitalité et gentillesse » plutôt que l’officielle « Ordre et Progrès ». Tout cela a donc démarré de la façon la plus sympathique qui soit.
Comme dit la fable « si le ramage ressemble au plumage », Fernando n’a pas fini de nous séduire.

D’ailleurs nôtre première sortie à baia do Soeste confirmera notre première intuition. Nous avons, en effet, négocié avec le directeur du parc naturel la possibilité d’accompagner un de ses étudiants scientifiques sur une plage ou il doit attraper des tortues pour les baguer, les mesurer. Nous avons donc rendez-vous avec Felipe, l’étudiant en question, pour assister à l’opération, sans Malvic (Parce que au lendemain d’une dispute avec Ismaël, Malvic n’a pas supporté entendre les réflexions sortir de la bouche de quelqu’un d’autre et est parti de son coté). C’est trois par trois que nous sommes allés plonger avec Felipe pour attraper les tortues. Moment magique, inoubliable pour certains. On comprend mieux alors le travail qui est fait dans ce parc maritime naturel : étude, préservation, protection, éducation des touristes …
C’est un très bon début pour prendre le pouls de l’île.
La suite ne sera pas mal non plus.

Toujours grâce aux négociations avec le directeur du parc, nous sommes invités gracieusement à visiter une espèce de nurserie, en réalité des piscines naturelles recouvertes à marrée haute ou restent de jeunes poissons à marrée basse. Nous avons donc rendez-vous ce matin-là avec Pedro, le grand copain de Christophe, qui travaille comme garde au parc maritime. Il s’agit donc de barboter (entre cinquante centimètres et un mètre d’eau) parmi de jeunes poissons magnifiques, de jeunes requins (tout le monde ne les a pas vus) qui resteront dans les piscines naturels d’Atalaia, jusqu'à ce qu’ils soient assez grands pour prendre le large. C’est une sensation rare de nager dans un aquarium « grandeur nature » !!!! Il nous est souligné de ne pas mettre de crème solaire dans les piscines naturelles pour ne pas polluer le milieu ambiant ; preuve supplémentaire qu’on ne peut pas faire n’importe quoi dans cette île paradisiaque, mais fragile. Et c’est à la sortie cette activité que Christophe nous proposera quelques cocos bien fraîches et délicieuses. Pour beaucoup c’est une première surtout pour la plus part des jeunes.
Une fois de retour, c’est d’emblée que nous reprenons de plus belle avec la suite des bilans ou le sujet portera sur les relations des uns avec les autres sur le bateau : « finalement les relations entre tout le monde se sont plutôt améliorées. Deux explications possibles : « Tout le monde fait des effort ou bien le niveau d’exigence n’est pas très élevé ! » (Citation de Christophe).

Christophe est partit chez Pedro afin de discuter s’il est possible qu’il nous donne des cours de surf, mais il n’a pas le temps d’ouvrir la bouche que Pedro lui dit que sa fille désire embarquer à bord de Grandeur Nature pour le reste de l’expédition. Christophe se sent alors à ce moment pris dans un piège, car il ne veut pas dire non à son ami, mais ne peut accepter non plus que sa fille qui ne parle pas un mot de Français monte à bord dans des conditions qui ne lui plairait peut-être pas. Il lui explique donc que pour monter a bord il y a besoin d’une démarche administrative énorme et lui explique l’histoire du jeune dominicain qui a embarqué à bord de la Baleine Blanche et qui a fini par s’enfuir (voir texte de Christophe) et lui décrit aussi que à bord, ce n’est pas tous les jours rose. Il lui explique qu’il vaudrait mieux qu’elle fasse un premier voyage en bateau avec une famille, plutôt qu’avec des jeunes qu’il lui décrit comme très exotique pour elle. C’est après un bon après-midi d’argumentation qu’il parvint à convaincre Pedro et sa fille que ce n’est pas possible. Il reviendra tout de même avec une réponse positive pour ce qui est du cours de surf.




