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6 février 2019

premières nouvelles post-cyclonique depuis la Dominique.


Bonjour les parents, les amis, les adhérents et tous les autres.

Nous sommes arrivés en Dominique depuis un peu plus de deux semaines et nous sommes au mouillage dans la baie de Portsmouth.
Une petite ville pas terrible surtout la nuit à cause des « reggae night »  sur la plage en face du bateau.
Nous y préparons nos randonnés à la découverte de l’île, déjà deux périodes de 5 jours en exploration ont eu lieu, avec à chaque fois un temps de 2/3 jours pour se reposer, écrire les textes et échanger nos histoires avec tous, mais aussi laver notre linge à la rivière.
Depuis notre arrivée il a fait un temps pluvieux, surtout les jours de lessives et les jours de départ en rando !
Voici sélectionné pour vous quelques extraits de nos aventures Dominiquaise (l’intégral dans le prochain journal qui paraîtra ce mois-ci).
Mickaël et Christophe

Les premières randos du 20 au 25 janvier.
.../ Aujourd'hui, Isma a retrouvé une ancienne connaissance, Norman, un vieux rasta. Pendant ce temps, Maya et Mickael appréhendent la Dominique par cette formidable rencontre. Il nous fait visiter son terrain, nous montre sa petite ferme et nous explique les dégâts du cyclone. Il y a un an et demie de cela, l'énorme cyclone appelé « maria » a frappé la Dominique de plein fouet. Avalant tout sur son passage, il a laissé derrière lui un véritable désert. Greg (notre chauffeur de stop) nous expliquera : "Il n'y avait plus de feuilles, plus d'arbres, tout était détruit, les animaux morts, les gens dehors. Alors j'ai pris un bateau, je suis parti en mer, j'ai regardé l'île et toute sa désolation. J'ai beaucoup pleuré".
Chez Norman, on a pu voir que la rivière est sortie de son lit, que les toitures se sont envolées, que l'atelier s'est écroulé et que les cocotiers on été décapités. Bilan, si un prochain groupe veut venir les aider, lui et sa femme Greta seront contents d'avoir de la main d'oeuvre pour refaire leur toit. On discute de tout ça autour d'un café et d'un bon repas, papotis, papotas, des blablas et on finit sur des sujets bien plus philosophiques comme les subtilités de nos langages. On retiendra de Norman la phrase : "Woman without her man, is nothing" (une femme sans son homme n'est rien), réversible en : "woman without her, man is nothing" (si la femme ne s'appartient pas, l'homme n'est rien).
Mais la découverte continue, on reprend notre chemin à pied, en stop et en causant pour arriver à « chaudière pool » ou l'on découvrira une grosse piste semi-bétonnée débouchant sur un petit sentier vachement plus chouette, au milieu de ce qui a été anciennement une forêt. On franchit deux petits ponts en bois et des escaliers en troncs de fougères arborescentes pour arriver à cette superbe cascade.
Ouf, chaudière pool is all ready here. Splouf, badaboum, yahouuu, splaaatch...
Sans attendre une seule seconde, Maya et Isma sautent dans la marmite, suivis de Mickaël hésitant. Il faut dire ça fait flipper. On est pliés, plaqués, brassés et ensuite propulsés par les flots, comme dans une machine à laver. Car dans la cascade, qui parait de prime abord agressive et dangereuse, se cache en fait un super toboggan aquatique, parfaitement lisse et profilé. .../
Maya, Mickael et Isma


Jour 2: Rando sous la pluie, rando fringues moisies.
Levés sous la pluie mais à l'abri, les affaires étendues la veille n'ont pas séché...  Mise en jambe: 45 min à peine pour atteindre la route. Mais avant, le moment tant attendu: un pamplemoussier à l'abandon avec des fruits par terre!
Récolte, dégustation, appréciation! Rando pluvieuse, rando fruiteuse.
On croise un garde du parc, il nous demande nos Pass (qu'on a pas achetés), si on ne se met pas en règle à Titou, on sera "Reported".
En arrivant à Laudat, le mini-mart où nous sommes censés acheter les pass est fermé, et on ne trouve personne pour nous renseigner.
On marche donc jusqu'à Titou Gorge, c'est bondé, en fait c'est juste une piscine dans un canyon.
On demande des indications pour le chemin, ce n’est pas terrible et à priori ça ne passe pas mais on va essayer quand même!
On en chie.
Arrivés au point de vue, toujours pas d'embranchement, c'est sûrement plus loin!
On se délecte d'une petite tasse de « kouac » avec les « 2 vaches qui bon » restantes et des crackers. Une poignée de raisins secs en dessert et on est repartis pour les escaliers de la mort vers la Valée de la Désolation.
Un paysage lunaire et sulfureux nous accueille. La vapeur piquante sort de terre et l'eau bout dans les rivières. L'air sent le souffre.
On croise un couple au moins 5 fois sous des formes différentes (petit nerveux à moustache et grande blonde à tresses). On demande des indications, ça sent le sapin pour notre embranchement: c'est plus haut, on a rien vu et c'est certainement fermé...
Plan B pour Boiling Lake.
En fait, c'est loin!
On pose les sacs, c'est très loin! On préfère ne pas parler du retour.
On croise un vieux gros avec son guide, il en chie!
On croise encore presque le même couple, il a une moustache mais elle est brune avec un débardeur rose. On retrouve Pink Lady et Mr Moustache (comme nous les surnommons) devant le Boiling Lake, séance photos mutuelles sur fond vaporeux. On repart après environ 6 minutes. On retrouve les sacs et finalement le retour passe mieux! 
 
On voudrait se baigner dans une source chaude, sauf Elio. Le petit bassin à côté des sacs à l'air bof, Louis nous trouve une cascade un peu plus haut et le bassin à l'air mieux.
Elio retrouve son envie!
1/4 d'heure de douceur et de relaxation (sieste même pour Elio). On déguste le pamplemousse de la Désolation.
Pendant qu'on se rhabille, les Pink Moustache arrivent. On leur vend notre cascade, ils achètent!
Finalement, il nous faut revenir à Titou. On en chie mais ça passe quand même mieux qu'à l'aller.  On double le vieux et son guide. Il en chie, grave. Pink Moustache sont sur nos talons.
Arrivés à Titou, deux vieux américains nous demandent si on a vu un "fat man" plus haut. On leur répond qu'on a vu un type en T-shirt bleu, qu'il est pas loin, mais qu'il en chie.
Pink Moustache arrivent, ils vont se baigner dans Titou gorge même s'ils n'ont pas de gilets. Nous on attend le guide pour lui poser des questions. Le vieux arrive, il en a chié et il le dit!  
 Il est encore vivant, respect.
On pose nos questions: c'est pas officiellement autorisé de dormir là, mais personne ne vient jamais la nuit. Si on passe chez lui, il peut nous donner de l'eau.
On va se baigner dans les gorges avant la nuit, on retrouve Pink Lady et la Moustache dans l'eau. C'est très beau, l'eau est plutôt froide mais ça vaut le coup quand il n'y a personne!
Xan, Louis, Elio

.../Après, on part en quête de « Sexy Bones » (le frère de Genette), en demandant à chaque personne qu'on croise où on pourrait le trouver. Tout le monde le connait, mais personne ne sait vraiment où il habite, mais on nous a finalement indiqué une petite maison bleue en bas de St Cyr : la maison de Sheila, sa femme. C'est là qu'on l'a attendu pendant un petit moment, en discutant avec Sheila. Sexy Bones arrive enfin, il nous salue et repart aussitôt chercher les fougères, mais revient bredouille une demi-heure plus tard. Donc on est allés avec lui à une autre rivière chercher les matériaux pour sculpter. Ensuite il nous a montré comment sculpter à la machette en faisant l'ébauche de 5 masques :
            1. couper en deux dans la longueur
            2. vider le tronc
            3. commencer à sculpter menton, bouche et front.
Loan : Puis on est allés à la rivière pour manger et finir les sculptures au couteau en dessinant tous les détails du visages. Avec Lola on a un peu galéré, mais en persistant ça a fini par ressembler à un visage. Tim et Lola ont profité de la rivière pour se rafraichir. Sexy Bones est parti et nos affaires sont restées enfermées dans la maison de Sheila. En attendant de pouvoir les récupérer ont est allés voir la fabrique de Kassava bread, mais malheureusement, on est arrivés à la dernière étape du processus : faire chauffer la farine pour l'alléger avant de rajouter sucre, coco et gingembre. Annick et son ami travaillent depuis 9h du mat', on aurait aimé les aider tout au long de la fabrication, mais demain ils partent en ville pour vendre le pain.

Les 10 commandements de notre rando :
1. Ta journée, par une montée commencera
2. Ton repas, accompagné par des chiens sera
3. En stop, un pick-up te prendra
4. En partie de dés ta journée se finira
5. De belles personnes tu rencontras
6. Dans les rivières tu te laveras
7. La rando d'Isma tu croiseras
8. Papayes, noix de coco, bananes et mangues sur ton chemin tu trouveras
9. crabes, pélicans, chèvres, vaches, mouton, cochons, poulets sur ton chemin tu rencontreras.
10. la pluie tout au long de la rando tu éviteras.
Loan, Tim, Lola.

