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2 avril 2008

Quelques textes avant la Guyane

28 février: l'Amérique du Sud...

Aujourd’hui, c’était une journée comme les autres, elle était ordinaire, sauf dans la soirée, quand il a commencé à faire nuit. Une douzaine de spots se sont éclairés de partout, c’étaient de petites embarcations de pêche. Petit à petit, une énorme lueur apparaissait dans un ciel plutôt étoilé. C’était la lueur de Fortaleza, qui est une très grande ville de plus de 2 millions d’habitants !!! Maintenant, le premier quart a commencé, donc tout le monde va se coucher en sachant qu’on va arriver cette nuit… mais quand ???
Vers 3h30, alors qu’on cherche l’entrée du port, nous voyons, dans l’obscurité, une énorme tâche sombre, c’était une épave d’un cargo qui dépassait de l’eau comme s’il était en pleine navigation. Derrière la digue du port, nous distinguons 2 énormes cheminées, mais qu’est que c’est ?? Une usine ou... alors… et oui, c’est un énorme bateau au mouillage mais il avait des mâts de 50 m. C’est un prototype impressionnant qui doit mesurer 40m environ. C’est un monocoque à l’avant et un trimaran à l’arrière. Bizarre comme truc !!! Nous sommes allés nous recoucher avec en tête, un bateau superbe. Le lendemain nous apprenons qu’il appartient à Nelson Piquet, un ancien pilote de formule 1. Nous sommes maintenant installés au port avec eau et électricité où nous faisons un nettoyage de bateau collectif à l’eau douce. Wil a aussi mis au point la wifi pour avoir Internet gratuitement. Ici on est bien reçu, il y a piscine, salle de jeu, électricité, eau douce, internet etc.…. Enfin, voilà une escale en Amérique du Sud super sympa !!
Thomas

2 mars: Un dimanche à Fortaleza...

Voilà trois mois, jour pour jour, que je suis arrivé sur le bateau. J’ai rejoint l’équipage le lundi 3 décembre 2007. Ce dimanche à Fortaleza m’a vaguement fait penser à mes premiers jours à la Goméra. Il est 6h30, je me lève, fier d’être si matinal, ce qui va me permettre de travailler mes cours dans le calme. Alors que je m’installe et m’apprête à ouvrir mon manuel de math, je me rends compte qu’il y a quelque chose d’anormal : la petite musique annonçant habituellement l’heure du réveil est déjà allumée. Je rejoins donc par simple curiosité la coque tribord et m’aperçois avec surprise que tout le monde est déjà levé en plein déjeuner. Etonnant pour un dimanche mais tant mieux, nous aurons le temps de faire plus de choses dans la journée. Il est à peine 7h00 que déjà un petit groupe d’entre nous part faire les courses pour le départ, les courses de frais (et oui, à Fortaleza les supermercados sont ouverts même le dimanche). A leur retour, le bateau s’active, il faut trouver de la place pour les dizaines de kilos de fruits et légumes. Tous les casiers sont pleins et certains fruits finiront même dans la réserve en compagnie de tout le bazar déjà présent. Le travail d’intendance s’annonce important si on ne veut pas que cela pourrisse. Après une matinée chargée, l’après-midi est tranquille, même reposante. Certains font une sieste, d’autres profitent de la piscine pour se rafraîchir ou encore font des parties de billards, baby foot ou ping-pong dans la salle de jeu climatisé. Moi je m’installe sur une pelouse ombragée et m’entraîne au jonglage. Cela fait longtemps que je ne m’y suis pas mis et la reprise est un peu difficile. Mais après quelques essais, je constate avec plaisir que je n’ai rien perdu contrairement à l’accordéon. J’ai joué de l’accordéon lorsque j’étais petit mais lorsque j’ai essayé celui de Kélig, je me suis vite aperçu que je ne me souvenais de rien. En fin d’après-midi, après avoir à mon tour profiter de la piscine, Morgane m’a convaincu de réessayer l’accordéon. J’ai donc sorti de sa boîte le bel instrument (qui n’a pas l’air d’avoir beaucoup servi à Kélig, qui m’a pourtant assuré qu’elle s'y mettrait sérieusement). J’ai commencé mon réapprentissage par deux polkas déchiffrées sur la méthode de Kélig, accompagné de Morgane à la darbouka. Ce dimanche à Fortaleza a été très reposant pour tous et ce soir nous nous sommes tous endormis avec le départ du Brésil en tête. Je pense que le bateau est prêt pour une nouvelle traversée mais le groupe l’est peut-être un peu moins.
Aurel



Le quatrième jour…

La première fois que j’ai entendu parler de Fortaleza, c’était en chanson, c’était une mélodie au rythme Lavillieresque. Une chanson comme on les aime, une chanson chargée de sensations… Sensation de chaleur et d’érotisme, d’amour, de réalité sociale! Au bout de notre 4ème jour à Fortaleza, la chaleur, ça c’est vrai, nous l’avons sentie, respirée et joyeusement partagée… Quand au reste, je n’y ai pas vraiment goûté. Ce que j’ai expérimenté, ce sont les supermercados.
Là oui, avec mes collègues, nous avons baigné dans le culinaire, tenant fermement entre nos mains la liste des courses faite par Solène, notre intendante en chef! Nous prenons dans tous les rayons les denrées locales. Il reste à choisir entre les différentes marques! Pour l’instant nous avons excellé dans le café au goût multiple, mélange d’odeur de poisson et saveur de produit chimique, une vraie catastrophe gustative. Le pays du café n’est pas forcément le mieux chaussé dirait-on ! On y découvre aussi des fruits inconnus, des sortes de pomme cannelle à l’écorce épaisse. Les supermarchés sont ouverts 7 jours sur 7. Les caddies de la plupart des locaux, avec qui nous partageons ce ballet de la consommation, du rayon sucre au rayon légumes, sont bien pleins aussi. A une différence près, tous les produits choisis ne passent pas à la caisse. Certains caddies restent abandonnés dans le magasin, à moitié. Lesquels sont à nouveau vidés et remplacés dans les rayons par les employés. Serait-ce l’aperçu d’une certaine réalité sociale?! Au bout du 4ème jour donc, je vous le dis, les pleins sont faits. Nous débordons de vivres, dans le but de déborder de vie, reste plus qu’à déborder d’envie! A l’aube de ce 4ème jour, fait remarquable quand même, Thomas m’aide à ranger le pont du bateau avec SYMPATHIE (oui, oui, je vous l’assure !) et commence les pleins d’eau même si ce n’est pas son job, comme il le dit ! Ah, c’est bon cette éclaircie de coopération dans le faire. A l’aurore de ce 4ème jour, Ricardo n’y tient plus! Car Ricardo « kif » trop les courses et boue d’envie de participer aux dernières… Car oui, au zénith de ce 4ème jour, nous voici tous, déambulant entre les marchands des rues aux tissus chatoyants, pour aller choisir un hamac brésilien. Hum… Délicieux somme en perspective !!
A la veille de ce 4ème jour, j’ai vu un Stevie qui dit toujours non quand il veut dire oui, mais qui a fait toutes ses lessives avant de partir dans la bonne humeur (haut fait remarquable aussi !!) Aurel, a ressorti l’accordéon du placard… Bref voilà, au bout du 4ème jour, nous quittons Fortaleza, vision de plantation d’HLM en bord de plage. Au crépuscule, nous voyons une plate forme pétrolière, monstre pétillant de lumières, grand buveur d’or noir. Et enfin, à la fin de ce 4ème jour, nous filons vers la Guyane avec un vent prometteur… Le vent du changement gonfle-t’il nos voiles ? Allons-nous passer au 5ème jour ?
Morgane



J'imagine la Guyane...

Dans 8 ou 10 jours, nous serons en Guyane. C’est pour cela que j’ai décidé de faire un texte sur la Guyane pour vous dire comment je l’imagine.
Dans 8 jours, nous serons à Saint Laurent du Maroni, une ville entre le Suriname et la Guyane Française. Le fleuve est en plein milieu de la frontière, c’est donc lui qui fait la séparation entre les 2 pays. Moi je l’imagine avec des marées et du courant et de l’eau mi marron mi verte. Dans le fleuve, il doit y avoir beaucoup de crocos et beaucoup de piranhas. Les animaux sont en grande quantité et de toutes sortes. Par exemple des anacondas, des léopards, des singes, beaucoup d’oiseaux de toutes les couleurs, des requins, des dauphins etc... La végétation est très verte et de toutes les couleurs comme les oiseaux. Je pense que la végétation aux alentours du fleuve doit être composée de mangrove. Encore une autre sorte que celle qu’on a déjà vue ? J’imagine que la population est mixte à cause de la colonisation Française. A mon avis, les gens se nourrissent de poissons, d’oiseaux, de bétails, de fruits, etc.… Moi, là-bas, j’aimerais bien voir des félins, des serpents, des singes et voir les coutumes.
Stevie

Théâtre à bord...