Le lendemain, avant de quitter le bateau, Christophe nous fait remarquer qu’il en a marre de vivre dans une porcherie et donc que ceux qui n’auront pas rangé toutes leurs affaires, resteront consignés à bord. Du coup, tout le monde s’y est mis et personne n’est finalement resté à bord, mais tout le monde n’est pas partit au surf, car Paul et Régis ont préféré partir pêcher toute la journée avec deux pêcheurs, voisins de mouillage. En arrivant chez Pedro, nous découvrons qu’il a demandé à son copain Rodrigo (Fabricant de planches de surf) de venir l’aider à nous faire découvrir le surf. C’est donc en bonne compagnie que nous partons à la plage, planches de surf (prêtées par Pedro) en mains. Viendront aussi son fils, François, sa fille Francine et son fiancé Alexandro. Où l’on voit que le choix des prénoms de ses enfants souligne bien l’attachement de Pedro pour la France. Arrivés sur la plage, Rodrigo et Pedro trace sur le sable une planche et nous explique comment nous relever. Crise de rires, Tentatives plus ou moins réussies selon les uns ou les autres. Puis c’est le grand moment, les trois premiers partent armés de leurs planches surfer (Ou plutôt tenter de surfer) l’écume des vagues. Là encore, de belles photos et de belles crises de rigolades. A un moment, Michel croit avoir réussi à dompter l’engin. En réalité, il était debout sur la planche, certes, mais celle-ci était carrément posée sur le sable, enfoncée par le presque quintal de notre skipper ! Bonnie planche sur la tête attend la vague parfaite, Christophe de son côté prend des photos en jouant dans l’eau et enfin Manu et Malvic continuent d’apprendre avec la belle Francine.
Ce sera une magnifique journée de découverte du surf.

Pendant ce temps, Paul et Régis, partis avec Nana et Amaro sur « Dois Amigos I », découvrent les techniques locales de pêche. Régis aura eu l’étonnant réflexe d’embarquer avec lui une boîte de thon pour le déjeuner du midi ! Après une belle pêche de poissons et de Fou (espèce d’oiseau), nos amis rentrent au bateau. Rendez-vous est pris le lendemain matin à cinq heures pour aider les pêcheurs à échouer leur bateau sur la plage, car il a besoin de travaux.

Le lendemain, Paul, Juliette et Michel, se lèvent à cinq heures et vont donner un coup de main à nos deux sympathiques voisins. Il s’agira de profiter de la marrée haute pour échouer le bateau. La manœuvre consiste à jeter une ancre sur l’arrière et à porter une amarre à terre pour maintenir le bateau perpendiculaire à la plage. Au dernier moment, une vague mettra le bateau de biais, impossible à rebouger, car le bout de l’ancre arrière a cassé ; ce qui occasionnera bien des soucis et du travail pour la suite de l’aventure. Marion arrivera en planche pour nous amener un thermos de café, attention aussi délicate qu’appréciée. Nous partagerons le café avec nos deux amis Nana et Amaro et nous leur ferons même découvrir le gingembre confit qui les laissera perplexe. La journée se terminera par un super barbecue sur la plage avec Pedro et toute sa famille. Nous ferons griller un gros poisson (charrango branco) achetée au petit cargo auquel nous nous approvisionnons régulièrement en eaux et en poissons lorsque les pêcheurs n’ont rien pris. Grâce à Pedro et à ses relations, nous pouvons utiliser le barbecue d’un stand de la plage. Pendant ce temps, à la nuit tombée, les manœuvres pour échouer correctement la barque de pêche continuent. Nous aussi continuons à aider pendant que cuit notre poisson. Les pêcheurs ont peu de moyens, mais remplacent les machines qu’ils n’ont pas par une naturelle solidarité de tous les pêcheurs. Une leçon à méditer pour nos sociétés mécanisées ou la solidarité a progressivement reculé. Nous terminons cette super journée en invitant nos copains pêcheurs à partager notre repas.