Day 3 : Pas facile le réveil, nos affaires sont trempées. On se remonte le moral avec un porridge au chocolat et puis nous longeons cette rivière sans savoir le temps qu'il nous faudra pour trouver un brun de civilisation. Finalement 3/4 d'heure plus tard nous trouvons un abatis cultivé, Loan retrouve son sourire. On longe un petit sentier pour arriver sur un pont de singe tout proche de Roseau. Nous voilà sorti de cette galère, maintenant nous devons rejoindre notre randonnée initiale.


Quelques tours de pouce et Wotton Waven nous voilà !
La mauvaise nuit se fait sentir, on a dû mal à se comprendre et nos jambes sont lourdes. Nous décidons donc de rester dans ce petit village aux nombreuses sources chaudes pour une après-midi de pause. Un petit saut aux cascades de Trafalgar et c'est du haut de notre plate-forme que nous reconnaissons trois Grandeurs Naturiens en train de se baigner dans la rivière en contre-bas. Chouette Hulotte, nous avons pensé pareil : Bienvenue les bains chauds. 1 et 2 bassins, nos muscles sont encore plus flasques que ce matin, on en profite bien. Allez nous passons à l'étape de chercher un coin pour nos 5 hamacs. Une maison abandonnée en haut du village nous convient parfaitement mais ce sera finalement la famille d'en face qui nous accueillera chaleureusement :
3 matelas, une théière d'infusion et la présence des 3 enfants de la famille qui passeront un bon bout de soirée avec nous. Cette nuit là nous aura tous fait du bien.
Avant le levée du jour Louis et Océane partent courir avec le plus grand fils.
Un moment agréable. Cette famille est vraiment sympathique. Nous nous quittons sur des remerciements mutuels. .../

.../On s'est bien dépensé durant ces 5 jours, nos yeux ont été pleinement nourris. Les différents arcs-en-ciel aux 6 couleurs peuvent décrire cette randonnée.
Le rouge fait référence aux nombreuses sources chaudes, le orange pour notre courage, le jaune en guise du soleil souvent présent. Le vert pour toute la nature que nous avons traversée, le bleu rappel la mer qui entoure l'île et enfin le violet propre à notre randonnée : pour toute les voitures violettes que nous avons croisé en référence à celle qu'Océane aura à l'avenir. Cette dernière journée de rédaction ne sera pas remplie ni de gamelle ni d'arc-en-ciel. Quant à l'indigo ce sera pour nos bleus et blessures donc nous oublierons dans parler.
Océane et Loanita


Pendant ce temps-là au bateau : Le soleil se couche presque quand j’entends quelqu’un crier dehors en français, et juste après un choc.
Le bateau a dérapé et nous sommes rentrés dans le bateau derrière nous, heureusement il a glissé tout doucement et nous nous sommes pris son étrave en inox, lui n’a rien, nous un nouvel accroc dans la coque à l’arrière.
Je décide d’aller mouiller derrière tout le monde pour la nuit, qui tombe le temps que je fasse la manœuvre, tout seul c’est plus long mais je l’ai peut-être déjà dit !
Je mouille par 6 mètres de fond et je mets cette fois-ci + de 30 mètres de chaîne. Et je retourne sur ma maquette, déjà 16 heures passées dessus.
Quand je retourne dehors le vent a forci, il souffle en rafales à 20 nœuds (presque 40 km/h), nous avons un peu reculé, mais comme il n’y a personne derrière moi, je vais me coucher.  Au beau milieu de la nuit je me réveille, toujours autant de vent accompagné cette fois de pluie...Une pensée pour ceux qui campent sur l’île !
Je suis au milieu de la baie, si je ne veux pas me réveiller en pleine mer, je n’ai plus qu’à manœuvrer encore une fois. Je commence à être rodé. Je me remets quasiment au même endroit que la fois d’avant, lâche encore plus de chaîne et retourne dormir.
Au lever du jour, j’ai de nouveau dérapé, cette fois-ci c’est sûr l’ancre réparée en Guyane (et raccourcie) n’accroche plus, d’où l’avis de décès.
Je sors l’ancre de secours, remonte encore une fois le mouillage, j’espère pour la dernière fois aujourd’hui,  je suis en train de devenir un spécialiste du mouillage en solitaire. Je change d’ancre, remouille à l’écart des autres bateaux, restons prudent!
Et je plonge en apnée pour voir comment se comporte l’ancre?
Celle-ci est plantée, je tire un petit coup dessus au moteur, rien ne bouge, je vais pouvoir reprendre mon activité après un café, c’est-à-dire la maquette du journal !
Christophe.

Rando 2 du 25 au 30/31 janvier:
Journée école
Ce matin après nos oeufs au plat nous nous préparons pour aller peindre l'école où Egenette travaille. En attendant Tamica qui se prépare nous rencontrons de manière échelonnée les jeunes de l'école. Il y a 9 élèves, des personnes handicapés entre 15 et 40 ans. Nous allons tous ensemble à l'école pour continuer à peindre le plafond. Cette semaine, l'école est fermée pour remettre à neuf les locaux mais il y a tout de même quelques élèves qui viennent. Tim et Océ au rouleau, Maya et Tamica aux pinceaux, en fin de matinée le plafond est tout blanc.
Comme prévu nous quittons la maison de Genette en début d'après-midi. On marche un bon kilomètre pour arriver jusqu'à la Kassava family où loge les 3 L. Un p’tit coucou, le Kassava bred n'est pas encore près, on est reparti. Quelques voitures nous avancent le long de la côte et puis nous atteignons le village de pêcheur de Saint Sauveur. Un mec qui sent l'alcool nous accueil mais rapidement nous discutons avec les habitants du coin qui le font partir. On essaie de trouver un endroit pour la nuit, il nous est conseillé de s'adresser à l'école. Pendant que Timothée attend la camionnette qui vient livrer le pain, Maya et Océ vont rencontrer la directrice de l'école. Celle-ci nous montre où sont les douches et les toilettes. Il est convenu que nous quitterons l'école à 6h du matin en même temps que le gardien.
17h sonne, nous allons nous assoir dans un coin en bord de mer pour écrire le texte. Océane sort son coupe-ongle, Timothée semble ravie à l'idée de se couper les ongles. Au même moment la femme de ménage vient brûler les déchets derrière le muret sur lequel nous sommes assis. Cette pratique semble habituelle en Dominique. Après cela nous allons rejoindre les instituteurs pour les aider à la fabrication des déguisements. Ils cousent des costumes pour les 70 élèves qui participeront au carnaval. C'est avec eux que nous passerons la soirée.   
Maya, Océane, Timothée

4e jour. Si je commence ce texte à l'endroit où j'avais fini le premier, il raconterait à peu prés la même chose: Dans la nuit il a plu et je n'avais pas respecté la règle N°1: Toujours un toit au-dessus de la tête!
Mais là nous dormions sur une plage, où nous avions mis nos hamacs entre des cocotiers. L'endroit s'appelle: P'tit bout de sable Bay sauf que depuis mon dernier passage ici, il n'y a plus de sable! Je vous fais grâce du récit de ma nuit, sans suspens, puisque toujours sans bâche. Le matin, donc, nous attendons la fin de la pluie pour ranger le campement et reprendre la route vers chez Genette, je remballe mon linge trempé dont mon duvet, nous sommes loin du territoire Caraïbes et je ne sais pas combien de temps cela va nous prendre pour y arriver, trop loin à pied alors essayons de faire du stop.
Un Taxicoman Rasta s'arrête et propose de nous prendre, je lui dis que je n'ai pas d'argent pour prendre le taxi, c'est pour cela que nous faisons du stop. Il me dit: Man, l'argent c'est pas le plus important dans la vie, alors grimpe!
Il va jusqu'à grand-fond sauf que je n'ai aucune idée de l'endroit ou cela se trouve. Mais ce n'est pas grave car pour l'instant il n'y a qu'une seule route!
Nous voilà partis, nous dépassons Rosalie et il nous dépose au croisement vers Castle Bruce, la moitié du chemin est déjà parcouru, je lui donne quand même un billet de 10 ec (- de 3,50 E) et c'est lui qui me dit merci!
Nous marchons quelques mètres et nous sommes pris par un pick-up qui nous emmène jusqu'à Castle Bruce. Ensuite nous marchons jusque chez Genette, et cela fait une trotte 4 /5 heures de marche! CH
Nous découvrons et redécouvrons cette grande famille. à peine après s'être dit bonjour, Genette nous sert déjà notre premier repas, merci, Genette. Après ce copieux repas elle nous propose une banane digestive... Heu non merci Genette. Nous lui racontons notre marche puis elle sort 5 cocos et me demande de  les casser une fois cela fait Elio les coupent en fines lamelles (pour faire des tablettes cocos pour le bateau). Puis je prends une bonne douche et Géno me montre le fusil harpon qu'il a fabriqué et me le fait essayer, il est trop cool. Mickael.
Après avoir bien rit, on rentre dans la maison pour discuter avec Genette et Mickael me demande à chaque fois de traduire ce qu'elle a dit et genette trouve cela drôle. On se fait cuire du Chicken en boîte pour se faire des sandwichs après avoir bien mangé, il est temps de rejoindre les bras de Morphée, Christophe y est déjà depuis un bon moment.
Je finirais par dormir par terre car j'ai trouvé plus dérangeant que moi pour dormir sur un lit double, ce qui permet à Mickael d'avoir un lit 2 places pour lui! Elio