Aujourd’hui c’est l’après-midi théâtre pour Thomas et moi. Mais avant l’après-midi, il y avait le matin. Mais il se trouve que ce matin je n’ai rien fait de passionnant. À part peut-être, faire ma tâche, me laver et lire. Donc je préfère largement vous raconter mon après-midi sûrement plus intéressante. Tout commence à 12h50. Je me baigne avec Thomas. Christophe est à la barre et nous dit que si dans 10 min on fait pas quelque chose d’intelligent, il nous fera travailler à coup de pied au cul. Alors avec Thomas, on sort vite de l’eau et on essaye de faire un truc intelligent mais on n’a pas d’idée. Puis, je me suis dit, si on faisait une pièce de théâtre. Alors je demande à Thomas s’il veut qu’on fasse un spectacle. Il trouve que c’est une bonne idée alors on cherche le livre de théâtre. On trouve une scène pas trop longue et pas trop difficile. Cela s’appelle Le petit malade. C’est l’histoire d’un petit garçon, qui depuis qu’il s’est levé, ne peut plus marcher alors la mère appelle un médecin pour savoir ce que l’enfant a. Le médecin pense qu’il a une paralysie totale des membres inférieurs mais quand il va pour l’ausculter, il voit que l’enfant a les deux jambes dans la même jambe du pantalon. Enfin, voilà une scène assez rigolote. Avec Thomas on a dû faire le bébé et se déguiser. Pour faire le bébé on a pris un tee-shirt et un pantalon, 4 ballons gonflables et deux chaussettes. On a pris un ballon pour la tête, un pour le corps et deux pour la jambe du pantalon. Puis, nous aussi on s’est déguisé. Moi j’étais la maman alors j’ai pris une robe de Solène et elle m’a maquillé. Thomas, lui, il a prit une chemise à Wilfried et mon jean. On a répété tout l’après-midi et pendant la moitié du premier quart. J’ai répété avec Thomas, et Morgane était notre spectatrice. Après je suis allé me coucher avec le trac et une grosse envie de faire le spectacle le lendemain.
Quentin



Vendredi 7 mars
C’est le 5ème jour de navigation en direction de la Guyane et nous progressons bien. 150 voir 160 miles par jour. Nous longeons encore les côtes Brésiliennes et pourtant mes pensées sont déjà pour la Guyane. J’imagine la verdure, Saint-Laurent, petite ville aux allures coloniales, étrange héritage des Français, les esclaves et le bagne. Quand n'est-il aujourd’hui de cette Guyane encore Française? Des Indiens, des descendants, des esclaves, des Brésiliens, des Surinamiens, des Asiatiques, le tout régit par une administration et des lois venues de si loin? Autre aspect certainement étonnant, la faune et la flore totalement exubérante… On verra cela très vite. Pour le moment, aujourd’hui la journée commence tôt, réveillée à 4h pour le dernier quart de nuit en compagnie de Solène et Thomas. Il fait nuit noire et le bateau avance bien. Un grain nous suit et nous envoie son vent. Que se passe t’il ? Thomas saute sur la barre. Une vocation de marin est-elle née ? Ah, non, une vocation de cuisinier peut-être. Il disparaît déjà dans la cuisine pour les crêpes du matin. Solène et moi restons donc à la barre, on voit le soleil se lever et on frôle le premier grain du matin. Nous prenons du plaisir à naviguer avec ce bon petit vent. Plaisir aussi de discuter tranquillement de la vie sur ce bateau, les dernières découvertes au Brésil, les futurs à venir mais aussi de nos vies en France. Les amis, la famille qu’on a tous laissé, mais auxquels je crois, on pense tous régulièrement. Au fur et à mesure le pont s’anime. Chacun émerge à sa façon. Nous avons le dynamisme de Morgane et Christophe, le petit sourire d’une Amélia au saut du lit, le réveil dans la tranquillité et le calme pour Aurel et Wilfried, la petite angoisse de Quentin: va t’il trouver à se nourrir dans l’immédiat?! Et pour finir en général, le réveil de Ricardo et Stevie, lent et souvent difficile, remise en route du corps et de l’esprit. Ce matin, la houle se lève et même la pluie s’y met. Aurel et Amélia se relaient courageusement à la barre pendant que la plupart se réfugit dans les coques où ça tangue un peu quand même. Ricardo et Morgane s’attaquent à la cuisine, tâche peu aisée avec ce roulis, chapeau! La journée s’écoule alors tranquillement: sieste pour beaucoup, lecture pour d’autres, texte pour certains, un peu de barre et de pont pour s’oxygéner et quelques attrape-rêves pour d’autres.
Je termine la journée auprès de Stevie. Nous attaquons le premier quart de nuit. Stevie bien reposé par sa grande sieste de l’après-midi est en forme. Nous avons même la visite d’un oiseau qui nous suit et cherche à se poser sur le bateau. Mais le vent semble l’en empêcher. Nous continuons notre route à 7 nœuds de moyenne. Nous nous rapprochons de la Guyane !
Flo

29 mars 2008

En octobre 2008 démarre notre prochaine expédition...



Et oui, on y pense déjà! Un voyage de 9 mois aux Antilles... La Guyane, La Dominique, Le Banc d'argent et les baleines à bosse, Les Bahamas, Cuba, l'Amérique centrale et pour finir le Costa-Rica !
Un beau voyage en perspective riche en culture et en découverte du milieu marin.
Il ne manque plus que l'équipage... Avis aux intéressés et aux motivés!
Nous recrutons 3 jeunes de famille (12-18 ans) motivés pour vivre une aventure collective sur un bateau pendant 9 mois et 3 jeunes sous tutelle de l'Aide Sociale à L'Enfance âgés au plus de 14 ans!
Pour nous faire part de vos motivations, il suffit de nous écrire sur ce blog ou au bureau de l'association Grandeur nature, 152 grande rue haute, 34200 Sète ou par téléphone au 04 67 43 25 64.
Faites marcher le bouche à oreille...
L'équipe de Grandeur Nature

14 mars 2008

De Fortaleza jusqu’en Guyane...

Chers vous, allo la terre, ici la mer !
Durant ces deux semaines nous avons effleuré le Brésil du bout de l’orteil et nous avons longé les côtes de l’Amérique Latine en direction de St Laurent du Maroni en Guyane.
Pendant notre furtif passage dans la grande « ciudad » (4 jours tout de même !) nous avons fait des courses puis des courses et pour finir des courses ! En passant des marchands de hamacs aux supermercados, des ananas aux jus de maracujas, des mangues et des corossols mais aussi des petites courges « butter-nut » comme les aime Aurel, du beef brésilien au bonheur des carnivores, bref on s’en ai mis plein la panse, on s’en ai léché les doigts : délicieuse escale que Fortaleza ! En tous les cas au point de vue culinaire !
On est resté durant cette escale dans la marina d’un grand hôtel : piscine, salle de jeux et sanitaire (petit confort appréciable) à notre disposition, ce qui ne nous a pas déplu !
Ha oui une belle surprise aussi, « j’ai même rencontré Harmonie sur le bateau voisin, une connaissance du pays Basque, ce qui m’a fait drôlement plaisir : le monde est petit même de l’autre côté de l’océan ! Nos voisins de bâbord étaient aussi très sympas et Thomas leur a offert un pain à notre départ. » (Dixit Solène).
La nuance entre cet endroit luxueux et cette ville entourée de favelas fait quand même bizarre ! On nous avait fait une mauvaise pub de Fortaleza mais en fin de compte ça ne nous a pas sauté aux yeux. On a bien vu quelques enfants des rues, des gens qui nous ont parlé de dangers, mais nous avons surtout croisé des gens très souriants, aimables même si « les mecs y’z’avaient la même tronche que dans la cité de dieu. »(dixit Ricardo). Ca donne envie de revenir pour mieux découvrir ce pays.
Nous sommes partis le 3 mars pour la Guyane en repassant l’équateur (la première fois pour Morgane) !! Le premier soir, nous croisons quelque chose d’étrange. Tandis que Ricardo y voit une montagne de « Fererro Rocher » où siègeraient les Dieux de l’Olympe, Wilfried, concentré, affirme que c’est une plate forme pétrolière entourée de petits bateaux de pêches !
Une fois ce danger passé, nous voilà sur le cap pour la Guyane. Nous allons vous résumer cette navigation fort agréable et rapide ma foi !
Au sujet des activités culturelles du bord, nous avons eu :
Des leçons d’Anglais avec la participation d’Aurel, Solène, Amélia, Christophe, Morgane et un Stevie qui ne lâche qu’à la quatrième leçon déjà, ça fait réfléchir…
Une chouette représentation théâtrale jouée par Thomas et Quentin… Les récits des fabuleuses péripéties de Christophe.
Des petites soirées musiques amatrices en voie de symphonisation avec Solène et Morgane et la participation d’Aurel pendant les beaux jours.
Les moments d’activités manuelles ont été riches en couleur. Au menu, petits hamacs confectionnés par Wil, Ricardo et Aurel en vu d’y mettre fruits et légumes. Et une magnifique confection d’attrape rêves ont été réalisés par tous les autres, dont le palmarès revient à Amélia qui a l’art de les tisser joliment.
Des moments intimes et émouvants, il y en a eu aussi lors des quarts de nuit. Moments privilégiés où souvent s’envolent des pensées vers vous, vers notre futur, la distance semble nous rapprocher de nos familles et fait prendre conscience de son importance.
Et puis les quarts de nuit c’est aussi la découverte des étoiles, des constellations, et des mythes que l’homme y a associé. C’est le sujet favori de Ricardo : Orion, la grande Ours, Pégase, les mythes grecques le passionnent !
Après cette séquence émotion, quand même on ne peut pas vous cacher les moments nauséabonds de cette traversée, qui nous ont valus quelques combats stomacaux.
Avec en particulier l’apparition de champignons poussés sur les carottes pourris… Ce qui a eu pour résultat une Solène qui ne veut ( ne peut ?) plus entendre parler de carottes sous peine de gerboulade partie. On vous passe les détails du choux en train de pourrir dans la réserve que nous avons dû extraire délicatement, alors que nous étions bousculés par des vagues de deux mètres !! Charmant je vous assure !!
Nous avons eu aussi quelques moments forts en conneries. Nos deux compères, Thomas et Quentin n’ont pas trouvé mieux pour combler leur ennui de se lancer dans la fabrication de pièges bêtes mais pas méchant (attacher les pieds des autres quand ils dorment), qui deviennent très bêtes et super chiants à la longue. Vivement qu’ils changent de K7 (quoique !!)
Nous avons aussi imaginé la Guyane à l’aide du guide. Ce qui se résume à une vision de forêt Amazonienne remplie de bébêtes géantes, allant de la punaise de douze centimètres au papillon de 20 centimètres. On a même lu qu’il y aurait des grosses guêpes qui pondent dans les mygales, mais aussi peut-être l’apparition possible de félins, devant lesquels il ne faut pas courir ! Mais ne vous inquiétez pas, il y a aussi de magnifiques Ibis Rouge, des tortues Luthes, des gens sympas qui nous attendent, et un centre spatial à visiter.
Mais tout cela est une autre histoire. Nous arrivons aujourd’hui à saint Laurent de Maroni après avoir parcouru en 7 jours, 1172 milles avec une moyenne spectaculaire pour notre équipage de 7,5 nœuds !! Bravo, clap, clap, clap…
Nous sommes le 11 mars. Nous avons passé la nuit sur le fleuve tout marron. Il a plu toute la nuit (franchement les pluies Bretonnes et du pays Basque c’est de la gnognotte à côté !!!).
La forêt est toute vivante de bruits autour de nous, on a hâte de vivre cette escale. Demain, un nouveau coéquipier arrive : Gseb nous rejoint… On a hâte d’avoir de vos nouvelles, savoir qui est passé au premier tour des municipales et de vous lire…
En résumé voici les impressions de chacun sur cette période de navigation.
Pour Christophe cela se résume en trois mots : c’était une navigation rapide, agréable et routinière, tandis que Wilfried avait la sensation d’être sur un coussin lorsque le bateau glissait à 10 nœuds. Stevie trouve que c’était n’humide ( ha, ha), mais it was very nice, of course !!
Pour Thomas, c’était bonne mer, bon vent, bien ; alors que Quentin a aimé nager avec les dauphins, se baigner et aller vite. Amélia aussi a apprécié la vitesse de notre voilier mais s’est senti moins patiente que d’habitude. Ricardo gère de mieux en mieux son mal de mer, dit-il et surtout a découvert les étoiles et leurs légendes lorsqu’il levait la tête de son roman Harry Potter. Aurel aussi avoue avoir senti une amélioration dans son mal de mer et Flo a retenu la beauté des ciels nuageux que nous avons croisé et que les journées passent toujours très vite !
Voilà, pour conclure, nous deux, avons trouvé cette navigation plutôt sympathique ! Alors, à la revoyure pour de prochaines nouvelles, et le récit de notre exploration Guyanaise.
Bises à tous.
Solène et Morgane.