Autres moments inoubliables, les nuits passées à observer les tortues venir pondre sur la plage du Leon. C’est donc en demi groupe que nous nous sommes rendus sur cette plage à la tombée du soir. Le premier groupe sera donc composé de Michel, Paul, Marion, Manu et Malvic. C’est Felipe, toujours le même, qui pilotera le premier groupe. Il s’agit d’observer le plus possible en dérangeant le moins possible. En effet, les tortues sont très sensibles à ce moment particulier de leur vie : la moindre lumière, le moindre bruit, peuvent les effrayer, ce qui les pousserait à repartir à l’eau sans avoir pondue. Or cette nuit là, nous ne sommes pas cinq comme prévue mais douze ; ce qui est anormal et préjudiciable au bon déroulement des opérations. Il y a eu une erreur dans le planning de réservation et nous nous retrouvons donc avec un autre groupe de touristes plus une équipe de télévision qui en profitera pour prendre rendez-vous avec nous pour une interview le lendemain matin au bateau. La nuit consistera à arpenter la plage pour traquer les traces des tortues montées pondre sur la plage. Le premier groupe sera même le parrain de cent trente œufs condamnés sans l’intervention de notre moitié d’équipage. En effet, une tortue pondra trop bas sur la plage. La marrée montante aurait dû recouvrir ces œufs rendant ainsi l’éclosion impossible. Décision fut prise (par Felipe) de donner un coup de pouce à la nature en déterrant les œufs et en les enterrant de nouveau un peu plus haut. Nous avons donc permis à cent trente œufs d’avoir une chance de devenir 130 tortues. S’ensuivra, au petit matin, une discussion philosophique afin de savoir si ce que nous avons fait était une bonne chose ou non.
Pour ce qui est du deuxième groupe partit deux jours plus tard, ils auront la chance de voir une éclosion. Trois jeunes bébés tortues, en retard sur les autres, sortiront devant notre autre moitié d’équipage, ébahie devant un tel spectacle. Coucher à la belle étoile, sous la croix du sud avec les tortues pour voisines accomplissant ce rite millénaire, fut pour beaucoup un des plus beaux moments passés sur l’île.




A peine rentré au bateau après une nuit blanche (pour le premier groupe), il a fallu préparer le bateau et annoncer à l’autre moitié de l’équipage qu’une équipe de télé allait débarquer à bord. Candeia au micro et Géronimo à la caméra sont donc restés une petite heure à bord pour essayer de comprendre ce que ce voilier français faisait ici avec tous ces jeunes à bord. Tout le monde a répondu du mieux qu’il a pu, en fonction de son niveau de portugais. Le gros intérêt d’être passé à la télévision locale est qu’ensuite, nous pouvions davantage parler avec ceux qui nous prenaient en stop et nous reconnaissaient pour nous avoir vu dans leur poste de télé. Il faut dire que sur Fernando, notre mode de déplacement favori était le stop ! Il n’a jamais été difficile de se déplacer sur l’île, tant la gentillesse des îliens les poussait à s’arrêter des que nous levions le pouce. Nous avons donc parcouru des kilomètres en buggy (la voiture de transport de l’île), cheveux au vent, en expliquant notre voyage à ceux qui nous reconnaissaient et étaient curieux d’en savoir plus.



Impossible de parler de notre séjour sur Fernando sans évoquer les orgies de noix de coco que nous faisions à la plage de Sancho. Imaginez une plage de carte postale, des rouleaux de vagues énormes, mais permettant de s’y baigner quand même. Rajoutez y des cocotiers en pagaille. Des jeunes assoiffés et vous aurez un cocktail délicieux à déguster un petit peu tous les jours ; ce que nous avons fait, bien évidemment.

Trois jours avant notre départ, nous avons profité d’un jour de repos de Pedro pour l’embarquer avec ses enfants dans une virée sur Grandeur Nature. Pedro nous proposera de faire un tour de l’île et de profiter de sa connaissance du terrain. Ce fut une belle journée de pêche, bien que les pêcheurs du bord n’aient pas pris grand chose. Michel proposa alors à Pedro de prendre la barre dés le départ, ce qu’il fit. Il ne la lâchera qu’à l’arrivée, ravi de retrouver de vieilles sensations. Il faut dire que Pedro dans sa jeunesse est parti de son île en voilier et est venu Bretagne y travailler un an. Ce qui explique son amour de la France, du voilier et de ceux qui voyagent. Pendant que François (fils de Pedro) pêche avec Emmanuel et Paul, Michel Christophe et Pedro parlent de la navigation, du Brésil, des brésiliennes, de la vie en général et de la musique ; le tout sur fond de musique française qu’apprécie particulièrement Pedro. Les filles, elles, passent la moitié du temps à dormir et bronzer, tandis que Malvic et Francine discutent. Ca aura était une très belle journée.





Le jour du départ… C’est a la fois une journée mouvementée et dur pour certains au bateau que voulez vous ? Après avoir fait la connaissance d’un des plus beaux endroits du monde on est triste de le quitter. C’est aussi le jour du grattage de coque Malvic et Manu s’y attèleront en premier pour pouvoir descendre au port rendre visite à Francine mais aujourd’hui personne ne descend tant que le bateau n’est pas rangé et cette fois-ci ce n’est pas « J’ai rangé mes affaires je peut descendre ? » non. Tant que les affaires ne seront pas TOUTES rangées personne ne descend donc Malvic entreprend un grand rangement apparemment il a vraiment envie d’aller voir sa Francine. Donc Emanuel et Malvic sont au port Christophe partira envoyer et réceptionner des mails tandis que Michel ira demander la météo au port.