"Wow, que d'aventures depuis Bellevue Chopin. Comment vas-t'on bien pouvoir vous résumer toutes nos péripéties en forêt? Sur les sentiers de la Dominique, la randonnée ne ressemble en rien à l'idée que vous pouvez vous en faire. En plus d'un incroyable dénivelé, les chemins sont souvent dévastés par l'ouragan. Nous retiendrons de la première journée une interminable descente dans la boue ou l'on aura plus glissé que véritablement marché. Sans parler des gamelles, des glissement de terrains ou des coupures de sentiers. Certains balisages sont engloutis par la végétation et d'autres sont complètement effacés.
En plus de cela, les tracés ne correspondent jamais à ce que l'on peut interpréter de la carte. Mais dans la région de Wotten waven (relativement épargnée par l'ouragan), la randonnée c'est aussi pamplemousse, goyaves et maracuja, bananes, oranges et cannes à sucres à profusion. Ces cadeaux de la nature nous font vite oublier nos repas manqués. Ce qui ne nous empêche pas d'attraper les quelques crabes qui nous barrent la route en chemin, pour le repas du soir le deuxième jour. C'est une montée raide qui nous attend. D'abord sur le Waitukubuli, et ensuite sur une petite route, la plus haute de l'île, qui nous conduit directement au fresh water Lake. De là, on entame une descente de la montagne sur un sentier qui, visiblement n'existe plus depuis l'ouragan. Le seul moyen de se frayer un chemin dans cette végétation trop dense est de foncer tête baissée, comme des sangliers, machette à la main. Le long de notre épopée, on redessine le chemin, et quand on se retourne pour regarder derrière nous, on redécouvre la lumière du soleil et on admire la magnifique vu qui donne sur la côte Est, le village de Rosalie, et derrière, l'immensité de l'océan. Mais notre lutte acharnée nous parait interminable. Cela fait maintenant cinq heures que l'on ouvre notre passage sur ce sentier initialement estimé à 2h30 de marche. C'est au moment où l'on commence à désespérer en se disant que l'on va surement devoir passer la nuit dans la junggle (toujours sans bâche), que l'on aperçoit les premiers cocotiers et dans leur cortège, les premières maisons. Affamés, crevés, on toque à la première porte, passons dans le premier magasin. Déjà nous voilà avec de quoi manger et en prime un toit pour la nuit. Zion, tu ne nous auras pas cette fois-ci, on a trouvé la sortie de ton labyrinthe".
Le Loan et Ismaël

Notre quotidien à la CASSAVA BREAD FACTORY
Dans notre quotidien à St-Cyr nous avons souvent croisé Sexy bones qui nous promettait pleins de choses: aller à la pêche aux crevettes (2 jours deux-suite), cuisiner les crevettes, nous donner des bananes, faire des sculptures et des gravures. Mais comme toujours, au final: rien! 
Nous avons vécus durant ces quelques jours avec Alphonse et Virgine qui sont deux adorables personnes âgées. Chaque matin ils ouvrent leurs petit shop à 5h. Alphonse s’assied sur sa chaise devant la porte pour écouter la radio, jouer aux dominos ou discuter avec les gens qui passent. Virgine, elle, ne sort pas beaucoup de son magasin. Elle passe ses journées à vendre, à faire la cuisine, à faire des jus, à s’occuper de son mari. Elle était toujours disponible pour nous (répondre à nos questions, nous apprendre comment faire des jus de fruits ou des astuces de cuisine), à chaque repas, elle nous donnait une assiette pour trois alors que nous venions de manger (en plus elle cuisine très bien). Tout les soir ils jouaient ensembles aux dominos jusqu’à au moins 9h. Quelques fois, leur fille jouait avec eux en tapant très fort les dominos sur la table ce qui nous a valu de bonnes rigolades ensemble ou venait aider à la fabrique de Cassava.
Son  fils de 5 ans, lui, était là chaque après-midi, dans le shop ou dans la fabrique à tousser à cause des fumées du feu de bois où deux messieurs travaillaient à faire cuire la farine. Un était un proche voisin qui vivait dans un dôme en bâches et l’autre n’avait pas trop d’habits et pétait très fort, on ne sait pas grand-chose de plus sur lui.
Deux individus on aussi bien animé notre quotidien: le coq et le chien. Le premier commençait à chanter vers 4h du matin et ne s’arrêtait qu’une fois le jour levé pour laisser place à son cher collègue pendant encore une bonne heure.
Un gars vu plusieurs fois qui ne parle qu'en bruitage et en geste pour te checker 12 fois par jour. Le jour ou l'on a éplucher le manioc il y avait un gars malade ou/et/voir plus bourré et drogué qui bougeait sa tête comme s'il avait des spasmes et avançait d'un pas tout les quart d'heure (trop flippant). La plus petite des trois soeurs on l’a peut vu, mais le dernier jour on a bien ri et elle nous à fait des tresses. La deuxième aide beaucoup pour le Cassava bread.

FABRICATION DU CASSAVA BREAD et FARINE DE CASSAVA
On commence par éplucher le manioc, puis on le rince avec de l'eau et une éponge dans une bassine pour qu'il soit bien blanc. Ensuite on le met dans une machine mi- broyeur mi- moulin, on le rince à nouveau, puis on le met dans un sac et on le comprime pour enlever l'eau. Quand c'est sec on le met dans un tamis géant, et on casse les morceaux, on tamise le tout qui tombe dans une grande bassine. Quand la farine est prête on le met dans un sachet hermétique pour le fabriquer plus tard sur le lieu de vente. On peut aussi le mettre dans une platine en fonte pour le faire sécher et en faire de la farine avec laquelle on peut faire toute sorte de recettes : porridge, pizza, gâteau, etc.
Loan, Louis, Lola


Et en guise de fin provisoire, ce texte d’Ismaël :   .../On l’appelait l’île nature pour vendre ce petit paradis, réputé pour ses cascades, ses arcs en ciels et sa végétation luxuriante. La Dominique moi je l’aime surtout pour son authenticité. Mais la nature n’est pas toujours aimable. Depuis la dernière fois, le cyclone est passé par là. Maria est venue et a écrasé l’île. Maria, ils en parlent comme un démon qui est  passé par là, et qui a tout broyé, tout engloutit sur son passage. Ils m’expliquent :  « Maria m’a laissé une chèvre là ou j’en avais 17 », « Maria a fait trembler si fort les cocotiers qu’ils n’osent plus faire de cocos », « Maria a envolé mon toit », « Dans ma maisons, maria a fait un tourbillon avec mes assiettes, mes livres et tout ce que j’avais », « Maria a fait voler des poules, des chèvres, de vaches, des voitures et même de gens », « Maria a déplanté mes plantations, tu te souviens du champs d’ananas? Ils se sont volatilisés », « Maria était si forte qu’elle a démolit les montagnes, détourné les rivières, rasé les forêt », « Maria c’était une nuit ». Moi je réponds souvent que je ne pourrais imaginer, que c’est trop disproportionné. Alors, après Maria, il faut imaginer la pénurie, plus d’eau, plus d’électricité, plus de matériaux de constructions, plus de plans à replanter, plus d’animaux à élever, plus de touristes à promener, plus de commerces pour acheter. Alors dans ce cas là qu’est ce qu’on fait? On reste pour tout reprendre de zéro, tout recommencer? On s’expatrie a l’étranger refaire notre vie, comme ces toujours plus nombreux immigrés climatiques? La seul réponse c’est qu’il n’y a pas de bonne réponse et que, dans ce chaos global, chacun, avec plus ou moins d’aide de l’extérieur a du reconstruire sa vie. Certains sont partis et puis la vie continue. On sent que depuis deux ans, toute l ‘énergie a été mise dans la survie, puis, petit à petit, dans la reconstruction. Doucement, tout doucement, les routes ont été déblayées, les réseaux restaurés, les logements reconstruits, les jardins repris en mains. Et pourtant, il en reste tellement à faire… Partout  ailleurs la nature a repris ses droits. Alors, dans ce contexte là, on doit trouver notre place. Je ne suis pas sûr que es compagnons qui découvrent l’île pour la première fois aient vraiment conscience de la profondeur du bouleversement de cette toute petite île des Caraïbes. Moi ma manière de me sentir investit, c’est de filer des coups de mains aux gens qu’on connait. Alors après avoir pris des nouvelles de chacune, on se lance dans les coups de mains. Aujourd’hui nous voilà chez Norman et Greta, deux amis rasta, qui font pousser des chèvres pas loin de chaudière pool. C’est d’ailleurs en cherchant cette fameuse cascade deux ans auparavant que j’étais tombé sur cette merveilleuse petite famille, tout au bout du bout du chemin qui mène tout au fin fond de leur petite vallée ou ils on fait leur vie. Dans leur petit paradis, une petite maison, couverte de bardeaux, une hélice d’avion exposée sur la façade et plusieurs carillons résonnant dans leur jardin, remplis de milles saveurs. Pendant le cyclone, leur toit s’est envolé. Voilà comment on se retrouve aujourd’hui perché sur notre toiture, à reprendre une charpente et toute la couverture. Au son du générateur, avec Norman, Greta et leur fils Kachon, avec Lola, Louis et les deux Loan, on fait des plans, on mesure en pieds, on scie des chevrons, on visse des vis, on pose des tôles, et au bout du bout de notre journée quand la nuit est déjà bien tombée, notre demi pan de toit est terminé. La cabane est de nouveau protégée et même un petit peu rallongée. On a du bol, il a fait beau toute la journée, La pluie peut maintenant tomber autant qu’elle veut, elle ne gouttera plus sur nos amis maintenant à l’abri. Remettant les quelques dernières finitions à demain, on prend une bonne soupe (que Lola nous a préparée) avant de rejoindre la cabane a outils, notre dortoir pour la nuit. Elle aussi a été complètement renversée par l’ouragan. Avant de s’endormir au milieu des chatons de la maison, on se raconte des blagues et des récits de nos randos respectives. On rigole bien, j’ai passé une super journée. Je suis content d’être allé au bout de ce projet.
Isma