4 mars 2008

Récit de ces dernières semaines...

La traversée de l’Atlantique :
1er février :
Ça y est, c’est parti pour une petite balade océanique de 1300 milles nautiques. Aujourd’hui vendredi 1er février après un petit briefing sécurité pour se remettre dans le bain des bonnes habitudes, la grand-voile de notre Gégé revoit le jour après 5 semaines d’escale en Casamance. Nous quittons en fin de matinée le mouillage où nous venons de passer la nuit, légèrement au sud de l’embouchure par 5 mètres de fond. Avant de rejoindre le large, nous devons quitter le plateau continental constitué d’une bande de fond marin large d’une trentaine de milles. Voilà, c’est donc une transat qui nous attend, la plus courte entre les 2 continents. L’autre particularité de cette navigation est le passage de l’équateur, le parallèle zéro de notre planète et ça c’est une première pour tous les membres de l’équipage. L’équateur c’est une ligne sur une carte, mais c’est surtout la séparation entre les 2 hémisphères et une zone météo très particulière appelée pot au noir. La taille et la largeur de cette zone de calme équatoriale (calme persistant alternant avec des grains violents) varient selon les saisons et se situent de part et d’autre de l’équateur entre les alizés de nord-est de l’hémisphère nord et les alizés de sud-est de l’hémisphère sud. On appelle également cette zone, la zone intertropicale de convergence.
Autrefois, il y a 500 ans, lors des premiers voyages maritimes entre le vieux continent et le nouveau monde, le passage de l’équateur était l’occasion d’un rite initiatique, le baptême de la ligne qui consistait à baptiser les jeunes matelots pour en faire des vrais marins. Pour cette occasion, les officiers étaient déguisés et maquillés de noir et le tout mis en scène comme une pièce de théâtre. Du baptême qui signifie immerger, l’individu doit sortir autre, différent, changé. Le passage de l’équateur représentant le passage d’un monde connu à un monde inconnu, il en est de même pour le nouveau baptisé qui découvre un moi ignoré.
Le passage de l’équateur serait donc l’occasion d’une transformation de soi en tout cas je l’espère pour certains membres de l’équipage…
Wilfried

Le mal de mer…
Je suis de cuisine avec Aurel. On a prévu à l’avance ce qu’on allait faire sauf qu’on allait avoir le mal de mer en même temps ! Au menu, lasagne aux légumes pour le midi et une soupe de légumes pour le soir. Bref, être malade c’est pas drôle surtout quand t’es de cuisine. Donc on fait à manger puis on dort, puis on fait la vaisselle puis on dort. Et après le soir, on n’est pas fatigué donc on n’arrive pas dormir.
Le mal de mer qu’est-ce que c’est ? À ce que j’ai compris, c’est une histoire d’oreille interne C’est elle qui calcule ma position dans l’espace et qui dit à mes muscles comment réagir pour ne pas tomber. Après ça passe par le cerveau, mais moi mon cerveau ne capte rien. Ce que lui dit l’oreille interne n’a rien à voir avec ce que mes yeux voient et ce que mes muscles ressentent. Donc ça embrouille tout. Mon cerveau essaye de tout gérer et donc il surchauffe. Son seul moyen d’aller mieux c’est de vomir, mais ça ne dure pas longtemps. J’ai compris en lisant le marin curieux. Ricardo




Un quart de nuit :
23h. Je dors profondément. J’entends alors au loin la voix de Thomas : « c’est l’heure et il y a plein de dauphins ! » Alors forcément, ça motive pour sortir de la cabine… 5 ou 6 dauphins se relaient à l’étrave du bateau. Le vent atteint 18 nœuds, on avance à 8/9 nœuds alors les dauphins filent. Le plancton s’illumine autour d’eux. Et puis hop, un petit saut, des jets d’eaux lumineux, leurs peaux brillent et ils redisparaîssent tantôt à droite, tantôt à gauche, tantôt vers le fond. Amélia nous rejoint. Le spectacle continue. Bon ce n’est pas tout, le vent souffle un peu. Il faut mettre un ris à la grand-voile. On réveille Wilfried et là action… Thomas bien sûr râle. La manœuvre repousse un peu son coucher. De toute façon il y a pour lui toujours un prétexte à la râlerie. Dans mon pays, on le qualifierait d’arougagneur professionnel. On répète l’organisation de la manœuvre, chacun son poste et c’est parti! Voilà, on a pris un ris. Mais apparemment ça ne suffit pas. On prépare le changement de la voile d’avant. Thomas râle toujours.
Pour moi, ça devient plus athlétique : je m’emmêle entre le génois et la sangle, qui me raccroche à la ligne de vie. Je tire sur cette sangle qui m’empêche de bouger. Bon, il faut que je m’accroche de l’autre côté, j’aurais certainement plus de marge de manœuvre. Je cherche cette ligne de vie que je trouve difficilement, obligée de soulever cette voile qui pèse un âne mort. Ouf ! C’est fait, je retrouve un peu de liberté! On remonte le solènte. Le bateau bouge pas mal. J’ai du mal à trouver l’équilibre et je suis en nage. Reste le pliage du génois. Dernier effort, tout me semble lourd, j’ai chaud et j’ai la nausée ! Tout va bien quoi… Mais on touche au but ! Voilà, tout est en place. Bien sûr, entre temps, le vent a un peu faibli, mais ce n’est pas grave, on restera ainsi.
Il est déjà minuit trente : la moitié du quart est passée. Kélig et Thomas vont se coucher. Wilfried va s’allonger dans le carré avant son quart qui ne va pas tarder. Amélia, Stevie et moi restons tranquillement à la barre. Stevie s’affale, mais ne dort pas. Amélia et moi parlons à bâtons rompus. Et le temps passe si vite qu’à 2h30 on se rend compte que nous n’avons pas encore réveillé les autres. Stevie fait le point, on réchauffe le thé et les autres arrivent pour prendre le relais. Il est temps de retourner au lit pour finir la nuit.
Florence

Le passage de l’équateur :
Aujourd’hui est une journée bien spéciale nous allons passer l’équateur. Ce matin Thomas est de cuisine alors on peut se baigner qu’une seule fois et pas longtemps parce qu’on doit se laver. Après s’être douché, je finis mon Harry Potter. Maintenant je dois attendre le n°5 que Christophe va amener.
Au menu, du riz avec de la sauce. Francis a l’idée de faire une bouteille à la mer. Alors on prépare tous un petit mot. Il me tarde de passer l’équateur, parce que tant qu’on n’y est pas on ne peut pas se baigner et l’on pourra manger les « Ferrero » de Francis et c’est la première fois que l’équipe passe l’équateur. Francis est au GPS et c’est lui qui nous dira lorsque nous serons à 00°00. Il ne reste plus que 10 min et on affale la voile d’avant car nous allons à 7 noeuds. Plus que 1,2 mille dit Francis. Nous commençons l’affalage de la grand voile. 5,4,3,2,1… Wil saute à l’eau sur cette ligne imaginaire. On boit la tasse, on s’embrasse et on joue dans l’eau. Après on sort et on mange les Ferrero, ça va notre crainte qu’ils aient pourri est effacé. Ils sont très bons et Francis en donne un a la mer. Nous repartons à 8 noeuds pour une fin de transat mouvementée.
Quentin

Chère Morgane, Cher Christophe,
Cette lettre vous est destinée pour vous souhaiter la bienvenue parmi notre équipage. Nous avons passé un très bon séjour en Casamance, et nous avons plein d’anecdotes à vous raconter. Nous avons dit au revoir à Benjamin et accueilli Florence. Notre équipage a donc bien changé depuis notre départ de Sète même après ton départ d’El Médano, Christophe, et ça va encore changer car Kélig et Francis vont s’en aller.
Pour ma part, je me réjouis de vous revoir au Brésil et de continuer notre extraordinaire voyage en votre compagnie. Je ne sais pas si vous vous êtes imaginés votre arrivée mais vous allez embarquer dans une ambiance à la fois d’Harry Potter, de rire mais aussi de quelques tensions qui stagnent encore. Nous avons hâte de plonger dans les récifs de coraux, en compagnie de beaux petits poissons en évitant les bancs de barracudas et de requins. Je ne sais pas trop quoi dire d’autre, à part que je suis impatiente de vous voir et de découvrir les fonds marins de l’archipel Brésilien.
Vogue notre beau bateau, et bientôt nous serons à Fernando.
Bisous. Solène.