Alors à la fin pour tout ceci que restera t-il de notre escale à Fernando ? Bien sûr, des images de plages, de tortues, de dauphins rotadors, des parties de jeux dans les vagues. Mais, au-delà des clichés pour cartes postales, restera le souvenir de gens d’une gentillesse rare, d’un accueil chaleureux. Chacun emporte avec lui le souvenir de conversations, d’échanges, avec les îliens : conducteurs de buggys, pêcheurs, étudiants, journalistes etc… Restera surtout le visage de Pedro, sa lenteur qui n’est pas un manque de rapidité, mais plutôt une philosophie, sa gentillesse et son hospitalité ainsi que sa disponibilité. Il fut notre guide, notre prof de surf, bref, notre ami. Certains ont laissé à Fernando leur cœur, d’autres un ami, d’autres encore des relations à poursuivre.

Fernando, quand tu nous tiens …

26 février 2010

Le 25 février 2010... Ici la Terre!!!


La lettre Collective d’Emmanuel et Christophe:

Du départ de Mindelo au Cap-Vert à l’arrivée à Fernando da Noronha au Brésil...

Après le départ de GSéb et Morgane nous avons navigué pour découvrir l’île de Fogo.

… Le mouillage de Cavaleiro que nous découvrons au fur et à mesure que nous approchons abrite un voilier, mais c’est déjà presque trop! Il faut, pour mouiller, faire une manœuvre plus délicate que d’habitude car le ressac et l’étroitesse du lieu nous obligent à nous amarrer par l’arrière à la digue, en plus de l’ancre à l’avant. Christophe part à la nage, l’amarre attachée autour de la taille tel Kevin Costner dans Waterworld, et c’est sous nos applaudissements et l’œil intrigué des Capverdiens présents qu’il rejoint la digue, Paul fera de même avec une deuxième amarre, également sous nos applaudissements. L’équipage réuni à bord, nous décidons de faire une rando de 24h sur le volcan de l’île, qui culmine à plus de 2800m d’altitude.
Marion.

Hier, nous avons pris un aluguer qui nous a monté jusqu’au cratère, nous avons passé la nuit à l’intérieur de celui-ci allongés sur un tapis de « picon » (poussière volcanique).
Ici, il y a des mimosas, des eucalyptus, et d’autres petits arbustes. Parmi eux, il y en a qui ont des graines et à l’intérieur des sortes de pignons. Paul y goûte en premier, il en propose à Bonnie et moi ; c’est assez bon. Et de fil en aiguille tout le monde (mis à part Christophe et Juliette qui ont eu une bonne intuition) se retrouve à déguster les petites graines. C’est à ce moment que nous rencontrons un homme du coin qui en voyant la graine éclate de rire. Il nous dit qu’ici, elles leur servent à se purger, par dose de trois à quatre. Alors quand on lui dit qu’on en a mangé entre dix et quinze chacun, je ne vous raconte pas son état. Lui, plié en deux de rire et nous de vomir.
Ismaël.


Puis nous sommes partis pour ce que certains appellent la « Traversée », alors c’est vrai que nous sommes passés de « l’Afrique » enfin les îles du Cap-Vert à « l’Amérique du Sud » enfin l’île de Fernando da Noronha, mais nous avons traversé l’Atlantique à l’endroit le moins large, et les Alizés nous ont poussé tout le long transformant cette traversée en navigation de 9 jours… Comme je (Christophe) suis de « lettre collective » avec Manu je lui ai suggéré de prendre des extraits des textes que chacun a écrits pour le journal de bord, et voici sa sélection :