19 janvier 2019

nouvelles des Antilles

Chers lecteurs, parents et amis, adhérents et voyageurs égarés.


L’équipage fraîchement enrichi de nouvelles recrues (Xan et Lola) a délégué deux de ses membres pour vous conter  notre escale guyanaise et les jours qui suivirent.

Après une semaine de cirque acharné, c’est un premier départ vert Awala-Yalimapo qui est lancé. A bord du GN il y avait l’équipage au grand complet ainsi que la troupe de latitude cirque qui était quasiment complète. 29 personnes à bord pour la descente du fleuve.
Au programme bronzage, baignade, cuisine etc. … chacun trouve une occupation.
Une fois que tout le monde est à bord on peu enfin se désamarrer et dire une dernière fois au-revoir a Saint-Laurent pour aller vers Awala.
On mange un véritable festin participatif, on joue avec les vagues, on rigole, on échange, bref que de la bonne humeur sur ce bateau !
Arrivé dans l’eau vaseuse d’Awala, c’est dans la continuité de cette ambiance agréable que l’on se précipite vers la longue plage de sable qui borde le fleuve. Djoule, foot, portée acrobatique dans l’eau ou même simplement toute autre forme d’amusement seront les bienvenues.
Après ce long au revoir qui aura duré toute l’après midi, on retourne sur le bateau pour une dernière et bonne nuit avant la navigation et les quarts qui vont avec.
Car oui, aujourd’hui nous partons vers la Martinique ou l’on fera quelques courses pour le bateau. Mais pour cela il nous faut remonter de la Guyane jusqu’aux Antilles.
Heureusement le courant sera avec nous et aidé par le vent, il nous poussera à une moyenne de 7/8 nœuds (c’est rapide!). L’équipage est globalement content de retrouvé le rythme de navigation, mais, et c’est logique moins content de retrouver leur vielle amie le seau.
Aie Aie Aie, après un mois sur le fleuve le mal de mer est de retour…
Cette nav a été rapide, mais riche en rebondissement enfin… surtout ceux des poissons volant/violent sur le pont ou sur le front sur certain(e)s.

Surfant sur les mêmes vagues des paquets de sargasses s’échouent aussi sur le pont de notre beau navire. 4 petits jours d’humidité, de ventre agité, de vent et d’embruns, de changement de couleurs d’eau (marron, vert, bleu, turquoise) et déjà nous voilà en Martinique.
Une bonne nuit au mouillage à l’entrée de la baie et c’est parti pour une escale au « Contre-la -montre ». Les 3 équipes (bateau, courses, ravitaillement) se surpassent et à peine 16h après avoir jeté l’ancre et nous voila déjà en route vers la Dominique cette fois. Escorté par les dauphins au rythme endiablé des cours d’une Lola déchaîné, nous filerons vers notre prochaine escale.
Quand cette lettre vous atteindra nous seront déjà sûrement en train de commencer notre exploration de la verte Dominique aux 365 rivières !
à très bientôt pour de nouvelles aventures.
Xan et Elio.

12 janvier 2019

dernières nouvelles de la Guyane

Chers ami(e)s, parents et adhérent(es,

Nous vous souhaitons, depuis la belle Guyane, nos meilleurs vœux pour l’année 2019.

Après  avoir passé le nouvel an tous ensemble sous une pluie de feux d’artifices et de pétards, chers  lecteurs, pour vos yeux émerveillés, imaginez trois aventures, trois équipes motivées et trois chemins plus palpitants les uns que les autres :

    Imaginez Ben sauvant un paresseux dans un talus ; tandis que Elio, Isma et Loan retrouvent Cédric, Jocelyne et Josy pour des péripéties forestières ; pendant que le Jéjé se met tranquillement en route pour le petit village de Patience, armé de ses meilleurs jeux.
    Imaginez donc notre fameux Ben en compagnie de Seb, Maya et Louis, œuvrant sans relâche pour la construction d’un appentis en bois chez notre chère amie Christine, ainsi que dans les champs de fruits et légumes. Tandis que les bivouaqueurs, équipés d’un véritable garde-manger et de tout les ustensiles qui vont avec, se régalent des bons petits plats de Josy mais aussi des produits de la pêche. Pendant ce temps, Loanita, Tim, Mickaël, Morgane et les enfants, Christophe, Lola et Océane, organisent un grand jeu sous la pluie, avant de prendre la route pour Sparouïne où le « foot » sera le mot-maître de la journée.
    Imaginez Ben et Sebastien, perchés sur leur chantier, à clouer, scier et assembler une charpente, ainsi que Maya et Louis préparant des plants d’ananas. Tandis que dans la forêt, Loan et Isma se font attaquer par une armée de fourmis meurtrières et acharnées, Elio joue avec Jocelyne, Josy est à la pêche ou à la cuisine, et ils font tout cela en cherchant des crottes de tapir. Pendant ce temps, kaplas, cerceaux, massues, bulles et autres jeux, font rage sur l’île Bastien et à Saint-Jean, avec des enfants petits et grands.

C’est au cours de ces trois aventures que Xan fit son apparition, au beau milieu de la nuit (22h30), rejoignant l’équipe d’aventuriers infatigables de chez Christine.

C’est au bout de quatre jours d’aventures (ou mésaventures pour certains), que nous nous retrouvons tous à Saint-Laurent sur le cata, pour une intense semaine de cirque et de préparation du départ vers la Dominique. Courbatures, courses, cabrioles, réparations et organisation collective, seront nos alliés pour cette semaine déjantée. En effet Yann, directeur de l’école Latitude Cirque, et toute sa troupe, nous accueillent dans le gymnase pour des séances de portés, d’acrobatie, de jonglage, et autres drôleries circassiennes en tout genre, plus extravagantes les unes que les autres. Certains s’essayent même à l’animation cirque, avec Cynthia, qui donne des cours à des enfants de tous âges. C’est dans cette ambiance chaleureuse, et plutôt moite (normal en Guyane), que nous faisons de beaux « au revoir » à Seb, Morgane, Tanaé et Ewen qui quittent le bateau pour s’envoler bientôt vers le froid...hum...la France.

Vous comprendrez bien, chers lecteurs, que nous ne nous ennuyons pas.

Veuillez recevoir, Mesdames et Messieurs, nos amicales salutations distinguées, et l’expression sincère de nos sentiments les meilleurs,
Cordialement,

L’équipe GN et leurs nouvelles recrues,
bientôt prête pour la Dominique !

6 janvier 2019

Bananiers à tous!