Arrivée à Fernando de Noronha et bilan de l’équipage :
Ce matin, premier réveil à Fernando. Sur la côte, la verdure domine, des blocs rocheux tombent dans l’eau, à leurs pieds quelques petites plages qui ont l’air magnifiques. À côté de la digue, des signes de la civilisation : une éolienne, le début d’une route avec quelques voitures, quelques bâtiments aussi. Ce matin, l’attraction, ce sont les dauphins, ils sont tous autour du mouillage. Ce sont des petits dauphins spécialistes du saut à pirouette. Alors forcément à peine levés, certains jeunes ont vite enfilé les masques et tubas pour observer de plus près les visiteurs. Il faut signaler aussi que notre équipage s’est agrandi hier soir. Christophe et Morgane nous ont rejoints. Après le bain matinal, nous nous retrouvons donc à 13 autour du petit-déjeuner. Nous sommes contents d’accueillir de nouveau équipiers. Ils nous apportent les nouvelles fraîches de la France, des informations précieuses aussi sur Fernando, ils sont en effet à terre depuis deux jours et ont déjà pris des contacts pour faciliter notre séjour ici. Mais ce n’est pas aujourd’hui que nous allons commencer notre découverte du Brésil. La journée sera consacrée à un bilan collectif de ces trois mois de voyage. On se recentre donc sur les moments forts : les bons comme les mauvais. On essaie aussi de mettre à jour les relations de chacun avec le reste du groupe : vaste programme et l’on se fait part des souhaits et des objectifs personnels pour le reste du voyage. Difficile de tout condenser ici. Oui, chacun vit de très bons moments forts, marquants : Des rencontres avec les dauphins en passant par les souvenirs de rando et beaucoup d’autres. Mais il y a aussi des aspects moins positifs. La violence notamment ou des moments de conflits marqués au sein du groupe sont difficilement supportables pour certains alors que d’autres s’en accommodent ou font semblant de s’en accommoder. D’autres modes de relation existent et je crois que nous le savons tous sur ce bateau. De manière générale, changer de comportement peut être difficile et les belles paroles ne suffisent pas…Chacun sait au fond de soi la raison de sa venue sur le bateau. À chacun d’eux de tout mettre en œuvre afin de réussir ce voyage. Je souhaite qu’ensemble nous continuions à découvrir un maximum de choses, à nous ouvrir à ce vaste monde pour revenir en France riche de toutes ces découvertes, toujours plus curieux et désireux de prendre notre destin en main…
Florence.

Quelques chiffres sur l’île de Fernando da Noronha :
Il y avait en 2007 : 3556 personnes sur l’île. 2556 résidents permanents, 1000 travailleurs temporaires et 450 touristes par jour.
Il y a 800 véhicules, 200 2 roues et 600 voitures et camionnettes, pour une route goudronnée de 12 Km.
Toutes les semaines, passe un bateau de croisière, le « Pacific » battant pavillon Bahamien, avec à bord 500 personnes qui restent 1 journée et demie.
Christophe

Les tortues de Fernando :
Aujourd’hui, je vais vous parler des tortues parce qu’on a passé toute la nuit du 17 au 18 février à observer les tortues pondre. Cette nuit nous avons eu la chance d’en observer une !!!

Ici, à Fernando de Noronha, toute l’île est une réserve naturelle. Les tortues sont l’une des espèces protégées à Fernando, ce qui est avantageux pour cette espèce menacée. Ici à la baie du Lion, il y a une sorte de tortue qui vient pondre, c’est la tortue verte. Dans cette baie, il y en a 28 qui viennent pondre entre 3 et 4 fois par saisons chacune en sachant qu’elle font environ 120 œufs par ponte. Les œufs, avant d’éclore, restent entre 40 et 60 jours sous le sable. Dans le nid, les œufs du dessus deviennent des femelles et du dessous des mâles selon la chaleur qui les entoure. Les bébés tortues, une fois sortis de leurs trous, se dirigent vers la mer. Dans cette baie, pour les petits, c’est le « paradis », il n’y a pas de prédateurs sur terre sauf les gros crabes. Mais dans l’eau, c’est bien plus risqué ! Sur 1000 tortues, 1 ou 2 survivent, parce qu’il y a les requins qui mangent même les plus grosses. Les 2 qui survivent, quand elles auront 25 ans, elles viendront pondre au même endroit qu’elles sont nées. Une fois adultes, elles peuvent peser 200 kg (une tortue Luth par exemple, peut mesurer 2,70 m et peser 736 kg pour les plus grosses). Les tortues vertes peuvent vivre environ jusqu’à 80 ans.
Le mâle est plus petit que la femelle. Une fois l’accouplement terminé, la femelle garde les œufs dans son ventre durant un mois. Maintenant, le problème, c’est que les plages sont éclairées et sont près des villes. Les bébés sont attirés par la lumière de la ville et se font écraser, manger… Ici ils appliquent une bague sur la nageoire pour pouvoir les identifier. Ils ont eu la preuve que les tortues Brésiliennes sont allées jusqu’au Sénégal et jusqu’en Australie. Pour vous rassurer, les tortues sont de moins en moins en voie de disparition, elle commence à réapparaître parce qu’il y a moins de personne qui les mange. Ouf !!! C’est avec Clarisse que nous avons observé les tortues cette nuit. Clarisse, c’est une étudiante en biologie, elle est volontaire pour protéger les tortues, elles a terminé son diplôme en décembre, elle vient du Brésil et sa grand-mère mange des tortues de terre mais surtout pas elle.
Cette nuit c’était une nuit pas comme les autres. J’ai vu une tortue, c’était une première pour moi, c’était très beau de la voir creuser. Elle était très grosse (1,20m). J’ai beaucoup aimé cette ambiance de l’aventure, d’aller de nuit voir une tortue pondre. C’était exceptionnel ! Une fois qu’elle avait fini, je suis reparti me recoucher, émerveillé.
Thomas


La plongée :
Ici, il y a beaucoup de poissons-perroquets des chirurgiens, des raies et des petits poissons rayés noirs et blancs très curieux. Je m’amuse à faire la course avec une raie. Et au bout d’une heure de plongée, je sens mes jambes un peu fatiguées, alors je décide d’arrêter là pour aujourd’hui mes explorations marines. Mais une fois arrivée à proximité de la plage, une vague imprévue me tombe sur la tête pile au moment où j’aperçois une raie juste en face de moi ! Je suis entraînée vers le fond où je perds mon masque et j’ai bien peur de tomber sur la raie. Finalement, j’arrive à atteindre le sable blanc, un peu sonnée et un masque en moins.
On s’aperçoit qu’il est déjà 18h passé !! Il faut vite rentrer car ici les plages sont interdites à partir de 18h parce que la nuit tombe vite et que les tortues vont pondre !! Nous réempruntons donc le chemin dans le sens inverse et nous sommes vite rattrapés par le crépuscule. Nous retrouvons Flo qui commençait à s’inquiéter. Enfin, nous revenons tous ensemble au bateau par le bus qui fait le tour de l’île, et je suis fière de ma journée.
Amélia.

La mangrove :
Après avoir passé une nuit avec Clarisse et les tortues, nous nous dirigeons vers la mangrove pour une petite visite. La mangrove de Fernando de Noronha est la seule des îles de l’Atlantique Sud. Elle se situe dans l’une des baies sud-est de l’île. Il y a plusieurs sortes de mangroves. Celle-ci est composée de palétuvier blanc. Cette mangrove n’est pas du tout comme celle de Casamance. Il n’y avait pas beaucoup d’eau et ça faisait un peu comme la forêt. L’eau est rose à cause de la station d’épuration. Contrairement à la Casamance, il n’y a pas de crabe !
Il y a des arbres appelés mancenilliers, c’est des arbres toxiques, il ne faut pas les toucher où sinon ça brûle au troisième degré, et quand il pleut, il ne faut pas être en dessous parce que les gouttes font sont acides. Le guide qui nous a accompagné nous fait montrer des graines et nous dit que c’était bon pour les cheveux. Alors Thomas et moi, on en goûte, ça a un petit goût de haricot rouge. Après la visite, en sortant de la mangrove, Thomas ramasse une feuille qui se mange en Casamance et la mange !! Alors qu’ici, on ne doit rien toucher. Et depuis ce jour Thomas et moi avons une réputation de « mange-tout »…
Stevie.

19 ans plus tard, le retour :
J’étais passé ici en janvier 1989, quelques mois après le début du Parc et la fusion avec le Pernambouco.
Nous avions été exonéré de taxes et nous avions eu le droit d’aller dans la baie des dauphins, de nager avec eux et même de les filmer. Grâce au jeune garde du parc qui nous accompagnait et s’appelait Bam… Sur l’île, il n’y avait pas de route goudronnée et une liaison par avion par semaine avec le continent, la digue du port était encore en construction ! L’île comptait 2 fois moins d’habitants. Nous avions visité l’île et nous avions tous rêvé d’y revenir…
Christophe


Les retrouvailles avec le groupe :
Ça y est depuis une semaine déjà, j’ai retrouvé la chaleur, le goût du voyage et bien sûr l’équipage… Les retrouvailles ont été sympas. Revoir Kélig et Francis procure toujours du bonheur. Les retrouvailles avec le bateau sont faciles et agréables, je m’y sens vite chez moi! C’est déjà mon 5e voyage à bord. Quand à l’équipage, et bien je ne le connais que très peu, à travers les récits des journaux de bord et les « autres ». Il me reste à observer l’écosystème bien particulier crée par l’alchimie du groupe. Quelle place chacun a pris dans cet ensemble d’individus au parcours différent ? Comment vivent-ils ? Est-ce que chacun en sait un peu plus sur « qui il est » ? Sur les gens avec qui il voyage, depuis bientôt 4 mois ? Est-ce que chacun prend soin de lui et des autres ?... Bref, en un mot, se construire à travers cette aventure unique ! Pour tout vous dire, c’est vrai que je ne vois pas beaucoup d’intérêt les uns pour les autres. Je ne ressens pas beaucoup de douceur et d’attention, ces petites choses qui rendent agréable la vie en groupe. Bref, il y a comme un encroûtage dans les relations. C’est bientôt le 4e mois du voyage. Pour l’expérience, je dirais que c’est souvent un moment de lassitude des uns (qui répète toujours les mêmes choses : range tes affaires, lave ton linge, parle bien aux autres…) et des autres (qui entendent toujours les mêmes réflexions). Dans chacune des relations, l’autre est un miroir et vous renvoie le reflet de vous-même. Alors, ouvrez vos yeux et traitez l’autre comme vous aimeriez qu’il vous traite… Ouvrez les yeux pour emmagasiner toute la beauté, les paysages, les fonds marins et révélez toute la beauté de votre personnalité.
Morgane