Le 13-02
Après une nuit réparatrice pour une bonne partie de l’équipage ayant mangé à terre ce qu’il ne fallait pas, nous partons ce matin pour le Brésil. Dans le petit port de Fogo, des pêcheurs sortent des guirlandes de poisson de leurs filets. Ils ont eu de la chance. Cette scène me semble une bonne allégorie du Cap Vert. J’ai effectivement l’impression de laisser le Cap Vert dans un bien meilleur état que je ne l’ai fait, il y a vingt quatre ans. Je n’ai pas beaucoup circulé à terre (beaucoup de choses à faire sur le bateau pour prendre mes marques), mais ce que j’ai vu ressemble à la pêche de ce matin : les conditions de vie me semblent meilleures qu’autrefois. Dernière contribution à l’économie capverdienne : nous allons acheter du poisson aux pêcheurs chanceux. J’ai tout de même une réticence philosophique à parler de « chance » pour des gens qui travaillent dur, se lèvent tôt et ont certainement acquis des compétences qui ne doivent rien à la chance ! Nous achetons donc aux pêcheurs compétents, durs à la tâche et un peu chanceux, deux kilos de poisson, du « chincharron » (transcription phonétique). À un euro le kilo, nos deux kilos achetés ne vont pas faire bondir le P.I.B du pays, mais permettront à quelques gars de vivre de leur travail ; ce qui est bien l’essentiel. Nous avons donc mille deux cents douze Milles à parcourir dans le SSW pour arriver à Fernando. Le briefing sécurité étant fait, la météo prise, nous larguons les amarres.
Michel

Le 14
Ce matin c’est jour de fête, on fête deux anniversaires. Le premier c’est que ça fait deux mois que nous sommes réunis pour le voyage. Le deuxième, c’est celui de Régis qui passe dans sa trente-deuxième année. C’est peut-être grâce à tous ces évènements qu’on a le droit d’avoir des CRUNCH et du lait au petit dèj’. Un ou deux joyeux anniversaires plus tard, on fait le récapitulatif des quarts passés. La mer est calme, le vent vient par l’arrière, on s’apprête a hisser le spi pour la première fois. Oups ! Excusez-moi tout le monde ne sait pas forcément ce qu’est un spi. Le spi est une grande voile creuse et triangulaire qu’on utilise quand le vent vient par l’arrière. Ça y est, le soleil est au zénith, nous le shootons enfin avec le sextant, appareil qui sert À trouver sa position sur la mer grâce aux astres. On calculE l’angle entre le soleil et l’horizon, une fois l’angle trouvé quelques calculs nous permettent d’établir une position précise.Paul


Le 15
Et en sortant quelques minutes sur le pont car il faisait très chaud dans la coque, je vois l’eau qui est tout autour de nous bleu turquoise. J’ai envie de me baigner. Mais à peine le temps d’aller finir mon mail que, lorsque je retourne sur le pont pour me laver à la traîne, l’eau a déjà changé de couleur. Elle a repris sa couleur habituelle, bleu foncé. J’étais dèg’ ! Tant pis je reste sur le pont, je n’ai pas encore barré, je crois, mais je sais qu’on va venir me le demander.
BONNIE

Le 16
Plus tard dans la matinée, Michel explique les « empannages » (action de faire passer la grand-voile d’un bord à l’autre du bateau en vent arrière), moi je filme car depuis Fogo, on a commencé à filmer, cela donnera peut être un petit film sur la traversée. Après l’explication théorique, s’ensuivent deux empannages en vrai pour la pratique.
Christophe

Le 17 février 2010
LA CABINE
En ce moment, sur le bateau, les cabines c’est quelque chose ! Soit il fait trop chaud, soit ça bouge trop, ou alors ça pue trop ; alors j’ai demandé comment chacun verrait sa cabine de rêve.
Pour moi, la couchette de mes rêves, c’est chez moi, ma chambre avec mes affaires, ma console et mes vêtements.
Emmanuel

Le 18/02/2010
Sept heures. Réveil en petites brioches dorées avec Bonnie, entre les quatre murs de notre cabine à pain. Première nuit sans pardessus, le corps brûlant, véritable éponge d’humidité. Je me sens fourbue par mes quatre nuits ciselées précédentes. Dehors, à l’air libre, les visages brassés par l’air tiède, en communion autour de breuvages brunâtres, quelque chose se trame. Dans le filet arrière, une poignée masculine de nos matelots dirigée par Paul frétille autour de la ligne de pêche. Caramba ! Après deux mois de boutades comme : « mais alors que va-t-on souper dans ce cas ? », après plusieurs leurres évadés ou arrachés, la roue tournerait enfin ?! Assise en croix au côté de Christophe, je ris de son rictus dubitatif. Roule, roule, ligne de pêche, autour de ta bobine, et apporte-nous matière à cuire. Ça se rapproche, certains devinent un sac plastique jaune, d’autre un poisson d’or. C’est une dorade coryphène de belle taille, qui rutile, comme un soleil dans la vague où elle s’arqueboute férocement. Malgré le nombre et la concentration du corps professionnel de pêcheurs, la bête sera un peu tardivement achevée. Elle dansera la gigue sur l’annexe, étreinte par Paul plutôt bon cavalier. L’air blesse la bête, elle saigne abondamment des branchies, pas gai. Je vous supplie d’achever sa lutte ! Je me sens transparente, Paul va chercher un couteau dans la cuisine, semant de petites traces de talons ensanglantées. Brrrrrrrrr…
On se croirait dans la pièce interdite par Barbe Bleue, finissons-en ! Notre capitaine fringant, saisit une manivelle et frappe à deux reprises notre dorade sur la crête, à la nuque. La paix est revenue sur le navire, Bonnie jure de ne pas manger de cette pauvre bête, attristée, des photos sont prises, Ismaël rince consciencieusement le sang et déjà la bête commence à être découpée pour le déjeuner. Quittée de ses couleurs de vie, la bête qu’on estime d’à peu près un mètre gît dans un seau. Aujourd’hui ce sont Ismaël et Paul les cuistots, ça ne pouvait pas mieux tomber.
Juliette