La fin de l'année 2018 - Ça y est nous sommes installés au mouillage à Saint-Laurent du Maroni. Le long de ces berges, il y a des épaves de bateaux où poussent plantes et arbres, même les oiseaux habitent ces îlots naturels. Un premier aperçu de la ville très agréable de notre gros bateau, situé à la frontière entre la Guyane et le Suriname. Nous apercevons de nombreuses pirogues passer d'un pays à l'autre. Et oui ! La Guyane, c'est Français, mais c'est aussi multi-culturel.
Pour nous souhaiter la bienvenue nous avons eu une averse au moment de ranger le matériel de navigation. Ce même jour, nous avons eu la visite de Cédric et sa famille, un ami que nous connaissons ici.
C'est le lendemain, que nous retrouverons au marché d'autres personnes : Christine, rencontrée il y a quatre ans, maraîchère Hmong et Gilles un vieil ami.
Après un tour de marché mi-Hmong, mi- Bushinengués, on a tous mangé une grosse soupe hmong. Un chouette moment dans cette halle pleine de vie.
Les jours suivant le groupe s'est divisé en deux parties, entre ceux qui sont restés au bateau et ceux qui sont allés chez Christine pour découvrir son exploitation agricole. Ceux qui sont restés au bateau ont visité le camp de la transportation de St-Laurent pendant que chez Christine les autres ont replanté des semis.

L'équipage est à nouveau rassemblé, il y a Lola , Morgane, Tanaé et Ewen en plus. Il va falloir augmenter le volume des repas ! Tous ensemble nous remontons les criques qui se retrecissent de plus en plus pour se rapprocher de l'ADNG (Association de la Découverte de la Nature Guyanaise). Elle est situé en pleine forêt au bord de la crique rouge, c'est là que nous allons nous installer pour la semaine. Nos hamacs investissent les carbets et le matériel collectif sort du bateau pour tous ceux qui confectionnent un cadeau de noël.
Toute la semaine nous avons eu le temps de découvrir ces multiples plantes ainsi que les animaux qui vivent dans cette forêt : mangroves, palmiers, cacao rivière, singes, crapauds, matoutou, serpents, paresseux, papillons bleus (morpho). Cédric nous a permis de découvrir la forêt à travers divers jeux ludiques et d'orientations. Nous avons aussi inversé les rôles entre encadrants et jeunes lors d'une journée excursion en canoë. C'est aussi là-bas que nous avons fêté Noël, des supers plats festifs ont été concoctés, le jour même, l'occasion de découvrir des plats et des boissons Brésiliens, Hmong, Guatémaltèque et Français.
Autour d'un palmier de noël tout le monde à déposé son cadeau fait à la main. Cédric et sa famille ont prévu un petit cadeau made in Guyane pour chacun de nous. Et on a bien rigolé du petit jeu qu'il nous a proposé avant de les ouvrir où il fallait deviner le destinataire à partir d'une description imagée (voir contraire)!

" J'ai bien aimé ce Noël car on était tous ensemble, regroupés. Et le palmier en sapin de noël ça m'a vraiment fait bizarre mais ça m'a fait plaisir !" Timothée.

" Moi ça fait longtemps que je suis placée et que je ne choisis pas avec qui je passe les fêtes... Là j'ai aimé, d'habitude je n'aime pas Noël mais j'étais contente d'être avec ce groupe". Loanita

"J'ai bien aimé ce Noël mais ça m'a fait bizarre de ne pas participer au Noël familial. On était dans un bel endroit et quand même c'est agréable de ne faire qu'une seule fête et pas de multiplier les Noël chez les parents puis un grand-parent, puis l'autre...etc."  Maya

"Ce Noël était trop bien, on a eu plein de cadeaux et tout le monde les a savouré". Ewen

"ça ma fait bizarre de fêter noël hors de la France même si j'avais déjà fêté un Noël à St Leu à La Réunion." Mickaël

" C'était bien, le repas était bon, il y avait plein de cadeau et c'était comme deux noël car Cédric aussi avait préparé des paquets." Tanaé.

"C'était un Noël un peu bizarre, c'est différent, on est en Guyane avec personne que je connaît en dehors des gens du bateau. Mais j'ai beaucoup aimé mon cadeau, une écorce d'arbre avec un trou au milieu et deux colliers." Elio

"C'était super, ça change d'être en t-shirt avec les bruits de la forêt, il n'y avait personne de ma famille. Finalement l'ambiance était familiale ici aussi. Super bonne expérience, c'est quand qu'on retourne fêter noël en Guyane hein? papa et maman...?" Loan

" J'ai adoré car ça sortait du commun, ce n'était pas vraiment noël car il n'y avait ni la famille ni le froid. C'était bien, la préparation notamment mais je n'ai pas vraiment eu l'impression que c'était noël." Louis

Dès le lendemain, nous formons trois groupes. Un va chez Christine, un autre va chez Gilles et le dernier remonte le fleuve en bateau, à la rencontre des villages durant 5 jours. On se donne tous rencard le 31 à Maïman !!
Voici un petit résumé de chaque expédition:

* Ismaël, Elio, Timothée et Océane se rendent chez Christine.
Nous avons passé quatre jours à aider Christine et sa famille à planter des ananas. Il faut couper le pied de ses fruits pour enlever les feuilles qui empêchent les racines de pousser avant de les mettre en terre. Nous avons aussi planter des salades. Ismaël pendant se temps s'est occupé de préparer les fondations pour le nouveau chantier avec l'aide d'Elio et moi. l'Idée de faire comme un carbet attenant au hangar pour agrandir la maison de Christine. ça faisait vraiment bizarre de travailler dans un champ d'ananas. Je n'avais jamais fait ça avant ! Christine était émue qu'on vienne l'aider et elle nous a dit qu'on était comme ses fils. C'est simple de discuter avec Christine. Chez elle il faut économiser l'eau de pluie, on mange tous les repas pareil : du riz et des pacseuils. C'est bizarre, ça m’a fait très plaisir de l'aider. Mais je dis la vérité, c'est dur quand même de planter les ananas.
Timothée.

* Le séjour chez Gilles avec Louis, Mickaël et Christophe.

 Vacances chez tonton Gilou
Nous avons :
 - Sorti quelques chevrons d'un arbre débité dans la forêt pour faire la toiture de la maison du voisin.
- Visité son jardin et vu quelques limites de son terrain à travers la forêt préparés pour un futur bornage.
- Planté quelques arbres fruitier: des cacaoyers, des papayers, des avocatiers pour remplacer les arbres morts qui ont brûlés quand il a mis le feu à son terrain.
- Continué à creuser au fond d'un puits que Gilles a commencé et qui fait déjà 5 m de profondeur.
- Cherché du bois flotté dans sa crique
- Viré des bout de carcasses de voitures rouillées et lourdes.
- Cueilli et ouverts des cocos pour les manger !
- Eté rencontrer, à pieds à 5 km de chez Gilles, un gars qui fait de la canne à sucre mais il était absent.
- Planté une haie de futurs buissosn fleuris à la limite de son terrain.
- Mickaël a essayé de sauver un petit chiot.
- Louis a fabriqué une brique.
- Christophe a fait de zolies photos.
Et le reste du temps on a surtout écouté les histoires de tonton , matin, midi et soir et pas que...ou pas, quoique!
Louis comment as tu vécu ce moment ?:  "J'ai adoré découvrir ce superbe endroit,j'ai été un peu  frustré de ne pas avoir fait plus de choses et content d'avoir rencontré un personnage si extraordinaire et étonnant."
Mickaël : "J'ai adoré être dans son jardin, mais j'ai peu aimé les relations avec Gilles, qui était un peu trop chiant et relou avec moi. J'ai aimé le travail au fond du puits et on s'est bien marré avec Christophe et Louis, mais avec Gilles j'ai pas trop apprécié son humour."
Christophe : "J'ai réussi pendant ces 5 long jours à imaginer la vie dans les bagnes en Guyane. Une expérience intéressante ou pas ...quoique.
Mais comme dit la publicité, si t'es pas content va donc chez Guyafute."


* Le Maroni en bateau avec Loanita, Lola, Morgane, Seb, Loan, Maya, Ben, Tanaé et Ewen.

 La remontée du fleuve
J-4 : échouage. Le départ se fait sous la pluie, d'un coup le gégé s'échoue sur un banc de sable. Oups on va tous pousser le bateau mais finalement il aura fallu attendre la marée montante pour repartir au mouillage de l'île de lépreux a à peine deux milles de notre point de départ : St-Laurent.
"Enfin il se passe quelque chose" Sébastien.

J-3 :  Saint jean.
Nous y avons rencontré David aux précieux conseils pour la suite de la remontée du fleuve, ainsi que Chloé animatrice de quartier. C'est notre premier contact avec des enfants bushinengués en dessous du hangars. Nous avons fait une formation jeux avec Lola.
"J'ai aimé ma rencontre avec David mais j'ai trouvé ça trop court !! " Ben.

J-2 : Pimpin.
Joli petit village isolé, une centaine de personne presque tous de la même famille qui vont et viennent. De belles rencontres avec Denis constructeurs de pirogues et Julien, maître d'école.
"J'ai trouvé que c'était compliqué de jouer avec les enfants car ils étaient tout petits"
Jean-François (fils de Cédric et Josi invité sur le bateau).