22 Février 2008 : Une journée de pêche à Fernando
Aujourd’hui je pars à la pêche. Il faut que je sois prêt pour 7 heures. Je fais un tour sur le pont à la recherche d’un encadrant. Bon, il n’y a personne et je retourne dans ma bannette lire mon livre. Ça me stresse de rester dans ma cabine alors je sors pour être sûr de ne pas louper les pêcheurs. Je me rends compte qu’il est 7 heures et qu’ils ne sont pas encore là. Je commence un peu à m’inquiéter. Bon, l’équipage sort sur le pont petit à petit. Le déjeuner se forme et l’on commence à parler de la journée. Le groupe va à Atalaïa découvrir les piscines naturelles formées dans la roche par la marée. Ça y est mes hôtes apparaissent au bout de la digue. Je cours mettre un tee-shirt, je prépare vite mes deux sandwichs à la mortadelle et je vais les attendre sur la jupe mais ils ne font que passés. Ils doivent préparer le bateau pour partir et doivent aussi remorquer un bateau de pêche au port. Cette fois c’est la bonne.
Ils viennent me chercher et on y va, à la « praïa de Santo Antonio » pour pêcher la sardine. Entre temps je me présente et on discute un peu du voyage que je fais et eux aussi se présentent. Il y a Dédé (capitaine et aussi pêcheur), Miguel (pêcheur) et Antonio (pêcheur). C’est lui qui va m’apprendre comment on pêche sur le bateau. Antonio saute à l’eau avec un filet épervier masque et tuba. Il regarde où plongent les oiseaux pour savoir où il y a des poissons. Ça a l’air de bien marcher car il revient avec une bonne centaine de sardines. Avant de recommencer à travailler direction une petite plate-forme pour midi, enfin presque car il est 9 heures et au menu, du cheval avec du riz, c’est quand même assez bourrant pour un petit-déjeuner. Le repas se passe paisiblement jusqu’à : « Barracuda, barracuda ! » Il y a un poisson que mange notre vaisselle. Miguel met vite une ligne à l’eau et Antonio jette des morceaux de sardines pour l’appâter. Il y avait peu de chance que le poisson morde et ça n’a pas loupé! Bon ça y est, je crois que l’on peut rejoindre les bateaux de pêches que sont à environ un mille de la côte. Ils préparent leur ligne avec du gros plomb pour aller chercher des poissons en profondeur et Antonio m’en prépare une qui reste à la surface, donc sans plomb avec une sardine vivante. Ce genre de ligne c’est plutôt pour le barracuda. Apparemment en profondeur il y a plus de poissons qu’à la surface. Ils ont à peine mis leur ligne qu’ils ferrent déjà et remontent tous un poisson. Ils font un deuxième lancé et rebelote, il y a déjà 6 ou 7 poissons à bord. On remet les lignes. Ils repêchent quelques poissons et moi je pêche un barracuda. Ça va, c’était pas trop difficile à remonter. Je suis content d’avoir pêché un poisson moi-même, même si ce n’est rien comparé à la montagne de poissons qui est à côté de moi.
Quentin

Avec les dauphins :
À 5 heures, nous grimpons dans la voiture des responsables du projet « golfinhos rotadores ». Plein d’espoir dans le cœur, nous voici en route pour la baie des dauphins. Arrivés en haut du promontoire, nous observons l’ensemble de la baie qui s’étend à nos pieds. Alors que nous attendons les dauphins, scrutant l’horizon, Luciana nous raconte en quoi consiste son travail. A coté de nous, d’autres groupes de touristes brésiliens et italiens écoutent aussi leurs guides attentivement. Luciana est une étudiante qui est depuis 2 mois sur Fernando pour y faire 2 choses : étudier et noter l’impact du tourisme sur les dauphins !!! Et sensibiliser les enfants et les touristes à la préservation de la nature. Luciana nous dit qu’il ne semble pas y avoir d’impact important sur la population de dauphins depuis ces 20 ans d’observation. Par contre, il y aurait eu d’autres espèces de dauphins qui venaient auparavant et qu’on ne retrouve plus dans la baie. Les dauphins rotador ne semblent donc pas craindre la présence de touristes sachant que personne ne plonge avec eux à part un scientifique du Brésil qui, seul privilégié, étudie leurs comportements.
Les dauphins rotadors sont pro dans les figures acrobatiques de toutes sortes : salto, soleil, vrille retournée… On apprend qu’ils viennent dans cette baie car l’eau y est plus claire et plus profonde qu’ailleurs. Les dauphins chassent la nuit et viennent se reposer au petit matin dans cet espace privilégié. Les mamans y sont tranquilles pour allaiter leurs petits. D’autres se reproduisent et se reposent sous l’œil vigilant de quelques mâles assurant la sécurité du groupe. Car de gourmands requins rôdent dans les parages. On nous a même suggéré que les dauphins rotadors usaient de pirouettes et de figures acrobatiques spectaculaires pour attirer les bateaux de touristes hors de la baie. Mais Luciana nous raconte que ce ne sont pas des dauphins réellement sédentaires. En fait il s’agit de plusieurs groupes de dauphins différents qui se retrouvent ici, ne restant pas plus de trois jours consécutifs.
Luciana n’a jamais nagé avec des dauphins et est impressionnée quand on lui raconte les nombreuses rencontres que les jeunes ont fait depuis le début du voyage !!!
Morgane

Arrivée sur l’atoll de Roquas :
J’entrouvre les yeux. Il fait jour. Je me laisse bercer par le roulis du bateau. Morgane a déserté notre cabine commune. Oui, elle est du 4e quart et donc déjà sur le pont depuis un bon moment. Alors je m’étale sur les deux couchettes et rêvasse un peu. Je suis contente de reprendre la route même si Fernando était une très bonne étape. Partis hier soir, nous devrions arriver à l’atoll de Roquas dans la journée. Je suis curieuse de découvrir un vrai atoll. Atoll particulier aussi puisqu’il s’agit d’une réserve naturelle depuis 1979, seul atoll de l’Atlantique Sud. Il est normalement interdit de s’y arrêter : protection de la faune et de la flore oblige. Christophe, aidé par Kelly de Fernando a fait une demande via Internet afin de pouvoir y débarquer. Et oui, sur l’île, se trouve un garde ou plutôt une gardienne nommée Zélia chargée de la surveillance apparemment. Et complètement surréaliste elle communique avec le reste du monde par internet. Mais nous n’avons pas obtenu de réponse. On verra donc sur place… Pour le moment, on avance doucement, très doucement. Mais cette lenteur n’est pas du tout désagréable. Ça laisse le temps d’imaginer Roquas, de se préparer… En milieu d’après-midi, ça y est, on commence à apercevoir quelque chose au loin… Suspense … Au fur et à mesure, ça se précise… Une bande de terre (en fait du sable). Autour la mer heurte quelque chose : le corail tout autour de l’île. Sur l’île se dessinent progressivement des bâtiments. Christophe venu il y a 20 ans nous dit que c’est l’ancien phare aujourd’hui en ruine. On aperçoit aussi quelques palmiers… La petite touche exotique qui finit bien cette apparition. Là, on craque, Wilfried allume les moteurs, on arrive enfin tout près de l’île. On ralentit et on observe. Magnifique petit banc de sable blanc. On voit bien maintenant les vestiges de l’ancien phare avec à côté la tourelle en fer du nouveau. Quelques palmiers, une petite maison en bois, quelques panneaux solaires. On voit quelqu’un, mais en fait il y a 2 personnes ! On mouille, et Christophe et Morgane file sur l’île. Va-t-on pouvoir rester là ? L’eau est totalement transparente, visibilité totale à plus de 10 mètres… Des tortues apparaissent régulièrement autour du bateau. En attendant la réponse, la plupart vont à l’eau profiter du spectacle. Et c’est un vrai spectacle ! Les poissons sont très nombreux, poissons anges, raies, poissons-perroquets, demoiselles… Et tellement d’autres inconnues pour moi… Des tortues aussi, petites mais aussi des grosses qui semblent voler dans l’eau. Christophe et Morgane reviennent, victoire ! Nous avons l’autorisation de rester ici. Zélia, la gardienne de l’île, et Philipé, un étudiant venu observer les tortues, vont même nous faire une petite visite de l’île en fin d’après-midi. Pour le moment, chacun profite des fonds marins. Mais déjà nos hôtes arrivent avec leur zodiac au bateau pour nous faire découvrir leur île… On passe la barrière de corail, et on entre dans le lagon. Là, nous découvrons un petit paradis. L’eau turquoise, le sable blanc et les herbes vertes au centre de l’île. Le lagon est une pépinière de bébés poissons, même les bébés requin y nagent tranquillement. Et l’intérieur de l’île est totalement occupé par des oiseaux venu pondre et élever leurs petits sur un tapis d’herbes rampantes qui recouvrent le sable. Nous faisons tout le tour de l’île marchant sur le sable corallien. Paysage somptueux avec pour fond sonore, les cris d’oiseaux que nous essayons de ne pas trop déranger. On finit notre visite à la cabane de nos hôtes totalement squattées par les oiseaux qui utilisent le toit et les panneaux solaires comme perchoir. Cette vie de gardien de l’île me laisse songeuse : 17 ans que Zélia partage sa vie entre Natal et le petit atoll de l’Atlantique sud au milieux des oiseaux, des poissons, des tortues et d’un paysage de rêve. Nous repartons tous au bateau plein d’images merveilleuses dans la tête. Nous continuons notre découverte de cet atoll demain…
Florence

3 mars 2008

nouvelles postées de Fortaleza!