19/02/10
Réveil vers 7h10. Nous sommes toujours en vie, je suis rassuré. Cette nuit Michel avait décidé de confier la responsabilité d’un quart de nuit à Paul, Ismaël et Juliette. Eh oui, les choses avancent sur Grandeur Nature, certains gagnent en autonomie et ça fait plaisir à voir. Paul vient donc de passer son premier test en tant que chef de quart et demain c’est au tour d’Ismaël.
Régis

Le 20
Ce matin quand l’équipage se réunit dans le cockpit, quelque chose a changé. Durant le quart de Christophe et Juliette, nous avons passé l’équateur, nous voilà donc dans l’hémisphère Sud. Autre nouveauté : nous sommes 11 individus à bord ce matin : notre noddy brun est toujours sur le pont depuis qu’il s’est posé hier sur notre embarcation, visiblement exténué. Ismaël, notre expert, pense qu’il s’agit d’un oiseau qui n’est pas encore mature, qui ne peut vivre sans ses parents, il les aurait donc perdus. Il n’en fallait pas plus pour bouleverser Bonnie, Juliette et même Manu qui voulait même lui donner un peu de sa langouste pour qu’il reprenne des forces. On ne peut s’empêcher de s’imaginer ce qui a amené ce jeune oiseau à se poser sur le bateau : Régis pense à un amoureux fougueux voulant rejoindre sa belle, l’ayant vue partir vers le sud au-dessus d’un bateau de pêche. Manu y voit un voyageur voulant changer d’hémisphère, et pis tant qu’à faire, en naviguant plutôt qu’en volant. Mon hypothèse serait plus celle de la fugue, conséquence d’une impulsivité adolescente, un jeune oiseau qui se serait senti incompris par ses parents suite à une histoire de vol à l’étalage à la criée, ou d’une virée nocturne trop tardive…
Marion