J-1 : Sparouine.
Un village un peu plus grand avec des enfants de tous les âges pour jouer dans un grand terrain de foot, on a fait des bulles et des acrobaties.
"On est étonné de la dextérité des enfants, ils savent tous faire des saltos, des roues et des roulades même à 4 ans. Ils tombent de deux mètres de haut et même pas mal. Ils se relèvent et repartent joyeusement."
Morgane.

Jour J : Maïman : BANANIER!!!
On est content de se retrouver à tous sur le bateau, ça fait du monde, ça chauffe en cuisine et à terre ça pète dans tous les sens, en pétard , en feu d'artifice, en musique et même une comète viendra célébrer cette nouvelle année.
On vous souhaite de bonnes raclettes auprès de la cheminée.

Une belle année à vous tous de la part de tout l'équipage !

Morgane, Loanita, Timothée et Océane


24 décembre 2018

Bon Noël à tous...

Bonjour à tous et d’abord joyeux Noël!
Nous sommes au milieu de la forêt, dans les carbets de l’ADNG.
C’est là que nous passons Noël et nous y découvrons les animaux et les plantes…
A pied et en canoës.
Jusqu’à présent nous avons eu de la chance car il pleut surtout la nuit et il y a du soleil tous les jours alors que nous sommes en pleine saison des pluies.
Nous avons rencontré plusieurs des personnes avec qui nous allons passer du temps en Guyane.
Gilles notre ami échappé sur son terrain rempli d’arbres fruitiers et de plantes médicinales…
Christine et sa famille Mhong qui produit légumes et fruits qu’ils vendent sur le marché de St Laurent.
Et le fleuve Maroni qui sera un des acteurs de notre escale…
Encore une fois de bonnes fêtes à tous.
Les Grandeur Naturiens.

16 décembre 2018

la lettre Co de Maya et Océane




# Bienvenue dans l'émission Allô la Terre ici la Mer sur radio Aventure. Nous allons retrouver notre équipage parti depuis 2 mois et demi. Après avoir traversé la mer méditerranée, pour rentrer dans l'immensité de cette océan Atlantique, ils ont accostés ces petites îles qui longent l'Afrique. Enfin, aux dernières nouvelles ils se trouvaient sur l'île paradisiaque de Fernando de Noronha (Brésil) à nager avec les tortues. #

Les aventuriers sont rentrés dans un nouveau monde : LA VILLE. Fortaleza c'est aussi le Brésil, ce n'est plus de la verdure flamboyante mais des barres d'immeubles qui apparaissent à l'horizon. Nous avons envoyé une équipe sur les lieux, voici l'interview de Melltocmisbl. Melltocmisbl c'est le représentant de l'équipage, c'est à dire qu'il est à la fois Mickaël, Elio, Loan, Loanita, Timothée, Océane, Christophe, Maya, Ismaël, Seb, Ben et Louis.

Radio : Alors dis nous, qu'est-ce que tu retiens de Fortaleza ?

Melltocmisbl : Fortaleza c'est une très grande ville, comme deux fois Paris alors vous imaginez bien qu'on en a découvert qu'une infime partie. On a pu constater une forte densité de touristes, habitants, commerçants et SDF condensés dans ces rues sales. Nous avons été choqués de croiser ces jeunes femmes, parfois un enfant dans les bras, parfois une seringue à la main, assises sur un tapis de poubelle au milieu des odeurs de pisse. Et pourtant malgré cette misère ce sont plutôt des salutations que nous avons reçu. L'absence d'aumône est-elle dû au découragement de la vie ou à la culture ?
Dans cette ville les rues sont triées par spécialités, magasins de coco jelado, de noix de cajou, de cuir. D'ailleurs dans cette dernière rue nous avons acheté une grosse quantité de peau de bête travaillée. Une rue plus loin ce sont les hamacs qui apparaissent par milliers sous nos yeux émerveillés. Des hamacs solides et colorés, il y en a pour tout les goût, nous pouvons tous en choisir un à ramener chez nous. Durant ces allers-retours en ville nous avons croisés de nombreux ramasseurs de cartons qui se baladent partout avec leur grands chariots. Nous avons aussi croisé des ramasseuses de fruits et légumes au marché. Elles font des allers-retours entre les poubelles des stands où tout les fruits trop mûrs sont entassés puis elles posent leurs récoltes dans un coin. La question est : comment font-elles pour se retrouver dans ce marché à 2 étages et avec même un sous-sol ? Dans ce bazar tout est organisé, il y a un endroit pour les produits laitiers, un autre pour les bouchers, un hall pour les vendeurs de fruits et légumes et ainsi de suite.
Je crois que la présentation de cette grande ville correspond bien à ce que nous avons vu. L'escale va pouvoir être bouclée, nous faisons les dernières réparations au milieu de cette marina avec les jeunes qui se baignent dans le port au milieu des plastiques, des déchets et des trucs dégueulasse qui flottent. A côté de cela les touristes se baignent tranquillement dans la piscine de l'hôtel de luxe.

Radio : Merci Melltocmisbl, nous pouvons enfin passer à la période de navigation. Tu nous racontes cette dernière nav' 2018 et en présence de Seb et Ben ? C'est bien en Guyane qu'il va y avoir quelques changements dans l'équipage ?

Melltocmisbl : Oui c'est ça ! Il y a Lola et Xan qui nous rejoignent tandis que Morgane, Tanaé et Ewen passent seulement l'escale de Guyane avec nous. Mais n'allons pas trop vite, avant ça il y a la nav', le passage de l'équateur du Sud vers le Nord et celui de la ZIC (Zone Inter-tropicale de Convergence). Nous sommes sur un bateau à voile mais nous avons tout de même 2 moteurs à bord qui nous sont bien utiles pour les manœuvres et les moments de pétole. Forcément ils ont besoin d'entretien, particulièrement durant ces quelques jours où Seb et Ben leur ont dédiés beaucoup d'attention surtout pour celui de tribord. Sinon il y avait en moyenne 11 nœuds de vent avec 2 ou 3 nœuds de courant qui nous faisait avancer sur notre cap. Les premiers jours nous avons pu les passer sur le pont au soleil. Une activité nœuds a été lancée par Loan, ce fût un moment collectif très agréable. Nous avons également pu terminer l'histoire des Capitaines des Sables. Et puis très vite la pluie s'est abattu sur nous, un avant goût de la Guyane ? La pluie nous a montré toutes ses facettes : bruines, averses, etc. Ensuite sur quelques jours s'est étalé les bilans de chacun c'est à dire les nouveaux contrats. ça prend du temps mais c'est intéressant. Enfin, jeudi 13 nous accostons les îles du Salut, première escale en Guyane. Nous passerons la journée à visiter cette ancien bagne, manger mangues et coco tout en appréciant la chaleur de ce grand soleil. Le soir même, nous repartons pour les derniers 92 milles à parcourir avant l'entrée dans le Maroni. C'est à la fin du 5ème quarts de nuit que nous passons les premières bouées du chenal.

Radio : Un chenal mais pourquoi ?

Melltocmisbl : Pour entrer dans ce gros fleuve qui sépare Suriname et Guyane Française. C'est tranquillement que nous remontons ces eaux toutes troubles avec le bruit de la     faune qui nous accompagne. St Laurent du Maroni nous voilà !

Radio : Super, nous avons hâte d'entendre la suite du périple dans le prochain récit.

Melltocmisbl : Avec plaisir ! N'hésitez pas à jeter un œil aux photos qui illustrent ces mots.

Maya et Océane

7 décembre 2018

la lettre de Fernando

Bonjour lecteurs,
 Nous sommes arrivés le 20 novembre à Fernando da Noronha.
Nous avons trouvé un mouillage, en pleine nuit devant une colline de pierre géante, ressemblant à des galets (la digue), de l'autre côté nous y trouvons un port.
Parlons d'abord un peu de l'île, elle se trouve à 195 milles du continent Sud-Américain et du Brésil. 66% de l'île est un parc naturel, elle mesure 10 kilomètres environ.
Sur cette île il y a : 2800 résidents et natifs, 5600 travailleurs non résidents et 600 touristes en moyenne. Et seulement 2000 personnes votent pour élire les conseillers locaux.
Nous n'avons que 11 jours pour découvrir un peu de sa réalité, loin du cliché pour touriste, un planning chargé en rencontres et découvertes, après chacun fait ce qui lui plaît.