Chère famille, adhérents, amis, et autres…
Je vous écris cette lettre alors que nous venons de quitter l’atoll des Roquas, petit îlot désert perdu au milieu de l’océan à des dizaines de milles de toutes côtes. Ici nous avons rencontré Zélia et Philippe qui travaillent là en tant que gardes. Zélia vit ici depuis 17 ans et d’autres personnes, comme Philippe, passent quelques mois sur l’île pour étudier les tortues, les oiseaux, les requins… Zélia et Philippe sont tous deux gentils, intéressants et généreux. Ce petit îlot de sable blanc et ses quelques palmiers rabougris sont presque aussi difficiles à quitter que Fernando. Car derrière cette petite parcelle de sable immergeant de l’eau se cache des nuées d’oiseaux majestueux et des fonds marins merveilleux. L’escale à Fernando s’est bien passée. Notre exemption de taxe, ayant pour motif « l’étude de l’écosystème », nous a permis de passer 12 jours lourdement programmés par Bam, une vielle connaissance de Christophe. Nos journées se sont écoulées entre plongées, observation des dauphins, nuits avec les tortues et mille autres découvertes accompagnées à chaque fois d’un nouveau guide avec qui nous sympathisons. Nous avons ainsi fait la connaissance de Pedro, Kelly, Kelly, Clarisse, Guillerme, Luciana, Patricia, et enfin Zélia et Philippe que nous venons de quitter, il y a quelques heures.
J’étais justement en train de plonger avec Philippe lorsque je me suis dit que j’avais une chance incroyable de pouvoir nager avec des tortues, des requins, des poissons anges, et tout ça dans un si joli décor. Puis je me suis dit qu’il faudrait que je remercie mes parents de m’offrir un tel voyage, j’ai vu à ce moment-là une maman poisson accompagner ses petits et je me suis dit qu’il faudrait aussi remercier les organisateurs du voyage. Enfin, j’ai vu un banc de sardines et j’ai pensé au groupe… Gloups ! Là, j’ai bu la tasse ! J’ai bu la tasse et je me suis posé une question : « Pourquoi l’équipage Grandeur Nature 2007/2008 n’est-il pas un groupe ? » Et oui, car l’ambiance à bord ne va pas en s’arrangeant et l’on ne peut toujours pas parler d’un groupe. La moitié du voyage approche et j’espère que celle-ci permettra à certains de se remettre en question et de prendre conscience du chemin déjà parcouru. La suite ne dépend que de nous… Pour revenir sur le voyage, nous devrions atteindre Fortaleza dans quelques jours. Cette escale sera destinée uniquement à la préparation de la prochaine nav qui doit nous mener jusqu’en Guyane.
Aurel

26 février 2008

Le 26 février... Ici la Terre!



Bonjour à tous les terriens... famille que j'ai j'ai rejoint depuis quelques jours déjà!
Finit le petit bain de mer du matin, le soleil Brésilien et les cache-cache avec les tortues... J'ai retrouvé mes chaussons Basques en laine de mouton au fond des cartons!!! Je redécouvre le bon thé bien chaud au pied du poële, le cinéma, les bonnes pommes, mais aussi le téléphone, l'ordi, les factures...
Nous avons quitté le bateau avec Francis à Fernando de Noronha. Ils étaient en plein programme chargé avec toute l'équipe de IBAMA, l'institut qui gère la protection, l'entretien et l'observation du parc naturel de Fernando. Ils découvraient la ponte des tortues, l'observation des dauphins sédentaires, la mangrove, les plongées... Je pense qu'ils ont appris beaucoup de choses qu'ils vont bientôt vous faire partager. Ils ont quitté l'île ce dimanche pour rejoindre Fortaleza sur le continent, escale de quelques jours, uniquement pour faire les pleins d'eau et de nourriture avant la prochaine navigation qui les mènera en Guyane.
Ils ne devraient plus tarder à mettre pied à terre!
En attendant de leurs nouvelles, à bientôt
Kélig

19 février 2008

Du 1er fevrier 2008, au 13 fevrier : la traversee de l’Atlantique.






Apres etre sortie du fleuve Casamançais, nous mouillons au sud de l’embouchure pour un petit nettoyage de coque collectif et nous avons aussi fait un point sur la securite avant le depart!
Pendant les premiers jours de navigation sur une mer calme, le ciel est ensoleille et la nuit, les dauphins illuminent les belles guirlandes de plancton sous un ciel etoile. En mer, on est moins nerveux, qu’a terre, plus detendu, le rythme n’est pas le meme, on est moins presse et on fait presque tout le temps pareil (repas, temps calme, tache, quart de nuit, baignade etc…).
Pourtant, il y a encore des disputes et surtout, des « foutage » de gueule ! Tout cela se traduit quelquefois en privation de baignade, mise a l’ecart (tout seul dans sa cabine ou sur le pont de nuit pour se calmer). Mise a part ces moments desagreables, il y a aussi eu des bons moments, notamment quand il y a eu une dorade corifene a la traine ; Elle etait enorme, blessee, elle se débattait en faisant des bons hors de l’eau, tout le monde etait excite,on la ramene pres du bateau puis elle saute, elle se cogne sur la coque, elle essaie d’aller dans les safrans mais voila, elle se debat de toutes ses forces pour tenter de s’echapper et d’un coup de tete elle reussi a casser notre pauvre bas de ligne en acier tout retame et nous la voyons disparaître dans les profondeurs. On est tous degoute, mais dans la vie on a pas toujours ce qu’on veut, elle a eu le dernier mot. On a aussi vu des Bonites attaquer des petits poissons volants pour se nourrir et en plus elles viennent jouer a l’etrave du bateau. Pendant une lecture de texte, on a vu une centaine de dauphins qui chassent accompagnes de Thons qui sautent en faisant n’importe quoi (saltos, vrilles, etc …). En mer je pense qu’on communique plus qu’a terre parce que c’est tout petit. Mais il peut quand meme y avoir des rencontres. Par exemple nous, on a fait une rencontre avec un ancien bateau de course de Helene Mc Arthur mais maintenant c’est Servane Escoffier et son coequipier qui sont la pour faire le tour du monde. Ca fait deja 3 mois qu’ils n’ont pas touche la terre ferme. Il y avait neuf bateaux en course au debut, maintenant il n’y en reste plus que cinq et ils sont cinquieme. Leur bateau fait 18,24m. Le prix de cette couse, c’est pour une ONG qui s’appelle Education sans Frontière. Voilà une belle rencontre de Bretons. On lui demande à la VHF la meteo de l’Equateur et il y a plein de grains (averse et pluie).
Des grains s’approchent puis il y a plein de gros grains avec vent et pluie, alors on a fait la danse de la pluie en maillot. Ensuite les grains, on les a jusqu'a l’Equateur : ce moment extraordinaire. Une fois arrivé à 00 N 00 00, Wilfried saute a l’eau avec une bouteille a la main avec des mots ecrit dedans. Il se barbouille avec du chocolat pour faire une offrande a Neptune. Il baptise tout le monde en mettant un trait de chocolat sur le visage de chacun puis tout le monde saute à l’avant du bateau. Une fois dans l’eau on doit tous boire la tasse et s’embrasser, c’est la tradition. On se baigne un peu avant que chacun mange un Ferrero Rocher ( ça se voit que c’est exceptionnel !). Une fois fini, on hisse la voile et on repart à Huit nœuds. On est enfin en hemisphere sud, le vent tourne d’un coup au vent du sud. Nous partons au pres pendant le dernier jour et on est a donf !! 163 milles sur ligne droite jusqu'à notre destination : Fernando de Noronha. On arrive très tot le matin, on va mouiller a cote de tous les autres bateaux, il y en a plein avec les memes drapeaux, c’est un « rallie ». Nous avons mouille a cote de tous les dauphins qui s’amusent a sauter en vrilles. Ils font environ 7 vrilles a chaque fois qu’ils s’envoient en l’air.

Voilà au bout de 12 jours nous avons eu une traverse de l’Atlantique sympa ou nous n’avons pas beaucoup vu d’animaux marins mais nous sommes quand meme fiers d’avoir franchi l’etape de l’Equateur ce qui n’est pas donne à tout le monde.

Thomas …

16 février 2008

des nouvelles du bateau...

Le bateau est arrivés à Fernando de Noronha le Mercredi 13 février. Christophe et Morgane étant arrivé depuis la veille étaient déjà en train de préparer l'entrée quand ils ont retrouvé le groupe dans l'après midi. Et maintenant ils sont sûrement tous dans l'eau pour nager avec les dauphins...
Benjamin

9 février 2008

Nouvelles du bateau



j'ai eu le bateau au tel. satellite aujourd'hui à 12h TU, ils sont par 3° N et 27°30 W avec un petit vent d'E. NE et des grains.
Il leur reste 500 miles à parcourir.

6 février 2008

Nouvelles du bateau


Nous avons eu le bateau par tel. satellite aujourd'hui. Ils sont à 870 miles nautique (1500 KM) de Fernando da noronha. Ils espèrent arriver vers le 12/02, mais ils n'ont pas beaucoup de vent!
Avec Morgane nous serons à fernando le 11/02!
Christophe

De retour dans le froid...


Voilà un petit aperçu des textes de nos cinq semaines passées dans ce petit endroit magique de l’Afrique de l’ouest. Le bateau à passé trois jours à Ziguinchor, le temps de faire le gaz, le chargement des vivres, l’envoie des derniers courriers, puis la sortie officiel à la douane.Tout c ‘est passé sans aucune difficulté, excepté pour le gaz. C’était pas possible remplir nos bouteilles alors on a dû en racheter deux.
Le groupe est un peu fatigué et chamboulé par le départ, triste de quitter ces gens si fabuleux avec qui on a tant partagé et vécu de moments inoubliables. Je pense que cette escale est un peu tôt dans le déroulement du voyage, car demande beaucoup d’investissement, d’organisation et d’énergie, puis le groupe apprend encore à vivre ensemble… mais j’ai l’impression que cette étape va marquer le voyage, va être un tremplin pour le groupe, la certitude c’est que j’y crois. Le mercredi 30 janvier Grandeur nature est allé passer une dernière nuit à Eringa avant de partir pour la transat, qui je pense va leurs faire énormément de bien.
Moi je suis resté derrière eux avec un étrange sentiment, contradictoire, pas très clair, mais les sentiments ne sont jamais facile discerner. J’ai logé deux jours à Ziguinchor en de très bonne compagnie entre Joël et Adama avec qui j’ai passé des moments très riches. J’ai découvert l’atelier de teinture et de couture de Joël et j’ai visité la ville avec Lamine, le frère d’Adama.
Le vendredi 1er février, j’ai pris un taxi brousse à cinq heure du matin, j’ai traversé la Gambie sur des chemins de terre au milieu de la brousse, pris une barque pour franchir une rivière… Je suis arrivé à Dakar vers 17 heures où on m'a trouvé un taxi avant même d'avoir fini de descendre mes sacs. J'ai été très impressionné par la circulation à Dakar, j'ai même eut un peu peur parfois mais c'est dans ma nature, j'ai peur en voiture. Donc à 18 heures j'étais à l'aéroport et là j'ai lu, dormis, mangé, pendant six heures en attendant mon avion. Et ça y est me voilà de retour en France, je vais être un moment au bureau, au moins jusqu’au changement d’équipe, pour aider aux travaux d’administration et de secrétariat. Voilà quelques nouvelles du bord…et de l’équipe.
Ben

5 février 2008

A nous à l'Afrique...