22 Février
« Arrivée Fernando de Noronha »
Aujourd’hui, ça fait tout juste 10 jours que nous sommes partis du Cap-vert. Il fait super beau et chaud, comme d’habitude, des dizaines d’oiseaux nous escortent pour notre arrivés : fous de bassan, fous bruns, noddys, océanites, puffins… Ils sont tous là, comme s’ils s’étaient réunis pour l’occasion, il y a même un banc de bonites (thon) qui nous accompagne depuis hier et qu’on essaye de pêcher mais en vain.
Eh oui, la traversé est déjà terminée. Nous sommes partis du Cap-vert le 13 Février à 11h , tout d’abord au moteur, puis sous spi ( grande voile qui se gonfle sur l’avant du bateau quand il n’y a presque pas de vent), puis au génois (un peu moins grand, il accepte des vents un peu plus forts, jusqu'à 15 nœuds), puis au yankee (encore plus petit, il est assez solide pour tenir à 30 nœuds de vent lorsqu’il est arrisé). Les journées sont consacrées à faire les tâches ménagères, nos « responsabilités », à apprendre la nav, à nettoyer nos cabines, à écrire nos textes, à faire nos dessins, à écrire notre journal de bord personnel, à apprendre à se repérer avec les astres et le sextant, à faire des petits exposés - jeux sur des thèmes bien particuliers et quand il nous reste du temps, nous baigner à la traîne.
La nuit, pendant nos quarts nous contemplons les dauphins effectuant des ballets au milieu des planctons bioluminescents, ou sautant dans la lumière de la lune. Sinon, nous profitons de ces moments d’intimité pour parler. Bref, vraiment sympa ces quarts de nuit (pour ma part en tout cas).
Nous sommes aussi passés par Sao Pedro et Sao Paul : trois petits bouts de rocher perdus au beau milieu de l’Atlantique, où seuls quelques pêcheurs, des militaires ou parfois quelques étudiants chercheurs sont présents. Sinon, les îles sont pleines de noddys, de fous et de crabes venant ici pour se reproduire et se reposer. Lorsque nous y avons débarqué, aidés par des pêcheurs, il y avait trois chercheurs Brésiliens qui nous ont parlé des oiseaux. C’était vraiment impressionnant. Certains se croyaient dans une émission de la 5, pour ma part j’avais tout simplement l’impression de rêver, tous ces oiseaux autour de moi, c’était vraiment trop bien. Et en plus les pêcheurs étaient vraiment super sympas, ils nous ont même offert 8 langoustes : un vrai régal.
Mais aujourd’hui, fini l’odeur du linge qui pue dans les cabines, les poissons volants échoués sur le pont, les quarts de nuit, les baignades à la traîne, les draps qui collent, les tours de barre…
Il est 13H et doucement l’île de Fernando monte dans le ciel, au fur et à mesure que nous avançons, les petits détails se précisent, les couleurs se dessinent. Nous avons parcouru 1283 milles (= 2376km) pour venir du Cap-vert jusqu’ici avec une moyenne de 5,3 nœuds de vitesse.
Il paraîtrait qu’ici il y a plein d’oiseaux, des tortues, des dauphins, et des requins. Je suis assez partagé: j’ai trouvé la nav’ un peu trop courte, mais je suis super content d’être arrivé dans ce paradis terrestre. À 16H30, nous sommes au mouillage, un gars du coin nous prête son corps-mort (bouée d’amarrage). Paul et moi pouvons enfin passer la nuit sur le filet.
ISMAEL…

Bon, nous y sommes, au Brésil, à Fernando da Noronha, une île qui a été élue deuxième endroit le plus beau de l’Amérique du Sud, après la Patagonie et avant le Bassin de l’Amazone ! Et qui possède 3 des plus belles plages du Brésil ! Mais ça c’est une autre histoire !

Christophe et « Manu », le 25 février 2010

19 février 2010

des nouvelles du bateau...

Le 19 février 2010
Bonjour à tous,
Voilà quelques nouvelles du bateau que nous avons eu par téléphone satellite hier soir. Ils sont toujours en pleine traversée de l'Atlantique. Il fait beau, il fait chaud. Le vent arrière les pousse vers les côtes du Brésil. Ils avancent à une vitesse de 7 noeuds. Tout le monde va bien à bord. Ils sont à 600 milles de Fernando de Noronha, l'île où ils vont faire escale pendant 2 semaines, où ils vont retrouver les dauphins et les tortues.
Le passage de l'Équateur n'est qu'à 300 milles, c'est à dire une journée et demie de navigation s'ils continuent à avancer à cette vitesse.
Ils pensent arriver dans 4 ou 5 jours.
Ils ont pêché leur premier poisson de la traversée, une belle daurade coryphène de plus d'un mètre paraît-il, dixit Paul et Ismaël, les pêcheurs du jour!
Kélig

12 février 2010

lettre collective n°4 le 12/02/09



Le Cap Vert, le dépaysement du voyage, la rencontre des gens aux goûts salés de la mer brisant sur cette plage de sable moelleux, mélange d’ici et d’ailleurs où résonne le son de Cesaria Evoria. Santa Luzia, îlot désert mais riche de nature, pur, sans artifice, où tous les membres de l’équipage trouvent leur plaisir. Il nous faut naviguer vers une autre île, vers Sao Vicente, pour re remplir le bateau de provisions. Notre intendant, Emmanuel nous signale une rupture de stock imminente en riz, pâtes, farine et légumes en tout genre. Nous arriverons sur Mindelo le 26 janvier. Ici, nous faisons les douanes, les courses de frais, les connexions internet après cet excellent sevrage de 10 jours, téléphone pour l’association, dépenser, consommer, un truc qui pourrait rimer avec BEURK. On était bien, nous, sur notre bateau sans tout cela. L’avantage c’est que l’on va pouvoir organiser nos randonnées pour la découverte de Santo Antâo avec ses champs de cannes à sucre, ses paysages splendides aux saveurs de rencontres et aux bons goûts de bananes… Le bateau, lui se dirige vers Tarafal pour voir ce village de pêcheurs, puis Saô Pedro où l’équipage attendra les groupes de randonneurs qui rentreront successivement. Cela fait du bien de séparer le groupe. De l’air frais dans nos têtes sans cette promiscuité. Plein d’aventures attendent chacun et vous pourrez les apprécier en lisant les journaux de bord. Le 03/02/10 Michel et Christophe sont arrivés sur le navire avec plein de courriers, Ils resteront 3 mois ; Morgane et Séb eux, leur laissent la place, après ce mois et demi passé avec les jeunes. Depuis leur départ, nous travaillons sur le bateau, nous faisons nos dernières courses, nous grattons les coques, nous écrivons nos dernières lettres, nos derniers mails avant de partir pour la grande traversée (le départ est prévu pour le 12 février). Avant, nous ferons une dernière petite escale de 2 jours à Fogo.
Et après…. Adieu le Cap vert.