Sébastien, le 20-11: /... Autour de nous, le mouillage agité par la houle contournant l’île, balaie les bateaux. le Gégé semble une poupée, ballottée par ces 3 mètres d’onde. il donne l’impression de partir au surf. Cela nous demande une vigilance constante, dans nos déplacements pour ne pas se faire déstabilisé par les séries entrecoupées de calmes. Un mouillage rock'n’roll comme j’aime.
Lorsque l’on arrive dans un nouvel endroit, j’aime y voir les différences, les particularités et la première qui me sautent aux yeux assis là ce matin sur le pont du bateau ce sont, les noms des bateaux. Ils sont toujours emprunt de spiritualité, d’appartenance, de familiarité, de référence maritime cela toujours lié au lieu ou l'on se trouve, reflétant l’ambiance et l’état d’esprit qui pourrait régner à terre.
Vous y reconnaîtrez, un bateau pays en bois aux couleurs ravivées pour emmener les touristes, un autre plutôt usé pour le pécheur, un youyou moderne en plastique, le cata à moteur pour les plongeurs de loisirs, un bateau de pêche type sportif comme on le connaît en France. Voici donc leurs noms a prononcer en Brésilien, s'il vous plaît, c'est-à-dire en roulant les "r" au minimum: Lua Cheia, Salviano, Julio Grande, Dos Amigos, Speedy, Spirit Of Noronha, Juca Pitanga, Neucar, Gy Rodrigues, Junca, Todancia, Mar Azul, Rosa Dos Ventos, Makaïna, Tarifa, Mestre Tonao, Harmonia, Vida Marina, Femily, Naonda et le meilleur Sea Hunter.../

Mickaël,le 21-11: /... On fait tellement de chose tiens je vais vous les énumérés.
On a fait des tâches.
On a débarqué sur la plage pour la première fois.
On est allés devant le musée du requin manque de bol il est fermé .
On est allés voir le palais du gouverneur.
On a vue l'école maternelle.
Passés voir si l'ami de Christophe, Pedro, était chez lui.
On a mangé dans un parc .
On est allés voir l'organisation nommer "parc " (ICMBIO).
Vu des locaux dédiés à la sauvegarde des tortues marines (Tamar).
Visité une usine d'eaux.
Parlé à un agent de la protection des dauphins nommer Raphaël.
On a marché jusqu'à la plage pour ensuite se baigner.
On est rentrés au bateau on s'est douchés.
On a confectionné nos petits cadeaux  pour Océ qui fête ses 22 ans demain.
On a mangé et dormi.
Voila une journée hyper trop super génial à bord du cata pas toujours marrant.
Ps :  j'ai le sentiment que les 10 mois vont passer très vite.


Maya, le 22-11: /... Nous retrouvons Raphaël de son surnom Rapha, il vit à Fernando depuis 6 ans et il a 30 ans. Il a une petite fille nommée Sophie qui se trouve à Dubaï avec sa mère elle doit revenir en janvier...Mais bon sa fille lui manque beaucoup donc nous n' en avons pas plus parlé. Sur l' île il fait partie du "projeto golfinho rotador" c'est une association qui est là pour protéger et observer les dauphins. Elle existe depuis 1990 et Rapha en fait parti depuis 2011. Il est passionné des baleines, des dauphins et de tout les cétacés qui peuplent les eaux de notre planète, il les respecte beaucoup et les considère un peu comme ses amis. Dans ses heures perdus il est prof de surf, il surf sur des vagues de 2 ou 3 mètre. Quand nous sommes arrivés nous apprenons le nombre de dauphins qui sont passés à côté du bateau ce matin. Ce fût la grande surprise."250"! 250 dauphins c 'est énorme. Rapha nous a expliqué qu'autour de l' île vit en permanence 3000 dauphins. Une fois, il y en a eu 2700 en même temps dans une baie. Les scientifiques arrivent à estimer ces nombres car il font des rondes pour compter en permanence les groupes de dauphins, par secteur. A peu près tout les jours, ils recensent 400 dauphins.../

Louis, le 23-11: /... Nous nous installons, Christophe, Loan, Isma, Timothée, océane et moi-même, dans une salle de classe, en rond sur de petites chaises colorées et sur les coussins du coin lecture. Nous nous présentons ainsi que notre projet. Les enfants nous disent leurs noms et nous expliquent ce qu'ils veulent devenir dans la vie. Les deux filles veulent être actrices, trois des garçons: footballeur professionnels et les deux autres: préparateur physique et surfeur. Christophe leur demande alors pourquoi vont-ils à l'école s'ils veulent faire ces métiers.
Toute le classe a rigolé mais aucuns n'a répondu. Après ce petit moment calme très agréable nous sommes partis au "jardin d'enfants" (de 0 à 6 ans) où nous pensons faire la fameuse intervention de sensibilisation à l'environnement.  Arrivé devant les portes colorées, il se trouve que c'est la fête de la "crèche/maternelle" de l'île. Il y a des musiciens sous un kiosque, des enfants déguisés, des vendeurs de pop-corn, de barbes-à-papa et de plats traditionnels à emporter (malheureusement nous n'avons pas d'argent...).

Chaque salle est décorée sur le thème de la musique. Il y a des vinyles et des disques pendus au plafond, des instruments fait de récupération, des portraits de musiciens un peu partout, chaque porte est habillée pour lui donner un aspect féerique et imaginaire, c'est magnifique. Il règne une ambiance incomparable! Dans toutes les salles il y a un petit goûter traditionnel et un cadeau à emporter (nous sommes tous partis avec un présent des enfants de l'île). Les enfants que nous accompagnons nous expliquent tout, nous guident et nous présentent ce qu'ont préparé les maternelles pendant l'année pour cette fête. J'assiste , au premier plan, à un spectacle de danse d'enfants entre quatre et cinq ans, tous habillés avec les couleurs de l'île c'est à dire: en arc-en-ciel avec de petits parapluies colorés (qui pour la plupart ne finirons pas le spectacle entier). C'était magnifique et très drôle. Après ce super moment convivial dans ce jardin d'enfants et avec les jeunes du club nature, nous nous faisons de long adieux et nous rentrons au bateau. J'ai adoré ce moment très chaleureux où tout le monde nous a accueillis le plus simplement et normalement possible. « L'avenance" et la gentillesse de ces enfants et de tout ces gens m'ont énormément touché et c'est grâce à eux que je retourne entièrement ressourcé au mouillage.../

Ismaël, le 24-11: /... A en croire Luciana, l'une des écologue du parc, l'équilibre est fragile et chaque année la pression augmente dans ce petit parc (sur le podium des 3 plus visité du Brésil).
Cette place est une lourde charge pour tes épaules (toi l'île). Endosser cette tâche dois parfois te faire regretter l'époque, il y a plus ou moins 500 ans ou seuls les oiseaux te nourrissait de leur trésors de guano, en échange du gîte et du couvert. Mais l'époque a bien changé, et ces humains assez encombrants sont arrivés, Ils ont défrichés la terre, captés des rivières, creusés des puits, construits à grand coup de béton, tout pleins de maisons, un port et un même un aéroport. Maintenant avec eux tu ne dois pas souvent t'ennuyer.
Tous les jours de nouveaux défis, tous les jours de nouveaux arrivants. Et oui, sacrés touristes.
Mais il y a aussi les natifs qui chacun à leurs manière ont investi l'île. Alors nous on part à la rencontre de tout ce beau petit monde. Depuis qu'on a débarqué sur l'île, les projets se mettent en place. Ces jours-ci, j'ai particulièrement apprécié la rencontre de Luciana, Agatha, Cécilia et Rapha qui ouvrent des portes pour la suite de l'escale. Je me sens un peu comme à la maison dans ce monde de naturalistes.

Loanita,le 25-11: Cécilia a 29 ans,c'est peu important. Elle est ornito (ornithologue). Elle aime beaucoup son domaine.Ses oiseaux favoris sont le sébito du nom scientifique (Vireo gracilirostris) et le cocoruta (Elaenia ridleyana) parce qu'ils viennent de l'île. Cécilia est native de Fortaleza. Pour la 1er fois elle est venu à Fernando de Noronha en ferry en 2006 pour travailler 7 jours sur un bateau. Elle est revenue une 2nd fois en 2016 pour travailler,mais cette fois-ci pour les oiseaux durant 3 mois.En 2018 elle alterne entre 15 jours sur Fernando de Noronha et 3 mois à Fortaleza,où elle travaille dans le parc coco en tant que éducatrice de l'environnement.
Elle alterne 4 fois part ans.Donc 150 jours et comme il a 365 jours dans une année,elle travaille à Fortaleza dans plusieurs parcs différents.Avant d'être ornitologue elle travaillais sur les éponges de mer qu'elle retirai de l'eau pour les observer à la loupe dans un laboratoire.Elle les récupérait sur la plage Icaraï. Maintenant ça fait 5 ans elle est dans le domaine de l'ornitologie. Elle a un frère qui à 23 ans il est avocat à Fortaleza. à Fortaleza elle habite chez ses parents parce que c'est 1800 reals pour louer un appartements de petite taille. Elle voudrait habiter à Fernando de Noronha mais ça lui coûterai assez cher. Son salaire est de 2400 reals part mois.Elle n'a pas de compagnon c'est difficile,elle veux ce marier et avoir deux fils.Sa plage préféré est Cacimba do padre. Elle rêve de voler avec les oiseaux d'ailleurs elle adore manger le poisson comme eux. Son plus grand rêve est de voir tous les océans, elle aimerait voyage.