Terre en vue! 
Il est 4h30 du matin et Thomas vient me réveiller pour mon quart. Ca mouille un peu, ça bouge beaucoup et Thomas et Stevie sont en pleine chasse aux poissons volants échoués dans le cockpit mais au moins on avance et c’est cool ! On avance tellement que notre arrivée en Casamance (enfin à la bouée) est prévue pour ce soir ! La nuit commence à tomber et nous mouillons enfin au bord de la plage de la presqu’île aux oiseaux. C’est une victoire de Ben au pronostic d’arrivée ! Voilà, nous sommes enfin posés, enfin pas tout à fait puisque demain il faudra rentrer dans le fleuve pour aller chez Yves. Mais après ces 9 jours de navigation, nous sommes contents de retrouver la terre !!!
Amélia

L’arrivée en Casamance.




Le fleuve est splendide, il y a une multitude d’oiseaux : des hérons, des flamants roses, des vautours et des marabouts. De notre grand voilier, nous voyons les quelques petits villages bordant le fleuve. Nous entrons dans le bras du fleuve qui nous mènera devant chez Yves et à ma grande surprise, il n’y a pas de roseaux ni de cocotiers mais des palétuviers, les pieds dans l’eau salée qui longe le fleuve, quelques baobabs et palmiers. C’est vraiment magnifique, je suis vraiment heureuse, heureuse d’être arrivée et aussi pressée de rencontrer la population.
Solène

Organisation, rencontres…




Chaleur écrasante encore aujourd’hui. Il est 11 h, avec Thomas, Amélia et Solène, nous marchons en direction du village de Haère. Nous avons rendez-vous avec Mané, le directeur de l’école, pour voir ce que l’on peut mettre en place ensemble. Il est enthousiaste à l’idée de nous recevoir dans son école. Il souhaite vraiment qu’il y ait un échange. Deux jeunes de grandeur nature pourraient venir passer deux journées à l’école dont une nuit au village pour suivre dans son entier le quotidien d’un enfant avec aide pour les devoirs le soir et nous, nous pourrions faire quelques interventions dans les classes. Déjà pour nous présenter, notre bateau, notre voyage. Nous utiliserions les films de l’association comme support vu que nous avons tout le matos pour déplacer le cinéma à l’école (ordinateur plus vidéo projecteur). . Nous avons décidé que nous ferions aussi une grande projection d’un film pour tout le village, tous les vendredis soir. Le cinéma sous les baobabs et les étoiles, c’est magnifique!!! (à condition que notre matos fonctionne…) . Nous rentrons à Eringa, bien content de notre journée. Nous avons avancé dans l’organisation, profité de la tranquillité au village pris du bon temps et surprise en rentrant, Francis a descendu le matériel de cinéma chez Yves et nous pouvons regarder un film se soir.
Le générateur tourne derrière la cuisine, l’ordi rame un peu, prend du temps, mais ça marche. Le drap blanc qui fait office d’écran est accroché avec l’aide de deux gros bâtons trouvé dans la mangrove et c’est parti… Le cinéma peut commencer ! Ça tourne…
Kélig

«La cuisine Casamançaise »



Une bonne journée commence, nous sommes le 31 Décembre, la veille de la nouvelle année. Tout commence où je vais à terre et je ne sais pas pourquoi j’ai envie d’aider Adama à faire à manger. Adama est la copine de Mamie, la fille adoptive d’Yves. Donc on a fait le « caldou », un plat casamançais. Alors il faut du poivre, de l’ail, des oignons, des tomates, de l’huile. En poisson, deux carpes rouges, un gros poisson-chat et des petites carpes, du citron et du riz. Mettre le poivre, l’ail, les oignons et les tomates dans un pilon et piler jusqu’à ce que ça fasse de la purée puis mettre ça dans une casserole où il y a de l’huile et mettre le tout. Laisser mijoter puis mettre un verre d’eau, mettre une petite louche de citron. Mettre le poisson au dernier moment en l’ayant bien vidé et écaillé bien sur! Laisser mijoter ce festin puis goûter et ensuite mettre le riz à cuire simplement et servez ça dans un seul plat avec une belle présentation et savourez … Ricardo.

Une journée d’école à Haere


Mané nous accueil dans la classe de CE où il y a des Français qui donnent du dentifrice aux enfants et qui leur expliquent pourquoi il faut se laver les dents puis ils repartent. M.Sané le prof de la classe les laisses lire librement. Mané revient quelques minutes plus tard pour nous demander si on veut aller avec les CM car ils ont à peu près notre âge et que ce sera mieux pour nous. Alors on accepte et l’on change de classe. Dans l’autre classe, les enfants sont plus grands et plus attentifs. Nous commençons par deux exercices d’orthographe sur le présent de l’indicatif et nous finissons la matinée par des petits problèmes de maths. Il est 11h et tout le monde part pour aller manger. Tous les enfants vont à la boutique de M.Mané pour acheter des bonbons. Ils nous ont donné des friandises et on est allé manger chez Mané. Au repas, du riz avec une sauce bizarre. Après le repas on se repose et on joue un peu avec les plus petits. J’aime bien Christiane la fille de Mané. Je crois qu’elle a 5 ans. Je la porte sur mes épaules et je joue avec elle à se lancer un citron dur, on a un peu courut après les poules. L’école va recommencer et il est 3h. On fait des problèmes de maths et encore des exos de français. Se qui sont restés au bateau viennent pour faire une projection de « C’est pas sorcier » dans une des classes. Après on fait un match de foot. Mon équipe a gagné. Les autres repartent de leur côté et avec Thomas on va se doucher. Après la douche on ne tarde pas à manger des bonnes vieilles nouilles avec du canard. Ce soir on regarde Shrek, mais on a pas pu le regarder tout entier car il n’y avait plus d’essence dans le générateur.
Quentin

Les hirondelles



Je vais vous parler des hirondelles parce que l’on en voit tous les jours jouer autour et en dessous du bateau et aussi parce qu’elles sont super belles. Elles se posent souvent sur les amarres.
Les hirondelles que l’on peut observer du bateau on la gorge roussi, le ventre blanc et le reste c’est bleu métallique sombre. Elles ont des filets (longue pointe à la queue). Le mâle est différent, il a la queue moins longue et il est aussi bien plus foncé. D’après le livre «Mais quel est donc cet oiseau ? » des auteurs W.Cerny et K.Drchal cette variété d’hirondelle s’appelle « L’hirondelle de cheminée ». D’après eux, leur cri d’appel c’est « ouitt, ouitt ». Pendant les saisons chaudes, elles sont en Europe, puis quand l’hiver approche, elles migrent vers l’Afrique (vers le chaud, vers le sud).
Elles se nourrissent d’insectes volants (papillons, mouches, moustiques, guêpes, etc.). Elles se construisent avec de petites boules de terre argileuse puis elles mettent des brindilles d’herbe, avec des plumes et de la paille. Elles font à chaque fois entre 4 et 5 œufs blancs tachetés de petits points roux.
Voilà plutôt une belle vie pour les hirondelles … Elles jouent tout le temps !!!
Thomas

Un blessé sur le bateau


Mercredi 16 Janvier « Un blessé sur le bateau »
Aujourd’hui c’est le départ de rando pour aller voir les médecins avec Sosso, Francis, Solène et Quentin. Et Kélig et Yves partent aussi mais eux vont à Ziguinchor pour aller envoyer les mails et récupérer les autres. Niambon est donc tout seul donc il reste avec nous toute la journée. Après tout ce remue-ménage Ricardo et Ben vont remplir les bidons, Thomas fait son texte aidé de Wilfried qui lit et Aurel et Amélia font du pain et des gâteaux qui ont l’air bons. Moi je dessine une pirogue et Ricardo va aider à la cuisine. Enfin Niambon, nous l’attendons depuis le début de la journée. Mais pourquoi est-il accompagné de deux personnes ? Quand il arrive au bateau, il demande « Où est Wilfried ? », il est dans la coque bâbord. Nous appelons Wilfried qui vient :
- Qu’est qu’il y a ?
-Il a un bâton coincé dans le pied
Wilfried regarde ça, et il essaie de le retirer mais le bâtonnet est trop gros. Un petit moment de réflexion pour Wilfried : « Bon il faudrait que vous l’ameniez à Niomoune parce que là-bas il y a des médecins ! ». Mais la mère d’Étienne ne peut pas l’emmener car elle a une réunion à la forêt sacrée. Alors Wilfried décide de partir à Niomoune voir les médecins avec Etienne et Niambon et comme transport l’annexe. Bon enfin ils partent et il est 11h35 et ils arrivent à Niomoune à 14h15. Comme Wilfried a passé tout l’argent à Kélig, il espère voir Francis car Francis a pris un peu d’argent avec lui. Bon revenons sur le bateau, nous mangeons à 12h30 ce qui est rare. 13h15 fin du repas. Après le délicieux gâteau et la bonne sauce, le temps calme, baignade. Après 20 minutes de temps calme baignade, nous inventons d’autres sortes de plongeons et pour plus de nouvelles choses nous décidons de mettre les combinaisons pour faire des plats car avec les combi ça fait pas mal. Aurel commence à tester sa combi trop grande pour lui, il saute sur le dos et quand il atterrit dans le plat, tout le monde entend « bloup !!! » et tout le monde rigole. Aurel sort la tête de l’eau en criant « ah …ah ah », je lui demande s’il a fait un plat et il me dit oui. Nous nous amusons à faire des sauts, pendants que nous finissons la baignade, nous voyons l’annexe au loin qui se rapproche très vite. Thomas et moi allons voir l’annexe à la nage. Quand tout le monde arrive sur le bateau nous lui demandons comment c’était. Il nous explique et moi et Thomas trouvons un nouveau jeu. Comme les combis sont étanches, nous les remplissons d’eau pour devenir gros. Nous rigolons bien et après nous allons remonter les filets avec Wilfried, Ricardo, Niambon et moi. Dans le filet, il y a 8 crabes et 7 poissons. Ce soir nous allons bien manger. Revenons à Etienne qui avait un bâton de plus de 2 cm de long. Ils ont dû l’anesthésier pour enlever le bâton du pied et c’était très dur et très long. Le soir, nous mangeons du crabe accompagné de lentilles et de poissons. C’était très bon, car nous avions un crabe chacun. Après le repas, nous discutons un peu pour digérer, tout ça avant d’aller dormir. Bon nous allons dormir.
Bonne nuit.
Stevie

Réveillons nous!