Maintenant pour toi c’est quoi le Cap Vert ? :

Morgane : c’est des retrouvailles, c’est des îles abruptes avec beaucoup de vent, c’est aride. Se cachent des vallées recouvertes de cannes à sucre… (des petits trésors), des gens très ouverts et avenants. C’est la première escale aux goûts d’Afrique. Ça dépayse et cela donne envie d’être généreux. C’est le moment où on commence à s’ouvrir et à s’intéresser à ce qui nous entoure. C’est le début du partage avec des étrangers.
En un mot : le Cap Vert, qué legal (c’est cool) et pas un seul moustique…

Séb : Belles rencontres de gens accueillants et simples sans calcul. C’est le départ pour moi du bateau.
En un mot : Cap vert et sape et sape a gagal, hôp !!!!.

Bonnie : c’est magnifique, les gens sont sympas et ouverts, il fait chaud, c’est même lourd, c’est différent de la France… je sais pas…
En un mot : je ne veux pas partir non je ne veux pas…

Régis : c’est l’hôpital de Mindelo, je commence à penser sérieusement à visiter un hôpital dans chaque pays même si personne sur le bateau ne se blesse, des gens vraiment charmants qui ont le sens de l’accueil. Des supers plages, des vagues, des plongées et du fromage de chèvre. On m’avait dit que les Capverdiens et les Capverdiennes étaient beaux ; et maintenant je peux le confirmer.
En un mot : la chaleur.

Manu : c’est plein de gens sympas et aimables qu’on ne rencontre pas forcément au bateau. Il y a de très belles randos à faire et de beaux paysages à voir. Des plages de galets, des marchés pas très remplis et pas très colorés contrairement à ce que je pensais, ah si un peu quand même.
En un mot : c’est un archipel particulier.

Marion : c’est tranquille, un bel archipel avec des Capverdiens amoureux de leurs îles, très accueillants, généreux, fiers de montrer la beauté de leurs îles. Des plongées de fous, aussi bien des paysages arides et déserts, verdoyants, pleins de vies. C’est la pêche, la canne à sucre et la confiture de papaye fermentée (qui n’est pas si mauvaise).
C’est aussi le métissage des hommes aux peaux claires et aux yeux verts opales.
En un mot : déception de ne pas être allée pêcher avec les pêcheurs.

Paul : c’est la simplicité des gens, la beauté des paysages, la sécheresse, le mauvais tourisme. En un mot : la générosité des gens.

Malvic : une île pauvre pleine de bonne humeur, il y a du vert suivant les régions.
En un mot : paradisiaque (l’île de Santa Luzia).

Juju : c’est mon coup de foudre parmi toutes les contrées rencontrées. J’ai trouvé les habitants et les gens adorables, d’une générosité rare. Le départ de Morgane et Séb pour l’arrivée de Christophe et Michel, cela fait un pincement aux cœurs et un coup de joie.
En un mot : je reviendrais bien habiter sur Sao Pedro.

Ismaël : de magnifiques îles paradisiaques sorties des mers, où la pauvreté se transforme en richesse, la richesse des gens qui s’entraident, qui donnent et qui profitent de la vie. Des super rencontres plus enrichissantes les unes que les autres. Comme un début de quelque chose entre les membres du groupe, un lieu qui nous rappelle à une certaine simplicité de vivre, un site exceptionnel pour ses oiseaux. C’est magnifique.
En un mot : c’est « le voyage ».

Ismaël et Seb.