Océane, le 26-11: Je pense que ce n'est pas facile d'être complètement cohérent et encore moins dans une île comme Fernando où il y a une pression entre protection de la nature et accueil du tourisme. Nous avons constaté cela l'après-midi lorsque nous sommes entrés dans ce fameux parc national. Nous avions rendez-vous non seulement pour visiter mais aussi pour nettoyer une plage. La plage d'Atalaïa ! Rien que le nom fait rêver n'est-ce pas ? C'est une plage très connu au Brésil et le nombre de visiteur se limite à 500 personnes par mois, l’accès est régulé par une inscription et une durée de plongée limité à 1/2 heure. Les coraux, poissons, crabes et requins doivent être passionnant à observer. Pas d'inquiétude pour les requins, il semble normal ici de nager avec eux. Enfin notre mission : paré de sacs à patate le nettoyage commence, ça va être rapide nous sommes une douzaine bien motivés. On réalise vite que ramasser tout les déchets est impossible mais le but principal de cette opération était de nous sensibiliser. C'est 1 heure de plus où nous pensons à toute cette production et consommation de plastique ou encore 1 heure de silence pour tout ces animaux morts. On a le sentiment de faire une bonne action collectivement mais on est tous responsable, il faut espérer qu'un moment comme celui-ci soit une graine de conscience dans l'esprit de chacun et je pense même que ces graines ont déjà germées. C'est super chouette d'entendre l'intérêt face au tri des déchets ou alors de voir Timothée ramasser un déchet au bord de la route.

Loan, le 27-11: On rentre vite au bateau afin de pouvoir profiter de ce début d'après midi chaud pour une première plongée au port.
A peine le temps de commencer à enfiler mes palmes, que déjà, je vois l'aileron d'un requin puis une tortue prenant sa respiration à quelques mètres de la plage.
Arrivés dans l'eau, profonde d'un métré, on se tient tous pour former une chaîne et avancer groupés.
Très vite, on tombe sur les premières tortues, elles se déplacent lentement, collées au fond de l'eau pour brouter les algues. C'est en continuant la plongée qu'on se rend compte qu'il y en a tout autour de nous. C'est un émerveillement constant entre l'observation des tortues, des nombreux poissons multicolores, des langoustes caché sous les rochers ou encore d'une raie immense qui passe en dessous de nous. Mais toutes les belles choses on une fin, il faut sortir de l'eau, c'est l'heure de rentrer au bateau. Je fini la journée et je vais me coucher le tête pleine des images de toutes les choses magnifiques que j'ai vue aujourd'hui.       

Ben, le 28-11: Avec Loan on arrive chez Luis un peu avant 8h, ce matin on retourne dans la plantation de banane et  de coco pour lui filer un coup de main. Loan armé d'une houe s'attaque aux grosses touffes d'herbes qui envahissent en permanence le terrain. Ici la terre est noire, très aérée par la multitude de racines, riche grâce à la décomposition des végétaux depuis un certains nombre d'années, "organic", "un trésor" comme dirait Luis. De mon côté, machette en main je coupe les arbres invasifs qui commencent à étouffer les cocotiers. ça fait 15 ans qu'il a commencé cette plantation avec un collectif de 3 "producteurs", c'est son coin de paradis.  ce terrain à un grand hectare, il a pour projet de planter des cajous, des goyaves, des mangues. On aura passé presque 2h à faire un bon débroussaillage et quand on regarde autour de nous on peux facilement voir le travail effectué. Il nous remercie plusieurs fois mais j'insiste sur le fait que c'est "com plazer". Pour me sentir vivre, j'aime me sentir utile, j'aime faire. Je préfère ramasser les déchets que dans parler, sûrement parce que je suis sensibilisé depuis tout petit ou avec ma maman et mon frère,on avait toujours un moment pour ramassait les déchets sur la plage pendant les vacances. Après une bonne suée et les bras un peu écorché on part rapidement pour rejoindre le reste du groupe à la plage de Sancho.

Timothée, le 29-11: On est allé à la déchetterie à 9h pour la visiter. Le mec de l'accueil nous a dit qu'il fallait l'autorisation d'un gars du palais du gouverneur. Donc on est allés se balader dans la forêt, on a trouvé des mangues, on en a mangé 3 par personne. Après nos mains collaient à cause du sucre. Ensuite, on est allés à la ferme Elizabeth de la posada do vale pour voir comment ils faisaient pousser les fruits on a mangé des caramboles. Plus tard on s'est tous retrouvé devant l'église, Isma a trouvé un petit oiseau sur le sol et il l'a remonté dans l'arbre.
Après le repas, on est allés à l'école, pour raconter notre projet et comment on a connu l'association à une classe de jeunes 12/13 ans plutôt agité, mais c'était bien de raconté ce qu'on a vécu. Avec Ben et Elio on a joué 30 minute au foot avec les jeunes de l'école.


Christophe,le 30-11:  Naldo le maraîcher, c’est le nom qu’il nous a donné et je ne connais même pas son nom officiel.
Il a 48 ans et vient de la région de Natal. Il est venu dans l’île quand il avait 12 ans avec sa famille, l’endroit lui a plu alors il est venu s’y installer et il vit là depuis 36 ans. Il a la plus grande exploitation maraîchère et fait pousser 70 % des légumes produits sur l’île, une partie en hydroponique , les salades principalement, avec quelques nutriments et un énorme circuit fait dans des gouttières en PVC (du recyclage) alimenté avec une pompe circuit fermé. L’eau vient de la pluie qui alimente une mare et d’un puits, il n’utilise pas d’eau de l’usine de dessalinisation. Le reste des légumes est en pleine terre sans ajout d’aucun produits. Il dit : « la terre est volcanique, tout pousse.
Il serait plus facile de faire la liste de ce qu’il ne fait pas pousser. Aussi bien des légumes « tropicaux » : Igname, piment, patates douces...Que des plus habituels : carottes, maïs, poivrons et aubergines. Chaussé de ses grandes bottes et armé de son couteau aiguisé et de sa machette, il nous fait goûter de tout et remplit des sacs en plastique pour le bateau.
A chaque fois que l’on proteste en disant que c’est beaucoup, il a un grand sourire et dit que ce n’est pas grand-chose.
Sur le chemin du retour, il me dit qu’il travaille de 4 heures du matin à 21 heures, car il fait en plus les livraisons pour les possadas (hôtels), il travaille en famille, même qu’un de ses neveux qui avait des problèmes de boisson est venu le rejoindre et maintenant il ne boit plus ! (grâce à Dieu).
Il a 2 filles, la plus grande nous connaît, elle était dans la classe où nous avons  présenté le projet.
Le lendemain matin, il est venu au bateau à 8h20 avec sa femme et ses 2 Filles… Et dans l’après-midi il est revenu avec encore plus de fruits et de légumes pour nous. Il m’a aidé à tout chargé dans l’annexe et il m’a encore redit merci pour tout. Une dernière poignée de main et il est reparti.
Des fois il faut aussi savoir recevoir.
Le seul cadeau que nous avons pu lui faire, c’est un pot de pâté végétal de chez les Bonnin !

Elio, le 01/12: C'est l'heure! 9h, les personnes rencontrées petit a petit sur l'île arrivent sur le bateau. Christophe fait les allers-retours en annexe, ramenant Pedro, Luis, Luciana, Miguel, Lucas, Helen et j'en passe. Une fois tout le monde arrivé il est temps de partir. Moteurs allumés, la manœuvre de levée d'ancre se lance. Après plusieurs tentatives, l'ancre remonte mais pas comme on le voudrait. Une ancre en S, une ancre tellement tordue qu'elle ne rentre pas dans le coffre, ou est ranger l'ancre de sécurité que l'on as mis a la place de l’ancienne.
Tout cela c'est passer devant les spectateur perturbés et choqués, tout comme nous d'ailleurs. Après un bon moment de navigation mouvementée par les enfants qui s'amusent dans le filet avant avec les vagues qui volent jusqu'à eux, la salade du repas qui vole dans tout les sens ou encore Pedro et Luis qui se retrouve sur le même bateau alors qu'il ne peuvent pas se blairé. A un moment Helen nous apprend a faire des nœuds avec Mickaël, on tente nous aussi de lui apprendre des nœuds, mais en tant que bon marin il connaît déjà tout les nœuds qu'on tente de lui apprendre.

Pour beaucoup d’entre nous, c’est difficile de quitter cette île, et surtout toutes les personnes que nous y avons rencontré. Un grand merci à tous ceux qui nous ont donné de leur temps, Lucas et Fernanda qui tente de monter une école de surf mais aussi de voile sur l’île , les boulangers qui nous ont accepté dans leurs travail et nourri, les bénévoles et les gens du ICMBIO,  les touristes qui nous ont pris en stop, les enfants de l’école et l’Administration de l’île qui nous a exempté des taxes et autorisé a rester 11 jours.

Voilà, plus qu’une escale « technique » à Fortaleza, pour refaire de l’eau et des vivres, nettoyer toutes nos affaires et le bateau et nous dirons: Adios Brasil.
Loanita et Christophe.