Voilà presque un mois que nous séjournons dans cette petite région et je sens, en marchant tranquillement que je suis bien dans la simplicité que je décrivais il y a quelques textes en arrière. Je m’aperçoit qu’il suffit d’enlever un peu de nos grands principes, de regarder, d’être à l’écoute, d’échanger quelques paroles dans la langue Diola, ou même de ne rien dire pour que la sérénité s’installe. Quelle leçon de sagesse, quelle prise de conscience à l’opposé d’un monde où tout va trop vite, où le niveau de vie actuel des pays du nord ( c’est nous) n’est permis que par le pillage en règle des pays du sud (c’est eux). Voici 3 exemples :(source billet d’Afrique n° 140 d’octobre 2005, Odile Tobnev)
a- Le col tan est un minéral essentiel à la fabrication des téléphones mobiles dont 80% est fourni par la république du Congo.
b- Du Soudan au Tchad, du Congo à l’Angola, les conflits qui font des milliers de victimes n’ont pour enjeux que le contrôle et l’exploitation des sites pétroliers.
c- En France, la soi-disant indépendance énergétique nucléaire, n’est possible que par l’extraction souvent irrationnelle des minerais d’uranium des pays d’Afrique Centrale.
« Aujourd’hui 20% de la population de la planète consomme du superflu pendant que 80% manque du strict nécessaire ». Ou là là ! Qu’es-ce que tu écris là ?
Quoi, faut pas le dire ! Consomme et tais-toi ! Et bien non ! Je ne suis pas d’accord, je voyage aussi pour apprendre aussi autre chose et notre délégation grandeur nature en terres africaines doit en avoir encore plus conscience et transmettre des valeurs de solidarités. En Casamance, notre groupe à la chance de vivre au plus près des gens, dans les villages, les écoles, les familles ; il ne nous manque rien sauf peut-être pour certains d’entre nous une véritable envie de voyage ! Mais le vieux baobab avant d’être sage n’était-il pas un j’eun’s baobab écervelé ? ……… Le soir, en compagnie de Soso, nous sommes partis en quête de quelques gâteaux au chocolat et de boissons sucrées un peu pétillantes. Nous avons trouvé Michel, le boutiquer du quartier de l’Oubac, qui nous a ouvert sa case d’Ali Baba : discussions savoureuses et rafraîchissante à la lueur d’une bougie. La vie est belle souvent et dure parfois !
Francis.

La vie est un voyage!


Jeudi 17 janvier arrivée au bateau avec les courses
Voilà un mois que je suis arrivée sur le sol africain. 3 semaines passées au Mali, une petite semaine au Sénégal. Plaisir de retrouver les amis, leur dire qu ‘ils sont dans mes pensées même s’ils sont loin. Plaisir de retrouver cette Afrique, sa gaieté ses solidarités, ses couleurs ce temps que l’on savoure. Encore beaucoup de choses à apprendre, à essayer de comprendre. Des choses difficiles aussi, tout n’est pas rose ici non plus…Mais le voyage n’est pas forcément que détente, rigolade et cartes postale. Après ce mois vite écoulé, je suis prête à embarquer sur ce bateau Grandeur Nature et retrouver son équipage, un nouveau voyage, nouvelle destination, la mer à découvrir. Des questions et incertitudes bien sûr, mais la motivation est là. Flo.


Vendredi 18 janvier
Sept heures et demie du matin, ma montre sonne. C’est l’heure du travail scolaire, et comme tous les matins, je me lève à contre cœur. Personne n’est levé, et Francis ne devrait pas tarder. Que faire aujourd’hui, des math ou de la physique ? Si je respecte mon emploi du temps, je devrai faire des math, mais comme je n’ai pas très bien saisi la leçon de physique de la veille…. J’opte donc pour la physique et pendant 1 heure, je me balade entre les cours de ma sœur aînée et le manuel de mon lycée. Enfin, il est 8h45, l’heure du réveil, et c’est avec une joie non dissimulée que je quitte les forces vectorielles pour aller déjeuner.(…). Avec Kélig, nous passons la matinée dans la cuisine mais nous n’arrivons finalement qu’à un repas pas très élaboré. Heureusement, Niambon et sa grande bonté arrivent en pirogue accompagnée d’un grand plat de poisson et de manioc. Nous remercions notre livreur et partageons avec plaisir ce délicieux plat. À trois heure, la moitié du groupe se rend a Heare pour la projection d’un « c’est pas sorcier ». Moi je reste au bateau pour cuisiner et pour lire les mails que j’ai reçus. Vous ne pouvez imaginer à quel point ça m’a fait plaisir de recevoir des nouvelles de mon ancienne vie quotidienne. À dix-huit heure, notre riz pilaffe est prêt, nous rejoignions donc a notre tour Haere pour la séance de cinéma du soir. On a prévu de passer « Shrek 2 » mais la lecture du film refuse de dépasser la quatorzième minute. Nous devons donc abandonner Shrek et on passe à la place trois épisodes de Buster Keaton qui font bien rire les enfants. Une fois la projection terminée contrairement à leur habitude, les enfants ne se dispersent pas en courant mais restent avec nous. C’est à ce moment qu’un petit groupe de filles se met à chanter la chanson bien connue au village d’Amadou et Mariam : « ne t’en vas pas ». Alors tous les enfants reprennent en chœur le chant. Puis ils se mettent à taper des mains et ils enchaînent sur des chants Diolas. Enfin, ils forment une ronde et commencent à danser. C’est merveilleux de voir des enfants aussi joyeux. Mais le temps passe et il faut tout de même rentrer au bateau. Et quand notre équipage décolle enfin, tous les enfants nous suivent dans un même mouvement général. Ils chantent des chants d’adieux et des chants religieux. C’est très beau et très émouvant. On se croirait au départ de Casamance. Chacun se force à penser qu’il nous reste encore une semaine a passé ici et qu’il nous reste encore plein de choses merveilleuses à passer ici comme celle de ce soir. Mais dans le fond, tout le monde sait que cette dernière semaine et qu’il faut en profiter un maximum. On ne quittera pas la Casamance, on ira au Brésil. Aurel

Ce qui va nous manquer...


Lundi 21 janvier
Voilà, cela fait maintenant quatre semaines que nous avons foulé le sol sénégalais. Dans un peu plus d’une semaine c’est le départ, une petite transat et une nouvelle escale. Avant de partir, j’avais envie de savoir aux prés de chaque membre du groupe, ce qui allait leur manquer le plus en quittant la Casamance. Je suis donc parti mener ma petite enquête, et de toute évidence le constat est simple et unanime. Ce qui va nous manquer, c’est bien sûr le contact avec les gens. Toutes ces personnes que nous avons rencontrées avec qui nous avons tissé des liens plus ou moins forts. À Eringa, tout d’abord, avec le trio Yves, Sosso et Nionbon qui nous a accueilli, orienté, conseillé et expliqué les règles de base du monde Diola. Ensuite, il y a les gens du village de Haere et surtout M. Mané le directeur de l’école, grâce à qui nous avons pu pénétrer progressivement dans le village à travers l’école et les enfants. Ce qui va manquer à tout le monde, c’est l’accueil, la danse, l’hospitalité, la gentillesse des gens. Comme dit Quentin : « ici les gens ne sont pas pareils qu’en France. » Wilfried.


Samedi 26 janvier :
La fête du départ
Aujourd’hui c’est le dernier jour qu’on va au village alors, nous avons organisé une fête avec tous les habitants du village. En marchant vers le village, en arrivant à l’entrée, une troupe d’enfants nous approchent tout en courant, heureux et en criant. Nous nous réunissons tous ensemble avant de commencer à se disperser. Nous posons nos affaires et les adultes s’ont assis d’un côté et les enfants ont dansé de l’autre côté, même nous, mais moi, je n’aime pas alors j’ai décidé de danser que le soir quand il fera nuit. Ensuite, tout le village s’est réunit à l’entrée de chez Mané même les sages du village et Mané a demandé à Kélig si elle pouvait expliquer pourquoi nous avons acheté autant de vin de palme (60l) et de bissap (2 grosses bassines). Kélig s’est levée et a dit que demain nous partions pour traverser l’Atlantique et que nous avions envie de remercier tout le village pour tous les bons moments que nous avons passé ici. Mané traduit en Diola pour tout le monde. Ensuite les sages ont répondu que c’était la première fois que des blancs passent autant de temps au village et qu’ils offrent du vin pour prévenir de leur départ. Ils sont très touchés et nous remercie d’avoir passé autant de temps à jouer avec leurs enfants. Ensuite, c’est le défilé des remerciements, chacun passe chacun son tour. Aurel se lève et remercie tous les enfants de nous avoir accueilli chez eux, ensuite avec Quentin, on se lève aussi, on remercie le village, l’école et on dit qu’on est content d’avoir passé du bon temps avec les enfants ! Ensuite la fête commence. Une jeune vient au milieu du cercle pour danser, pour animer avec un sifflet dans la bouche. Ça se termine, nous buvons à note santé « à la tienne ! » et c’est parti, les tam-tams retentissent et les femmes dansent.
Quentin et moi allons jouer une dernière fois avec nos copains puis nous allons ensuite regarder le diaporama des photos du village. Nous les avons mis en boucle pour les gens qui viennent en retard. Pendant ce temps, Quentin et moi, nous nous sommes trouvé une copine, on a bien rigolé, je n’en dirai pas plus !!! Pendant ce temps, Mané demande aux adultes de venir à l’école pour nous offrir des cadeaux de départ (noix de coco, pain de singes et même un coq vivant, mais pas pour longtemps !) Après le diaporama, nous avons enchaîné sur un film de combat « vaincre pour l’honneur ». Les enfants se régalent. Ils étaient dedans et ils s’y croyaient. Juste après le film, nous nous préparons psychologiquement à partir, mais ce n’est pas facile parce que l’on sait qu’on ne va pas se revoir.
PS : ils vont beaucoup nous manquer parce qu’on est beaucoup resté ensemble et c’était un peu comme si on était une grande famille !!!
Thomas